Et si le signal le plus fort autour de Ripple ne venait pas du cours du jeton, mais d’un fonds coté à New York qui vient de réécrire l’ordre de ses participations privées ? Au 30 juin 2026, Ripple Labs est devenue la première ligne du portefeuille de C1 Fund, devant Payward, la société mère de Kraken. Le détail compte : il s’agit d’actions privées, pas de XRP. Cette distinction, trop souvent brouillée, change presque tout dans la lecture du mouvement.
Pourquoi Ce Classement Change La Lecture Du Dossier Ripple
La nouvelle tient en quelques chiffres, mais elle ouvre une conversation plus large sur la manière dont les investisseurs institutionnels approchent encore les entreprises crypto non cotées. C1 Fund a indiqué que Ripple représentait 17,5 % de l’actif net au 30 juin. Payward suivait de très près, à 16,9 %. L’écart est mince. Le symbole, lui, est net.
Le fonds affichait alors un actif net de 42,63 millions de dollars, soit une valeur liquidative de 6,49 dollars par action. Sur cette base, la ligne Ripple valait environ 7,46 millions de dollars, contre près de 7,20 millions pour Payward. Autrement dit, le basculement n’est pas un raz-de-marée. C’est un dépassement de quelques points, obtenu après un rachat partiel organisé par l’émetteur lui-même.
Cette mécanique mérite d’être ralentie. Un fonds fermé n’achète pas uniquement ce qui brille sur un écran. Il construit une poche d’entreprises numériques privées, la valorise selon des procédures de juste valeur, et la juxtapose à des titres du Trésor américain pour garder une liquidité minimale. Ici, les investissements privés pesaient 33,07 millions de dollars, soit 77,5 % de l’actif net. Les bons du Trésor à court terme représentaient 9,96 millions, soit 23,3 %.
À retenir avant de continuer
Le classement de C1 Fund parle d’equity Ripple, pas du jeton XRP. Les deux actifs peuvent réagir aux mêmes nouvelles d’entreprise. Ils ne donnent pas les mêmes droits.
Ce Que Contient Vraiment Le Portefeuille Privé
Le fonds ne mise pas sur une seule thèse. Au 30 juin, il détenait onze sociétés numériques privées ou récemment devenues publiques. Outre Ripple et Kraken, la liste incluait Alchemy, BitGo, Blockchain.com, Chainalysis, ConsenSys, Figment, Fireblocks, Polymarket et Uphold. Le fil conducteur n’est pas un token. C’est une infrastructure : conservation, conformité, courtage, prédiction, exécution, intermédiation.
Au deuxième trimestre, C1 Fund a ajouté Blockratize, maison mère de Polymarket. Il a aussi renforcé plusieurs lignes ouvertes dès 2025. La méthode de sélection passe par une liste interne appelée C1 30. Encore faut-il trouver des titres disponibles, à un prix jugé acceptable, sur le marché secondaire privé. Cette contrainte explique pourquoi un fonds coté peut sembler « concentré » alors qu’il voudrait simplement rester exposé à un univers déjà restreint.
Le poids de Ripple reflète surtout ce qui reste après une cession partielle. Il ne dit pas que le fonds a récemment « tout misé » sur la société. Il dit plutôt que la poche conservée, une fois revalorisée, a dépassé Payward. Cette nuance évite une lecture trop spectaculaire. Un classement de portefeuille n’est pas un verdict sur l’avenir d’un protocole. C’est une photographie de juste valeur à une date donnée.
Actions Ripple Et Jeton XRP Ne Racontent Pas La Même Histoire
La confusion revient à chaque cycle. Une participation dans Ripple Labs donne un droit sur une société privée. Un détenteur de XRP n’a, en principe, aucune créance sur les revenus, les actifs ou les dividendes de cette société. Les deux univers peuvent bouger ensemble quand une actualité corporate devient assez forte. Ils restent juridiquement séparés.
Cette séparation n’est pas un détail de juriste. Elle change le profil de risque. L’action privée dépend de négociations secondaires, de rachats d’émetteur, de grilles de valorisation et d’éventuelles introductions en bourse. Le jeton dépend de liquidité de marché, d’usage réseau, de flux spéculatifs et de la lecture réglementaire du moment. Mélanger les deux, c’est comparer une part de société à un instrument de marché.
Détenir Ripple, ce n’est pas détenir XRP. L’un ouvre une fenêtre sur le capital d’une entreprise. L’autre ouvre une fenêtre sur un actif numérique dont la valeur n’emporte aucun droit automatique sur cette entreprise.
Le fonds insiste implicitement sur ce point en présentant Ripple comme une participation d’entreprise. C’est cohérent avec sa thèse globale : acheter des sociétés de l’écosystème, pas nécessairement les jetons qui circulent autour d’elles. Pour un lecteur pressé, le titre « Ripple devient le premier actif » peut pourtant sembler parler du marché spot. D’où l’intérêt de le reformuler sans fard.
Le Rachat Partiel Qui A Offert Une Première Sortie
Avant de devenir la plus grosse ligne, Ripple a aussi servi de première sortie privée au fonds. C1 Fund a cédé 1 407 actions privilégiées de série A dans le cadre d’une opération sponsorisée par l’émetteur, annoncée en avril. Le produit de la vente s’est élevé à 422 100 dollars. Le fonds a indiqué un rendement d’environ 150 % en moins de quatre mois.
Ce chiffre impressionne. Il doit aussi être cadré. Le rendement concerne uniquement les titres rachetés. Il ne mesure pas une hausse de 150 % sur l’ensemble de la poche Ripple. Il ne constitue pas non plus une estimation officielle de la valorisation privée globale de la société. C’est le résultat d’une transaction ponctuelle, dans un marché où les prix se découvrent par à-coups.
Après cette cession, C1 Fund a conservé une exposition importante. Que le reliquat soit devenu la première participation prouve que la sortie a réduit la ligne sans l’effacer. Dans le private equity crypto, cette configuration est fréquente : un émetteur organise un créneau de liquidité, certains actionnaires vendent une fraction, d’autres restent, et le poids relatif du titre dépend ensuite de la juste valeur retenue au bilan.
| Indicateur au 30 juin 2026 | Donnée |
|---|---|
| Poids de Ripple dans l’actif net | 17,5 % |
| Poids de Payward / Kraken | 16,9 % |
| Actif net total | 42,63 millions de dollars |
| Valeur liquidative par action | 6,49 dollars |
| Investissements privés à la juste valeur | 33,07 millions de dollars |
| Bons du Trésor à court terme | 9,96 millions de dollars |
Comment Un Fonds Valorise Ce Qui Ne Cote Pas Chaque Minute
Les actions de sociétés privées ne bénéficient pas d’un carnet d’ordres continu. C1 Fund doit donc appliquer des procédures de juste valeur. Les prix peuvent intégrer des transactions secondaires, des rachats d’émetteur et d’autres éléments que le marché public ne voit pas. Cette méthode est classique. Elle n’est pas magique. Elle produit une estimation défendable, pas un cours de clôture universel.
D’autres véhicules accessibles au public ont aussi déclaré de petites lignes Ripple. Un fonds Kinetics a notamment fait état de 1 875 actions de classe A valorisées 246 319 dollars, soit environ 0,1 % de son actif net. L’écart d’échelle avec C1 Fund est immense. Il rappelle qu’une participation « visible » dans un reporting n’équivaut pas à une conviction identique d’un véhicule à l’autre.
La juste valeur privée a un autre effet psychologique. Elle donne l’illusion d’une précision au dollar près, alors que le sous-jacent reste peu liquide. Un rachat d’émetteur peut servir de point d’ancrage. Une transaction secondaire isolée aussi. Mais le prochain tour, le prochain lock-up ou le prochain dossier d’introduction en bourse peut déplacer brutalement la référence. Le classement du trimestre suivant n’est donc jamais gravé dans le marbre.
Le Titre Du Fonds Cote Loin Sous Sa Valeur Liquidative
C1 Fund a clôturé le trimestre avec 6 568 348 actions en circulation et une valeur liquidative de 6,49 dollars. Fin août, le titre CFND évoluait autour de 2,85 dollars. L’écart dépasse 50 %. Dans un fonds fermé, une telle décote n’est pas rare. Elle ne signifie pas automatiquement que le marché « coupe de moitié » Ripple ou Kraken. Elle peut aussi exprimer des frais, une liquidité limitée, une incertitude de valorisation et la difficulté de sortir des titres privés.
Cette décote crée un paradoxe. Le fonds détient des participations qu’il juge proches de 42,6 millions de dollars d’actif net. Le marché actions, lui, paie nettement moins pour une part de ce même véhicule. Les investisseurs de bourse n’achètent pas directement Ripple. Ils achètent un wrapper, avec sa gouvernance, ses contraintes de rachat, son univers restreint et son horizon long.
Le conseil d’administration a tenté d’exploiter cet écart. Un programme de rachat allant jusqu’à 3 millions de dollars a été autorisé en janvier. Jusqu’au 31 juillet, le fonds a racheté et retiré 249 300 actions pour un montant global de 824 440 dollars. L’autorisation n’oblige pas à dépenser l’enveloppe entière. Elle reste soumise aux conditions de marché et aux règles applicables.
Un rachat d’actions propres peut soutenir le titre. Il peut aussi signaler que le management juge le marché trop pessimiste. Il ne transforme pas pour autant des titres privés en cash immédiat. Tant que Ripple, Payward et plusieurs autres lignes restent hors cote, la décote restera en partie structurelle. C’est le prix de l’accès, via un véhicule public, à un univers d’ordinaire réservé aux secondaires privés.
Kraken Et Blockchain.com Ouvrent Une Piste De Liquidité
Le classement actuel pourrait bouger pour une raison très concrète : la perspective d’introductions en bourse. Kraken et Blockchain.com ont déposé des déclarations d’enregistrement confidentielles en vue d’éventuelles offres publiques aux États-Unis. Un dépôt confidentiel lance le processus de revue. Il ne garantit ni le calendrier, ni le prix, ni même la décision finale de coter.
Le co-directeur général de Kraken, Arjun Sethi, a confirmé en avril l’entrée dans ce processus confidentiel. Blockchain.com a ensuite indiqué une démarche similaire. Aucune des deux sociétés n’a annoncé de fourchette définitive ni de date de cotation. BitGo, autre ligne du portefeuille, a pour sa part achevé son introduction en bourse en janvier 2026. Le précédent existe donc déjà dans la même poche.
Une cotation future donnerait à C1 Fund un prix de marché plus lisible. Elle pourrait aussi ouvrir, après d’éventuelles périodes de lock-up, une voie de cession. Pour Payward, un tel scénario changerait la comparaison avec Ripple. Aujourd’hui, les deux lignes se valent presque en poids. Demain, l’une pourrait devenir un titre public, l’autre rester une estimation privée. Le classement cesserait alors d’être un simple jeu de pourcentages.
Ripple, de son côté, n’a pas annoncé de dépôt public ni de calendrier de cotation. Sa valorisation continuera donc de s’appuyer sur des inputs de marché privé, sauf nouveau rachat d’émetteur ou autre événement de liquidité. Cette asymétrie est au cœur du trimestre : le fonds place en tête une société qui n’offre pas encore la sortie la plus évidente.
Ce Que Ce Basculement Dit Du Capital Crypto Privé
Le marché public des cryptoactifs capte l’attention parce qu’il affiche un prix à la seconde. Le marché privé des entreprises crypto, lui, avance par dossiers, tours, secondaires et rachats. C1 Fund se situe pile à l’intersection. Il est coté. Il achète de l’illiquide. Il doit ensuite expliquer à des actionnaires de bourse pourquoi la photographie du 30 juin mérite d’être prise au sérieux.
La concentration sur Ripple et Payward n’est pas anodine. Ensemble, ces deux lignes approchent le tiers de l’actif net. Le reste du livre diversifie vers la conservation, l’analytique, les nœuds, la conformité et les marchés prédictifs. On y lit une thèse d’infrastructure plus qu’une thèse de mème coin. Le fonds cherche des sociétés qui vendent des services à l’écosystème, pas seulement des jetons qui capturent un récit.
Cette approche a un coût d’opportunité. Quand le marché spot s’emballe, un fonds chargé d’equity privée peut sembler lent. Quand le marché spot s’effondre, la même poche peut sembler protectrice, à condition que les justes valeurs ne soient pas trop rigides. Le trimestre écoulé n’apporte pas la preuve définitive d’une stratégie supérieure. Il apporte une preuve plus modeste : une sortie partielle sur Ripple a été possible, et le reliquat reste assez gros pour dominer le classement.
Lire Les Pourcentages Sans Surestimer Le Signal
Un poids de 17,5 % peut sembler énorme. Dans un fonds de 42,6 millions de dollars, il reste une ligne de taille institutionnelle petite. Le sujet n’est donc pas « Wall Street bascule tout sur Ripple ». Le sujet est qu’un véhicule public, spécialisé dans les sociétés numériques privées, a désormais davantage de valeur estimée dans Ripple que dans la maison mère de Kraken.
Le timing ajoute une couche. Le dépassement intervient après un rachat d’émetteur, pas après une ruée généralisée sur le secondaire. Autrement dit, la société a elle-même fourni une poche de liquidité. Le fonds en a profité pour réaliser une plus-value partielle. Puis le reliquat, réévalué, a pris la tête. Cette séquence est plus corporative que spéculative.
Elle invite aussi à la prudence statistique. Les pourcentages du 30 juin dépendent de valorisations non continues. Un trimestre plus tard, une transaction sur Payward, une révision de multiple ou un simple mouvement de trésorerie peut inverser le classement. C1 Fund a d’ailleurs indiqué qu’il déposerait son formulaire N-PORT complet pour la période. Ce document donnera davantage de détail sur les types de titres, les valeurs et les classifications de valorisation.
Les Enjeux Pour Un Épargnant Qui Regarde Le Dossier De Loin
La première leçon est pédagogique. Voir « Ripple » dans un portefeuille de fonds ne signifie pas exposition directe au jeton. Un épargnant qui veut du XRP n’obtient pas le même profil en achetant CFND. Un épargnant qui veut une part de société privée n’obtient pas non plus le même profil en achetant le jeton. Les deux chemins existent. Ils ne se substituent pas.
La deuxième leçon concerne la décote. Acheter un fonds fermé 50 % sous sa valeur liquidative peut sembler une aubaine. Cela peut aussi être le prix d’une illiquidité durable. Si les sous-jacents restent privés pendant des années, le marché actions peut continuer à appliquer une pénalité. Le rachat d’actions propres réduit cette tension. Il ne la supprime pas.
La troisième leçon porte sur le calendrier des IPO. Kraken et Blockchain.com ont ouvert une porte. Ils ne l’ont pas franchie jusqu’à la cloche. Tant que les dossiers restent confidentiels, la liquidité promise n’est qu’une option. BitGo a montré qu’une sortie publique était possible dans le même univers. Ripple, pour l’instant, n’a pas emprunté ce chemin.
Trois questions utiles avant d’interpréter le classement
1. Parle-t-on d’actions de société ou de jeton ?
2. La valeur retenue vient-elle d’un marché continu ou d’une juste valeur privée ?
3. Une introduction en bourse peut-elle changer la liquidité de la ligne dans les trimestres suivants ?
Pourquoi Payward Reste Un Rival De Poids Dans Le Livre
Réduire l’histoire à « Ripple a battu Kraken » serait paresseux. Payward demeure la deuxième ligne, à 16,9 %. L’écart de valeur estimée n’est que de quelques centaines de milliers de dollars. Dans un univers privé, c’est presque un match nul. Le récit médiatique aime les dépassements. Le bilan, lui, montre deux piliers presque jumeaux.
Kraken porte une thèse d’exchange : volumes, produits, régulation, éventuelle cotation. Ripple porte une thèse d’entreprise de paiements et d’infrastructure, juridiquement distincte du jeton qui circule sous son nom le plus connu. Les deux peuvent prospérer ensemble. Elles peuvent aussi diverger si l’une trouve une fenêtre de marché public plus tôt que l’autre.
Pour C1 Fund, conserver les deux lignes a une logique de couverture interne. L’une est plus proche d’une sortie boursière potentielle. L’autre vient d’offrir un rachat d’émetteur. Le fonds n’a pas à choisir un camp définitif. Il doit surtout gérer la concentration, la valorisation et le moment où une liquidité réelle devient disponible.
La Place Des Autres Noms Du Portefeuille
Alchemy, Fireblocks, Chainalysis, Figment ou ConsenSys n’ont pas pris la une du classement. Ils dessinent pourtant le vrai décor. Un fonds qui empile conservation, conformité, nœuds et outillage développeur ne parie pas sur un seul récit de marque. Il parie sur le fait que l’industrie, même chahutée, continuera d’acheter de l’infrastructure.
L’arrivée de Blockratize, liée à Polymarket, ajoute une touche différente. Les marchés prédictifs ont quitté le statut d’expérience de niche. Les y installer une ligne, au deuxième trimestre, montre que le fonds accepte aussi des thèses plus politiques et plus controversées, dès lors qu’elles restent dans son univers C1 30 et qu’un prix secondaire apparaît.
Uphold, Blockchain.com et BitGo rappellent enfin que la conservation et l’accès au marché restent des métiers centraux. BitGo a déjà franchi le pas de la cote en janvier 2026. Cette diversité de statuts à l’intérieur d’un même livre — privé, récemment public, potentiellement public — complique la lecture. Elle enrichit aussi le suivi trimestriel : chaque ligne n’a pas le même thermomètre.
Ce Que Les Prochains Rapports Devront Confirmer
Le fonds a indiqué qu’il déposerait son N-PORT détaillé. Ce type de document compte davantage que le communiqué de classement. On y verra plus clairement les catégories de titres, les méthodes de valorisation et l’évolution fine des poids. C’est là que l’on saura si Ripple reste en tête par conviction, par inertie de juste valeur, ou par simple absence de transaction adverse.
Les prochains trimestres diront aussi si le programme de rachat d’actions propres accélère. 824 440 dollars dépensés jusqu’à fin juillet, sur une autorisation de 3 millions, laissent une marge. Encore faut-il que le titre reste suffisamment décoté et que les contraintes réglementaires le permettent. Un rachat n’est pas une obligation de lisser le marché à tout prix.
Enfin, le calendrier IPO de Kraken et de Blockchain.com sera le vrai catalyseur externe. Une revue confidentielle peut durer. Elle peut aussi déboucher sur un report. Si l’une de ces sociétés cote, C1 Fund disposera d’un prix observable. Le débat sur la décote du fonds changera alors de nature : une partie de l’illiquide sera devenue lisible, même si un lock-up retarde encore la vente.
Une Lecture Plus Calme Qu’Un Titre De Classement
Au fond, l’information du 30 juin 2026 est simple. Un fonds coté, de taille encore modeste, a désormais davantage de valeur estimée dans Ripple Labs que dans Payward. Il a réalisé une première sortie partielle sur Ripple avec un rendement élevé sur la fraction vendue. Il conserve le reste. Il rachète ses propres actions parce que le marché les paie beaucoup moins cher que sa valeur liquidative déclarée.
Rien dans cette séquence n’autorise à conclure que le jeton XRP « vient d’être adoubé » par un véhicule de New York. Rien n’autorise non plus à conclure que Kraken a perdu la confiance du fonds. Les deux lignes restent massives. L’une a simplement passé devant l’autre, de justesse, dans une photographie de juste valeur.
Le vrai intérêt du dossier se situe ailleurs. Il montre comment le capital crypto privé entre, peu à peu, dans des enveloppes publiques. Il montre aussi le prix de cette translation : décote, valorisation discontinue, liquidité imparfaite, dépendance aux rachats d’émetteur et aux introductions éventuelles. Pour qui accepte cette grammaire, le classement de C1 Fund n’est pas un slogan. C’est un point de passage.
Les prochains documents diront si Ripple reste en tête ou si Payward reprend l’avantage. D’ici là, la leçon la plus utile tient en une phrase un peu sèche, donc précieuse : dans ce portefeuille, Ripple est une entreprise. XRP est un autre actif. Confondre les deux, c’est déjà mal lire le trimestre.









