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Solana Réduit L’Inflation Trop Tôt Selon Le PDG Hubbard

Le vote Solana a passé de justesse. Puis le PDG d'une société cotée a dit que le calendrier était faux, que le prix ne bougerait pas, et que les règles du second scrutin avaient changé en cours de route.

Et si la décision la plus commentée de la saison n’était pas vraiment une victoire monétaire, mais un calendrier mal choisi? Sur Solana, le réseau vient d’approuver une accélération nette de la baisse d’émission. Le geste paraît simple: moins de nouveaux jetons, donc moins de dilution. Pourtant Michael Hubbard, directeur général de SOL Strategies, affirme que cette coupe arrive trop tôt, qu’elle repose sur un diagnostic trop pauvre du prix, et qu’un second scrutin a même été interprété avec des règles différentes de celles annoncées au moment d’ouvrir les urnes. L’histoire n’est pas seulement technique. Elle touche les validateurs, les stakers, les applications gourmandes en calcul, une société cotée qui vit de cette économie, et la confiance dans la gouvernance elle-même.

Pourquoi Cette Coupe D’Émission Déchire Déjà L’Écosystème

La proposition baptisée SGP-0002, souvent surnommée Double Disinflation, ne supprime pas l’inflation. Elle change la vitesse à laquelle celle-ci diminue chaque année. Le rythme passe de 15% à 30%. Le taux terminal reste fixé à 1,5%. Ce qui change, c’est le temps estimé pour l’atteindre: environ 5,7 ans dans le calendrier actuel, près de 2,8 ans après l’accélération. Sur le papier, le réseau émettrait moins de SOL au cours des prochaines années. Dans la tête de beaucoup d’investisseurs, cela devrait soutenir le jeton. Hubbard refuse cette lecture courte.

Il décrit une inflation actuelle d’environ 4% à 4,5% comme pas si extrême. Selon lui, expliquer les mouvements de prix par la seule émission revient à coller une étiquette trop commode sur un marché complexe. Les récompenses de staking, rappelle-t-il, restent largement à l’intérieur de l’économie Solana: le SOL versé aux stakers est souvent restaké plutôt que vendu immédiatement. Couper l’émission ne produirait donc ni un choc de prix instantané, ni un effet facilement mesurable.

En une phrase. Accélérer la désinflation raccourcit le chemin vers 1,5%, mais ne garantit ni un rallye, ni une économie de validateurs plus saine, ni une gouvernance plus lisible.

Le Score Du Vote Et La Marge Qui Change Tout

Le décompte final donne à SGP-0002 environ 176,29 millions de SOL favorables, soit 67% de la participation. Environ 66,19 millions de SOL se sont opposés. Près de 20,63 millions se sont abstenus. La participation a atteint 60,7% du stake éligible. Le seuil publié était de 66,67%. La proposition l’a dépassé d’environ un tiers de point de pourcentage. Autrement dit: une poignée de voix de stake a basculé une politique monétaire pluriannuelle.

Les projections associées au texte évoquent le retrait d’environ 18,9 millions de SOL par rapport à l’émission attendue sur six ans, soit près de 2,6% de l’offre prévue sous le calendrier actuel. Ce n’est pas négligeable. Ce n’est pas non plus une rareté soudaine. Le marché crypto a déjà vu des récits de «moins d’offre» s’essouffler dès que la demande, la liquidité, le risque macro ou la concurrence d’autres chaînes reprennent le dessus.

Hubbard insiste sur le caractère précipité du geste. Il estime que le changement a été poussé avant que ses effets sur les participants du réseau soient vraiment compris. Ce n’est pas un rejet philosophique de la désinflation. C’est un désaccord de tempo, de méthode et de causalité. Pour lui, ni SGP-0002 ni la proposition sœur SGP-0003 n’étaient indispensables à l’avenir de Solana. Le calendrier et le process l’inquiètent davantage que l’objectif de long terme.

Présenter l’inflation comme le problème principal du prix, c’est offrir une explication trop simple à des mouvements qui viennent d’ailleurs.

Synthèse de la position de Michael Hubbard

Ce Que Change Vraiment Le Doublement De La Désinflation

Sur Solana, l’inflation n’est pas un décor. Elle paie une partie de la sécurité. Elle nourrit les récompenses des validateurs et des délégateurs. Elle influence le coût d’opportunité de détenir du SOL liquide plutôt que de le staker. Accélérer la baisse de ce flux, c’est modifier le contrat implicite entre le protocole et ceux qui font tourner les machines.

Le terminal à 1,5% reste. Personne ne bascule vers un modèle à émission nulle. La nouveauté est la pente. Une pente plus raide comprime plus vite le revenu nominal issu de l’émission. Si les frais, le MEV, les pourboires et l’appréciation du jeton ne compensent pas, la rentabilité opérationnelle se tend. Les gros acteurs absorbent. Les plus petits calculent. Certains ferment, se regroupent ou réduisent la qualité de leur infrastructure. C’est précisément le type d’effet de second tour que Hubbard juge insuffisamment étudié avant le vote.

Galaxy Research avait soulevé un point voisin avant le scrutin: des récompenses plus faibles peuvent rendre l’activité de validateur moins attractive si la hausse des frais ou du prix du SOL ne compense pas la perte. L’équipe ajoutait qu’une modification trop fréquente des paramètres économiques rend la planification financière plus difficile pour les entreprises du réseau. Ce n’est pas un détail comptable. Un validateur achète du matériel, loue de la bande passante, provisionne des équipes, anticipe des votes. Un barème qui bouge trop souvent transforme un métier industriel en pari réglementaire interne.

Avant

Désinflation 15%

Vers 1,5% en ~5,7 ans

Après SGP-0002

Désinflation 30%

Vers 1,5% en ~2,8 ans

Le Staking Ne Sort Pas De L’Économie Comme On Le Croit

Le récit populaire dit: inflation égale vente. Hubbard inverse le raisonnement. Une grande part du SOL nouvellement émis va à des acteurs déjà engagés dans le staking. Beaucoup recomposent leurs positions. Ils ne se précipitent pas sur le carnet d’ordres à chaque epoch. Si c’est vrai à grande échelle, réduire l’émission retire surtout un flux interne, pas forcément une pression vendeuse nette et continue.

Cela ne signifie pas que l’émission est neutre. Des fonds, des trésoreries, des validateurs sous contrainte de trésorerie peuvent vendre une fraction des récompenses pour payer l’électricité, le personnel, l’impôt ou le matériel. Mais passer de ce constat microéconomique à «l’inflation bloque le prix» est un saut. Le prix de SOL répond aussi à Bitcoin, aux flux d’ETF, au risque réglementaire américain, à la concurrence d’autres L1, à la qualité de l’expérience utilisateur, aux pannes perçues, aux memecoins, aux volumes de perpétuels. Réduire l’offre projetée de 2,6% sur six ans n’efface pas ces forces.

Il existe aussi un effet psychologique. Une communauté peut voter une coupe d’émission parce qu’elle a besoin d’un récit d’action. «Nous avons fait quelque chose.» Ce quelque chose rassure les titulaires de long terme. Il peut aussi masquer l’absence de leviers plus difficiles: fiabilité, outils développeur, liquidité réelle, clarté fiscale, adoption hors spéculation. Hubbard, en insistant sur le caractère non mesurable de l’effet prix, refuse précisément ce confort narratif.

SOL Strategies N’Est Pas Un Commentateur Distant

Ici, le conflit d’intérêt n’est pas caché. Il est structurel. SOL Strategies exploite des validateurs Solana, fournit des services de staking et gère une trésorerie en SOL. Ses revenus peuvent donc bouger avec les récompenses, le chiffre d’affaires validateur et la valorisation du jeton. Hubbard parle depuis l’intérieur de la machine. Cela n’invalide pas ses arguments. Cela oblige à les lire avec la bonne distance.

La société, d’origine canadienne, se négocie au Nasdaq sous le ticker STKE et sur la Bourse canadienne des valeurs sous HODL. Pour des actionnaires américains, cela crée une exposition indirecte aux revenus de validation, à l’activité de staking et aux avoirs en SOL. Hubbard est devenu PDG à temps plein en 2026 après une période d’intérim commencée en octobre 2025. La cotation Nasdaq sous STKE a débuté en septembre 2025, en remplacement d’un ancien arrangement OTCQB.

Quand un dirigeant coté critique une politique qui réduit potentiellement une ligne de revenu, deux lectures s’affrontent. La première: il défend sa marge. La seconde: il connaît le coût réel d’un validateur et refuse une réforme cosmétique. Les deux peuvent être vraies en même temps. Le lecteur sérieux ne choisit pas un camp par réflexe. Il demande quelles hypothèses de frais, de prix et de participation au staking ont été testées avant de raccourcir de moitié le chemin vers 1,5%.

SGP-0003 Et La Bataille Des Abstentions

Le second dossier est plus juridique que monétaire. SGP-0003, liée aux frais de ressource et d’inclusion, a obtenu 53,9% de soutien, 18,92% contre et 27,18% d’abstentions. Selon la formule affichée dans les documents de gouvernance actuels, les abstentions comptent à la fois pour le quorum et dans le dénominateur du taux d’approbation. Dans ce cadre, le texte reste sous les deux tiers.

Hubbard affirme que la méthode communiquée à l’ouverture du vote traitait les abstentions autrement. Elles aidaient à atteindre le quorum, mais étaient exclues du calcul des voix décisives pour ou contre. Hors abstentions, SGP-0003 aurait réuni environ 74% du stake ayant choisi une option, au-dessus des deux tiers. Il considère donc la proposition approuvée selon les règles initialement présentées, même s’il estime qu’un rejet pourrait donner un meilleur résultat pratique.

Des communications antérieures au scrutin indiquaient que SGP-0003 avait besoin de 66,67% du stake combiné «pour» et «contre», et que les abstentions ne changeraient pas l’issue. Un compte rendu daté du 9 août sur le débat tokenomique décrivait aussi un calcul excluant les abstentions du stake décisif. Or la Constitution Solana dit aujourd’hui l’inverse. L’article IV précise que le dénominateur d’approbation est «For + Against + Abstain». La politique de vote du dépôt répète que le stake abstentionniste compte comme participation sans alimenter le tally «pour».

Pour Hubbard, appliquer un autre calcul après l’ouverture des bulletins déplace les poteaux. L’intégrité procédurale, dit-il, exige d’utiliser les règles présentées au moment du vote, que le fond de la proposition plaise ou non. C’est un point plus grave qu’un désaccord d’économiste. Si les participants croient voter sous une formule et découvrent une autre à l’arrivée, la prochaine participation chute. Le stake se tait. La gouvernance devient un théâtre dont le dénouement se joue dans l’interprétation des textes.

Lecture Traitement des abstentions Issue SGP-0003
Documents actuels Incluses au dénominateur Sous les deux tiers
Règles alléguées à l’ouverture Quorum seulement Environ 74% des voix décisives

Le Nouveau Modèle De Frais Peut Coûter Cher Aux Applications

SGP-0003 appuyait une refonte des charges via SIMD-0553. Aujourd’hui, Solana facture des frais de base de 5 000 lamports par signature. La moitié est brûlée, l’autre va au validateur qui produit le bloc. Le nouveau schéma séparerait un frais d’inclusion de 2 500 lamports versé au producteur de bloc et un frais distinct fondé sur les ressources de calcul demandées. La part liée aux ressources serait intégralement brûlée.

Les auteurs, en s’appuyant sur l’activité de mai 2026, estimaient que les brûlements quotidiens pourraient passer d’environ 648 SOL à une fourchette de 1 500 à 1 800 SOL dès la première étape. Des phases ultérieures pourraient porter cette estimation entre 3 750 et 4 500 SOL, puis entre 7 500 et 9 000 SOL. Plus de brûlement, c’est un récit de rareté. C’est aussi, pour certaines applications, une facture plus élevée et plus difficile à anticiper.

Hubbard juge que le modèle ajoute une complexité inutile. Les applications gourmandes, les routeurs de trading et les carnets d’ordres pourraient payer davantage parce que le coût dépendrait de la capacité de calcul réclamée. Un protocole qui se vend comme rapide et bon marché ne peut pas traiter ce point comme un détail de cuisine interne. Les intégrateurs arbitrent déjà entre chaînes. Une grille opaque, même «juste» en théorie, devient un argument commercial pour aller ailleurs.

L’Ombre Des Intérêts Derrière SIMD-0553

Le PDG a aussi soulevé la question des intérêts financiers des soutiens du texte. SIMD-0553 a été rédigé par Cavey de Temporal, société de recherche et développement qui indique avoir construit HumidiFi, l’un des teneurs de marché automatisés propriétaires dominants de Solana. Hubbard allègue que la structure de frais proposée pourrait avantager ce propAMM tout en alourdissant la charge de concurrents plus directs.

Aucune étude transactionnelle indépendante citée dans sa déclaration n’a établi la taille d’un éventuel avantage compétitif. Le conflit reste donc une évaluation, pas un effet prouvé. Avant le vote, une simulation hébergée par Sandwiched.me examinait le coût attendu pour les routeurs, les applications et les propAMM selon différents taux de frais de ressource. Le tableau de bord montrait que l’effet variait avec la conception des transactions, les limites de calcul demandées et la capacité des applications à optimiser leur usage de ressources.

Ce type de débat est sain s’il reste public et chiffré. Il devient toxique s’il se résume à des soupçons d’un côté et à des dénégations de l’autre. Le réseau a besoin d’une règle simple: qui rédige un changement de frais doit publier des scénarios adverses, y compris ceux où son propre flux en bénéficie. Sans cela, chaque réforme ressemble à une négociation privée déguisée en bien public.

Ce N’Est Pas La Première Guerre De L’Émission

Le débat n’est pas né avec SGP-0002. En mars 2025, les validateurs ont examiné SIMD-0228, qui voulait remplacer le calendrier fixe par un taux réagissant à la participation au staking. L’inflation baisserait quand une large part du SOL est stakée, et monterait si la participation chutait assez pour menacer la sécurité. Le texte a obtenu 61,39% de soutien. Il a échoué sous les deux tiers.

À l’époque, l’inflation annuelle tournait près de 4,6% et devait déjà diminuer de 15% par an jusqu’à 1,5%. Les critiques prévenaient qu’une réduction brutale pouvait affaiblir les petits validateurs: récompenses en baisse, coûts fixes de matériel et de vote inchangés. Le schéma est familier. On promet plus de discipline monétaire. On sous-estime la géographie industrielle du réseau. Les nœuds les plus capitalisés survivent. La décentralisation opérationnelle, elle, peut reculer sans que personne n’ait voté contre la décentralisation.

Hubbard ne défend pas un gel éternel du niveau actuel. Il dit que ces deux propositions n’étaient pas critiques, et que le moment choisi pose plus de questions que la destination finale. C’est une distinction utile. On peut vouloir une inflation plus basse dans cinq ans et refuser de casser le thermomètre aujourd’hui. On peut vouloir davantage de brûlement et refuser une grille qui pénalise tel type d’application. La politique monétaire d’une chaîne n’est pas un interrupteur unique.

Un Mandat De Gouvernance N’Est Pas Un Changement Automatique

SGP-0002 donne un mandat. Il n’active pas à lui seul le nouveau rythme. SIMD-0550 exige encore une implémentation dans les clients validateurs, des calculs d’inflation cohérents d’un client à l’autre, puis une activation via une fonctionnalité mainnet à une frontière d’epoch. Les récompenses gagnées avant l’activation resteraient inchangées. Le calendrier plus rapide s’appliquerait à partir de l’epoch suivante.

Cette mécanique protège contre un basculement chaotique au milieu d’une période de récompenses. Elle crée aussi une fenêtre politique. Entre le vote et le feature gate, le débat peut continuer, les clients peuvent diverger, des bugs de calcul peuvent apparaître. Un réseau qui accélère sa désinflation tout en se disputant la formule des abstentions n’envoie pas le même signal qu’un réseau calme, documenté, prévisible.

Les entreprises qui budgétisent 2026 et 2027 devront donc suivre deux horloges. L’horloge économique: quand le rythme de 30% s’applique vraiment. L’horloge juridique interne: quelle formule de vote fera jurisprudence. Les deux horloges pèsent sur le coût du capital. Un validateur n’investit pas de la même façon si les règles de demain sont claires ou si elles dépendent d’une relecture constitutionnelle.

Ce Que Cela Change Pour Les Investisseurs En Actions Et En Jetons

Le porteur de SOL nu raisonne souvent en offre et demande. Moins d’émission future, meilleur récit. Le porteur de STKE ou HODL raisonne aussi en marge opérationnelle. Si les récompenses diminuent plus vite que les frais et que le prix, le compte d’exploitation d’un opérateur de validateurs se comprime. Si le prix s’apprécie assez, l’effet trésorerie domine. Nul ne peut garantir lequel des deux l’emportera.

Il faut aussi séparer exposition directe et exposition intermédiée. Acheter du SOL, c’est porter le jeton, le staking, le risque de slashing perçu, la liquidité des marchés. Acheter une société d’infrastructure, c’est porter une équipe, une gouvernance d’entreprise, une cotation, une conversion de devises, un multiple de marché. Les deux véhicules parlent de Solana. Ils ne réagissent pas aux mêmes chocs.

Pour un lecteur français ou européen, s’ajoute la question fiscale et prudentielle. Les récompenses de staking, les plus-values, le statut d’une action canadienne cotée aux États-Unis ne se traitent pas comme un simple transfert de wallet. Ce n’est pas le cœur du vote. C’est pourtant le terrain où la décision on-chain redescend dans la vie réelle des portefeuilles.

Pourquoi Le Prix Est Un Mauvais Juge Unique

Après chaque réforme tokenomique, les réseaux sociaux attendent une bougie. Si le cours monte, la réforme «marchait». S’il baisse, elle «a échoué». Hubbard a raison de casser cette habitude. Une politique d’émission agit sur des mois et des années, à travers des stocks, des flux, des comportements de restaking, des ventes de trésorerie, des nouvelles entrées de capitaux. Le marché spot, lui, digère l’heure suivante.

Imaginons deux scénarios. Dans le premier, le rythme plus rapide est activé, le prix stagne, mais davantage de SOL reste staké parce que les détenteurs anticipent une rareté future. La sécurité nominale tient, les petits validateurs souffrent. Dans le second, le prix monte pour d’autres raisons, les récompenses plus faibles sont compensées en dollars, et personne ne se souvient du débat. Les deux scénarios peuvent découler de la même décision. C’est pourquoi Hubbard parle d’un effet «pas facilement mesurable».

Le bon tableau de bord n’est donc pas uniquement le cours. C’est le nombre de validateurs économiques, la distribution du stake, le taux de participation aux votes suivants, le coût réel d’une transaction complexe, le volume d’applications qui optimisent leur compute, le niveau de brûlement effectivement observé plutôt que projeté. Une gouvernance mature publie ces séries. Une gouvernance pressée publie un pourcentage de 67% et passe à autre chose.

La Confiance Vaut Plus Qu’Un Tiers De Point

Le détail le plus durable de cette séquence n’est peut-être pas les 18,9 millions de SOL d’émission évitée. C’est le soupçon que les règles du jeu ont bougé pendant le match. Même si l’interprétation constitutionnelle actuelle est juridiquement défendable, le souvenir des messages pré-vote compte. Les déléguants lisent des fils, des tableaux de bord, des résumés. Ils ne recoupent pas toujours l’article IV d’une constitution.

Une chaîne qui demande aux gens de locker du capital pour voter doit une clarté presque ennuyeuse. Quorum ici. Dénominateur là. Abstention égale ceci, pas cela. Si deux documents disent deux choses, le réseau a un bug social. On corrige un bug social comme on corrige un client: avant la prochaine epoch politique, pas après le décompte.

Hubbard peut se tromper sur l’économie. Il peut avoir raison sur la procédure. Ces deux phrases peuvent coexister. C’est même le cas le plus fréquent dans les gouvernances crypto: le fond est discutable, la forme est non négociable. Quand la forme flotte, le fond devient suspect, même s’il était bon.

Ce Qu’Il Faudrait Surveiller Maintenant

D’abord, la date réelle d’activation du rythme à 30%. Tant que le feature gate n’est pas passé, le marché trade une intention. Ensuite, la cohérence des clients sur le calcul d’inflation. Une divergence de quelques points de base, multipliée par des milliards de stake, n’est pas cosmétique. Puis, l’évolution des récompenses nettes des validateurs de taille moyenne. Si cette cohorte s’évapore, le récit de rareté aura acheté une centralisation plus forte.

Sur SGP-0003, la question n’est plus seulement oui ou non. C’est: quelle formule fera autorité pour les prochains textes? Tant que ce point n’est pas tranché noir sur blanc, chaque scrutin important portera une hypothèque. Les équipes qui écrivent des SIMD sauront qu’un résultat serré pourra être relu. Les opposants sauront qu’une abstention n’a pas le même poids selon le document qu’on ouvre.

Enfin, le coût réel des transactions complexes après toute refonte de frais. Les simulations aident. Les carnets d’ordres et les routeurs tranchent. Si les applications les plus actives paient nettement plus sans gain clair de priorité ou de prévisibilité, le réseau aura échangé un récit de brûlement contre une friction d’usage. Hubbard craint exactement cela: une complexité ajoutée là où Solana avait un avantage simple.

Trois réflexes utiles

  • Séparer mandat de vote et activation technique.
  • Suivre les validateurs médians, pas seulement le prix spot.
  • Exiger une formule de scrutin unique, écrite, inchangée pendant le vote.

Une Chaîne Peut Vouloir Moins D’Inflation Sans Se Précipiter

Rien n’interdit à Solana de viser 1,5% plus vite. D’autres communautés ont resserré leur politique d’émission et s’en sont trouvées mieux dans le récit, parfois dans les flux. Le problème soulevé ici est plus étroit et plus intéressant: le réseau avait-il besoin de le faire maintenant, avec une marge de 67% contre 66,67%, pendant qu’un autre texte se débattait sur le statut des abstentions, et alors que l’inflation courante n’était pas hors norme?

La réponse de Hubbard est non. Pas parce que moins d’émission serait un crime. Parce que le diagnostic «l’inflation bloque SOL» lui paraît trop mince, parce que les récompenses circulent encore surtout en interne, parce que les validateurs ont besoin de prévisibilité, et parce qu’une gouvernance qui change de dénominateur en cours de route fragilise le prochain vote, quel que soit son objet.

Les semaines qui viennent diront si SGP-0002 reste un ajustement technique oublié ou le premier acte d’une série de retouches économiques. Elles diront aussi si SGP-0003 meurt dans une querelle de procédure ou renaît sous une règle unique. Dans les deux cas, le vrai actif en jeu n’est pas seulement le calendrier d’émission. C’est la crédibilité d’un processus où des milliards de stake croient encore que les règles affichées au départ sont celles qui comptent à l’arrivée.

Ceux qui regardent uniquement le cours attendront une réaction. Ceux qui regardent le réseau attendront autre chose: des clients alignés, des validateurs encore nombreux, des applications qui comprennent leur facture, et une constitution dont l’article sur le vote n’a plus besoin d’être traduit de deux façons. Jusque-là, la coupe d’inflation ressemble moins à une conclusion qu’à une question laissée ouverte au milieu du scrutin.

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