Faut-il vraiment confier à une seule institution européenne le soin de surveiller toutes les plateformes crypto du continent? La question n’est plus théorique. Alors que le règlement MiCA commence à structurer le marché, un responsable de l’autorité allemande des marchés financiers met en garde: une supervision centralisée pourrait alourdir les dossiers, réduire la marge d’appréciation locale et créer un nouveau tour de formalités pour des entreprises déjà autorisées.
Le débat s’est invité lors d’une table ronde consacrée aux évolutions possibles du cadre européen des crypto-actifs. Stephan Mögelin, de l’autorité fédérale allemande de surveillance financière, a rappelé un point souvent oublié dans les discours d’harmonisation: les marchés nationaux ne se ressemblent pas. Les modèles d’affaires, les habitudes de clientèle et les risques concrets varient d’un État à l’autre. Un superviseur unique peut produire de la cohérence. Il peut aussi, selon lui, rigidifier l’application de dispositions qui demandent encore du jugement.
Sous MiCA, un prestataire de services sur crypto-actifs obtient aujourd’hui son agrément auprès d’une autorité nationale, puis bénéficie d’un passeport pour exercer dans tout l’Espace économique européen. L’idée d’un modèle plus centralisé consisterait à transférer une partie de cette responsabilité vers un organe de l’Union. Sur le papier, cela promet une lecture plus uniforme des règles. Dans la pratique, cela pourrait déplacer le centre de gravité loin des équipes qui connaissent déjà les acteurs du terrain.
À retenir. L’enjeu n’est pas seulement institutionnel. Il s’agit de savoir si les entreprises devront recommencer à expliquer leur modèle à une nouvelle instance, alors qu’elles viennent à peine de terminer un parcours d’autorisation national.
Mögelin a cité l’expérience d’EMIR, le règlement européen sur les produits dérivés. Avec un superviseur central, on pourrait croire que la compréhension des articles devient elle aussi centralisée. Or l’application concrète d’une norme financière reste souvent une affaire d’interprétation, de contexte et de dialogue avec les établissements. Transposer cette logique aux crypto-actifs n’est pas anodin: le secteur évolue vite, les produits se recoupent, et les frontières entre paiement, conservation et négociation restent poreuses.
Le responsable allemand n’a pas plaidé pour un statu quo figé. Il a plutôt souligné un risque de double contrainte. D’un côté, les autorités nationales conservent une connaissance fine des marchés locaux. De l’autre, un organe unique pourrait s’appuyer sur cette expertise sans pour autant laisser aux firmes la même flexibilité dans la lecture de certaines dispositions. Le résultat possible: moins de latitude, plus de formalisme, et un sentiment d’avoir changé de juge en cours de partie.
Les participants de marché et leurs clients devraient juger ce qui leur est vraiment utile, car ces entreprises passent déjà par un processus d’autorisation. Déplacer la responsabilité vers une entité centralisée pourrait ajouter des charges, quel que soit le résultat final.
Cette phrase résume le cœur de l’argument. Ce n’est pas un rejet de l’Europe. C’est une invitation à peser le coût opérationnel d’un transfert de compétence. Une licence obtenue après des mois de dossiers, d’audits et d’échanges ne disparaît pas du jour au lendemain. Mais le changement d’interlocuteur peut obliger à retraduire toute une organisation interne dans un nouveau langage administratif.
Le règlement a instauré une architecture commune pour les places de marché, les dépositaires et d’autres prestataires. Les autorités nationales instruisent encore les demandes et surveillent les sociétés agréées. Le passeport réduit le besoin d’une autorisation distincte dans chaque pays participant. C’est un gain réel pour les groupes qui veulent servir plusieurs marchés sans reconstruire vingt dossiers parallèles.
En juillet, Ripple a obtenu une autorisation MiCA auprès du régulateur luxembourgeois. Cette décision lui permet d’offrir des services de paiement crypto réglementés dans une trentaine de pays de l’Espace économique européen. L’entreprise a combiné cette licence de prestataire avec un agrément d’établissement de monnaie électronique. Le montage vise à relier services de paiement, crypto-actifs et stablecoins dans une structure européenne unique.
Ce cas illustre le paradoxe actuel. Une seule porte d’entrée ouvre un marché continental. Mais la manière dont les règles sont appliquées dépend encore largement de l’autorité d’origine. Mögelin insiste sur cet équilibre fragile: l’accès régional existe déjà; la question est de savoir si une supervision unique apporterait assez de valeur pour compenser la charge supplémentaire.
| Modèle | Avantage principal | Risque souvent cité |
|---|---|---|
| Agrément national + passeport | Proximité avec le marché local | Lectures nationales parfois divergentes |
| Superviseur unique européen | Cohérence d’application | Moins de flexibilité, charge de transition |
| Hybride | Centre + expertise des États | Chevauchement de responsabilités |
Le briefing de la convention européenne de la blockchain indiquait que la consultation sur MiCA avait été prolongée jusqu’au 30 septembre. Le modérateur, Tommaso Astazi, de Blockchain for Europe, a demandé quelles parties du texte devaient évoluer et si la surveillance devait basculer vers une structure centralisée. Le calendrier n’est pas un détail: les entreprises construisent déjà leurs équipes de conformité autour du régime actuel. Plus le basculement est tardif, plus le coût de bascule augmente.
Les États membres n’ont pas tous la même maturité administrative sur ces dossiers. Certains régulateurs ont déjà traité un volume important de demandes. D’autres avancent plus lentement. Une centralisation trop rapide pourrait uniformiser les exigences sans uniformiser les capacités d’accompagnement. À l’inverse, laisser trop longtemps des pratiques nationales trop disparates nourrit le soupçon de forum shopping, même lorsque les textes sont identiques.
Au-delà de la supervision, Mögelin a ciblé un trou dans le paysage juridique. MiCA et d’autres textes européens organisent surtout les services financiers. Ils disent comment un intermédiaire doit se conduire, quelles informations fournir, quels risques maîtriser. Ils ne règlent pas, dans la plupart des États, le statut civil complet d’un crypto-actif. Or c’est précisément ce statut qui décide, en cas de litige ou de faillite, qui possède quoi.
Du point de vue de la surveillance et de la gestion des risques, MiCA et les autres cadres européens n’offrent qu’un régime de services financiers. Ce qui manque encore dans la majorité des États membres, c’est un cadre de droit privé pour certains crypto-actifs.
Le droit privé traite la propriété, les transferts, les créances contractuelles et le sort des biens lorsqu’un intermédiaire s’effondre. Une licence peut encadrer la conduite d’une plateforme sans répondre à une question simple: le client est-il propriétaire du jeton, titulaire d’un droit réel, ou seulement d’une créance contre le dépositaire? Selon le pays qui tranche le conflit, la même situation peut produire des réponses différentes.
La consultation évoque donc l’idée d’un cadre européen de droit privé, précisément pour éviter une nouvelle couche de fragmentation. Sans traitement commun, un jeton identique pourrait basculer sous des règles d’insolvabilité distinctes selon le juge saisi. Pour les groupes transfrontaliers, cette incertitude n’est pas académique: elle pèse sur les contrats de conservation, les sûretés et la protection des clients.
Des interrogations voisines apparaissent autour des titres tokenisés. Une chaîne de blocs peut enregistrer un transfert. Mais le registre juridique, le contrat de conservation et le droit des valeurs mobilières déterminent si le détenteur possède une action, un intérêt bénéficiaire ou seulement une promesse contractuelle. Le support technique ne crée pas, à lui seul, le droit.
Ce décalage explique pourquoi tant d’acteurs financiers restent prudents. Ils peuvent tokeniser un flux opérationnel tout en conservant, en parallèle, un registre officiel conforme au droit des sociétés. Tant que les deux couches ne sont pas clairement articulées, le risque de qualification juridique demeure. Un superviseur unique ne résoudrait pas ce problème s’il se limitait aux règles de conduite des prestataires.
Le Royaume-Uni, hors MiCA, avance sur un terrain comparable. En septembre, la Chambre des lords a soutenu un amendement sur une stratégie d’actifs numériques par 194 voix contre 138. Le texte viserait les crypto-actifs, les stablecoins, les titres tokenisés et les systèmes de règlement numérique. Le Trésor disposerait de douze mois après sanction royale pour publier cette stratégie, sous réserve que le projet franchisse encore la Chambre des communes.
Ce parallèle britannique montre que la question n’est pas seulement européenne. Partout, les gouvernements cherchent un langage commun entre innovation de marché et sécurité juridique. L’enjeu allemand, lui, reste ancré dans l’architecture MiCA: ne pas centraliser la police du marché sans clarifier d’abord ce que le droit civil dit d’un jeton.
Pendant le même échange, Mögelin a évoqué le rôle des e-money tokens, catégorie MiCA qui désigne des crypto-actifs conçus pour conserver leur valeur par référence à une monnaie officielle. Le rapprochement entre prestataires crypto et institutions financières classiques alimente l’intérêt pour ces instruments à l’intérieur des infrastructures de marché traditionnelles.
Un usage possible consiste à fournir la jambe cash des transactions sur titres tokenisés. Une opération tokenisée exige que l’actif et le paiement se dénouent. Si l’un circule sur une infrastructure distribuée tandis que l’autre dépend encore d’un virement bancaire classique, les parties s’exposent à des délais et à un risque d’inachèvement. Un jeton de monnaie électronique, s’il est suffisamment robuste et reconnu, pourrait rapprocher les deux horloges.
Les régulateurs discutent aussi d’une éventuelle extension des services liés à ces jetons vers le crédit ou le prêt. Selon le responsable allemand, de telles prestations pourraient gagner en efficacité pour les entreprises qui opèrent à la fois sur les crypto-actifs et sur des instruments financiers tokenisés. Là encore, la question n’est pas seulement technique: elle touche au périmètre des agréments, aux exigences de fonds propres et à la protection des clients.
Trois questions que les entreprises posent déjà
Aux États-Unis, une coupure comparable existe entre surveillance des valeurs mobilières et régulation des paiements. Une action tokenisée tombe généralement sous les règles des titres. Le stablecoin utilisé pour régler la transaction soulève d’autres questions: réserves, droit au remboursement, relations bancaires, tutelle fédérale ou étatique. L’Europe a choisi, avec MiCA, une voie plus intégrée pour les crypto-actifs. Cela n’efface pas pour autant la tension entre le jeton-titre et le jeton-paiement.
Comparer n’est pas aligner. Le continent dispose déjà d’un texte unique, d’un passeport et d’une typologie d’actifs. Les États-Unis avancent par agences et par contentieux. Mais les deux rives se heurtent au même nœud: on peut enregistrer un transfert sur une chaîne sans avoir réglé le statut juridique de l’objet transféré. Mögelin, en insistant sur le droit privé, replace ce nœud au centre du débat européen.
Un superviseur unique peut harmoniser les questionnaires, les délais de réponse et la lecture de certains articles. Il ne crée pas automatiquement un régime civil commun. Il ne dit pas non plus comment articuler monnaie électronique, crédit et règlement livré contre paiement sur une infrastructure tokenisée. Confondre ces chantiers reviendrait à croire qu’une adresse institutionnelle unique suffit à pacifier le droit.
Les commentaires allemands n’appellent pas à écarter les autorités nationales. Même un superviseur centralisé, selon Mögelin, aurait intérêt à s’appuyer sur l’expertise des États membres. Les entreprises et leurs clients, eux, devraient évaluer si le transfert des responsabilités d’autorisation apporte assez de bénéfices pour compenser la charge opérationnelle. C’est une invitation au pragmatisme, pas un slogan anti-européen.
Dans les salles de conformité, ce pragmatisme se traduit par des choix concrets. Faut-il figer aujourd’hui une organisation interne calquée sur l’autorité d’origine? Faut-il anticiper un reporting unique vers Bruxelles ou Francfort? Faut-il réécrire les contrats de conservation pour prévoir plusieurs droits applicables? Chaque hypothèse a un coût. Plus le législateur tarde à clarifier la direction, plus ces coûts se cumulent.
Le moment est délicat parce que le marché n’est plus dans la phase des principes. Des licences ont déjà été délivrées. Des équipes juridiques ont déjà cartographié leurs obligations. Des clients institutionnels ont déjà conditionné leurs flux à l’existence d’un agrément MiCA. Déplacer le centre de décision après cette première vague, c’est demander aux acteurs de rejouer une partie qu’ils croyaient close.
Il existe aussi un enjeu de confiance. Un client qui choisit un prestataire agréé à Luxembourg, en Allemagne ou en France s’appuie sur une autorité identifiable. Si la responsabilité bascule, il voudra savoir qui répond en cas d’incident, qui instruit une réclamation, qui peut retirer l’agrément. La clarté institutionnelle n’est pas un luxe: elle fait partie du produit.
Les autorités nationales, de leur côté, ne sont pas interchangeables. Elles accumulent une mémoire des dossiers, des modèles atypiques, des alertes locales. Un centre européen peut mutualiser des compétences rares, par exemple sur la cyber-résilience ou l’analyse on-chain. Mais il ne remplace pas, du jour au lendemain, cette mémoire de proximité. D’où l’idée, défendue à la table ronde, d’un recours durable à l’expertise des États même en cas de centralisation.
Sans cadre civil commun, les avocats multiplient les qualifications de substitution. Tel jeton sera traité comme un bien meuble ici, comme une créance là-bas, comme un instrument financier ailleurs. Ces qualifications ne sont pas de simples étiquettes. Elles commandent les voies d’exécution, le rang des créanciers, la possibilité de revendiquer les actifs en cas de dépôt. Un même incident opérationnel peut donc produire des files d’attente différentes selon le droit choisi.
Les plateformes qui conservent des actifs pour le compte de clients sentent cette pression. Elles doivent expliquer, dans leurs conditions générales, ce que le client « possède » réellement. Si le droit applicable n’est pas le même d’un État à l’autre, le document devient un patchwork. Plus le groupe est paneuropéen, plus le patchwork s’épaissit. Un texte européen de droit privé ne ferait pas disparaître tous les contentieux. Il réduirait au moins l’incertitude de départ.
Cette incertitude pèse aussi sur l’innovation de règlement. On peut vanter la quasi-instantanéité d’un dénouement on-chain. Si le droit ne dit pas clairement qui détient le cash tokenisé au moment T, la vitesse technique n’apporte qu’une illusion de sécurité. Mögelin, en liant e-money tokens et infrastructures de marché, replace le débat là où il doit être: dans l’articulation entre promesse technologique et opposabilité juridique.
Même si le législateur européen tarde, les entreprises ne sont pas démunies. Elles peuvent cartographier dès maintenant les droits applicables à leurs contrats de conservation. Elles peuvent tester, État par État, le sort d’un jeton en cas d’insolvabilité simulée. Elles peuvent séparer plus nettement les flux de titres tokenisés et les flux de monnaie électronique, afin d’éviter qu’un flou de qualification ne contamine tout le bilan.
Elles peuvent aussi documenter, avec une précision inhabituelle, le rôle de chaque autorité dans leur gouvernance interne. Si un transfert de supervision survient, ce dossier vivant réduira le temps de réexplication. Enfin, elles peuvent associer leurs clients à l’arbitrage: certains institutionnels préféreront une lecture unique des règles, d’autres tiendront à la proximité d’un régulateur national. Mögelin le dit presque mot pour mot: ce sont les participants et leurs clients qui doivent juger l’utilité du basculement.
Les associations professionnelles ont un rôle particulier. Elles peuvent rassembler des cas concrets plutôt que des positions abstraites: délais d’instruction, interprétations divergentes d’un même article, coûts d’un changement d’autorité. Une consultation se nourrit mieux d’exemples que de communiqués. La date du 30 septembre donne un horizon. Elle n’interdit pas de continuer ensuite à documenter les frictions du régime actuel.
Toute construction européenne oscille entre deux tentations. La première consiste à croire qu’un texte unique suffit. La seconde consiste à croire qu’une institution unique suffit. MiCA a déjà tranché en faveur d’un texte commun. Le débat ouvert à la convention porte sur l’institution. Or l’expérience des marchés financiers montre que le texte, l’institution et le droit privé forment un triangle. Déplacer un sommet sans regarder les deux autres crée de nouvelles aspérités.
L’Allemagne, par la voix de ce responsable, rappelle que la connaissance locale n’est pas un reliquat du passé. Elle reste un outil de surveillance. Un centre européen peut l’utiliser. Il ne devrait pas faire comme si elle était devenue accessoire. De la même façon, les entreprises ne devraient pas lire la centralisation comme une dispense de dialogue avec leur autorité d’origine. Les deux relais continueront de coexister, sous une forme ou une autre.
Reste la question politique, au sens large du terme: quelle dose d’uniformité le marché accepte-t-il de payer? L’uniformité rassure les investisseurs transfrontaliers. Elle peut aussi ralentir l’adaptation à des modèles émergents. La flexibilité nationale accélère parfois l’innovation. Elle peut aussi brouiller la lecture des règles. Aucune des deux options n’est gratuite. C’est précisément pourquoi l’avertissement allemand mérite d’être lu comme un appel à chiffrer, et non comme un veto.
Le marché européen des crypto-actifs n’en est plus au stade du manifeste. Il entre dans celui des licences, des audits, des rapprochements avec la finance traditionnelle. Les jetons de monnaie électronique pourraient devenir la jambe de paiement de titres tokenisés. Les groupes combinent déjà agrément de prestataire et statut de monnaie électronique. Cette maturité rend le débat institutionnel plus urgent, pas moins.
Si la supervision devient plus centrale, elle devra rester lisible pour le client final. Si le droit privé reste éclaté, même le meilleur superviseur laissera subsister un risque juridique de fond. Si les e-money tokens gagnent les infrastructures de marché, il faudra dire clairement jusqu’où ces services peuvent glisser vers le crédit. Trois dossiers, trois tempos, un seul marché.
La mise en garde formulée à la table ronde ne clôt rien. Elle ouvre plutôt une saison de choix. Les États peuvent mutualiser sans effacer leur mémoire. Les entreprises peuvent anticiper sans parier sur un scénario unique. Les clients peuvent exiger de la clarté sur la propriété des actifs autant que sur la conduite des prestataires. Au fond, c’est cela que réclame un marché qui grandit: moins de slogans d’harmonisation, plus de règles qui tiennent lorsque quelque chose se casse.
On peut vouloir un superviseur unique et, en même temps, un droit civil commun et une place nette pour les jetons de monnaie officielle dans le règlement des titres. On peut aussi juger que l’un de ces chantiers doit précéder les autres. L’autorité allemande, par cette intervention, refuse de traiter la centralisation comme une évidence. Elle demande que l’on mesure la charge, que l’on conserve l’expertise nationale, et que l’on n’oublie pas la question simple que tout client finira par poser: à qui appartient réellement ce que j’ai confié?
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