Que se passe-t-il lorsqu’une figure historique d’Hollywood affirme, face à la presse internationale, que des rôles lui sont encore retirés à cause de ses prises de position sur Israël et sur la guerre à Gaza ? C’est précisément ce qu’a déclaré dimanche Susan Sarandon, présente à Venise pour défendre The Echo Chamber, film en compétition à la Mostra. L’actrice de 79 ans n’a pas cherché la formule lisse. Elle a parlé d’agences qui diraient aux gens de ne pas l’engager, d’une structure de pouvoir, d’un récit qui aurait « complètement changé », et d’une opinion publique mieux informée, tout en estimant que certaines positions restent très fermement ancrées dans son secteur.
Ce Que Susan Sarandon A Dit À Venise
La scène se situe dans le cadre d’une conférence de presse, sous une salve d’applaudissements. L’actrice américaine, connue notamment pour Thelma et Louise, est venue parler du film The Echo Chamber. Très vite, la conversation a glissé vers le climat professionnel qu’elle dit rencontrer depuis qu’elle critique Israël et la guerre menée à Gaza. Elle a affirmé constater qu’on lui refusait des rôles à Hollywood pour cette raison.
Elle n’a pas présenté cela comme un souvenir lointain. Selon ses propos, on lui a encore retiré des rôles récemment. Elle a ajouté qu’il y a des agences qui disent aux gens de ne pas l’engager. Puis elle a résumé : « c’est ça, la structure de pouvoir ». La phrase est courte. Elle porte pourtant tout le poids de ce qu’elle veut dénoncer : non pas seulement un désaccord politique, mais un mécanisme d’exclusion professionnelle.
En une phrase : à Venise, Susan Sarandon relie la perte de rôles à ses critiques d’Israël et de la guerre à Gaza, et décrit Hollywood comme un espace où certaines positions restent figées.
Un Récit Qui, Selon Elle, A Complètement Changé
Susan Sarandon a affirmé que le « récit » autour de la guerre à Gaza et du soutien des États-Unis à Israël avait « complètement changé ». Elle a observé que « les gens sont au courant de beaucoup de choses maintenant », à propos notamment du soutien financier et militaire apporté par les États-Unis à Israël. Dans sa bouche, le public n’est plus dans l’ignorance. Il disposerait d’informations plus nombreuses qu’auparavant.
Elle a toutefois tracé une ligne entre l’opinion publique et son industrie. « Je crois qu’il y a eu du changement en termes de compréhension de la situation dans l’opinion publique, mais il existe toujours des positions très fermement ancrées dans mon secteur, défendues par des sionistes, qui n’ont pas adouci leurs sentiments à mon égard », a-t-elle affirmé. Le contraste est net : d’un côté, une compréhension qu’elle juge en mouvement ; de l’autre, un milieu professionnel qu’elle décrit comme inchangé à son endroit.
On m’a encore retiré des rôles récemment, parce qu’il y a des agences qui disent aux gens de ne pas m’engager. Mais c’est ça, la structure de pouvoir.
Susan Sarandon, conférence de presse à Venise
Elle a conclu sur un registre plus personnel : « Mais j’ai trouvé ma famille, j’ai trouvé les miens, et tout va bien. » La salle a applaudi. Le moment mêle isolement professionnel revendiqué et sentiment d’appartenance retrouvée ailleurs. C’est l’un des fils de son intervention : perdre des contrats, trouver un cercle.
Pourquoi La Mostra Devient Une Scène Politique
Venise n’est pas seulement un tapis rouge. C’est une tribune. Une actrice de premier plan y défend un film en compétition, et le micro de la conférence de presse devient le lieu où l’actualité internationale rentre dans la conversation culturelle. The Echo Chamber est le prétexte officiel de sa présence. Les propos sur Hollywood, Israël et Gaza en sont devenus le centre médiatique.
Ce basculement n’est pas anodin. Un festival de cinéma rassemble journalistes, professionnels et public international. Les phrases y circulent vite. Quand une figure d’Hollywood parle de rôles retirés, d’agences et de structure de pouvoir, le sujet n’est plus seulement diplomatique. Il devient aussi un sujet d’industrie : qui engage, qui refuse, qui conseille de ne pas engager.
Dans ce cadre, Susan Sarandon apparaît à la fois comme interprète d’un film et comme voix engagée. L’article source la présente comme l’une des voix les plus engagées de l’industrie du cinéma américain pour critiquer la guerre à Gaza, aux côtés de Mark Ruffalo, Richard Gere ou Joaquin Phoenix. La liste n’est pas une alliance formelle. Elle situe simplement l’actrice dans un groupe de personnalités du cinéma déjà associées à cette critique.
Les Chiffres Qu’Elle Inscrit Dans Le Débat
Le contexte humain de la guerre est rappelé avec des données précises telles qu’elles figurent dans le matériau de départ. La guerre menée par Israël à Gaza a fait 73.500 morts côté palestinien et 174.000 blessés depuis octobre 2023, d’après le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Ces nombres sont cités tels quels, avec leur origine et cette mention de fiabilité attribuée à l’ONU.
Il est également rappelé que cette guerre a été déclenchée après l’attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël, attaque qui a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP. Les deux séquences sont donc présentes : le 7 octobre et la guerre qui a suivi. L’actrice, elle, parle du récit autour de Gaza et du soutien américain à Israël. Les chiffres encadrent cette prise de parole sans la remplacer.
| Élément | Donnée reprise |
|---|---|
| Morts à Gaza depuis octobre 2023 | 73.500 selon le ministère de la Santé de Gaza |
| Blessés à Gaza | 174.000 selon la même source |
| Attaque du Hamas contre Israël | 1.221 morts, en majorité des civils |
| Âge de l’actrice | 79 ans |
L’Incident Avec L’Agence Et Les Excuses
Le portrait de Susan Sarandon ne s’arrête pas à Venise. L’actrice avait été lâchée par son agence United Talent Agency après avoir déclaré lors d’une manifestation que les juifs américains « avaient un aperçu de ce que c’est que d’être musulman dans ce pays » en raison de la montée de la violence antisémite. Cette phrase a marqué une rupture professionnelle déjà publique.
Elle s’était ensuite excusée, expliquant avoir fait une « terrible erreur » dans le choix des mots, car cela laissait entendre que « jusqu’à aujourd’hui, les juifs n’avaient pas souffert de persécutions, ce qui est tout l’inverse ». L’excuse est claire sur le point linguistique et historique. Elle reconnaît un effet de sens qu’elle dit ne pas avoir voulu produire.
À Venise, elle ne relit pas mot à mot cet épisode. Mais elle parle d’agences qui diraient de ne pas l’engager, de rôles encore retirés récemment, de sentiments qui n’auraient pas adouci à son égard. Le lien entre le passé immédiat de cette rupture et le présent de la conférence de presse s’impose de lui-même, sans qu’il soit besoin d’ajouter des faits absents du récit initial.
Hollywood, Pouvoir Et Engagement
Quand une actrice de cette stature parle de « structure de pouvoir », elle désigne un système plus large que sa seule carrière. Hollywood fonctionne par agences, recommandations, listes d’attachement, assurances, financeurs, festivals, critiques. Un nom peut ouvrir une porte. Un nom peut aussi, selon elle, la fermer. Elle dit que cette fermeture lui arrive encore.
Elle oppose deux mouvements. Le premier concerne l’opinion publique, où elle croit voir davantage de compréhension. Le second concerne son secteur, où elle situe des positions « très fermement ancrées », « défendues par des sionistes ». Le mot est le sien. Il sert, dans sa phrase, à nommer celles et ceux qui, d’après elle, n’ont pas modifié leurs sentiments à son égard.
Cette opposition crée une tension propre au monde du spectacle politique. Une star peut être applaudie dans une salle de festival et, dans le même temps, dire qu’on lui retire du travail à Los Angeles. L’applaudissement de Venise ne vaut pas contrat. C’est précisément ce décalage qu’elle met en scène : reconnaissance d’une partie du public, froideur d’une partie de l’industrie.
Une Voix Parmi D’Autres Figures Du Cinéma
Susan Sarandon n’est pas présentée comme une voix isolée dans le cinéma américain militant sur Gaza. Mark Ruffalo, Richard Gere et Joaquin Phoenix sont cités à ses côtés comme d’autres figures engagées pour critiquer la guerre à Gaza. Chacun a son histoire publique, son style, son calendrier. Le point commun retenu ici est la critique de cette guerre depuis l’intérieur d’une industrie souvent perçue comme prudente.
Être plusieurs ne signifie pas être à l’abri. L’actrice insiste sur ce qui lui arrive à elle : des rôles retirés, des consignes d’agences, des sentiments qui ne s’adoucissent pas. Le collectif des noms célèbres n’efface pas, dans son récit, le coût individuel. Au contraire, il rend ce coût plus visible. Si même une actrice de cette notoriété dit perdre du travail, le message qu’elle envoie aux moins protégés est évident.
Elle ajoute pourtant que tout va bien, parce qu’elle a trouvé « sa famille », « les siens ». La formule déplace le centre de gravité. Le métier peut se rétrécir. Le cercle choisi, lui, s’élargit. C’est une manière de dire qu’elle accepte le prix sans se présenter uniquement comme victime.
Le Film The Echo Chamber Et Le Titre Qui Résonne
Le film qu’elle défend s’intitule The Echo Chamber. Sans inventer l’intrigue, on peut noter que le titre lui-même parle de chambre d’écho. Or sa conférence de presse tourne autour des récits qui circulent, de ceux qui changent, de ceux qui restent bloqués. L’écho, ici, n’est plus seulement un mot de scénario. Il devient le climat de la conversation : ce qui se répète dans l’opinion, ce qui se répète dans l’industrie, ce qui ne se répète plus de la même façon.
Venise met les films en compétition. Les acteurs, eux, mettent parfois des phrases en compétition avec le silence professionnel. Susan Sarandon a choisi de parler. Elle a choisi de lier le soutien américain à Israël, la guerre à Gaza, la perte de rôles et la structure de pouvoir. Que l’on soit d’accord ou non avec elle, le geste est public, daté, situé : dimanche, à Venise, pour un film en compétition à la Mostra.
Ce Que Change, Selon Elle, Le Niveau D’Information
« Les gens sont au courant de beaucoup de choses maintenant. » La phrase paraît simple. Elle suppose un avant et un après. Avant, un récit dominant. Après, davantage de faits accessibles, notamment sur le soutien financier et militaire des États-Unis à Israël. Susan Sarandon situe le basculement dans la connaissance publique, pas nécessairement dans les décisions d’Hollywood.
Cette distinction est importante. Une société peut modifier sa lecture d’un conflit sans que les institutions culturelles, les agences ou les financeurs modifient leurs habitudes. L’actrice décrit exactement cet écart. Elle croit au changement dehors. Elle constate la fermeté dedans. Entre les deux, sa carrière devient l’exemple qu’elle brandit.
- Elle dit perdre encore des rôles récemment.
- Elle attribue cela à des agences qui déconseillent de l’engager.
- Elle parle d’un récit public qui a « complètement changé ».
- Elle juge certaines positions de son secteur toujours figées.
- Elle affirme avoir trouvé les siens, et que tout va bien.
Antisémitisme, Choix Des Mots, Responsabilité
Revenir sur l’épisode de la manifestation n’est pas une digression. C’est le précédent professionnel le plus clairement nommé. La phrase sur les juifs américains ayant « un aperçu » de ce que c’est que d’être musulman aux États-Unis, en raison de la montée de la violence antisémite, a entraîné la rupture avec United Talent Agency. L’actrice a ensuite parlé de « terrible erreur » de formulation.
Son excuse portait sur un implicite grave : laisser croire que les juifs n’avaient pas souffert de persécutions jusqu’à aujourd’hui. Elle a dit que c’était « tout l’inverse ». Autrement dit, elle a reconnu que le mot choisi pouvait effacer une histoire de persécutions. À Venise, le sujet n’est plus cette phrase isolée. Il est devenu le climat qui, selon elle, continue de lui fermer des portes.
On peut lire ensemble les deux moments sans les confondre. L’un est une déclaration contestée, suivie d’excuses. L’autre est une accusation actuelle contre une structure de pouvoir et contre des positions qu’elle dit défendues par des sionistes dans son secteur. Les deux appartiennent au même dossier public de l’actrice. Ils n’ont pas le même objet.
Le Poids D’Une Carrière Face À Une Industrie
Susan Sarandon n’arrive pas à Venise comme une inconnue. Elle est une figure d’Hollywood. Ce statut donne de la portée à la moindre phrase. Il donne aussi, en théorie, un coussin. Or elle affirme que ce coussin ne suffit plus dès qu’il s’agit d’engagements concrets : on lui retire des rôles. L’écart entre gloire passée et employabilité présente est le cœur économique de son témoignage.
Une agence ne se contente pas de négocier. Elle oriente, protège, parfois écarte. Être lâchée par United Talent Agency a déjà signifié une rupture de représentation. Dire ensuite que des agences conseillent de ne pas l’engager prolonge cette logique. Dans son récit, le marché du travail hollywoodien n’est pas neutre. Il filtre les voix.
Elle n’avance pas de liste de films refusés dans les propos rapportés. Elle avance un mécanisme. C’est suffisant pour poser une question plus large : jusqu’où une industrie culturelle tolère-t-elle la critique d’un allié des États-Unis lorsqu’une guerre fait des dizaines de milliers de morts selon les chiffres cités ? L’actrice, elle, répond par son cas personnel.
Venise, Les Applaudissements Et Le Désaccord Invisible
La salve d’applaudissements n’est pas un détail de mise en scène. Elle indique qu’une partie de la salle a reçu ces phrases comme une parole attendue, ou du moins légitime dans ce lieu. Un festival européen n’est pas un plateau de négociation d’agence américaine. Les publics ne sont pas les mêmes. Les risques non plus.
On peut applaudir une actrice à Venise et, ailleurs, refuser de lui confier un rôle. Les deux gestes peuvent coexister. C’est même, d’après elle, la situation réelle. D’où la force de sa formule sur la famille retrouvée. Si le métier se ferme, le groupe de reconnaissance se déplace. Les applaudissements deviennent alors une preuve sociale plus qu’une preuve professionnelle.
Reste que le désaccord, lui, n’a pas pris la parole dans le compte rendu de cette conférence. On n’y entend pas la réplique des agences. On n’y entend pas non plus celle des personnes qu’elle désigne. Le document public, ici, est surtout sa voix. Un article fidèle doit le souligner : nous rapportons ce qu’elle a dit, pas un procès-verbal de toute l’industrie.
Gaza, Israël, Washington : Le Triangle Qu’Elle Nomme
Susan Sarandon ne parle pas seulement d’Israël. Elle parle du soutien des États-Unis à Israël, soutien financier et militaire. Elle inscrit donc Washington dans le cadre. Pour une actrice américaine, c’est une critique tournée aussi vers son propre pays. Le récit qui aurait « complètement changé » n’est pas uniquement celui du champ de bataille. C’est celui de l’alliance.
Les chiffres rappellent l’ampleur humaine du conflit tel qu’il est chiffré dans les sources reprises : 73.500 morts et 174.000 blessés à Gaza selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, chiffres jugés fiables par l’ONU ; 1.221 morts dans l’attaque du Hamas contre Israël, en majorité des civils. Ces deux séries de nombres empêchent de raconter la période comme un seul bloc sans origine ni conséquence.
L’actrice, dans les propos cités, ne développe pas une doctrine militaire. Elle constate un climat, une perte de rôles, un changement de récit public. Le reste appartient au débat politique général. Le travail de cet article est de tenir ensemble sa déclaration et le contexte chiffré fourni, sans ajouter d’épisode qui n’y figure pas.
Ce Que Révèle Le Mot « Structure »
Beaucoup d’artistes parlent de « cancel », de mode, de peur. Susan Sarandon parle de structure. Le mot est plus froid. Il désigne des habitudes organisées plutôt qu’une émotion passagère. Une agence qui dit de ne pas engager quelqu’un n’est pas une foule en colère. C’est une recommandation professionnelle. C’est cela qu’elle met en cause.
Une structure peut survivre à un changement d’opinion publique. C’est même sa définition : elle dure plus longtemps que l’humeur. Si l’actrice a raison sur le décalage entre le public et le secteur, alors Hollywood n’est pas le simple miroir de la société. Il est un filtre. Les festivals, eux, peuvent laisser passer ce que le casting quotidien refuse.
À 79 ans, elle n’a plus le même horizon de carrière qu’une actrice de trente ans. Cela rend son témoignage à la fois plus libre et plus symbolique. Plus libre, parce que l’essentiel de l’œuvre est derrière elle. Plus symbolique, parce qu’une exclusion tardive dit quelque chose du présent, pas seulement d’un calcul d’avenir.
Une Parole Qui Ne Ferme Pas Le Dossier
La conférence de presse de Venise n’épuise pas le sujet. Elle le rouvre. Susan Sarandon dit qu’on lui refuse des rôles en raison de ses critiques d’Israël et de la guerre à Gaza. Elle dit que des agences déconseillent de l’engager. Elle dit que le récit public a changé. Elle dit que son secteur, lui, n’a pas adouci certains sentiments. Elle dit aussi qu’elle a trouvé les siens.
Autour d’elle demeurent les faits déjà établis dans le matériau initial : le film The Echo Chamber en compétition, la Mostra, l’âge de l’actrice, les autres voix du cinéma américain citées, la rupture avec United Talent Agency, les excuses sur le choix des mots, les chiffres de Gaza et ceux de l’attaque du Hamas. Rien de plus n’est nécessaire pour comprendre pourquoi ces phrases ont circulé.
Le cinéma aime les personnages qui paient le prix de leurs convictions. La vie réelle, elle, transforme parfois ce thème en emploi perdu. C’est le point où l’actualité culturelle rejoint l’actualité internationale. Dimanche, à Venise, Susan Sarandon a décidé de nommer ce point à voix haute, devant des micros, jusqu’aux applaudissements.
Que l’on retienne surtout ceci, sans broder : une actrice majeure d’Hollywood affirme que sa critique d’Israël et de la guerre à Gaza lui coûte encore des rôles ; elle désigne des agences et une structure de pouvoir ; elle croit l’opinion plus informée ; elle juge son industrie plus figée ; elle dit avoir trouvé sa famille. Le reste appartient au débat que ces phrases, inévitablement, vont continuer d’alimenter.









