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Allemagne Quitte Le Char Franco-Allemand Du Futur

Berlin se retire du char du futur partagé avec Paris. Le général Mandon l’a dit sans détour à l’Assemblée, quatre mois après l’autre grand échec. Reste une question brûlante : qui construira le successeur du Leclerc avant 2038 ?

Que reste-t-il d’un projet quand l’un des deux partenaires range ses plans et quitte la table ? Le 8 octobre 2026, dans l’hémicycle feutré d’une commission de l’Assemblée nationale, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, a posé cette question sans la formuler ainsi. Il a simplement constaté un fait : l’Allemagne a décidé de quitter le MGCS, ce Main Ground Combat System censé donner à l’Europe un char de combat commun vers 2045. La phrase est courte. Elle clôt neuf années d’ateliers, de protocoles et de promesses. Elle ouvre, en revanche, une décennie de choix plus solitaires pour la cavalerie française.

Le moment n’est pas anodin. L’annonce tombe quatre mois après l’enterrement du SCAF, l’autre grand chantier franco-allemand lancé en 2017, celui de l’avion de combat du futur. Deux piliers, deux sorties. Entre les deux, une guerre de haute intensité à l’est du continent a rappelé que le blindé n’était pas un vestige de musée. Les états-majors parlent désormais de nuées de drones, de munitions rôdeuses et de réseaux de données. Ils parlent aussi, plus bas, de canons, de blindage et d’équipages. Le char n’a pas disparu. Le projet commun, lui, vient de s’effacer.

Une décision allemande dite à voix haute

Devant les députés, le général Mandon n’a pas cherché la formule diplomatique. Les Allemands ont décidé de quitter le projet. Le bilan, a-t-il ajouté, n’est pas bon. Paris espérait concevoir le char de demain avec Berlin. Il faut désormais admettre le retrait. Répondant à une interpellation venue des bancs du Rassemblement national, il a toutefois refusé le mot d’échec total. Ce n’est pas un échec complet, a-t-il tenu à préciser. C’est un choix allemand important. Les armées de terre ont travaillé ensemble pendant plusieurs années pour définir ce que devait être un futur char de combat.

Cette nuance compte. Elle sépare le travail militaire du résultat industriel. Les principes du char, selon lui, sont validés. Le temps passé n’a pas été vain. En revanche, sur le plan des usines, des parts de charge et des exportations, la nouvelle est mauvaise. Le chef d’état-major demande aussi de ne pas abandonner la capacité de combat lourd. Chars, robots terrestres, échanges de données : le triptyque reste, à ses yeux, indispensable. Le calendrier qu’il pose est serré. Retrait progressif du Leclerc à partir de 2038. Lancement d’études dès 2027 pour être au rendez-vous.

Ce n’est pas un échec complet, c’est un choix allemand important. Le travail commun n’a pas été vain, mais ce n’est pas une bonne nouvelle au plan industriel.

L’audition coïncide avec le premier jour d’une visite d’État du président allemand Frank-Walter Steinmeier à Paris. Le symbole est rude. Deux capitales se parlent encore de couple, pendant qu’un programme phare se défait en commission. Les diplomates parleront de continuité. Les ingénieurs, eux, vont devoir réécrire des plannings.

Ce que le MGCS devait être

Lancé en 2017, le MGCS n’était pas un simple char. Le sigle désigne un système de combat terrestre articulé autour d’une plateforme lourde, capable de dialoguer avec des drones, des robots et d’autres véhicules. L’horizon affiché était 2045. La mission politique était claire : remplacer le Leclerc français et le Leopard 2 allemand par une famille commune, afin d’éviter que chaque pays ne finance seul une génération entière de blindés.

L’idée séduisait sur le papier. Mutualiser la recherche. Partager les chaînes. Parler le même langage radio sur un champ de bataille européen. Offrir aux alliés un produit exportable, plutôt que deux catalogues rivaux. KNDS France, KNDS Germany, Rheinmetall et Thales figuraient parmi les acteurs industriels associés. Chacun apportait une brique : canon, tourelle, protection, électronique, cloud de combat.

Très vite, la mécanique s’est enrayée. Qui dirige l’architecture ? Qui détient le canon du futur ? Quelle part de charge revient à chaque site ? Les lettres d’intention se sont empilées. Les démonstrateurs ont tardé. Les ministres se sont succédé. Le programme a accumulé retards, désaccords industriels et tensions politiques, jusqu’à ce que le retrait allemand soit dit publiquement.

Repère

2017 : lancement politique. Horizon visé : autour de 2045. Objectif : succéder au Leclerc et au Leopard 2. Acteurs : KNDS France, KNDS Germany, Rheinmetall, Thales. Issue annoncée le 8 octobre 2026 : retrait allemand.

Pourquoi le couple a calé

Un char n’est pas qu’une coque. C’est un compromis entre protection, mobilité, puissance de feu et coût. C’est aussi un emploi industriel. L’Allemagne dispose d’une base blindée plus large, portée par le succès commercial du Leopard 2. La France possède une filière plus étroite, centrée sur le Leclerc, mais jugée stratégique pour l’autonomie. Quand deux cultures d’ingénierie se rencontrent, le partage du leadership devient le vrai champ de bataille.

Rheinmetall, poids lourd allemand du canon et de la munition, n’a jamais caché son appétit. KNDS, né du rapprochement entre Nexter et Krauss-Maffei Wegmann, portait l’ambition d’un champion européen. Thales apportait la couche senseurs et réseaux. Sur un tel échiquier, chaque pourcentage de charge se négocie comme un traité. Un retard de spécification en entraîne un autre. Un ministre qui change de priorité fige un bureau d’études.

La guerre en Ukraine a encore compliqué l’équation. La demande mondiale de Leopard 2 a bondi. Des chaînes déjà chargées ont moins d’intérêt à basculer vers un programme lointain, dont la mise en service glissait vers le milieu du siècle. Un char qui se vend aujourd’hui rapporte plus sûrement qu’un système qui n’existera, au mieux, que dans vingt ans. Cette arithmétique n’excuse pas le retrait. Elle l’éclaire.

  • Désaccord sur le leadership industriel et le canon.
  • Calendrier repoussé, loin des besoins immédiats des forces.
  • Priorité allemande donnée aux ventes et à la modernisation du Leopard 2.
  • Difficulté à figer une architecture commune de combat collaboratif.
  • Climat politique refroidi après l’arrêt du programme aérien.

Le précédent du ciel

Le SCAF, ou Future Combat Air System, avait été lancé la même année, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, avec l’Espagne en troisième partenaire. Il devait succéder au Rafale et à l’Eurofighter à l’horizon 2040. Quatre mois avant l’aveu sur le char, ce chantier aérien s’est lui aussi arrêté. Deux programmes jumeaux, deux issues semblables : le couple franco-allemand peine à tenir un objet industriel de très longue durée.

La comparaison n’est pas parfaite. Un avion de combat concentre des enjeux de furtivité, de moteur et de logiciel que ne partage pas un blindé. Un char, lui, touche à la filière acier, aux munitions et à la cavalerie. Le point commun est politique. Dans les deux cas, la promesse de 2017 supposait une confiance durable, un partage clair des rôles et une patience budgétaire. Aucun de ces trois ingrédients n’a tenu jusqu’au bout.

Pour les états-majors, la leçon est double. D’abord, un accord de sommet ne suffit pas si les bureaux d’études se disputent la propriété intellectuelle. Ensuite, un horizon à vingt-cinq ans est trop long quand la menace se recompose en quelques saisons. Le char du futur a vieilli dans les slides avant même d’exister en métal.

Le Leclerc face à l’horloge

La France ne part pas de zéro. Le Leclerc, entré en service dans les années 1990, fait l’objet d’une rénovation XLR. La loi de programmation militaire actualisée prévoit de moderniser environ 200 engins. Cette cure prolonge la pertinence du parc. Elle ne l’éternise pas. Le général Mandon fixe un cap : retrait progressif à partir de 2038. D’ici là, deux systèmes pourront coexister. L’ancien chef d’état-major de l’armée de Terre ne souhaitait pas une coupure sèche. La réalité industrielle impose souvent la coexistence.

Faute d’un atterrissage du MGCS dans les temps, Paris a déjà prévu des études et un développement de char intermédiaire d’ici 2030, avec une première capacité visée vers 2035. L’annonce du 8 octobre accélère cette logique. 2027 n’est plus une option de confort. C’est l’année où les études doivent démarrer pour ne pas découvrir, en 2038, un trou capacitaire.

Un trou, dans la cavalerie, ne se comble pas en commandant sur étagère sans conséquence. Acheter étranger règle le volume. Cela cède aussi une part de souveraineté : munitions, simulateurs, doctrine, pièces détachées. Construire seul coûte plus cher et prend plus de temps. Le dilemme est connu. Il devient urgent.

Jalon Échéance Enjeu
Études du successeur Dès 2027 Figer le besoin et l’architecture
Char intermédiaire Études d’ici 2030, capacité vers 2035 Éviter la rupture avant le retrait
Retrait progressif du Leclerc À partir de 2038 Maintenir une masse blindée
Ancien horizon MGCS Vers 2045 Désormais sans partenaire allemand

Un char qui n’est plus seul

Le général Mandon défend une capacité de combat lourd associant chars, robots et échanges de données. La formule n’est pas un slogan. Sur le terrain ukrainien, le blindé isolé est une cible. Le blindé connecté, couvert par des drones et renseigné en temps réel, redevient un outil de rupture. L’équipage doit savoir, avant même de déboucher, quelle manœuvre est la moins coûteuse.

C’est le sens du combat collaboratif. Chaque pilote, chaque chef de char, dispose d’une image partagée. Les robots déminent, observent ou leurrent. Les munitions rôdeuses traitent une menace que le canon n’a pas besoin d’engager. Le char reste le nœud lourd : protection de l’équipage, puissance de feu, effet moral. Autour de lui, une meute plus légère absorbe le risque.

Les travaux franco-allemands ont au moins servi à cela. Ils ont validé des principes : équipage réduit, tourelle pouvant être inhabitée, canon de plus gros calibre, architecture ouverte pour brancher de nouveaux capteurs. KNDS a montré, au salon Eurosatory de juin 2026, une combinaison tourelle ASCALON inhabitée et châssis Leopard, sous le nom CAPINT, avec un équipage de trois : tireur, pilote, chef de char. Ces briques ne disparaissent pas avec le retrait allemand. Elles changent de maison.

Ce que l’industrie perd

Mandon a été net : au plan industriel, ce n’est pas une bonne nouvelle. Un programme commun garantit des séries plus longues, donc un coût unitaire plus bas, et un argument d’exportation plus fort. Sans l’Allemagne, la France doit soit réduire l’ambition, soit payer seule une plus grande part de la recherche. Les sites de Roanne, de Bourges et les bureaux d’études associés voient un horizon se brouiller.

L’Allemagne, de son côté, conserve une carte maîtresse. Le Leopard 2 se vend. Des commandes de plusieurs centaines d’exemplaires circulent chez les sous-traitants, notamment chez les motoristes et les fabricants de transmissions. Un parc qui peut rester en service quarante ans après livraison n’incite pas à précipiter son remplacement. Berlin peut moderniser, exporter, et remettre à plus tard un saut générationnel coûteux.

Cette asymétrie explique une partie du divorce. Le partenaire qui a déjà un produit mondial a moins besoin du projet commun que le partenaire dont la filière est plus étroite. Le MGCS devait corriger ce déséquilibre. Il l’a plutôt révélé.

  • Séries plus courtes, donc coût de développement moins dilué.
  • Perte d’un argument commercial face au Leopard modernisé.
  • Risque de dispersion des compétences si les études tardent.
  • Pression sur le budget des armées déjà sollicité par le ciel, la mer et les munitions.

L’Europe de la défense sans ses vitrines

Depuis 2017, le couple franco-allemand se présentait comme le moteur d’une défense européenne plus autonome. Le SCAF et le MGCS étaient les vitrines. Leur chute successive ne supprime pas les coopérations qui marchent : missiles, satellites, programmes navals ponctuels. Elle retire cependant les deux objets les plus visibles, ceux que les sommets aimaient citer.

D’autres capitales observent. L’Italie, le Portugal ou la Finlande avaient été évoqués comme intéressés par un système terrestre de nouvelle génération. Sans noyau franco-allemand, ces pays recalculent. Ils peuvent se tourner vers une modernisation du Leopard, vers un projet national, ou vers une offre américaine. Chaque redirection éloigne un peu plus l’idée d’un standard européen unique.

Faut-il en conclure que la coopération est morte ? Non. Il faut en conclure qu’elle ne survit pas aux ambiguïtés de leadership. Un programme à deux fonctionne quand l’un accepte d’être architecte et l’autre équipementier majeur, ou quand le partage est gravé tôt, avec des pénalités. Le MGCS a trop longtemps vécu dans l’entre-deux.

Ce que les forces ont tout de même appris

Le général a raison de sauver le travail des armées de terre. Pendant plusieurs années, officiers français et allemands ont confronté leurs doctrines. Quelle protection minimale face aux charges tandem ? Quel calibre pour percer les blindages futurs ? Quelle place pour l’équipage, trois hommes ou moins, si l’automatisation tient ses promesses ? Ces questions ne s’effacent pas parce qu’un contrat industriel se défait.

Les principes validés peuvent nourrir un programme national, ou un programme à géométrie plus souple. L’idée, évoquée durant l’été 2026, de recentrer l’effort commun sur un système nerveux, cloud de combat et intelligence artificielle, plutôt que sur une coque unique, reste une piste. Elle est plus modeste. Elle est peut-être plus réaliste. Deux chars différents peuvent partager une couche logicielle. Ils ne peuvent pas partager une tourelle si les usines se disputent le canon.

Cette distinction entre plateforme et réseau sera le cœur des études de 2027. Faut-il un char lourd classique, un engin à tourelle téléopérée, ou une famille où le canon habité n’est qu’un nœud parmi d’autres ? Le budget tranchera autant que la doctrine.

Budgets, choix et renoncements

L’audition de Mandon portait sur le budget de l’année suivante. Le retrait allemand n’est donc pas une parenthèse technique. Il entre dans l’arbitrage des crédits. Lancer des études en 2027 suppose des équipes, des contrats d’architecture et des démonstrateurs. Reporter, c’est accepter que 2038 arrive avec un Leclerc vieillissant et aucun successeur en vue.

La France finance déjà la dissuasion, la rénovation du parc, les munitions, la défense sol-air et la préparation de l’aviation de combat après le SCAF. Ajouter un char national complet revient à prioriser. Le combat lourd peut être maintenu à effectif réduit, ou préservé comme capacité d’entrée en premier. Les deux options n’ont pas le même prix, ni le même sens politique.

Un parlement qui voterait des études sans trajectoire industrielle se paierait des rapports. Un parlement qui voterait une trajectoire sans études se paierait un trou. Le geste utile, en 2027, est modeste et exigeant : figer le besoin opérationnel, choisir un architecte, et interdire les réouvertures de spécification tous les dix-huit mois. C’est ainsi que les programmes qui aboutissent se distinguent de ceux qui s’éteignent.

Trois scénarios pour la décennie

Le premier scénario est national. La France lance un successeur du Leclerc, en s’appuyant sur KNDS France et Thales, avec un canon de la famille ASCALON et une tourelle pouvant être inhabitée. Le volume reste limité. L’exportation est incertaine. La souveraineté est maximale. Le coût l’est aussi.

Le deuxième scénario est opportuniste. Paris cherche un partenaire de second rang, ou une coopération modulaire : canon français sur châssis allié, ou l’inverse. Le démonstrateur CAPINT a montré qu’un mélange était techniquement imaginable. Le politique reste à inventer. Un partenaire qui n’a pas le poids de l’Allemagne réduit les séries, mais réduit aussi les blocages.

Le troisième scénario est celui du filet. On prolonge le Leclerc XLR au-delà de 2038, on achète un complément étranger, on investit surtout dans les drones et les robots. La cavalerie ne disparaît pas. Elle change de nature. Ce choix est le moins cher à court terme et le plus coûteux en autonomie à long terme.

Aucun de ces chemins n’est écrit. Le discours du 8 octobre ferme surtout une porte. Il n’ouvre pas encore la suivante. C’est précisément pour cela que 2027 devient une année de vérité, et non une année de communication.

Ce que le terrain impose encore

Depuis 2022, les images de chars détruits ont nourri l’idée que le blindé était dépassé. L’analyse plus froide dit autre chose. Le char employé sans renseignement, sans défense antiaérienne courte et sans infanterie débarquée est vulnérable. Le char intégré à un dispositif reste l’outil qui tient un point, qui rompt une ligne, qui protège un équipage mieux qu’un véhicule léger. Les armées qui ont envoyé des Leopard, des Abrams ou des chars d’origine soviétique ne les ont pas retirés de leur doctrine. Elles ont changé leur emploi.

D’où l’insistance de Mandon sur l’interaction. Le pilote doit connaître la meilleure manœuvre avant de l’exécuter. Cette phrase décrit un système d’information autant qu’un engin. Elle justifie de ne pas jeter les études déjà menées. Elle justifie aussi de ne pas attendre 2045 pour décider. Entre le drone à quelques milliers d’euros et le char à plusieurs millions, la guerre moderne ne choisit pas. Elle additionne.

La France, puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité, ne peut pas traiter la cavalerie comme un à-côté. Ses engagements possibles, de l’est de l’Europe au flanc sud, exigent encore une capacité d’entrée et de tenue. Le retrait allemand ne change pas ce besoin. Il change seulement le mode de financement.

Une mémoire des programmes inachevés

L’histoire européenne est riche de coopérations qui ont abouti et d’autres qui se sont diluées. L’Airbus militaire, certains missiles, des programmes navals montrent que l’on peut partager. Le SCAF et le MGCS montrent la limite : quand l’objet est trop identitaire, trop long, trop disputé sur le leadership, le sommet ne suffit pas. Les ingénieurs votent avec leurs plannings. Les ministres votent avec leurs circonscriptions industrielles.

Il serait facile d’en faire un réquisitoire contre l’Allemagne ou contre la France. Ce serait inexact. Berlin protège une filière qui exporte. Paris protège une filière plus fragile et une doctrine d’autonomie. Les deux logiques sont cohérentes. Elles ne sont plus compatibles dans un seul char. Le dire clairement, comme l’a fait le chef d’état-major, vaut mieux qu’un communiqué qui promettrait encore 2045.

Reste une responsabilité politique. Annoncer un départ ne dispense pas de dire ce qui le remplace. Côté français, le remplacement s’appelle études en 2027, char intermédiaire, retrait maîtrisé du Leclerc. Côté allemand, il s’appelle probablement Leopard modernisé et temps gagné. Les deux capitales peuvent encore coopérer sur les munitions, le renseignement et la défense aérienne. Elles ne construiront pas, ensemble, le char qu’elles avaient dessiné en 2017.

Ce qu’il faut retenir

Le 8 octobre 2026 marque la fin publique du char franco-allemand. Le général Fabien Mandon l’a formulé sans ambages, tout en refusant le mot d’échec absolu. Le travail doctrinal demeure. L’industrie, elle, perd un débouché commun. Quatre mois après le SCAF, la défense franco-allemande n’a plus ses deux programmes phares.

La suite se joue dans un calendrier étroit. Études dès 2027. Première capacité intermédiaire visée au milieu de la décennie suivante. Retrait progressif du Leclerc à partir de 2038. Combat lourd maintenu, mais articulé avec robots et données. Rien de tout cela n’est spectaculaire. Tout cela est nécessaire si la France veut encore aligner, dans douze ans, autre chose qu’un parc prolongé par défaut.

Le couple peut survivre à la perte d’un char. Il survivra moins bien à l’habitude de lancer des programmes qu’il ne sait pas terminer. La prochaine étude devra être plus courte, plus claire, et moins dépendante d’un partenaire qui a déjà, sur le marché, le blindé que le monde achète.

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