Et si le silence de BlackRock sur les altcoins n’était pas un refus définitif, mais simplement une pause stratégique avant une expansion majeure ? Nate Geraci, président de ETF Store, a affirmé le 27 août 2026 que le géant de la gestion d’actifs finirait par élargir sa gamme d’ETF crypto au-delà du Bitcoin et de l’Ether. Cette déclaration, formulée avec une pointe d’étonnement, soulève une question essentielle pour tout investisseur : le plus grand acteur traditionnel de la finance va-t-il vraiment s’ouvrir aux actifs numériques secondaires ?
Une prédiction qui fait réagir le marché crypto
Nate Geraci a qualifié de « wild » le fait que BlackRock n’ait toujours pas proposé de produit spot sur une autre cryptomonnaie ou même sur un indice multi-actifs. Selon lui, cette absence équivaut à un jugement implicite : les autres actifs numériques ne présenteraient pas encore une valeur d’investissement suffisante. Pourtant, il n’a fourni aucune preuve concrète de discussions internes ou de documents confidentiels. Il s’agit d’une anticipation pure, fondée sur l’observation de la concurrence et sur la logique commerciale d’un groupe qui gère des milliers de milliards d’actifs.
Cette lecture reste subjective. BlackRock n’a jamais déclaré publiquement que les altcoins manquaient d’intérêt. Le groupe n’a pas non plus annoncé de calendrier d’expansion ni de rejet permanent. Entre l’opinion d’un observateur influent et la réalité des dossiers déposés auprès des autorités, il existe un écart que seuls les prochains mois pourront combler.
Le poids actuel des produits BlackRock
À l’heure actuelle, la présence de BlackRock dans l’univers des ETF crypto se concentre sur trois véhicules principaux commercialisés sous la marque iShares. Le fonds Bitcoin spot IBIT affichait 60,52 milliards de dollars d’actifs nets au 26 août. Le produit Ethereum non staké ETHA gérait environ 8,26 milliards. Quant à ETHB, la version permettant de générer des récompenses de staking, elle atteignait près de 833 millions avec un taux de récompense sur 30 jours de 1,73 %.
Au total, ces trois fonds dépassent légèrement les 69,6 milliards de dollars. Il convient toutefois de noter qu’ETHA et ETHB exposent tous deux à l’Ether. Leur distinction réside dans le mécanisme de staking, pas dans l’actif sous-jacent. Par ailleurs, le groupe a lancé BITA, un fonds d’income premium qui combine exposition Bitcoin et vente d’options d’achat. Ce produit ne crée pas de nouvelle exposition spot ; il s’appuie sur IBIT et sur des positions Bitcoin pour générer un flux de revenus.
Chiffres clés au 26-27 août 2026
- IBIT : 60,52 milliards de dollars
- ETHA : environ 8,26 milliards
- ETHB : environ 832,7 millions
- Total combiné : près de 69,6 milliards
Ces montants placent BlackRock très loin devant la plupart de ses concurrents sur le Bitcoin et l’Ethereum. La dominance est claire. Pourtant, cette position de leader sur deux actifs seulement contraste avec l’offre plus large déjà disponible ailleurs.
Aucune demande publique pour des altcoins
Une vérification des documents publics déposés auprès de la SEC n’a révélé aucun dossier BlackRock pour un ETF spot XRP, Solana ou tout autre altcoin isolé. Aucun fonds indiciel crypto multi-actifs n’a non plus été localisé. Cette absence de dépôt ne prouve pas un refus interne. Les gestionnaires d’actifs préfèrent souvent garder leurs projets confidentiels jusqu’au moment où les documents de registration ou les annonces officielles deviennent publics.
Geraci reste convaincu que BlackRock « capitulera à un moment donné ». Cette formule colorée traduit une conviction : face à la croissance des produits concurrents et à la demande potentielle des clients institutionnels, le géant finira par élargir sa palette. Mais une prédiction n’est pas une feuille de route. Sans discussion privée citée ni plan produit révélé, l’affirmation reste une hypothèse de marché.
La concurrence a déjà pris de l’avance
Pendant que BlackRock se concentre sur Bitcoin et Ether, d’autres émetteurs ont multiplié les lancements. Sept ETF spot XRP américains ont collectivement atteint environ un milliard de dollars d’actifs au cours du mois d’août. Les flux nets cumulés sur ces produits ont grimpé à près de 1,57 milliard de dollars au 24 août. BlackRock ne figure pas parmi les initiateurs de ces fonds.
Du côté de Solana, le marché américain compte désormais plusieurs véhicules qui, ensemble, ont franchi le seuil du milliard de dollars d’actifs. Des acteurs comme Bitwise et Fidelity ont pris une longueur d’avance sur ce segment. L’approbation d’un ETF crypto actif proposé par T. Rowe Price a également ouvert la porte à une exposition possible à Bitcoin, Ether, XRP, Solana et d’autres actifs répondant aux critères fixés.
Ces développements démontrent que le cadre réglementaire permet désormais des structures plus larges. La question n’est plus seulement de savoir si un ETF altcoin peut être autorisé, mais plutôt si BlackRock juge le moment commercialement opportun.
Ce qui déterminera la prochaine décision
BlackRock n’a communiqué ni date ni processus décisionnel pour d’éventuels nouveaux produits. Tout lancement nécessiterait un dossier de registration, des documents de cotation en bourse et un examen par la SEC. Au-delà de la technique, le critère décisif restera la demande des clients.
Plusieurs facteurs entreront en ligne de compte : liquidité de l’actif sous-jacent, solutions de conservation sécurisées, qualité de la surveillance de marché et taille attendue du fonds. L’existence d’ETF altcoins concurrents prouve la faisabilité réglementaire. Elle ne garantit pas que ces produits atteignent les seuils internes de rentabilité et de pertinence fixés par BlackRock.
Pour l’instant, la prédiction de Geraci reste non confirmée. Seul un dépôt officiel auprès de la SEC, une registration de trust au Delaware ou une annonce d’entreprise apporterait la première preuve tangible d’un changement de stratégie.
La page publique de BlackRock consacrée aux actifs numériques continue de mettre l’accent sur Bitcoin et Ether. En parallèle, le groupe a développé des fonds monétaires tokenisés, signe que sa stratégie blockchain dépasse largement le seul cadre des ETF crypto. Cette diversification montre une approche méthodique plutôt qu’un rejet idéologique des altcoins.
Pourquoi le silence de BlackRock intrigue
Dans un marché où la concurrence se multiplie, l’absence de BlackRock sur XRP ou Solana attire l’attention. Certains y voient une prudence excessive. D’autres interprètent ce choix comme une sélectivité assumée : ne proposer que les actifs jugés suffisamment matures et liquides pour une clientèle institutionnelle exigeante.
Les investisseurs particuliers et institutionnels observent attentivement. Un éventuel lancement d’ETF BlackRock sur un altcoin pourrait immédiatement attirer des flux massifs, compte tenu de la notoriété et du réseau de distribution du groupe. À l’inverse, un maintien de la concentration sur Bitcoin et Ethereum pourrait renforcer l’idée que ces deux actifs restent les seuls à mériter une exposition large et permanente.
Points de vigilance pour les prochains mois
- Dépôts éventuels de registration statements
- Évolution des actifs sous gestion des ETF XRP et Solana concurrents
- Communications officielles de BlackRock sur sa stratégie crypto
- Évolution de la demande institutionnelle pour des expositions diversifiées
Le marché crypto a déjà démontré sa capacité à surprendre. L’arrivée des premiers ETF Bitcoin spot avait transformé le paysage institutionnel. L’ouverture progressive à Ethereum a suivi. Une extension aux altcoins représenterait une nouvelle étape, mais elle n’est pas écrite d’avance.
Une stratégie plus large que les seuls ETF
Il serait réducteur de juger l’engagement de BlackRock uniquement à l’aune de ses ETF crypto. Le groupe a multiplié les initiatives autour de la tokenisation d’actifs traditionnels. Ces fonds monétaires tokenisés illustrent une volonté d’utiliser la technologie blockchain pour moderniser des produits financiers classiques. Cette approche complémentaire suggère une vision à long terme plutôt qu’une course purement opportuniste aux lancements d’ETF.
Dans ce contexte, le choix de se concentrer pour l’instant sur Bitcoin et Ether peut s’expliquer par une priorisation des actifs les plus liquides et les mieux acceptés par les grands investisseurs. Les volumes quotidiens, la profondeur de marché et les infrastructures de conservation sont plus aboutis sur ces deux cryptomonnaies. Les altcoins, même lorsqu’ils disposent désormais d’ETF, présentent encore des caractéristiques différentes en matière de volatilité et de liquidité institutionnelle.
Geraci interprète cette sélectivité comme un signal. D’autres y voient simplement une gestion progressive du risque et de la réputation. BlackRock, en tant que leader mondial de la gestion d’actifs, doit peser chaque nouveau produit à l’aune de ses clients les plus exigeants.
Ce que les flux concurrentiels révèlent
Les 1,57 milliard de dollars de flux nets cumulés sur les ETF XRP au 24 août montrent qu’une demande réelle existe. Le franchissement du milliard d’actifs pour les produits Solana confirme la même dynamique. Ces chiffres ne sont pas négligeables. Ils indiquent que des investisseurs institutionnels et particuliers sont prêts à allouer des capitaux à des expositions plus diversifiées.
Pourtant, ces montants restent très inférieurs aux dizaines de milliards gérés par IBIT seul. L’écart de taille explique en partie pourquoi BlackRock peut se permettre d’observer sans se précipiter. Un produit qui attire quelques centaines de millions ou même un milliard d’actifs peut être intéressant pour un émetteur de taille moyenne. Pour BlackRock, les seuils de pertinence sont naturellement plus élevés.
La question devient alors : à partir de quel niveau de demande et de maturité de marché le groupe estimera-t-il qu’un ETF altcoin justifie les ressources et la visibilité associées à son nom ? Aucune réponse officielle n’a été apportée à ce jour.
Les conditions techniques d’un éventuel lancement
Tout nouveau fonds devrait franchir plusieurs étapes réglementaires et opérationnelles. Un statement de registration auprès de la SEC, des accords de conservation adaptés, des mécanismes de création et de rachat de parts, ainsi qu’une surveillance de marché robuste seraient nécessaires. Les expériences des émetteurs déjà présents sur XRP et Solana ont montré que ces obstacles peuvent être surmontés. Ils n’en restent pas moins réels et coûteux.
BlackRock disposerait sans doute d’un avantage concurrentiel une fois décidé. Son réseau de distribution, sa marque et sa capacité à attirer des allocations institutionnelles massives pourraient transformer rapidement un nouveau produit en véhicule de référence. C’est précisément ce qui s’est produit avec IBIT, devenu en peu de temps le plus important ETF Bitcoin spot.
Cette perspective explique pourquoi la prédiction de Geraci retient l’attention. Si BlackRock entre un jour sur le segment altcoin, l’impact sur les flux et sur la perception du marché pourrait être significatif.
Une attente qui pourrait se prolonger
Rien n’indique aujourd’hui qu’un lancement est imminent. L’absence de dépôt public et le silence du groupe sur ce sujet laissent penser que la priorité reste ailleurs. Les produits existants continuent d’attirer des actifs. La stratégie blockchain plus large progresse. Dans ce contexte, l’expansion vers les altcoins n’apparaît pas comme une urgence immédiate.
Les investisseurs qui suivent de près les mouvements de BlackRock devront donc patienter. Les signaux les plus fiables resteront les documents réglementaires et les communications officielles. Les opinions d’analystes, même influents, apportent un éclairage utile mais ne remplacent pas les faits vérifiables.
Le marché crypto a gagné en maturité. L’existence d’ETF sur plusieurs actifs numériques en témoigne. BlackRock, en restant concentré sur Bitcoin et Ethereum pour l’instant, envoie un message de sélectivité. Que ce message évolue ou non dépendra en grande partie de la demande réelle de ses clients et de l’évolution des conditions de marché.
Perspectives pour les prochains trimestres
Les mois à venir permettront de tester la solidité de la prédiction de Nate Geraci. Si les flux vers les ETF XRP et Solana continuent de progresser et si la demande institutionnelle pour une diversification accrue se confirme, la pression commerciale sur BlackRock pourrait augmenter. À l’inverse, une stabilisation ou un ralentissement de ces flux renforcerait l’idée que le duo Bitcoin-Ethereum suffit pour l’essentiel des allocations crypto traditionnelles.
Dans tous les cas, le débat est lancé. Un observateur de premier plan a mis le doigt sur une absence qui intrigue. Le marché attend désormais de voir si cette absence est temporaire ou structurelle. Pour l’instant, les 69,6 milliards d’actifs gérés sur Bitcoin et Ethereum parlent d’eux-mêmes. Ils montrent qu’une stratégie concentrée peut parfaitement coexister avec le succès.
BlackRock dispose de tous les outils pour élargir son offre le jour où les conditions seront jugées réunies. Jusqu’à preuve du contraire, ce jour n’est pas encore arrivé. La prédiction de Geraci restera donc un point de repère utile pour suivre l’évolution de la stratégie crypto du plus grand gestionnaire d’actifs au monde.
Les investisseurs avisés continueront de surveiller à la fois les performances des produits existants et les éventuels signaux d’ouverture vers de nouveaux actifs. Dans un univers en pleine structuration, chaque décision d’un acteur de la taille de BlackRock porte un poids particulier. L’avenir dira si les altcoins trouveront leur place dans la gamme iShares ou s’ils resteront longtemps le domaine exclusif des émetteurs plus spécialisés.
En attendant, le constat est clair : BlackRock domine largement le segment Bitcoin et Ethereum des ETF spot. Sa capacité à rester sélectif tout en observant l’évolution du marché constitue en soi une information précieuse pour comprendre la place que les grands acteurs traditionnels accordent encore aux actifs numériques secondaires.









