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Second Mandat Zambien : Hichilema Prete Serment Sous Tension

Des milliers de militants en rouge remplissent le stade de Lusaka. Hakainde Hichilema prête serment pour cinq ans. Son principal adversaire n'est pas dans les tribunes : il est en prison, accusé de trahison. Le récit d'une journée décisive.

Que reste-t-il d’une victoire électorale lorsque le principal adversaire, arrivé deuxième, se trouve derrière les barreaux au moment où le vainqueur lève la main pour prêter serment ? C’est la question qui plane, mardi, au-dessus du stade de Lusaka, alors que Hakainde Hichilema entame un second mandat à la tête de la Zambie. Des milliers de personnes habillées du rouge du parti UPND ont rempli l’enceinte. Le président de 64 ans, homme d’affaires reconverti en chef d’État depuis 2021, parle de croissance, d’expansion, d’opportunités et de prospérité. En parallèle, Brian Mundubile, ancien ministre arrivé derrière lui avec 38 % des voix contre 60 %, est incarcéré et inculpé de trahison. Le contraste est brutal. Il donne le ton d’une journée à la fois festive et lourde.

Un serment présidentiel dans un pays riche en cuivre et sous tension

La Zambie n’est pas un pays quelconque d’Afrique australe. Elle est riche en cuivre. Cette richesse pèse sur l’image internationale, sur les attentes économiques, sur le regard porté sur ses institutions. Le scrutin du 13 août a été entaché d’accusations d’intimidation, de partialité et de restrictions visant l’opposition. Ces accusations ont terni la réputation démocratique du pays. Le serment de mardi ne les efface pas. Il les met plutôt en lumière, parce que la scène officielle se joue sans le principal meneur de l’opposition.

Les images de la télévision publique montrent une foule compacte. Le rouge domine. Le stade est comble. Pourtant, seule une poignée de dirigeants africains y participaient. Ce détail compte. Il dit quelque chose du climat diplomatique autour de la cérémonie. Il dit aussi que la journée n’était pas seulement un rituel intérieur. Elle était observée, pesée, commentée à l’échelle du continent, même si les présences officielles restaient limitées.

À retenir. Hakainde Hichilema a remporté 60 % des suffrages. Brian Mundubile en a obtenu 38 %. Le second est en prison, inculpé de trahison, des accusations qu’il rejette. Le serment se tient devant un stade rempli de militants UPND.

La scène du stade de Lusaka

Mardi, Lusaka n’était pas seulement une capitale. C’était un théâtre politique. Des milliers de personnes vêtues du rouge du parti UPND ont rempli le stade pour le serment du président. La couleur n’est pas un accessoire. Elle affiche l’appartenance. Elle transforme l’enceinte sportive en espace partisan. Elle donne à la cérémonie l’allure d’une confirmation militante autant que d’un acte constitutionnel.

Le président a parlé devant ce stade comble. Il a voulu inscrire les cinq prochaines années dans une dynamique positive. Il a rappelé le travail déjà accompli. Il a promis que la suite porterait la marque de la croissance. Les mots étaient choisis pour rassurer. Ils étaient aussi choisis pour tourner la page du scrutin et ouvrir celle du mandat.

Après avoir accompli le plus gros du travail au cours de notre premier mandat, les cinq prochaines années seront placées sous le signe de la croissance, de l’expansion, des opportunités et de la prospérité pour l’ensemble de notre population.

Cette phrase mérite d’être lue lentement. Elle contient un bilan. Elle contient une promesse. Elle contient une adresse à l’ensemble de notre population. Or, selon la Banque mondiale, plus de 70 % des 22 millions d’habitants de la Zambie vivent avec moins de trois dollars par jour. La tension entre le discours de prospérité et cette donnée n’est pas un détail. Elle est au cœur du second mandat qui commence.

Ce que le premier mandat a déjà changé

Hakainde Hichilema a commencé son premier mandat en 2021. La Zambie a alors renoué avec la croissance économique. Des réformes favorables au marché ont fait reculer l’inflation. Ce point est central dans le récit du pouvoir. Il sert de preuve. Il sert d’argument. Il sert de socle à la phrase prononcée au stade.

Le même mandat a aussi porté des décisions de société. Le président a aboli la peine de mort. Il a rendu l’enseignement primaire et secondaire gratuits. Ces deux mesures ne relèvent pas du même registre que l’inflation. Elles touchent le droit, l’école, la vie quotidienne des familles. Elles permettent au camp présidentiel de dire que le premier mandat n’a pas été seulement économique.

Les détracteurs affirment toutefois que cette croissance n’a pas encore profité aux plus modestes. Le président lui-même a reconnu les difficultés liées au coût de la vie. Il n’a pas prétendu que tout était réglé. Il a dit qu’il restait encore beaucoup à faire. Et il a ajouté que c’était précisément l’objet de ce mandat.

Il reste encore beaucoup à faire. Et c’est précisément l’objet de ce mandat.

La formule est courte. Elle est politique. Elle transforme la critique en programme. Elle admet la difficulté sans céder le terrain. Dans un pays où plus de 70 % de la population vit avec moins de trois dollars par jour, cette admission n’est pas un ornement de discours. Elle est presque obligatoire. Elle ne suffit pourtant pas à refermer le débat sur le partage de la croissance.

Pauvreté, cuivre et promesse de prospérité

La Zambie est riche en cuivre. Cette richesse explique une part de l’attention internationale. Elle explique aussi l’attente d’une transformation sociale plus visible. Un pays minier peut croître sans que le quotidien des plus modestes bascule. C’est exactement ce que disent les détracteurs du président : la croissance est là, le bénéfice pour les plus pauvres n’est pas encore là.

Plus de 70 % des 22 millions d’habitants vivent avec moins de trois dollars par jour. Cette statistique de la Banque mondiale ancre le débat. Elle empêche de réduire le second mandat à une cérémonie. Elle rappelle que le stade comble n’est pas le pays entier. Elle rappelle que le rouge militant n’est pas le seul paysage social.

22 millions
d’habitants
Plus de 70 %
vivent avec moins de 3 dollars par jour
60 %
des suffrages pour Hichilema
38 %
des suffrages pour Mundubile

Le président a placé les cinq prochaines années sous le signe de la croissance, de l’expansion, des opportunités et de la prospérité pour l’ensemble de la population. Le mot ensemble est le plus chargé. Il désigne une ambition d’inclusion. Il se heurte à la photographie sociale donnée par la Banque mondiale. Entre les deux, le second mandat devra avancer.

Reconnaître les difficultés liées au coût de la vie, comme l’a fait Hakainde Hichilema, revient à admettre que la reprise macroéconomique ne suffit pas à elle seule. L’inflation a reculé grâce à des réformes favorables au marché. La croissance est revenue. Mais le coût de la vie reste une épreuve. Le président le dit. Ses détracteurs le disent autrement. Les deux constats se croisent sur le même terrain : celui des plus modestes.

Le scrutin du 13 août et la réputation démocratique

Le scrutin du 13 août n’est pas un simple calendrier. Il est le socle contesté de ce second mandat. Il a été entaché d’accusations d’intimidation, de partialité et de restrictions visant l’opposition. Ces accusations ont terni la réputation démocratique de la Zambie. Le mot terni n’est pas anodin. Il décrit une image abîmée, pas forcément détruite, mais marquée.

Dans un pays d’Afrique australe riche en cuivre, la réputation démocratique n’est pas un luxe rhétorique. Elle conditionne le regard des partenaires, la lecture des résultats, la légitimité perçue du serment. Mardi, le stade de Lusaka montrait une victoire célébrée. Autour du stade, le récit du scrutin restait chargé d’ombres.

Les résultats officiels donnent 60 % à Hakainde Hichilema et 38 % à Brian Mundubile. L’écart est net. Il n’efface pas les accusations. Une victoire large peut coexister avec une campagne contestée. C’est précisément cette coexistence qui rend la journée du serment si particulière. Le vainqueur parle d’avenir. L’opposition parle d’un processus faussé. Le deuxième de la présidentielle, lui, est en prison.

Brian Mundubile, de la deuxième place à l’incarcération

Brian Mundubile est un ancien ministre. Il a obtenu 38 % des voix. Il est le principal meneur de l’opposition dans ce récit. Après le scrutin, les forces de sécurité ont perquisitionné son domicile le 14 août. Elles affirmaient viser une milice soupçonnée de représenter une menace pour la sécurité nationale. Mundubile s’est alors caché.

Son alliance NRPUP a vigoureusement rejeté ces accusations. Le rejet n’est pas une nuance. Il est frontal. D’un côté, la sécurité nationale. De l’autre, une opposition qui dénonce une opération politique. Entre les deux, une perquisition, une fuite, puis une reddition.

Un ancien ministre a été abattu lors de l’opération. Onze membres du camp de Mundubile ont été arrêtés. Ces deux faits durcissent le récit. Ils sortent l’affaire du seul registre électoral. Ils y ajoutent la force, le sang, la prison. Ils expliquent pourquoi le serment de mardi ne peut pas être lu comme une simple fête de la majorité.

L’opposant et son colistier Makebi Zulu se sont rendus à la police près de deux semaines plus tard. Leur avocat a confirmé ce week-end qu’ils avaient été inculpés pour trahison. Ils rejettent ces accusations. La trahison est l’une des charges les plus graves. Elle place l’opposition non plus en rivale électorale, mais en cible judiciaire.

Chronologie contenue dans les faits connus

  • 13 août : scrutin présidentiel.
  • 14 août : perquisition au domicile de Brian Mundubile.
  • Dans l’opération : un ancien ministre abattu, onze membres du camp opposant arrêtés.
  • Près de deux semaines plus tard : reddition de Mundubile et de Makebi Zulu.
  • Week-end suivant : confirmation par l’avocat d’inculpations pour trahison.
  • Mardi : serment de Hakainde Hichilema au stade de Lusaka.

La charge de trahison et le rejet de l’opposition

Inculper de trahison le candidat arrivé deuxième change la nature du moment politique. Le mot n’est pas un mot de campagne. C’est un mot d’accusation pénale. L’avocat a confirmé les inculpations. Les intéressés les rejettent. L’alliance NRPUP avait déjà rejeté les accusations liées à une milice et à une menace pour la sécurité nationale.

Le pouvoir parle de sécurité. L’opposition parle de contestation empêchée. Les deux lectures s’affrontent sur les mêmes faits : perquisition du 14 août, ancien ministre abattu, onze arrestations, fuite, reddition, inculpation. Rien dans cette chaîne n’est anodin. Tout y est lourd. Tout y pèse sur le serment prononcé devant des milliers de militants en rouge.

Makebi Zulu, colistier, est entré dans la même procédure. Le ticket d’opposition se retrouve ainsi pris dans le même étau judiciaire. Le stade célèbre un président. La prison retient son challenger. Les deux scènes se déroulent dans le même pays, dans la même séquence, après le même scrutin du 13 août.

Un président de 64 ans face à cinq nouvelles années

Hakainde Hichilema a 64 ans. C’est un homme d’affaires. Ce parcours nourrit son image de réformateur favorable au marché. Depuis 2021, ce profil a coincidé avec un retour de la croissance et un recul de l’inflation. Le second mandat s’ouvre donc avec un argument économique déjà utilisé, déjà contesté dans sa traduction sociale.

Abolir la peine de mort et rendre l’enseignement primaire et secondaire gratuits appartiennent au bilan que le camp présidentiel peut aligner. Ces mesures donnent une autre texture au mandat. Elles ne répondent pas à elles seules au coût de la vie. Elles ne répondent pas à elles seules aux accusations qui entachent le scrutin. Elles existent pourtant. Elles font partie du tableau.

Le président a dit avoir accompli le plus gros du travail au cours du premier mandat. Cette affirmation est un choix de récit. Elle présente 2021-2025 comme une phase de fondation. Elle présente 2025-2030 comme une phase d’expansion. Devant le stade comble, le récit est linéaire. Dans le pays réel, où plus de 70 % vivent avec moins de trois dollars par jour, la ligne est moins droite.

La foule en rouge et la rareté des dirigeants africains

Des milliers de personnes ont rempli le stade. La télévision publique a montré la scène. Selon ces images, seule une poignée de dirigeants africains y participaient. Le contraste entre la foule intérieure et la présence extérieure limitée donne à la cérémonie une double lecture. Forte chez les militants. Plus retenue sur le plan des présences diplomatiques visibles.

Le rouge du parti UPND transforme l’événement en affirmation majoritaire. Il occupe l’espace. Il occupe l’image. Il laisse peu de place visuelle à autre chose qu’à la victoire. Or l’autre chose existe : un scrutin contesté, un opposant incarcéré, une inculpation pour trahison, un ancien ministre abattu lors d’une opération, onze arrestations dans le camp de Mundubile.

La cérémonie n’annule pas ces faits. Elle les recouvre un instant. Elle les met hors champ le temps d’un serment. Puis ils reviennent, parce qu’ils sont trop lourds pour disparaître derrière une tribune et une foule en rouge.

Ce que le nouveau mandat dit vouloir être

Croissance. Expansion. Opportunités. Prospérité. Quatre mots. Quatre promesses. Ils forment l’horizon officiel des cinq prochaines années. Ils s’adressent à l’ensemble de la population. Ils s’appuient sur le premier mandat, décrit comme le moment où le plus gros du travail a été accompli.

Les réformes favorables au marché et le recul de l’inflation sont le socle de cette promesse. L’école gratuite et l’abolition de la peine de mort en sont l’autre versant. Le coût de la vie en est la limite reconnue. La pauvreté mesurée par la Banque mondiale en est la limite statistique. Les accusations autour du 13 août en sont la limite politique.

Le président a déclaré qu’il restait encore beaucoup à faire. Cette phrase empêche de présenter le serment comme un point d’arrivée. C’est un point de départ. Un point de départ chargé. Un point de départ où la fête du stade cohabite avec la prison de l’adversaire.

Le poids symbolique d’une opposition absente

Dans une démocratie qui tient à son image, le deuxième d’une présidentielle assiste souvent, de loin ou de près, au passage de relais ou à la reconduction du vainqueur. Ici, le deuxième est en prison. Il est inculpé de trahison. Il rejette les accusations. Son colistier aussi. Leur absence n’est donc pas une absence banale. C’est une absence produite par une procédure.

Le domicile perquisitionné le 14 août, la milice alléguée, la menace invoquée pour la sécurité nationale, le rejet vigoureux de l’alliance NRPUP : tout cela précède la reddition. La reddition précède l’inculpation. L’inculpation précède le serment. L’ordre des faits construit une séquence. Cette séquence est désormais indissociable du second mandat.

On peut lire le 60 % comme une légitimité chiffrée. On peut lire les accusations d’intimidation, de partialité et de restrictions comme une légitimité contestée. Les deux lectures existent dans le même article des événements. Les ignorer l’une ou l’autre reviendrait à appauvrir le récit.

École gratuite, peine de mort abolie : un bilan au-delà des cours

Rendre l’enseignement primaire et secondaire gratuits est une décision qui parle aux familles. Elle parle aussi à l’idée d’un État qui ouvre l’accès plutôt que de le tarifer. Dans un pays où plus de 70 % de la population vit avec moins de trois dollars par jour, le coût de l’école n’est pas un sujet abstrait. Il est concret. Il est quotidien.

Abolir la peine de mort relève d’un autre registre. C’est une bascule juridique et morale. Elle inscrit le premier mandat dans une réforme de l’État pénal autant que dans une réforme économique. Les deux gestes, l’école et la peine, permettent de dire que le pouvoir n’a pas seulement parlé de marché et d’inflation.

Cela n’empêche pas les détracteurs de soutenir que la croissance n’a pas encore profité aux plus modestes. Les deux vérités du débat peuvent coexister : des réformes existent ; le bénéfice social reste contesté. Le président le reconnaît à sa manière en parlant du coût de la vie et du travail qui reste à faire.

Le cuivre comme toile de fond, pas comme miracle

Le pays est riche en cuivre. Cette phrase revient parce qu’elle cadre tout. Elle explique l’espoir de prospérité. Elle explique la déception lorsque la prospérité tarde à descendre vers les plus modestes. Elle explique aussi pourquoi un scrutin contesté dans un tel pays attire l’attention au-delà de Lusaka.

La croissance retrouvée depuis 2021 s’inscrit dans cette toile de fond minière et marchande. Les réformes favorables au marché ont fait reculer l’inflation. Le discours officiel en fait le cœur du premier mandat. Le discours critique répond que les plus modestes attendent encore. Entre le minerai et le salaire du jour, l’écart reste le sujet.

Le second mandat promet expansion et opportunités. Ces mots visent à relier la richesse du sous-sol à la vie des 22 millions d’habitants. Tant que plus de 70 % vivent avec moins de trois dollars par jour, la promesse reste un chantier, non un constat.

Une journée, deux scènes, un même pays

Il y a le stade. Il y a la prison. Il y a le rouge des militants. Il y a l’inculpation pour trahison. Il y a le serment. Il y a le rejet des accusations par Mundubile et Makebi Zulu. Il y a la phrase sur la prospérité. Il y a la donnée de la Banque mondiale. Toutes ces pièces appartiennent au même tableau zambien de cette semaine.

Hakainde Hichilema prête serment pour un second mandat. Brian Mundubile, arrivé deuxième, est en prison. Le scrutin du 13 août reste entaché d’accusations d’intimidation, de partialité et de restrictions visant l’opposition. Un ancien ministre a été abattu lors de l’opération du 14 août. Onze membres du camp opposant ont été arrêtés. Voilà les faits. Voilà ce qui donne à la cérémonie son goût amer, malgré la foule.

Les cinq prochaines années sont désormais ouvertes. Le président les place sous le signe de la croissance. Le pays, lui, entre dans cette période avec une économie en reprise, une pauvreté encore massive, une opposition judiciaire, une réputation démocratique ternie et une scène de serment qui a rassemblé des milliers de militants en rouge, sous le regard d’une poignée de dirigeants africains.

Le plus gros du travail, selon le chef de l’État, aurait déjà été accompli. Le plus délicat, à voir la séquence qui entoure ce serment, commence peut-être seulement. Il reste encore beaucoup à faire, a-t-il dit. Sur ce point au moins, le stade et le pays peuvent entendre la même phrase, sans lui donner le même sens.

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