Dans une maison modeste près de Damas, une mère pose la main sur la tête de son fils. Le visage de l’enfant porte encore la marque d’une explosion. Son frère aîné n’est plus là. L’engin n’est pas tombé du ciel ce jour-là. Il était déjà là, caché dans des débris ramassés pour se chauffer, puis placé dans un poêle. En Syrie, ce type de tragédie n’est plus un accident isolé. Les restes explosifs de la guerre civile font une victime toutes les six heures.
Quand le foyer devient le lieu du danger
Il y a environ huit mois, les trois fils de Malika Barbour sont sortis chercher de quoi se chauffer. Dans les débris récupérés se trouvait un engin provenant des restes de guerre. L’objet a explosé dans le poêle. Ahmad, dix-sept ans, est mort après une hémorragie causée par un éclat. Haïdar, dix ans, a été défiguré. Ghaith, sept ans, a également été blessé.
La famille vit de l’agriculture. L’intérieur est simple. Sur les murs, une photo de l’aîné. Malika Barbour serre cette image contre elle. Elle dit que cette mort les a anéantis. Elle dit aussi qu’elle a désormais peur à chaque fois que l’un de ses enfants sort de la maison. Elle compare cette peur à un cœur qui se fend.
« Sa mort nous a anéantis. Maintenant, j’ai peur à chaque fois que l’un de mes enfants sort de la maison. C’est comme si mon cœur se fendait. » Malika Barbour, près de Damas
Le détail du poêle change la façon dont on comprend le danger. Il ne s’agit pas seulement d’un champ miné signalé. Il s’agit d’un objet mélangé à des déchets, transporté, puis introduit dans le quotidien. Le foyer, lieu de chaleur, devient le lieu de l’explosion. Les enfants n’étaient pas sur une ligne de front. Ils ramassaient de quoi se chauffer.
Cette scène familiale résume une réalité plus large. Après des années de guerre civile, de 2011 à 2024, les mines et les munitions non explosées restent dans le sol, dans les ruines, dans les débris. Les belligérants y ont eu recours à travers le territoire. Le conflit s’est arrêté dans sa forme précédente. Les explosifs, eux, n’ont pas disparu.
Un rythme qui ne laisse presque aucun répit
Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, des organisations internationales et non gouvernementales chapeautées par le Service de lutte antimines des Nations unies ont recensé 2 375 morts ou blessés, dont plus de 850 enfants. Le bilan réel est probablement plus élevé. Tous les incidents ne sont pas forcément recensés de la même manière, et le territoire reste vaste.
Simon Jackson, directeur de projets de l’organisation Halo Trust en Syrie, spécialisée dans le déminage, résume la cadence. Ces explosifs font près d’un mort ou blessé toutes les six heures. La formule est sèche. Elle donne une mesure du temps. Six heures. Le temps d’une matinée. Le temps d’un trajet. Le temps d’une corvée de bois ou de débris.
Ces explosifs font près d’un mort ou blessé toutes les six heures.
Simon Jackson, Halo Trust en Syrie
La cadence n’est pas abstraite. Elle correspond à des corps, à des familles, à des champs, à des routes. Elle correspond aussi à un pays où le retour des déplacés a modifié la carte des accidents. Quand les maisons se repeuplent, le contact avec le danger augmente.
Le retour des déplacés et la hausse des incidents
Après la chute de Bachar al-Assad, de nombreux déplacés se sont précipités pour rentrer chez eux. Selon Simon Jackson, le nombre d’incidents a fortement augmenté début 2025. Le mouvement de retour, humainement compréhensible, a rapproché les habitants des zones contaminées.
Plus de 60 % de ces incidents se sont produits sur des terrains agricoles ou de pâturage. Ce chiffre oriente le regard vers la terre. Pas seulement vers les quartiers détruits. Vers les champs. Vers les zones où l’on cultive, où l’on fait paître, où l’on cherche de quoi vivre.
Cette géographie du danger a une conséquence directe. Elle dissuade les habitants de reconstruire leurs maisons. Elle entrave le développement des commerces et de l’agriculture. Simon Jackson le résume ainsi : il s’agit d’un obstacle au redressement de la Syrie.
Part des incidents
+ de 60 %
sur terres agricoles ou de pâturage
Rythme déclaré
1 / 6 h
mort ou blessé lié aux explosifs
Le redressement d’un pays ne se mesure pas seulement aux discours politiques. Il se mesure aussi à la possibilité de labourer un champ sans craindre une explosion. Il se mesure à la possibilité de laisser un enfant sortir. Dans le récit de Malika Barbour, cette possibilité s’est brisée.
Le bilan de 2025 placé au premier rang mondial
Selon un rapport préliminaire de l’Observatoire des mines et armes à sous-munitions publié en juin, la Syrie a enregistré 1 600 victimes de mines terrestres et restes de guerre en 2025. C’est le nombre le plus élevé au monde dans ce décompte.
Ce classement n’ajoute pas une nouvelle guerre. Il désigne une séquelle. Les mines et les restes explosifs continuent d’agir après la fin des combats tels qu’ils étaient menés. Le rapport préliminaire fixe un ordre de grandeur. Il ne raconte pas chaque famille. Il donne une échelle.
Les 2 375 morts ou blessés recensés depuis décembre 2024 par les organisations chapeautées par le Service de lutte antimines des Nations unies, dont plus de 850 enfants, et les 1 600 victimes enregistrées pour 2025 dans le rapport préliminaire, dessinent la même direction. Le pays reste parmi les plus exposés à ce danger silencieux.
Le bilan réel, rappelé par les acteurs du déminage, est probablement plus élevé. Cette phrase compte autant que les chiffres. Elle dit que le compteur public n’épuise pas la réalité. Des zones restent difficiles d’accès. Des signalements arrivent tard. Des familles restent isolées.
Jobar, huit mois de travail, une surface minuscule
Dans le quartier de Jobar, à l’est de Damas, dévasté par la guerre, les équipes de Halo Trust sont à pied d’œuvre au milieu de bâtiments détruits. Le décor n’est pas un champ ouvert. C’est un enchevêtrement de ruines. Les gravats, les métaux et les éclats compliquent la détection des mines.
Au terme de huit mois de travail, les équipes n’ont traité qu’environ 0,2 km² de routes, rapporte Hussein Kazhali, responsable des opérations de l’organisation dans le sud de la Syrie. La surface est dérisoire au regard de l’ampleur des destructions. Elle montre le rythme réel du déminage dans un quartier urbain ravagé.
Le manque de ressources s’ajoute à la difficulté technique. Manque de personnel qualifié. Manque d’équipements adaptés. La détection n’est pas seulement une affaire de courage. C’est une affaire de moyens, de formation, d’outils capables de distinguer un explosif dans un amas de ferraille.
Jobar donne à voir le temps long. Huit mois pour une fraction de kilomètre carré de routes. Autour, les immeubles restent éventrés. Les habitants qui reviennent marchent dans un paysage où le danger peut être sous un débris, sous une dalle, au bord d’un chemin.
À Qara, le déminage avance dans la poussière
À Qara, près de Damas, un véhicule de déminage militaire avance sur une terre aride, dans un nuage de poussière et de fumée résultant d’explosions successives. L’image est inverse de celle du poêle familial. Ici, l’explosion est provoquée, contrôlée, inscrite dans une opération.
À proximité, des agents en combinaison inspectent des mines et des munitions avant de les rassembler pour les détruire. Le geste est lent. Il faut identifier. Trier. Déplacer. Neutraliser. Chaque objet trouvé rappelle que le sous-sol et la surface restent chargés.
Le ministère de la Défense suit un plan graduel. Une source chargée de l’ingénierie au ministère explique que ce plan priorise les zones habitées, les routes et les terres agricoles. L’ordre des priorités correspond aux lieux où la vie reprend : habiter, circuler, cultiver.
Mais l’absence de cartes de certains champs de mines, l’étendue des zones contaminées et le danger posé par certaines munitions compliquent la mission. La détection dépend donc des cartes disponibles, des signalements des habitants et du ratissage. Les mines antipersonnel et antichar étaient les plus courantes, précise cette source.
Ce qui ralentit le ratissage, selon la source ministérielle
- l’absence de cartes de certains champs de mines
- l’étendue des zones contaminées
- le danger de certaines munitions
- la dépendance aux signalements et au ratissage
Des soldats aussi parmi les victimes
Ces mines et restes de guerre ont tué 47 soldats et blessé plus de 90 autres depuis décembre 2024, selon la même source. Le déminage n’est donc pas seulement un enjeu civil. Il touche aussi ceux qui sont chargés de sécuriser le terrain.
Le ministère ne connaît pas encore précisément la superficie des terrains contaminés. Les équipes en découvrent chaque jour de nouveaux. Cette phrase change l’idée d’un plan fermé. Le périmètre bouge. Le travail d’aujourd’hui révèle le travail de demain.
Les mines antipersonnel visent le corps qui marche. Les mines antichar visent le véhicule. Les restes de guerre, eux, peuvent se cacher dans un tas de débris destiné au chauffage. Les trois formes se mêlent dans le même pays, parfois dans le même quartier, parfois dans la même journée.
Dix ans, vingt ans, trente ans
Simon Jackson estime que, même en doublant le rythme de travail, il faudrait au moins dix ans pour déminer le pays. Lui table plutôt sur vingt à trente ans. L’écart entre les deux durées n’est pas un détail. Il dit l’incertitude sur les moyens, sur la surface réelle, sur la complexité du terrain.
Même en doublant le rythme de travail, il nous faudrait au moins dix ans. Plutôt vingt à trente ans.
Simon Jackson, Halo Trust
Vingt à trente ans, c’est le temps d’une génération. Les enfants blessés aujourd’hui seront des adultes avant que le territoire soit déclaré sûr, si le rythme reste celui décrit. Haïdar a dix ans. Ghaith a sept ans. Ahmad n’aura pas cet avenir.
Le manque de ressources, de personnel qualifié et d’équipements adaptés pèse sur cette durée. À Jobar, huit mois n’ont permis de traiter qu’environ 0,2 km² de routes. À l’échelle d’un pays entier, la proportion donne une idée de l’effort restant.
L’agriculture prise au piège
Plus de 60 % des incidents ont lieu sur des terrains agricoles ou de pâturage. La terre, source de revenu pour une famille d’agriculteurs comme celle de Malika Barbour, devient un espace suspect. Cultiver, faire paître, ramasser, circuler entre les parcelles : chaque geste peut croiser un reste explosif.
Simon Jackson souligne que cela dissuade de reconstruire les maisons et entrave le développement des commerces et de l’agriculture. Le lien est direct. Sans terre sûre, pas de récolte stable. Sans route sûre, pas de commerce fluide. Sans maison sûre, pas de retour durable.
Le plan du ministère de la Défense place justement les terres agricoles parmi les priorités, avec les zones habitées et les routes. La priorité existe. La capacité à la tenir dépend des cartes, des équipes, des découvertes quotidiennes de nouvelles zones contaminées.
Dans ce contexte, ramasser des débris pour se chauffer n’apparaît plus comme un geste anodin. C’est un geste de survie hivernale dans un paysage saturé d’objets dangereux. L’engin qui a explosé dans le poêle venait de ces restes de guerre mêlés aux débris.
Les enfants dans le décompte
Plus de 850 enfants figurent parmi les 2 375 morts ou blessés recensés depuis décembre 2024 par les organisations chapeautées par le Service de lutte antimines des Nations unies. Ahmad avait dix-sept ans. Haïdar a dix ans. Ghaith a sept ans. Les âges de cette seule famille suffisent à rendre le chiffre concret.
Les enfants sortent. Ils ramassent. Ils jouent près des ruines. Ils suivent les adultes dans les champs. Le danger ne se présente pas toujours comme un champ marqué. Il se présente comme un objet parmi d’autres objets.
Malika Barbour dit sa peur chaque fois que l’un de ses enfants sort de la maison. Cette peur n’est pas un sentiment vague. Elle s’appuie sur une explosion déjà survenue dans le foyer. Elle s’appuie aussi sur le rythme national : près d’une victime toutes les six heures.
Ce que le déminage peut et ne peut pas encore faire
Halo Trust travaille à Jobar parmi les bâtiments détruits. L’armée démine à Qara sur une terre aride. Les organisations internationales et non gouvernementales opèrent sous l’égide du Service de lutte antimines des Nations unies. Les efforts existent. Ils sont visibles. Ils restent insuffisants face à l’étendue.
La détection dépend des cartes disponibles. Or certaines cartes manquent. Elle dépend des signalements des habitants. Or tous les habitants ne savent pas ce qui se trouve sous leurs pas. Elle dépend du ratissage. Or le ratissage est lent quand les gravats et les métaux brouillent les capteurs.
Hussein Kazhali décrit le résultat après huit mois dans le sud de la Syrie, à travers l’exemple des routes de Jobar : environ 0,2 km² traités. La phrase est technique. Elle est aussi politique, au sens large : elle mesure la capacité de l’après-guerre à rendre le sol praticable.
La source du ministère de la Défense insiste sur le plan graduel. Graduel veut dire : on ne traite pas tout en même temps. On choisit. Zones habitées d’abord. Routes. Terres agricoles. Pendant ce temps, d’autres espaces restent en attente. Et chaque jour, de nouvelles zones contaminées apparaissent aux équipes.
Une guerre civile finie, des explosifs encore actifs
La longue guerre civile a ravagé le pays de 2011 à 2024. Les différents belligérants ont eu recours aux mines et munitions non explosées à travers le territoire. Cette diffusion explique pourquoi le danger n’est pas cantonné à une seule région, un seul front, une seule période.
Depuis décembre 2024, le paysage politique a changé avec la chute de Bachar al-Assad. Le paysage explosif, lui, demeure. Les déplacés rentrent. Les incidents augmentent au début de 2025. Les champs et les pâturages concentrent plus de 60 % des cas.
Le rapport préliminaire publié en juin place la Syrie au premier rang mondial pour le nombre de victimes de mines terrestres et restes de guerre en 2025, avec 1 600 victimes. Le mot « préliminaire » compte. Il indique un état des lieux encore ouvert, susceptible d’être précisé, mais déjà assez net pour classer le pays en tête.
Près d’un mort ou blessé toutes les six heures : la formule de Simon Jackson relie le temps quotidien au temps historique. Une guerre de plus d’une décennie laisse un calendrier d’accidents qui se compte en heures.
Le foyer, le champ, la route
Trois espaces reviennent. Le foyer, où un poêle a explosé. Le champ, où se produisent plus de 60 % des incidents. La route, que les démineurs de Jobar traitent mètre après mètre. Ces trois espaces sont ceux de la vie ordinaire. Ce sont aussi ceux que le plan ministériel cherche à prioriser.
Dans la maison près de Damas, la photo de l’aîné reste au centre. Ahmad avait dix-sept ans. L’hémorragie causée par un éclat a achevé ce que l’explosion avait commencé. Haïdar porte encore sur le visage la trace de cet instant. Ghaith, sept ans, a été blessé lui aussi.
Rien dans ce récit n’est spectaculaire au sens d’une bataille. Tout y est domestique. Sortir. Ramasser. Allumer un poêle. Revenir. C’est précisément ce caractère domestique qui rend le phénomène si durable. Le combat s’éloigne. L’objet reste.
Les agents en combinaison à Qara rassemblent mines et munitions pour les détruire. Le véhicule de déminage avance dans la poussière. La fumée des explosions successives dit qu’une partie du danger peut être neutralisée. Elle dit aussi que cette neutralisation se paie en temps, en matériel, parfois en soldats tués ou blessés.
Ce que les chiffres imposent de retenir
2 375 morts ou blessés recensés depuis décembre 2024. Plus de 850 enfants. 1 600 victimes en 2025 selon le rapport préliminaire de juin, plus haut total au monde. Plus de 60 % d’incidents agricoles ou pastoraux. 0,2 km² de routes traités en huit mois à Jobar. 47 soldats tués et plus de 90 blessés depuis décembre 2024. Au moins dix ans, plutôt vingt à trente ans, pour déminer le pays.
Ces données ne s’annulent pas. Elles se complètent. Les unes mesurent les corps. Les autres mesurent le sol. Les dernières mesurent le temps. Ensemble, elles dessinent un après-guerre où le redressement bute sur l’invisible.
Simon Jackson parle d’un obstacle au redressement de la Syrie. La formule recouvre la reconstruction des maisons, le commerce, l’agriculture. Elle recouvre aussi la possibilité, pour une mère, de voir un enfant franchir le seuil sans que le cœur se fende.
Le Service de lutte antimines des Nations unies chapeaute un ensemble d’organisations. Halo Trust opère dans les ruines. Le ministère de la Défense avance selon un plan graduel. Personne, dans les propos rapportés, ne décrit une solution rapide. Tous décrivent une contrainte : cartes manquantes, zones trop vastes, munitions dangereuses, ressources insuffisantes.
Revenir chez soi n’est pas encore revenir en sécurité
Le mouvement de retour des déplacés après décembre 2024 a été prompt. Le nombre d’incidents a fortement augmenté début 2025. Cette séquence est au cœur du sujet. Le désir de rentrer précède la capacité à sécuriser. Les familles occupent de nouveau des espaces que la guerre a chargés d’explosifs.
Jobar, à l’est de Damas, montre le cadre urbain de ce retour : bâtiments détruits, routes à peine traitées, détection gênée par les métaux. Qara montre le cadre ouvert : terre aride, véhicule de déminage, explosions provoquées. La maison de Malika Barbour montre le cadre intime : un poêle, trois fils, une photo.
Entre ces trois scènes, le même fil. Les restes de la guerre civile ne se sont pas éteints avec la fin des combats tels qu’ils étaient menés jusqu’en 2024. Ils continuent d’agir selon un rythme presque mécanique : près d’une victime toutes les six heures.
Le ministère ne connaît pas encore précisément la superficie contaminée. Cette ignorance n’est pas un aveu secondaire. Elle explique pourquoi les durées avancées vont de dix ans à trente ans. On ne chronomètre pas aisément un danger dont on découvre encore les contours chaque jour.
Une mémoire inscrite dans le sol
Les mines antipersonnel et antichar, décrites comme les plus courantes par la source chargée de l’ingénierie au ministère, ne sont pas les seuls objets en cause. Les munitions non explosées et les restes de guerre élargissent le champ. Un engin peut voyager avec des débris. Il peut attendre dans un poêle. Il peut attendre sous un sillon.
Déminer, dès lors, n’est pas seulement retirer des lignes de mines connues. C’est aussi fouiller des ruines, écouter les habitants, accepter que la carte soit incomplète. C’est avancer un véhicule dans la poussière et rassembler ensuite, un à un, les objets destinés à la destruction.
Malika Barbour caresse la tête de Haïdar. Le geste est minuscule. Il tient tout le sujet. Un enfant défiguré. Un frère mort. Une peur qui reprend à chaque sortie. Autour d’eux, un pays où les organisations comptent les victimes par milliers et où les démineurs parlent en décennies.
La guerre civile a duré de 2011 à 2024. L’après, tel qu’il apparaît ici, durera bien plus longtemps sur le terrain. Pas seulement dans les discours. Dans les champs. Sur les routes. Dans les maisons où l’on cherche encore de quoi se chauffer.
Une victime toutes les six heures. Le chiffre n’embellit rien. Il ne ferme rien. Il fixe seulement la cadence d’un danger qui, près de Damas comme ailleurs sur le territoire, continue de sortir des débris.









