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Norvège En Deuil Haakon VIII Ouvre Une Nouvelle Ère Royale

Les drapeaux sont en berne et plus de 20 000 personnes se recueillent déjà. Haakon VIII doit parler ce soir. Ce qu’il dira, et ce que cette transition change vraiment, se joue maintenant.

Les drapeaux sont en berne samedi dans toute la Norvège. Le royaume scandinave ouvre une page nouvelle avec le roi Haakon VIII, appelé à prononcer dans la soirée un discours à la mémoire de son père Harald, figure rassembleuse restée trente-cinq ans sur le trône. Le palais a annoncé que ce discours hommage serait diffusé à 19 heures, soit 17 heures GMT. Avant cela, le nouveau souverain doit recevoir à partir de 17 heures 30 le président du Parlement, la cheffe de la Cour suprême, puis les dirigeants de l’Église de Norvège. Un deuil national a été décrété après le décès, vendredi à 6 heures 35, à l’âge de 89 ans, du doyen des souverains d’Europe.

Une Nation Recueillie Face À Une Transition Inévitable

Devant la chapelle du palais royal d’Oslo, de nombreux Norvégiens ont continué d’affluer samedi. Des montagnes de fleurs jonchent le sol après le passage de plus de 20 000 personnes venues se recueillir. Le geste est simple, répétitif, presque silencieux. On dépose un bouquet, on s’arrête, on regarde la façade, on repart. Le pays tout entier semble calé sur le même rythme lent.

Anne Lobbe, 35 ans, a confié samedi matin devant le palais : « Tout le monde est triste, et le roi était un homme que tout le monde respectait. Un homme bien, donc je pense que tout le monde se sent un peu abattu aujourd’hui. » Ces mots, sans emphase, disent assez bien le climat. Il n’y a pas de tumulte. Il y a une fatigue collective, une forme de respect partagé, et la conscience qu’une époque vient de se fermer.

Ce que le palais a fixé pour samedi
Discours hommage à 19h00 (17h00 GMT). Avant cela, à partir de 17h30, réception successive du président du Parlement, de la cheffe de la Cour suprême, puis des dirigeants de l’Église de Norvège.

Le Décès Du Doyen Des Souverains D’Europe

Harald est mort vendredi à 6 heures 35, à 89 ans. Hospitalisé depuis le 17 août, il souffrait d’une maladie du sang. Depuis plusieurs années, sa santé était défaillante. Il a pourtant toujours exclu d’abdiquer, faisant valoir qu’il avait prêté un serment à vie. Cette fidélité au serment explique en partie la gravité du moment. Le règne n’a pas été interrompu par un retrait volontaire. Il s’est achevé par la mort du souverain.

Harald V était monté sur le trône en 1991. Trente-cinq années plus tard, il laisse l’image d’une Norvège ouverte et tolérante. Nombre de Norvégiens ont cité son discours après les attaques mortelles du néonazi Anders Behring Breivik, qui avaient fait 77 victimes le 22 juillet 2011, le pire massacre en Norvège depuis la Seconde Guerre mondiale. Caroline Vagle, journaliste pour le magazine Se og Hor, a résumé ce rôle : Harald « était quelqu’un qui semblait toujours trouver les mots qui nous rassemblaient et nous donnaient un sentiment de sécurité ».

Harald était quelqu’un qui semblait toujours trouver les mots qui nous rassemblaient et nous donnaient un sentiment de sécurité.

Caroline Vagle

Ce souvenir de 2011 revient aujourd’hui parce qu’il fixe une fonction précise du roi dans ce pays : non pas gouverner au quotidien, mais tenir un langage commun lorsque le pays se fissure. Le nouveau roi héritera de cette attente, alors même que ses fonctions resteront essentiellement protocolaires, comme celles de son père.

Haakon VIII Et La Devise « Tout Pour La Norvège »

Son fils Haakon, 53 ans, lui succède. Il a choisi le nom de Haakon VIII et de marcher sur les traces de ses aïeuls en perpétuant la même devise : « Tout pour la Norvège ». Le choix n’est pas anodin. Il inscrit le nouveau règne dans une continuité de noms et de formules. Il dit aussi que le fils entend se placer dans la lignée plutôt que dans la rupture.

Haakon est décrit comme populaire, modeste, fuyant le faste et l’ostentation. Il a fait siennes les préoccupations de sa génération : défense de l’environnement, lutte contre le racisme, combat contre l’homophobie. Ces thèmes ne changent pas la Constitution. Ils colorent toutefois la manière dont le nouveau souverain est perçu. L’image est celle d’un prince devenu roi sans chercher le spectacle.

Le Premier ministre Jonas Gahr Støre a déclaré, après sa rencontre avec le nouveau monarque : « Une époque s’est terminée. Une nouvelle commence. Le roi est mort. Vive le roi. » Il a ajouté : « Nous nous souviendrons du roi Harald pour son amour de son peuple, son humour et sa chaleur humaine, et pour sa foi inébranlable en nous. » La formule classique de la succession côtoie ici un portrait affectueux du défunt.

Une époque s’est terminée. Une nouvelle commence. Le roi est mort. Vive le roi.

Jonas Gahr Støre

Le Calendrier Immédiat Du Nouveau Règne

Sans attendre les funérailles royales, dont la date n’a pas été annoncée et qui marqueront la fin du deuil national, le nouveau souverain prêtera serment d’allégeance à la Constitution mardi. Il ne devrait pas être couronné, pratique abolie en 1908. Il pourrait toutefois choisir, comme son père et son grand-père, de faire bénir son règne lors d’une cérémonie en la cathédrale de Trondheim, où les rois norvégiens ont été couronnés entre 1814 et 1906.

Le public pourra se recueillir devant le cercueil du défunt roi dans la chapelle du palais, mais aucune date n’a encore été annoncée pour cela. L’absence de calendrier funéraire complet maintient le pays dans un entre-deux. On sait qui règne. On ne sait pas encore quand le deuil officiel se refermera.

Repères de la transition

  • Décès de Harald vendredi à 06h35, à 89 ans.
  • Deuil national décrété dans le royaume.
  • Discours hommage de Haakon VIII samedi à 19h00.
  • Serment d’allégeance à la Constitution prévu mardi.
  • Funérailles royales : date non annoncée.

Les Fleurs Devant La Chapelle Et Le Silence D’Oslo

Plus de 20 000 personnes sont déjà passées devant la chapelle. Le chiffre donne la mesure d’un attachement concret. On ne parle pas seulement d’une institution. On parle d’un homme que beaucoup disent avoir respecté. Les fleurs s’accumulent. Elles transforment le seuil du palais en un lieu provisoire de mémoire. Samedi, le flux n’était pas retombé.

Le recueillement n’a rien d’une mise en scène imposée. Il s’agit d’une file, d’un tapis de bouquets, de visages fatigués. Anne Lobbe insiste sur le respect et sur l’abattement. Ces deux mots collent à la journée. Respect pour le défunt. Abattement parce que le doyen des souverains d’Europe n’est plus là pour incarner la continuité qu’il avait lui-même refusée d’interrompre par une abdication.

Le palais, de son côté, organise le passage des pouvoirs symboliques. Recevoir le président du Parlement, la cheffe de la Cour suprême et les dirigeants de l’Église, c’est rappeler que la monarchie norvégienne s’articule à d’autres institutions. Le roi n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un ordre constitutionnel, judiciaire et religieux.

Une Monarchie Fragilisée Par Une Série De Scandales

Haakon succède alors que la monarchie norvégienne est fragilisée par une série de scandales. Les liens de son épouse Mette-Marit avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, la condamnation de son beau-fils pour viol, et les frasques du couple excentrique formé par sa sœur avec un Américain chaman autoproclamé ont entamé le lustre de la monarchie. Ces faits sont désormais partie du décor dans lequel le nouveau roi commence son règne.

Le nouveau souverain accède au trône au milieu de vents contraires. Popularité personnelle d’un côté. Série d’affaires familiales de l’autre. L’image modeste de Haakon, son refus du faste, sa proximité affichée avec des causes contemporaines, devront cohabiter avec ce passé récent. Le texte de la succession est ancien. Le climat autour de la famille, lui, est plus lourd.

La famille royale a traversé une période difficile ces derniers mois avec les problèmes de santé du défunt souverain et de la nouvelle reine. Mette-Marit souffre d’une maladie pulmonaire incurable et a reçu une greffe des poumons en juin. La reine Sonja, veuve de Harald, 89 ans, a été brièvement hospitalisée en mai pour des problèmes cardiaques. Le deuil s’ajoute donc à une séquence déjà marquée par l’hôpital.

L’Image Modeste Du Nouveau Roi

Haakon se montre modeste. Il fuit le faste et l’ostentation. Cette ligne de conduite est rappelée précisément au moment où le pays le regarde le plus. Le contraste avec l’apparat possible d’une accession au trône est volontaire. Pas de couronnement. Une bénédiction éventuelle à Trondheim. Un serment mardi. Un discours samedi soir. Le protocole est là, mais il reste contenu.

Les préoccupations qu’il a faites siennes — environnement, lutte contre le racisme, combat contre l’homophobie — dessinent un portrait générationnel. Elles ne transforment pas la fonction protocolaire. Elles indiquent toutefois le registre dans lequel beaucoup attendent de l’entendre. Après Harald, dont on retient l’humour, la chaleur humaine et la capacité à rassembler, Haakon VIII devra trouver sa propre langue publique.

La devise reprise, « Tout pour la Norvège », sert de pont. Elle évite de faire du changement de règne un changement de cap proclamé. Le fils marche sur les traces des aïeuls. Il le dit par le nom choisi, Haakon VIII, et par la formule conservée. Dans un pays où le roi n’exerce pas le pouvoir politique quotidien, ces signes comptent davantage que des promesses de gouvernement.

Les Hommages Venus De L’Étranger

Les hommages ont afflué de l’étranger, de la part des monarchies européennes et des dirigeants du monde entier. Donald Trump a salué la mémoire d’« un homme fort, fier, et grandement respecté ». La formule s’ajoute aux voix intérieures. Elle confirme que la disparition du doyen des souverains d’Europe a été lue bien au-delà d’Oslo.

Harald V était perçu comme l’incarnation d’une Norvège ouverte et tolérante. Cette perception, formée pendant trente-cinq ans, explique la densité des hommages. On ne salue pas seulement un titre. On salue une manière d’occuper le titre. Le discours de 2011, souvent cité, sert de preuve intérieure à cette réputation. Les mots d’après le massacre avaient donné, selon plusieurs témoignages, un sentiment de sécurité.

Un homme fort, fier, et grandement respecté.

Donald Trump, au sujet de Harald

Pourquoi Harald A Refusé D’Abdiquer

Sa santé était défaillante depuis plusieurs années. Il a toujours exclu d’abdiquer. L’argument était net : il avait prêté un serment à vie. Cette position a eu une conséquence concrète. La transition n’a pas été préparée comme un retrait organisé du vivant du roi. Elle arrive par la mort, après une hospitalisation commencée le 17 août, liée à une maladie du sang.

Le serment à vie pèse maintenant sur le fils. Mardi, Haakon VIII prêtera à son tour serment d’allégeance à la Constitution. Le geste referme le cycle ouvert par le père. Il rappelle aussi que, dans ce royaume, la légitimité royale passe par un texte, pas par une couronne posée sur une tête. La pratique du couronnement a été abolie en 1908.

Reste la possibilité d’une bénédiction à la cathédrale de Trondheim. Père et grand-père l’avaient fait. Les rois norvégiens y ont été couronnés entre 1814 et 1906. Si Haakon VIII choisit ce rite, il reliera encore une fois le nouveau règne à une mémoire longue, sans rétablir ce qui a été aboli.

Le Rôle Protocolaire Qui Ne Change Pas

Le nouveau roi aura, comme son père, des fonctions essentiellement protocolaires. Cette phrase fixe la nature du changement. On change de personne. On ne change pas de régime. Le président du Parlement, la Cour suprême, l’Église de Norvège restent les interlocuteurs du premier jour. Le Premier ministre parle, rencontre, résume. Le roi parle le soir à la mémoire du père.

Dans ce cadre étroit, le style compte. Harald était associé à l’humour et à la chaleur humaine. Haakon est associé à la modestie et à des causes de sa génération. Les deux portraits ne s’opposent pas terme à terme. Ils décrivent deux manières d’habiter la même fonction. Le pays, abattu selon les mots entendus devant le palais, observera d’abord le discours de 19 heures.

Ce discours hommage n’est pas un discours de politique publique. Il est un discours de mémoire. Il doit dire le père, le règne de trente-cinq ans, le lien avec le peuple. Il doit aussi, implicitement, faire entendre la voix du nouveau règne. « Le roi est mort. Vive le roi. » La phrase du Premier ministre condense toute la journée de samedi.

Une Famille Marquée Par La Maladie

Mette-Marit, désormais reine, souffre d’une maladie pulmonaire incurable. Elle a reçu une greffe des poumons en juin. Sonja, 89 ans, veuve de Harald, a été brièvement hospitalisée en mai pour des problèmes cardiaques. Harald lui-même était hospitalisé depuis le 17 août. La famille royale n’entre pas dans le deuil après une période de santé florissante. Elle y entre après une succession d’alertes médicales.

Ces éléments pèsent sur l’image d’ensemble. Ils n’effacent pas les scandales évoqués. Ils les accompagnent. Santé fragile, affaires retentissantes, popularité persistante de Haakon : le tableau est contrasté. C’est dans ce tableau que le nouveau roi prononce son hommage et prépare le serment de mardi.

Le public, lui, continue de déposer des fleurs. Le cercueil pourra être exposé dans la chapelle du palais, à une date encore inconnue. Tant que cette date n’est pas fixée, le recueillement reste celui du seuil, des bouquets et des drapeaux en berne. Le deuil national durera jusqu’aux funérailles royales, elles aussi sans date annoncée.

Ce Que Les Norvégiens Retiennent De Harald

Les témoignages recueillis reviennent à quelques mots simples : respect, homme bien, tristesse, sentiment de sécurité, amour du peuple, humour, chaleur humaine, foi inébranlable en « nous ». Jonas Gahr Støre a dressé ce portrait après avoir rencontré le nouveau monarque. Anne Lobbe l’a dit à sa manière, plus directe, devant le palais. Caroline Vagle a insisté sur les mots qui rassemblent.

Le 22 juillet 2011 reste le point de bascule le plus souvent rappelé. Soixante-dix-sept victimes. Le pire massacre dans le pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans ce souvenir, Harald n’apparaît pas comme un acteur opérationnel. Il apparaît comme celui qui a su parler. Cette compétence symbolique est précisément ce que l’on demande à un roi protocolaire.

Être le doyen des souverains d’Europe ajoutait une aura de durée. Trente-cinq ans de règne, 89 ans, un refus d’abdiquer : tout cela composait une figure de continuité. Samedi, cette continuité se brise et se reconstitue en même temps. Elle se brise parce que Harald n’est plus. Elle se reconstitue parce que Haakon VIII règne déjà et parlera ce soir.

Trondheim, Le Serment Et L’Absence De Couronne

La cathédrale de Trondheim n’est pas un détail folklorique. Entre 1814 et 1906, les rois norvégiens y ont été couronnés. En 1908, la pratique du couronnement a été abolie. Le nouveau roi ne devrait donc pas être couronné. Il pourrait néanmoins faire bénir son règne, comme son père et son grand-père. Le lieu relie le XXIᵉ siècle à une mémoire du XIXᵉ.

Le serment de mardi a une autre nature. Il est juridique et constitutionnel. Il place Haakon VIII devant la Loi fondamentale avant de le placer devant une assemblée festive. L’ordre des gestes est révélateur. D’abord l’hommage au père. Ensuite les rencontres institutionnelles. Puis le serment. Plus tard seulement, les funérailles qui clôtureront le deuil national.

Aucune date pour les funérailles. Aucune date pour l’exposition du cercueil. Le pays avance donc avec un roi nommé, une devise reprise, un discours annoncé, et un deuil dont le terme rituel n’est pas encore calendré. Cette incomplétude appartient à l’information telle qu’elle se présente samedi.

Vents Contraires Autour Du Couple Royal

Les liens de Mette-Marit avec Jeffrey Epstein, la condamnation du beau-fils pour viol, les frasques de la sœur du roi avec un Américain chaman autoproclamé : ces dossiers ont entamé le lustre de la monarchie. Ils ne sont pas effacés par les fleurs d’Oslo. Ils resteront dans le champ de vision public alors que Haakon VIII commence à parler comme roi.

Le texte ne dit pas que ces affaires annulent la popularité de Haakon. Il dit qu’il accède au trône au milieu de vents contraires. La nuance importe. Un souverain peut être populaire et néanmoins hériter d’une institution éraflée. C’est exactement la situation décrite. L’image modeste du nouveau roi fonctionne alors comme un contrepoint, non comme une solution magique.

La greffe des poumons de juin et la maladie pulmonaire incurable de Mette-Marit ajoutent une autre couche. La nouvelle reine entre dans la fonction après une épreuve médicale majeure. Sonja, hospitalisée en mai, porte le deuil de son époux à 89 ans. La scène familiale est celle d’une maison éprouvée, pas celle d’une fête de relais triomphal.

Samedi Soir, La Première Voix Du Règne

À 19 heures, Haakon VIII doit parler. Le palais a fixé l’horaire. Le pays, drapeaux en berne, attend des mots pour Harald. L’exercice est classique et pourtant unique : c’est la première prise de parole du fils comme roi, et c’est un hommage au père. Les deux dimensions sont collées l’une à l’autre.

Avant le discours, les trois rendez-vous de 17 heures 30 dessinent le socle institutionnel. Parlement, Cour suprême, Église. Autrement dit la représentation, le droit, la confession majoritaire du royaume. Le nouveau roi ne commence pas par une foule en liesse. Il commence par des autorités, puis par un hommage télévisé.

Devant le palais, le recueillement continue. Plus de 20 000 passages déjà. Des montagnes de fleurs. Des phrases courtes. Une femme de 35 ans qui dit que tout le monde se sent un peu abattu. C’est sur ce fond-là que la soirée s’ouvre. Pas sur un enthousiasme de couronnement. Sur un deuil et sur une relève.

Une Époque Terminée, Une Autre Commencée

La formule du Premier ministre restera sans doute l’une des plus citées de cette séquence. Une époque s’est terminée. Une nouvelle commence. Entre les deux phrases, il n’y a qu’un point. C’est toute la doctrine de la monarchie héréditaire résumée en quelques secondes. Le roi est mort. Vive le roi.

Harald laisse le souvenir d’un homme respecté, d’un souverain resté trente-cinq ans, d’une voix capable de rassembler après 2011, d’un malade qui n’a pas abdiqué. Haakon VIII entre avec un nom choisi dans la lignée, une devise identique, une image de modestie, des causes contemporaines, et une famille exposée. Les faits tiennent dans ce chassé-croisé.

Le reste appartient aux heures qui viennent : le discours de 19 heures, le serment de mardi, la date encore inconnue des funérailles, le moment où le public pourra se recueillir devant le cercueil. Jusque-là, la Norvège reste ce pays aux drapeaux baissés, aux fleurs amoncelées, et à la phrase ancienne qui vient d’être prononcée pour de bon. Le roi est mort. Vive le roi.

En une phrase

Haakon VIII succède à Harald, 89 ans, mort vendredi, dans un deuil national où le fils doit d’abord parler du père avant de prêter serment mardi.

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