En politique, il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas, dit l’adage. À l’approche des élections législatives de 2024, un rapprochement inédit semble se profiler : Les Républicains (LR) et le Rassemblement National (RN) envisagent un accord électoral. Une alliance qui, si elle se concrétise, pourrait redessiner en profondeur le paysage politique français.
C’est le président du RN, Jordan Bardella, qui a fait le premier pas. Dans une interview accordée au Figaro le 10 juin, il a tendu la main à LR, les invitant à « réfléchir à un accord » en vue des législatives. Un geste fort, quand on sait les divergences historiques entre la droite traditionnelle et l’extrême-droite.
Du côté de LR, Éric Ciotti semble prêt à saisir la main tendue. Le député des Alpes-Maritimes, connu pour ses positions fermes sur les questions régaliennes, doit s’exprimer ce soir sur le sujet. Beaucoup s’attendent à ce qu’il se montre ouvert à la discussion avec le RN, lui qui avait déjà fait polémique en refusant d’appeler à faire barrage à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022.
Il est temps de dépasser les vieux clivages. Nos électorats attendent de nous des solutions concrètes, pas des postures.
Un proche d’Éric Ciotti
Mais au sein même de LR, l’idée d’une alliance avec le RN ne fait pas l’unanimité. Pour l’aile modérée du parti, incarnée par des figures comme Bruno Retailleau ou Aurélien Pradié, un tel rapprochement serait un reniement des valeurs républicaines. Ils craignent qu’une telle stratégie ne fasse que renforcer l’extrême-droite, au détriment de la droite traditionnelle.
Une alliance avec le RN, ce serait la mort de notre famille politique. Nous devons rester fidèles à notre ADN, à notre histoire.
Un député LR
Pourtant, pour beaucoup à droite, l’alliance avec le RN apparaît comme un pari risqué mais tentant. Face à la perspective d’une nouvelle vague macroniste aux législatives, et alors que LR peine à retrouver un espace politique, l’union des droites pourrait permettre de constituer un contre-pouvoir efficace.
Si Éric Ciotti venait à franchir le pas ce soir, cela constituerait un véritable séisme politique. Pour la première fois sous la Ve République, la droite traditionnelle et l’extrême-droite s’uniraient dans un scrutin national. De quoi redessiner durablement les équilibres politiques français.
À dix mois des législatives, tous les scénarios sont donc ouverts. Une chose est sûre : la déclaration d’Éric Ciotti ce soir sera scrutée avec la plus grande attention. Elle pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique récente.
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