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Hyperliquid Atteint 18 Milliards D’Intérêt Ouvert Record

Hyperliquid vient de franchir 18 milliards de dollars d’intérêt ouvert. Derrière le chiffre, un basculement vers les actions, l’or et les événements. Ce que ça change vraiment.

Dix-huit milliards de dollars. Le chiffre a l’air brut, presque abstrait, jusqu’à ce qu’on le replace dans le calendrier. En quelques semaines, la plateforme de dérivés on-chain Hyperliquid a vu l’encours de ses positions ouvertes bondir d’environ cinq milliards. Fin août, on parlait encore d’un peu plus de treize milliards. Le 19 septembre, un précédent sommet à 16,36 milliards. Le 23 septembre, le compteur officiel passe au-dessus de 18 milliards. Ce n’est pas seulement un record de plus. C’est le signe qu’une partie du marché a décidé de garder ses paris ouverts plus longtemps, et de les ouvrir ailleurs qu’uniquement sur le bitcoin et l’ether.

Pourquoi ce record d’intérêt ouvert change la donne

L’intérêt ouvert ne mesure pas le volume du jour. Il mesure ce qui reste en vie. Chaque position longue ou courte encore ouverte, non clôturée, non liquidée, entre dans le total. Ici, le chiffre annoncé est bilatéral : on additionne les deux côtés du carnet. Autrement dit, 18 milliards, ce n’est pas 18 milliards d’exposition nette dans un seul sens. C’est la somme des engagements encore actifs.

Cette nuance compte. Un pic de volume peut naître d’une journée de panique, d’un cascade de liquidations, d’un flux qui entre et ressort dans la même heure. Un pic d’intérêt ouvert dit autre chose : des traders acceptent de laisser du capital bloqué, de payer le financement, de vivre avec le risque. Quand ce stock grimpe de près de cinq milliards depuis fin août, on n’assiste pas seulement à un sprint. On assiste à une installation.

Le 31 août, l’encours dépassait déjà 13 milliards, pour un rythme d’environ 220 milliards de dollars de volume mensuel sur les perpétuels. Le 23 septembre, le stock de positions a gonflé d’environ 5 milliards. Quatre jours seulement séparent le précédent record de 16,36 milliards et le nouveau seuil de 18 milliards.

Ce que le chiffre ne dit pas, et ce qu’il révèle quand même

Un record isolé peut tromper. Un marché peut gonfler l’intérêt ouvert parce que personne n’ose fermer, par peur de rater le prochain mouvement. Il peut aussi gonfler parce que de nouveaux sous-jacents arrivent et attirent des flux qui n’existaient pas sur la plateforme six mois plus tôt. Dans le cas d’Hyperliquid, les deux dynamiques se croisent.

D’un côté, les paires crypto historiques restent massives. Bitcoin, ether et le jeton HYPE pèsent à eux trois environ 9,33 milliards. De l’autre, le cadre HIP 3 a ouvert des perpétuels liés à des actions, des indices, de l’or, du pétrole brut, voire des sociétés non cotées. Ces marchés ne sont plus une vitrine. Ils représentent déjà une part visible du volume et commencent à peser dans le stock de positions.

Le précédent plus haut, celui du 18 septembre 2025, avait déjà été dépassé le 19 septembre 2026. Quatre jours plus tard, le marché remet une couche. Cette accélération courte, après une hausse déjà nette depuis la fin de l’été, donne le ton : l’activité n’est plus seulement saisonnière. Elle s’ancre dans une offre plus large.

Bitcoin, ether, HYPE : le noyau qui tient encore le haut du pavé

Les données de marché du 23 septembre placent le bitcoin autour de 4,05 milliards d’intérêt ouvert. L’ether suit à 3,18 milliards. HYPE arrive ensuite à 2,10 milliards. Ces trois marchés forment encore le cœur du carnet. Zcash apparaît ensuite avec environ 858,6 millions, Solana autour de 763,7 millions. L’ordre n’est pas une surprise. Il dit toutefois que le jeton natif de l’écosystème n’est plus un accessoire : il figure parmi les trois plus gros encours.

Quand un actif de gouvernance ou d’utilité interne atteint ce niveau de positions ouvertes, deux lectures s’ouvrent. Soit le marché spécule fort sur la valeur du jeton. Soit les acteurs qui déploient des marchés, stakent et utilisent l’infrastructure ont aussi besoin de se couvrir ou de se positionner sur cet actif. Les deux peuvent coexister. Ce qui compte pour le lecteur, c’est la concentration : près de la moitié de l’intérêt ouvert total tient encore dans trois noms.

Marché Intérêt ouvert approx.
Bitcoin4,05 milliards $
Ether3,18 milliards $
HYPE2,10 milliards $
Zcash858,6 millions $
Solana763,7 millions $
Perpétuel lié au S&P 500418,9 millions $
Or301,7 millions $

Ces montants ne sont pas figés d’une heure à l’autre. Ils donnent toutefois une photographie utile : le non-crypto a déjà une taille respectable, sans encore détrôner le trio historique. Un indice actions à près de 419 millions, de l’or autour de 302 millions, ce n’est plus de l’expérimentation cosmétique. C’est un deuxième étage qui commence à porter du poids.

HIP 3, le levier qui a élargi la salle des marchés

Depuis octobre 2025, le cadre HIP 3 permet à des développeurs tiers de déployer des marchés perpétuels en stakant du HYPE. Ils choisissent l’oracle, les paramètres, le levier. L’exécution et la marge restent sur l’infrastructure HyperCore. Ce partage des rôles a une conséquence simple : la plateforme n’a plus à inventer elle-même chaque sous-jacent pour que le catalogue s’étende.

On y trouve désormais des actions américaines, des indices, de l’or, du pétrole brut, des sociétés privées représentées via des contrats pré-IPO, dont des noms comme SpaceX ont été cités. Début septembre, le volume cumulé sur ces marchés HIP 3 dépassait 548 milliards. Sur les trente jours précédents, ils représentaient environ 30 % du volume total de la plateforme. Le crypto reste dominant en encours. Le hors-crypto pèse déjà lourd en flux.

Un marché perpétuel n’a pas besoin que l’actif sous-jacent soit listé en bourse traditionnelle pour exister. Il a besoin d’un oracle, d’une marge, d’une contrepartie et d’une règle de règlement. HIP 3 industrialise précisément cette recette.

Cette industrialisation explique une partie du record. Plus il y a de marchés ouverts, plus il y a de raisons de laisser une position vivre. Un desk qui couvre un indice, un autre qui parie sur l’or, un troisième qui trade un nom privé, tout cela s’ajoute au stock. L’intérêt ouvert n’explose pas seulement parce que le bitcoin s’agite. Il explose aussi parce que le menu s’est allongé.

TradeXYZ et la montée des perpétuels actions

Parmi les exemples déjà documentés, TradeXYZ illustre la vitesse de cette couche. Au deuxième trimestre, son volume a atteint 202,36 milliards, contre 112,93 milliards au trimestre précédent. L’intérêt ouvert de cette activité s’établissait à 2,96 milliards en fin de période. Le volume des perpétuels actions a touché 58,9 milliards, répartis sur 55 marchés. Ce n’est plus un prototype isolé. C’est une ligne de métier.

Quand des dizaines de marchés actions coexistent sur la même infrastructure de marge, le trader n’a plus à fragmenter son collatéral entre cinq salles. Il peut relier un pari sur un indice, une couverture sur une valeur, un relais sur une matière première. Cette concentration opérationnelle attire précisément les flux qui font monter l’intérêt ouvert : des positions qui durent, se roulent, se recoupent.

Hyperliquid a ensuite enrichi HIP 3 avec des marchés permissionnés en testnet. Un déployeur peut limiter l’accès via une liste on-chain. L’option reste facultative. Les marchés permissionless déjà en place ne changent pas. Sur le papier, c’est un détail technique. Dans la pratique, c’est la passerelle vers des clients qui exigent un contrôle d’accès, notamment dans un cadre réglementé.

HIP 4 et les contrats d’événement : une autre forme de risque

En mai, HIP 4 a introduit des contrats d’événement. Ici, on ne trade plus seulement le prix d’un sous-jacent. On trade un résultat. Fin août, le déploiement par des tiers a été ouvert, au-delà des marchés lancés directement par la plateforme. La logique est la même que pour HIP 3 : ouvrir le catalogue sans tout centraliser.

Ces marchés n’expliquent pas à eux seuls le passage à 18 milliards. Ils ajoutent toutefois une catégorie de positions qui n’existait pas dans le modèle « perpétuel crypto classique ». Un événement a une date, une issue, parfois une volatilité brutale juste avant le dénouement. Si ces contrats restent ouverts en nombre, ils participent au stock. S’ils se règlent vite, ils gonflent surtout le volume. Les deux métriques ne racontent pas la même histoire. Il faudra suivre laquelle domine dans les prochaines semaines.

Produits de trading : prêt natif et trailing stops

Le record d’intérêt ouvert arrive dans une période où l’offre produit s’étoffe. Le prêt natif permet d’emprunter de l’USDC et de l’USDT contre un collatéral accepté. Davantage de types d’ordres ont aussi été ajoutés aux marchés perpétuels. Le 21 septembre, les trailing stops ont été lancés sur l’ensemble de ces marchés.

Concrètement, le trader fixe une distance en pourcentage par rapport au meilleur prix atteint après activation. Pour une position longue, le déclenchement suit le plus haut prix mark après activation. Pour une position courte, il suit le plus bas. Cet outil n’augmente pas magiquement l’intérêt ouvert. Il peut, en revanche, rassurer ceux qui veulent laisser une position courir tout en encadrant le retournement. Moins de sorties paniquées, davantage de positions qui restent en vie : le lien n’est pas mécanique, mais il est plausible.

Derrière ces détails d’interface se cache une bataille banale et décisive : retenir le trader une fois qu’il a ouvert. Une plateforme qui n’offre que l’entrée et la sortie brute voit son intérêt ouvert respirer au rythme des chandeliers. Une plateforme qui offre le prêt, le stop suiveur, des marchés hors crypto et des listes d’accès a davantage de chances de transformer un passage en stock.

Le projet américain : Bitnomial, Kraken et la piste régulée

Payward, maison mère de Kraken, a annoncé que Bitnomial déploierait et administrerait des marchés perpétuels Hyperliquid proposés à des clients américains éligibles, sous réserve d’approbation. Dans le schéma envisagé, Bitnomial Exchange serait le déployeur HIP 3. Bitnomial Clearinghouse assurerait compensation et règlement. NinjaTrader Clearing porterait les comptes clients approuvés. L’accès passerait par des marchés HIP 3 permissionnés, pensés pour s’inscrire dans les règles américaines sur les dérivés.

Ce n’est pas encore un volume. C’est une architecture. Elle dit pourtant beaucoup sur la direction. HIP 3 n’est plus seulement un kit pour lister de l’or ou un indice. C’est aussi un tuyau que des acteurs régulés veulent emprunter. Si cette structure voit le jour, une partie de l’intérêt ouvert futur ne viendra plus seulement de traders crypto natifs. Elle viendra de comptes qui n’auraient jamais déposé sur une salle 100 % permissionless.

Le calendrier réglementaire reste, par nature, lent. Le marché, lui, n’a pas attendu. Le record de 18 milliards est déjà là, avant même que cette couche américaine soit opérationnelle. Autrement dit, la croissance actuelle n’est pas un effet d’annonce institutionnelle. Elle précède l’annonce. C’est souvent le cas quand une infrastructure attire d’abord les flux les plus agiles.

Revenus, volumes, rythme : le contexte autour du record

Dans la même séquence, la plateforme a été associée à des revenus élevés, autour de 429 millions, et à une position de tête sur l’année 2026 selon des lectures de marché déjà relayées. Fin août, le rythme de volume perpétuel tournait autour de 220 milliards par mois. Ces ordres de grandeur ne doivent pas être confondus avec l’intérêt ouvert. Le volume est un flux. L’intérêt ouvert est un stock. Mais un stock qui monte pendant que le flux reste élevé décrit une salle occupée, pas une salle qui se vide après chaque séance.

Il faut aussi rappeler la mécanique du risque. Plus l’intérêt ouvert grimpe, plus une variation violente du sous-jacent peut provoquer des liquidations en chaîne. Le record n’est donc pas uniquement une médaille. C’est aussi une surface de fragilité plus large. Les marchés non crypto ajoutent une corrélation nouvelle : un choc sur l’indice actions ou sur l’or peut désormais se transmettre dans le même moteur de marge que le bitcoin.

Cette porosité est précisément ce que beaucoup de traders viennent chercher. Elle est aussi ce que les risques systémiques détestent. Une plateforme qui mélange or, pétrole, S&P et crypto dans un même collatéral crée de la commodité. Elle crée aussi des ponts de stress. Le lecteur avisé regardera donc deux courbes à la fois : la hausse de l’encours, et la qualité des oracles et des paramètres de levier choisis par chaque déployeur HIP 3.

Ce que « activité » veut dire ici, concrètement

Le titre parle d’activité. Le mot est fourre-tout. Sur Hyperliquid, il recouvre au moins quatre couches. Première couche : les perpétuels crypto historiques, toujours les plus gros encours. Deuxième couche : HIP 3 et ses sous-jacents hors chaîne crypto. Troisième couche : HIP 4 et les événements. Quatrième couche : les outils autour du trade, prêt et types d’ordres, qui changent la façon de rester en position.

Si l’on s’arrête à la première couche, le record ressemble à un rallye classique de dérivés. Si l’on ajoute les trois autres, il ressemble à une mutation de catalogue. La part de 30 % du volume récente sur HIP 3 penche vers la seconde lecture. Les 9,33 milliards encore concentrés sur bitcoin, ether et HYPE rappellent que la mutation n’a pas tout remplacé.

  • Stock de positions : 18 milliards le 23 septembre, après 16,36 milliards le 19.
  • Progression depuis fin août : près de 5 milliards au-dessus d’un niveau déjà supérieur à 13 milliards.
  • Cœur crypto : environ 9,33 milliards sur bitcoin, ether et HYPE.
  • Couche HIP 3 : plus de 548 milliards de volume cumulé, près de 30 % du volume sur 30 jours.
  • Hors crypto visible : indice type S&P autour de 419 millions, or autour de 302 millions.

Lire le record sans se laisser hypnotiser par le milliard

Les records d’intérêt ouvert ont un défaut de communication. Ils sonnent comme une victoire définitive. En dérivés, rien n’est définitif. Un stock peut fondre en quarante-huit heures si le financement devient punitif, si un oracle dérape, si un marché HIP 3 mal paramétré attire trop de levier. Le chiffre du 23 septembre photographie une salle pleine. Il ne garantit pas que la salle restera pleine en octobre.

Il reste que la trajectoire depuis fin août n’a rien d’un accident isolé. Treize milliards, puis 16,36, puis 18, avec un catalogue qui s’ouvre aux actions, aux matières premières, aux sociétés privées et aux événements : la cohérence interne est forte. Les outils de 2026, du trailing stop au prêt natif, vont dans le même sens. La piste américaine, si elle aboutit, irait encore plus loin.

Pour un lecteur qui ne trade pas ces marchés au quotidien, le message utile est ailleurs. Les dérivés on-chain ne se contentent plus de cloner le bitcoin avec un levier. Ils tentent de devenir une salle unique où un indice, un lingot et un jeton se côtoient. Le record de 18 milliards est la première preuve chiffrée, imparfaite mais parlante, que cette tentative n’est plus seulement un discours de feuille de route.

Questions ouvertes après le 23 septembre

Plusieurs points resteront à surveiller. La part de l’intérêt ouvert hors crypto va-t-elle rattraper le trio bitcoin-ether-HYPE, ou restera-t-elle un appoint ? Les marchés permissionnés attireront-ils vraiment des flux régulés, ou resteront-ils une option technique peu utilisée ? HIP 4 va-t-il peser dans le stock, ou seulement dans le volume autour des dates d’événement ? Les trailing stops réduiront-ils les sorties brutales, ou encourageront-ils simplement plus de levier ?

Aucune de ces questions n’a de réponse définitive dans les chiffres du jour. Elles décident pourtant de la suite. Un record d’intérêt ouvert sans diversification durable n’est qu’un haut de cycle crypto. Un record accompagné d’une vraie bascule vers les indices, l’or et les actions serait autre chose : le début d’une infrastructure de marché plus large, avec ses promesses de liquidité et ses nouveaux coins de stress.

En attendant, le constat est simple, presque sec. Le 23 septembre 2026, Hyperliquid affiche 18 milliards d’intérêt ouvert. Quatre jours plus tôt, le plafond était déjà à 16,36 milliards. Fin août, on était encore un peu au-dessus de 13. Entre les deux, le catalogue s’est étendu, les outils aussi. Le milliard supplémentaire n’est pas tombé du ciel. Il s’est accumulé parce que davantage de paris, sur davantage d’actifs, ont choisi de rester ouverts.

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