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Bitcoin Etfs Perdent 255 Millions En Un Mois Malgré Blackrock

Les ETF Bitcoin ont perdu 255 millions de dollars en 30 jours alors que BlackRock continue d’attirer des fonds. Trois séances positives changent-elles la donne ? Découvrez les chiffres et ce que Glassnode révèle sur le coût moyen des investisseurs.

Imaginez un mois entier où l’argent quitte massivement les fonds cotés sur le Bitcoin, et pourtant un géant de la gestion d’actifs continue d’en aspirer presque un milliard. C’est exactement ce qui s’est produit entre fin septembre et fin octobre 2026. Les ETF spot Bitcoin américains ont enregistré 254,7 millions de dollars de sorties nettes sur 30 jours calendaires, tandis que le produit phare de BlackRock, l’IBIT, a collecté à lui seul près de 962 millions. Cette contradiction intrigue autant les investisseurs chevronnés que les nouveaux venus. Que se passe-t-il vraiment sous la surface de ces flux ?

Un mois de sorties nettes qui révèle des dynamiques contrastées

Les données compilées par Farside Investors montrent clairement la tendance. En additionnant les totaux journaliers arrondis du 27 septembre au 26 octobre, on arrive à 254,7 millions de dollars de retraits nets. La première séance de trading concernée tombait le 28 septembre. Ce chiffre n’est pas anodin. Il dépasse même les 230,9 millions de sorties observés sur une période comparable de 30 jours entre fin juin et fin juillet. La différence s’élève à 23,8 millions supplémentaires de pressions vendeuses.

Derrière ce total global se cachent des comportements très différents selon les émetteurs. L’ARK 21Shares Bitcoin ETF, connu sous le ticker ARKB, a perdu 281,3 millions de dollars sur la même fenêtre. Fidelity’s FBTC a subi un retrait encore plus marqué de 725 millions. Pendant ce temps, BlackRock a joué un rôle de contre-poids massif. Son IBIT a non seulement absorbé la majorité des sorties des concurrents, mais a même généré un solde positif impressionnant.

À retenir : sur 30 jours, le marché des ETF Bitcoin a perdu de l’argent dans son ensemble, mais un seul acteur a capté l’essentiel des flux positifs. Cette concentration n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue clairement en période de stress.

BlackRock attire près d’un milliard tandis que les autres souffrent

Le contraste est saisissant. IBIT a enregistré 961,9 millions de dollars d’entrées nettes. Cela signifie que sans la performance de BlackRock, les sorties globales auraient été bien plus sévères. Les investisseurs institutionnels et les particuliers qui choisissent ce véhicule semblent privilégier la liquidité, la notoriété et la taille du fonds. IBIT est devenu le produit de référence pour beaucoup d’acteurs qui veulent une exposition au Bitcoin sans détenir directement l’actif.

Cette domination n’est pas sans conséquence. Elle crée une forme de polarisation. D’un côté, un fonds qui continue d’attirer des capitaux même dans un environnement baissier ou hésitant. De l’autre, des produits concurrents qui voient leurs actifs sous gestion diminuer. Les chiffres de Fidelity et d’ARK illustrent parfaitement cette réalité. Les retraits ne sont pas uniformes. Ils frappent plus durement certains émetteurs, peut-être en raison de différences de frais, de liquidité perçue ou simplement de préférence des grands intermédiaires financiers.

On peut se demander si cette concentration n’introduit pas un risque systémique à long terme. Quand un seul produit concentre la majorité des flux, le marché devient plus sensible à d’éventuels changements de stratégie de cet émetteur ou de ses clients. Pour l’instant, le phénomène se poursuit sans ralentir.

Trois séances positives qui changent partiellement la donne

Après des semaines difficiles, un rebond s’est dessiné. Les 26, 27 et 28 octobre, les ETF Bitcoin ont enregistré respectivement 110,3 millions, 176 millions et 137,3 millions de dollars d’entrées nettes. Le total de ces trois séances atteint 423,6 millions. BlackRock a encore dominé, avec 397,8 millions, soit environ 93,9 % de ce flux positif. Fidelity a contribué pour 24,5 millions le 27 octobre, et Bitwise a ajouté 1,3 million le 28.

Ce retour des acheteurs est venu après deux journées particulièrement douloureuses. Le 22 octobre, 635,6 millions sont partis. Le lendemain, 137,9 millions supplémentaires ont quitté les fonds. Au total, 773,5 millions de sorties en seulement deux séances. Les trois jours suivants n’ont récupéré qu’environ 54,8 % de cette somme. La reprise est réelle, mais partielle. Elle montre que la demande existe encore, surtout quand le prix du Bitcoin se stabilise ou rebondit légèrement.

Les chiffres de SoSoValue confirment quasiment les mêmes montants : 423,66 millions sur les trois séances, avec des détails journaliers presque identiques. Au 28 octobre, les actifs nets combinés des fonds atteignaient 104,88 milliards de dollars, pour un total cumulé d’entrées nettes depuis le lancement de 57,61 milliards. Ces montants rappellent l’ampleur qu’ont pris ces produits en moins de deux ans d’existence.

Le coût moyen des ETF selon Glassnode : un niveau critique autour de 81 500 dollars

Glassnode a publié le 28 octobre une analyse intéressante sur la demande des ETF. Selon le cabinet, le volume moyen de trading quotidien depuis le mois de mai tourne autour de 1,3 milliard de dollars. Ce n’est pas négligeable, mais cela reste faible comparé aux phases d’euphorie. Le 23 octobre, le volume est même tombé à 700 millions, l’un des plus bas niveaux de l’année dans leur base de données.

Plus important encore, Glassnode estime le prix d’achat moyen des bitcoins détenus par les ETF à environ 81 500 dollars. C’est un chiffre clé. Quand le prix spot évolue autour de 80 000 dollars, une partie des détenteurs institutionnels se retrouve proche de son seuil de rentabilité, voire légèrement en perte. Le True Market Mean, qui représente le coût moyen des investisseurs actifs, se situait plus bas, à 77 900 dollars. L’écart entre ces deux mesures illustre la différence de comportement entre les flux ETF et le reste du marché.

Sur le carnet d’ordres de Binance, les analyses ont montré que les ordres d’achat autour de 80 000 dollars avaient été consommés lors de la baisse du 24 octobre et n’avaient pas été renouvelés. Il ne restait plus que 3,4 millions de dollars de liquidité à ce niveau. En revanche, les ordres entre 78 000 et 79 000 dollars totalisaient 42 millions, en hausse par rapport aux 24 millions observés à la mi-octobre. Cela suggère que les acheteurs se positionnent un peu plus bas, attendant peut-être une nouvelle opportunité d’entrée.

Un ralentissement déjà visible début octobre

Le ralentissement des flux n’est pas apparu du jour au lendemain. Début octobre, Bitfinex avait déjà signalé un net freinage. Les entrées hebdomadaires étaient passées de 2,39 milliards à 241,1 millions de dollars pour la période du 28 septembre au 2 octobre. Une série de neuf séances positives totalisant 3,08 milliards s’était terminée le 30 septembre avec un retrait de 148,7 millions.

Les analystes de Bitfinex avaient alors avancé une explication intéressante. Selon eux, une partie des investisseurs revenait vers leurs prix d’entrée estimés. Avec le Checkonchain flow-weighted measure, le coût moyen des investisseurs ETF était placé à 84 320 dollars. L’estimation alternative de Glassnode tournait autour de 81 700 dollars à l’époque. Le Bitcoin avait passé 233 jours consécutifs sous cette estimation Checkonchain, du 31 janvier au 20 septembre, avant de la regagner le 21 septembre. Une fois ce niveau rejoint, la pression d’achat s’est naturellement atténuée.

Cette dynamique de « retour au point d’équilibre » est classique sur les marchés. Quand un actif se rapproche du prix moyen d’acquisition d’une cohorte d’investisseurs, certains en profitent pour prendre des profits, d’autres pour alléger leurs positions. Le résultat est souvent une réduction temporaire des flux entrants.

Les nouvelles règles de rachat en nature changent-elles la donne ?

Un élément structurel important est intervenu en juillet 2025. La Securities and Exchange Commission a approuvé des ordres permettant aux participants autorisés de créer et de racheter les parts d’ETF crypto en nature, c’est-à-dire en livrant ou en recevant directement les bitcoins sous-jacents. Auparavant, les produits spot Bitcoin et Ether étaient limités aux transactions en espèces.

Cette évolution rapproche les ETF crypto des autres produits cotés basés sur des matières premières. Jamie Selway, alors directeur de la Division of Trading and Markets, avait souligné les gains de flexibilité et les économies de coûts pour les émetteurs, les participants autorisés et les investisseurs. Mark Uyeda, commissaire, avait quant à lui rappelé que l’ancien système obligeait les participants à racheter en dollars, forçant les émetteurs à acheter ou vendre le crypto-actif sur le marché ouvert. Cela générait des coûts de transaction et une exposition au slippage.

En théorie, le rachat en nature devrait améliorer l’efficacité du marché et réduire les frictions. Dans la pratique, les effets se feront sentir progressivement. Les flux observés en octobre 2026 montrent que même avec ce cadre plus souple, la demande peut encore se contracter fortement selon le contexte de prix et le sentiment général.

Ce que révèlent les volumes faibles et la concentration des flux

Le volume quotidien moyen de 1,3 milliard de dollars depuis mai, et surtout le creux à 700 millions le 23 octobre, traduisent une demande institutionnelle en mode attentiste. Les grands acteurs semblent attendre des signaux plus clairs avant de déployer de nouveaux capitaux massifs. Dans ce contexte, la capacité de BlackRock à continuer d’attirer des fonds devient d’autant plus remarquable. Elle repose probablement sur la confiance dans la marque, la liquidité du produit et la facilité d’accès pour les clients institutionnels et les plateformes de distribution.

La polarisation des flux entre IBIT et le reste du marché n’est pas anodine. Elle peut créer un effet de cercle vertueux pour le leader : plus de liquidité attire plus de liquidité. Pour les autres émetteurs, la situation est plus délicate. Ils doivent se différencier par les frais, par des stratégies de marketing ciblées ou par des partenariats de distribution spécifiques.

On observe aussi que les sorties ne sont pas toujours le signe d’un rejet du Bitcoin. Elles peuvent simplement refléter des arbitrages entre produits, des besoins de liquidité des investisseurs, ou des rééquilibrages de portefeuille. Un investisseur peut vendre des parts d’un ETF pour en acheter un autre, ou pour passer à une exposition directe via un exchange ou un custodian.

Les implications pour les investisseurs individuels et institutionnels

Pour un investisseur individuel, ces mouvements de flux offrent plusieurs enseignements. Premièrement, la liquidité reste concentrée sur quelques produits. Choisir l’ETF le plus liquide peut réduire les coûts de transaction et améliorer l’exécution. Deuxièmement, le coût moyen des détenteurs ETF autour de 81 500 dollars constitue un niveau psychologique important. Tant que le prix évolue sous ce seuil, une partie de la demande institutionnelle peut rester frileuse.

Les investisseurs institutionnels, eux, regardent probablement au-delà des flux journaliers. Ils s’intéressent à la structure de marché, à la profondeur des carnets d’ordres, et à la capacité des émetteurs à gérer efficacement les créations et rachats. L’introduction des rachats en nature a réduit certains risques opérationnels. Cela devrait, à terme, favoriser une adoption encore plus large.

Il faut aussi garder en tête que les ETF ne représentent qu’une partie de la demande totale pour le Bitcoin. Les exchanges, les plateformes de custody, les fonds offshore et les détenteurs individuels en portefeuille froid continuent de jouer un rôle majeur. Les flux ETF sont un thermomètre utile, mais pas le seul.

Perspectives à court et moyen terme

La reprise observée sur les trois séances de fin octobre est encourageante. Elle montre que la demande n’a pas disparu. Elle se réveille dès que le prix se stabilise ou que le sentiment s’améliore légèrement. Cependant, le chemin vers une nouvelle vague d’entrées massives pourrait dépendre de plusieurs facteurs : une sortie claire au-dessus du coût moyen des ETF, une amélioration de la liquidité sur les carnets d’ordres, et un environnement macroéconomique plus favorable aux actifs risqués.

Glassnode souligne que la demande reste globalement faible. Tant que les volumes quotidiens restent proches de 1,3 milliard, il est difficile d’imaginer une poussée haussière spectaculaire purement alimentée par les ETF. D’autres catalyseurs seront probablement nécessaires : évolution réglementaire, adoption par de nouveaux acteurs institutionnels, ou simplement un changement de perception du Bitcoin comme actif de réserve.

Dans ce contexte, la domination de BlackRock pourrait se renforcer encore. Les investisseurs qui cherchent de la simplicité et de la liquidité continueront de privilégier IBIT. Les autres émetteurs devront redoubler d’efforts pour conserver ou reconquérir des parts de marché. La concurrence sur les frais pourrait s’intensifier, tout comme les efforts de communication et de partenariat.

Une photographie d’un marché en maturation

Les chiffres d’octobre 2026 dressent le portrait d’un marché des ETF Bitcoin qui a atteint une certaine maturité. Les flux ne sont plus systématiquement positifs. Ils réagissent aux mouvements de prix, aux niveaux de coût moyen, et aux arbitrages entre produits. La concentration sur un leader est devenue structurelle. Les volumes de trading, bien que corrects, ne sont plus en phase d’explosion.

Cette maturation n’est pas forcément négative. Elle signifie que le produit a trouvé sa place dans les portefeuilles institutionnels et individuels. Les phases de sorties nettes font partie du cycle normal. Elles permettent de tester la solidité de la demande et la résilience des mécanismes de création et de rachat.

Pour les observateurs, le point le plus intéressant reste le niveau de 81 500 dollars. Tant que le prix évolue autour ou en dessous de ce seuil, la demande ETF risque de rester sélective. Une cassure nette et durable au-dessus pourrait en revanche relancer les entrées de façon plus soutenue. Les prochaines semaines diront si les trois séances positives de fin octobre marquent le début d’un retournement ou seulement une pause dans une phase de consolidation plus large.

En attendant, les investisseurs ont intérêt à suivre non seulement les totaux quotidiens, mais aussi la répartition entre les émetteurs, les volumes de trading et les niveaux de liquidité sur les marchés spot. Ces éléments combinés offrent une vision plus complète que le simple solde net des flux. Le Bitcoin et ses véhicules d’investissement cotés continuent d’écrire leur histoire, séance après séance, avec des chapitres parfois contradictoires mais toujours riches d’enseignements.

La dualité entre les sorties globales et les entrées concentrées sur BlackRock restera sans doute l’un des thèmes dominants des mois à venir. Elle révèle autant les préférences des investisseurs que les forces relatives des différents produits. Dans un marché où la liquidité et la confiance jouent un rôle central, le leader actuel dispose d’un avantage considérable. Les autres acteurs devront innover ou accepter de jouer un rôle secondaire. Quant aux détenteurs, ils continueront de regarder le coût moyen de 81 500 dollars comme un repère important, un seuil qui pourrait marquer la transition entre une phase d’attentisme et une nouvelle vague d’accumulation.

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