Des milliers de silhouettes rouges ont envahi le stade de Lusaka au moment ou Hakainde Hichilema a leve la main pour preter serment. Le geste paraissait solennel. Autour de lui, la foule du parti UPND celebratit un second mandat. Pourtant, a quelques kilometres de cette scene, le principal adversaire du scrutin du 13 aout n etait plus dans l espace public. Il se trouvait en prison, inculpe de trahison. Cette contradiction donne le ton d une journee qui ressemble moins a une simple passation de pouvoir qu a un test pour la reputation democratique de la Zambie.
Un Serment Sous Tension A Lusaka
Le president de 64 ans, homme d affaires devenu chef de l Etat en 2021, a prononce les mots du serment devant un stade comble. Les vetements rouges du parti UPND couvraient les gradins. L image, diffusee par la television publique, montrait une foule nombreuse. Elle montrait aussi autre chose. Seule une poignee de dirigeants africains etait presente. Le contraste entre l affluence locale et la reserve diplomatique regionale n a pas echappe a ceux qui suivaient la ceremonie.
Le scrutin du 13 aout avait deja laisse des traces. Des accusations d intimidation, de partialite et de restrictions visant l opposition avaient circule. Ces griefs ont terni l image d un pays d Afrique australe longtemps presente comme l une des democraties les plus stables de la region. La Zambie, riche en cuivre, portait cette reputation depuis des decennies. Le second mandat commence donc avec une ombre portee.
Ce que retient la ceremonie. Un stade plein de militants en rouge. Un discours tourne vers la croissance. Un adversaire incarcere. Une assistance diplomatique africaine reduite a une poignee de tetes d Etat.
Le Discours De La Croissance Et De La Prosperite
Devant le stade, Hakainde Hichilema a fixe le cap des cinq prochaines annees. Il a resume le premier mandat comme une periode ou le plus gros du travail aurait deja ete accompli. Il a ensuite projete l avenir.
Apres avoir accompli le plus gros du travail au cours de notre premier mandat, les cinq prochaines annees seront placees sous le signe de la croissance, de l expansion, des opportunites et de la prosperite pour l ensemble de notre population.
La formule est large. Elle promet la croissance. Elle promet l expansion. Elle promet des opportunites. Elle promet la prosperite. Elle s adresse a l ensemble de la population. Dans un pays ou plus de 70 pour cent des habitants vivent avec moins de trois dollars par jour, selon la Banque mondiale, ces mots portent un poids particulier. La Zambie compte environ 22 millions d habitants. La majorite reste exposee a une pauvrete quotidienne.
Le president a reconnu les difficultes liees au cout de la vie. Il n a pas pretendu que tout etait resolu. Il a dit qu il restait encore beaucoup a faire. Il a ajoute que c etait precisement l objet de ce mandat. La phrase relie l aveu a la promesse. Elle sert de pont entre le bilan et le programme.
Il reste encore beaucoup a faire. Et c est precisement l objet de ce mandat.
Un Bilan Economique Marque Par Le Marche
Sous le mandat commence en 2021, la Zambie a renoue avec la croissance economique. Des reformes favorables au marche ont ete mises en avant. L inflation a recule. Ces elements figurent au coeur du recit officiel. Ils expliquent pourquoi le camp presidentiel parle d un travail deja largement engage.
Deux mesures sociales accompagnent ce recit. La peine de mort a ete abolie. L enseignement primaire et secondaire a ete rendu gratuit. Ces decisions touchent a la fois le droit penal et l acces a l ecole. Elles donnent une texture concrète au premier mandat, au-dela des seuls indicateurs de croissance.
Les detracteurs ne contestent pas forcement le retour de la croissance. Ils affirment que cette croissance n a pas encore profite aux plus modestes. L ecart entre les chiffres et le quotidien devient alors l argument central de la critique. Le president lui-meme a evoque le cout de la vie. Le debat public se situe donc moins sur l existence d une reprise que sur sa repartition.
Points du premier mandat cites lors de la sequence actuelle
- Retour de la croissance economique depuis 2021
- Reformes favorables au marche
- Recul de l inflation
- Abolition de la peine de mort
- Gratuité de l enseignement primaire et secondaire
- Critique persistante sur les effets pour les plus modestes
Le Score Officiel Et La Geographie Du Pouvoir
Selon les resultats officiels, Hakainde Hichilema a remporte 60 pour cent des suffrages. Brian Mundubile, ancien ministre, est arrive deuxieme avec 38 pour cent. L ecart est net. Il ne ferme pas pour autant le dossier politique. Le deuxieme de la course n a pas pris part a la fete du stade. Il a disparu de la scene legale au lendemain du vote, puis a reapparu devant la justice.
Le president elu est un homme d affaires de 64 ans. Ce detail biographique revient souvent. Il rappelle un parcours hors des seules filieres militantes classiques. Il rappelle aussi qu il a deja connu l opposition, la defaite et la prison. Cette boucle personnelle resurgit aujourd hui, inversee. L ancien inculpe de 2016 dirige. L adversaire de 2025 est derriere les barreaux.
| Candidat | Score officiel | Situation au moment du serment |
|---|---|---|
| Hakainde Hichilema | 60 % | Prete serment pour un second mandat |
| Brian Mundubile | 38 % | Inculpe de trahison, en prison |
L Opposant En Cavale Puis Devant La Justice
Le 14 aout, au lendemain du scrutin, les forces de securite ont perquisitionne le domicile de Brian Mundubile. Elles ont affirme viser une milice soupconnee de representer une menace pour la securite nationale. L alliance NRPUP a vigoureusement rejete ces accusations. Le recit officiel parle de danger. Le camp de l opposition parle de construction politique.
L operation n a pas ete seulement symbolique. Un ancien ministre a ete abattu. Onze membres du camp de Mundubile ont ete arretes. Ces faits ancrent l affaire dans la violence et dans la procedure penale. Ils expliquent pourquoi l opposant s est cache. Ils expliquent aussi pourquoi la suite a pris la forme d une reddition, puis d une inculpation.
Pres de deux semaines plus tard, Brian Mundubile et son colistier Makebi Zulu se sont rendus a la police. Leur avocat a confirme, le week-end suivant la ceremonie preparee a Lusaka, qu ils avaient ete inculpes pour trahison. Ils rejettent ces accusations. Le mot trahison pèse lourd. Il transforme une rivalite electorale en affaire d Etat.
Chronologie courte de l affaire Mundubile
13 aout : scrutin presidentiel.
14 aout : perquisition au domicile, these d une milice, un ancien ministre abattu, onze arrestations dans le camp de l opposant.
Dans les deux semaines suivantes : reddition de Mundubile et de Makebi Zulu.
Week-end recent : confirmation par l avocat d une inculpation pour trahison, accusations rejetées.
Un Message Presidentiel Sans Nommer L Adversaire
Dans son discours, Hakainde Hichilema n a pas cite clairement son opposant. Il a pourtant parle de politique, de paix et de stabilite. Le passage ressemble a un encadrement moral de la competition. Il reconnait que les divergences font partie d une democratie. Il trace ensuite une limite.
Les divergences politiques font inevitablement partie d une democratie, mais la quete du pouvoir politique ne doit jamais se faire au detriment de la paix, de la securite et de la stabilite de notre pays.
Une autre phrase a suivi. Elle evoque le courage necessaire pour servir la chose publique. Elle ajoute qu une telle vocation ne devrait jamais devenir une question de vie ou de mort. L expression est grave. Elle survient apres une operation au cours de laquelle un ancien ministre a ete abattu. Elle survient aussi alors que l adversaire est inculpe de trahison.
Il faut du courage pour se mettre au service de la chose publique… mais cela ne devrait jamais aller jusqu a devenir une question de vie ou de mort.
Le discours fonctionne donc sur deux registres. D un cote, la croissance, l expansion, les opportunites, la prosperite. De l autre, la paix, la securite, la stabilite. Entre les deux, le silence sur le nom de Brian Mundubile. Ce silence n efface pas le contexte. Il l encadre.
Le Miroir De 2016
L histoire personnelle du president rend la sequence encore plus saillante. Apres avoir perdu l election presidentielle de 2016, Hakainde Hichilema avait ete inculpe de trahison. On l accusait d avoir refuse de laisser passer le cortege presidentiel. Il avait passe quatre mois dans une prison de haute securite. Les charges avaient ensuite ete abandonnees.
Le parallele n a pas besoin d etre force. Un homme autrefois vise par une accusation de trahison dirige aujourd hui la ceremonie du serment. Un autre homme, arrive deuxieme au scrutin, fait face a la meme qualification penale. Les faits de 2016 et ceux de 2025 ne sont pas identiques. Le premier dossier portait sur un cortege. Le second s appuie sur la these d une milice et d une menace pour la securite nationale. Le mot juridique, lui, revient.
Il est aussi reproche a Hakainde Hichilema d avoir restreint la liberte politique au cours de son premier mandat. Cette critique existe independamment de l inculpation de son adversaire. Elle nourrit la lecture selon laquelle le pays, longtemps vu comme un modele de transfers pacifiques, voit son espace politique se resserrer.
Une Reputation Democratique Heritee Puis Ecornee
Depuis son independance de la Grande-Bretagne en 1964, sous la presidence du president fondateur Kenneth Kaunda, la Zambie s etait forge une reputation. Celle d une democratie parmi les plus stables d Afrique australe. L histoire du pays a ete marquee par des transferts de pouvoir pacifiques. Cette memoire collective donne un relief particulier aux accusations d intimidation, de partialite et de restrictions visant l opposition.
Le scrutin du 13 aout n a pas ete raconte seulement comme une victoire chiffrée a 60 pour cent. Il a ete raconte aussi comme une sequence contestee. Les griefs portent sur le climat du vote. Ils portent sur l egalite des chances. Ils portent sur la capacite de l opposition a exister pleinement. Le serment de mardi n efface pas ces griefs. Il les place dans un nouveau cadre institutionnel : celui d un second mandat deja commence.
La presence d une foule immense en rouge UPND montre une base militante mobilisee. La presence limitee de dirigeants africains montre une autre lecture possible, plus distante. Les deux images coexistent. Elles appartiennent a la meme journee.
Le Cuivre, La Chine Et La Structure De L Economie
La Zambie est le deuxieme producteur de cuivre d Afrique. Son economie repose sur cette matiere premiere. Le cuivre genere environ 70 pour cent des recettes d exportation. Cette dependance explique pourquoi chaque discours sur la croissance finit par rencontrer le cours d un metal et la geographie des investissements.
La Chine est un investisseur majeur dans le pays. Elle est aussi son premier creancier. Ces deux roles pèsent sur la trajectoire economique. Ils pèsent sur la dette. Ils pèsent sur les projets miniers. Ils pèsent sur la maniere dont Lusaka parle d expansion et d opportunites. Le serment de mardi n a pas besoin de citer Pekin pour que cette realite structurelle reste presente.
Quand le president promet la prosperite pour l ensemble de la population, il parle dans un pays ou le cuivre domine les exportations et ou plus de 70 pour cent des habitants vivent avec moins de trois dollars par jour. L ecart entre la ressource et le revenu quotidien est le fond de tableau. Les reformes favorables au marche, le recul de l inflation et la gratuité scolaire s inscrivent dans ce fond. Les critiques sur les plus modestes aussi.
Repères economiques rappelés
Deuxieme producteur africain de cuivre.
Environ 70 % des recettes d exportation liees a ce metal.
Chine : investisseur majeur et premier creancier.
Plus de 70 % des 22 millions d habitants sous le seuil de trois dollars par jour.
La Scene Du Stade Et La Lecture Politique De La Foule
Le stade de Lusaka n etait pas un decor neutre. Il etait rempli de militants habilles de rouge. La couleur du parti UPND transformait l espace sportif en espace partisan. Le serment y gagnait une dimension de confirmation populaire, au moins parmi les soutiens du president. La television publique a montre cette image. Elle a aussi laisse voir la rarete des homologue africains.
Une ceremonie de second mandat peut servir a rassembler. Elle peut aussi servir a montrer qui occupe encore l espace. Ici, l espace visible appartenait au camp vainqueur. L espace judiciaire appartenait a l affaire de trahison. Les deux espaces ne se rencontrent pas dans le discours. Ils se rencontrent dans le calendrier.
Le rouge des gradins repond au silence sur le nom de l opposant. Le stade plein repond a la prison. Le theme de la prosperite repond au theme de la stabilite. Chaque element de la journee se lit mieux lorsqu on le place a cote de son contraire.
Ce Que Le Premier Mandat A Change Et Ce Qu Il N A Pas Clos
Le recit officiel insiste sur un travail deja largement fait. La croissance est revenue. L inflation a recule. Le marche a ete privilegie dans les reformes. La peine capitale n existe plus. L ecole primaire et secondaire ne se paie plus. Ces points construisent une continuite. Ils justifient l idee que le second mandat peut passer de la reparation a l expansion.
Le meme recit reconnait que le cout de la vie reste une epreuve. Les detracteurs ajoutent que les plus modestes n ont pas encore vu les fruits de la reprise. La Banque mondiale fournit un ordre de grandeur implacable. Plus de sept habitants sur dix vivent avec moins de trois dollars par jour. Dans ces conditions, la promesse de prosperite pour l ensemble de la population n est pas un detail de discours. C est le critere sur lequel le second mandat sera juge.
La politique interieure n est pas close non plus. Les accusations de restriction de la liberte politique datent du premier mandat. Les accusations d intimidation autour du 13 aout datent de la campagne et du scrutin. L inculpation pour trahison date de l apres-vote. Le serment n interrompt pas cette chaine. Il l inaugure dans un nouveau quinquennat.
Trahison, Paix Et Limites Du Jeu Democratique
Le mot trahison a une histoire dans ce pays recent. Il a vise Hakainde Hichilema en 2016. Il vise aujourd hui Brian Mundubile et Makebi Zulu. Dans les deux cas, les interesses contestent le fond. En 2016, les charges contre l actuel president ont ete abandonnees apres quatre mois de detention en prison de haute securite. En 2025, la procedure vient de commencer.
Le camp NRPUP a rejete la these de la milice. L Etat a presente l operation du 14 aout comme une reponse a une menace pour la securite nationale. Un ancien ministre est mort. Onze proches du camp Mundubile ont ete arretes. La sequence nest pas seulement judiciaire. Elle a deja un cout humain.
C est dans ce climat que le president affirme que la quete du pouvoir ne doit jamais se faire au detriment de la paix, de la securite et de la stabilite. La phrase peut se lire comme un appel general. Elle peut aussi se lire comme un commentaire indirect. Le texte du discours evite le nom. Le contexte le suggere.
Kenneth Kaunda, L Independance Et La Memoire Des Alternances
Le souvenir de 1964 reste un point d ancrage. L independance vis-a-vis de la Grande-Bretagne, la figure de Kenneth Kaunda, puis une serie de transfers de pouvoir pacifiques ont nourri une image. Cette image etait celle d une exception regionale relative. L Afrique australe a connu d autres trajectoires plus brutales. La Zambie vendait, avec raison selon cette lecture, une certaine predictibilite institutionnelle.
Le scrutin de cette annee a entame cette image. Non parce que le vainqueur a obtenu 60 pour cent. Un score net peut fortifier une institution. Mais parce que le climat du vote a ete decrit comme marque par l intimidation, la partialite et des restrictions. Et parce que le deuxieme est entre dans le systeme penal au nom de la trahison.
La memoire des alternances pacifiques sert desormais de metre. On mesure l evenement actuel a cette aune. Le stade plein dit la force du camp au pouvoir. La prison dit le sort reserve a la contestation telle que l Etat la qualifie. Entre les deux, la reputation ancienne du pays cherche encore sa formulation nouvelle.
Ce Que Les Cinq Prochaines Annees Mettent En Jeu
Hakainde Hichilema a dit que les cinq prochaines annees seraient celles de la croissance, de l expansion, des opportunites et de la prosperite. Il a dit que le plus gros du travail du premier mandat etait derriere lui. Il a dit qu il restait beaucoup a faire. Ces trois phrases organisent le quinquennat naissant.
Sur le terrain social, le critere est deja pose par les chiffres de pauvrete. Sur le terrain economique, le critere est pose par le cuivre, par l inflation, par les reformes de marche et par le role de la Chine comme investisseur et creancier. Sur le terrain politique, le critere est pose par la maniere dont l opposition pourra exister pendant que son principal meneur est inculpe.
Le president a evoque le courage de servir. Il a refuse que ce service devienne une affaire de vie ou de mort. La phrase sonne comme une ligne rouge. Elle arrive tard dans une sequence ou un ancien ministre a deja ete abattu et ou des militants ont deja ete arretes. Elle fixe une norme. Elle ne reconstitue pas le passe immediat.
Une Journee, Deux Recits
Il existe un recit de victoire. Il montre un homme d affaires de 64 ans reconduit avec 60 pour cent des voix. Il montre un stade rouge. Il montre des reformes, une inflation en baisse, une ecole gratuite, une peine de mort abolie. Il montre un discours d expansion.
Il existe un recit de crise. Il montre un scrutin entache d accusations. Il montre une perquisition le 14 aout. Il montre une milice allegee, une alliance qui dement, un mort, onze arrestations, une cavale, une reddition, une inculpation pour trahison. Il montre une poignee seulement de dirigeants africains dans les travées d honneur.
Les deux recits sont nés des memes jours. Ils s appuient sur les memes faits publics. Le serment ne choisit pas entre eux. Il les superpose. C est pourquoi la ceremonie de Lusaka ne se resume pas a un protole. Elle ouvre un mandat sous condition : condition economique pour les plus modestes, condition politique pour le pluralisme, condition symbolique pour un pays qui tenait a sa reputaton de stabilite.
L Image Qui Restee Apres La Prestation De Serment
Quand la foule a quitte le stade, le rouge UPND s est disperse dans la capitale. Le texte du serment, lui, reste. Les citations sur la croissance restent. Les citations sur la paix restent. L adversaire reste en prison. L avocat a dit le week-end ce que la justice avait decide de qualifier. Trahison. Le mot continue de circuler.
La Zambie entre dans cinq annees presentees comme celles de l opportunite. Elle y entre aussi avec un opposant arrive a 38 pour cent qui n est plus dans la competition ordinaire. Elle y entre avec une economie du cuivre, un creancier chinois de premier plan et une majorite de citoyens sous le seuil de trois dollars. Rien de tout cela n a ete invente pour la ceremonie. Tout cela etait deja la. Le serment l a seulement rendu visible en meme temps.
Le president a parle a un stade comble. Il a parle d un peuple entier. Il a parle d un mandat dont l objet serait precisement ce qui n a pas encore ete acheve. Dans cette phrase-la, plus que dans le protocole, se trouve le vrai debut de la sequence. Beaucoup reste a faire. Il l a dit. Le pays, ses pauvres, son cuivre et son opposition incarceree donnent a cette phrase une densite que le seul decor du stade ne pouvait pas contenir.









