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Emma Aicher Domine le Super-G de Soldeu

Emma Aicher a survolé le super-G de Soldeu avec une avance impressionnante, reléguant Robinson et Suter loin derrière. Mais pour Romane Miradoli, le cauchemar a commencé après seulement 15 secondes de course… Que s’est-il passé sur cette porte maudite ?

Imaginez une piste de super-G qui semble presque trop sage, presque trop permissive, et pourtant capable de briser les rêves de plusieurs skieuses en quelques fractions de seconde. Samedi 28 février 2026, sur la mythique Aliga de Soldeu, en Andorre, une Allemande a transformé cette épreuve en véritable démonstration de maîtrise absolue. Emma Aicher n’a laissé aucune chance à ses rivales.

Avec un temps stratosphérique, elle a relégué ses poursuivantes à des écarts que l’on voit rarement dans cette discipline si indécise. Derrière elle, la Néo-Zélandaise Alice Robinson et la Suissesse Corinne Suter ont limité la casse, mais elles n’ont jamais réellement semblé en mesure de contester la suprématie allemande. Et puis il y a eu ce drame français dès les premières portes…

Une domination sans partage signée Emma Aicher

Quand on regarde les écarts à l’arrivée, on mesure l’ampleur de la performance. Emma Aicher a bouclé le parcours avec près d’une seconde d’avance sur sa dauphine. Une éternité en super-G. La polyvalente skieuse allemande, déjà vice-championne olympique de descente, confirme qu’elle est devenue l’une des toutes meilleures athlètes de la planète sur les épreuves de vitesse.

Ce succès à Soldeu constitue sa troisième victoire de la saison hivernale. Elle avait déjà triomphé en descente à Saint-Moritz et en super-G à Tarvisio. Trois victoires dans des formats différents, sur des neiges variées : le signe d’une skieuse complète, capable de s’adapter à toutes les situations.

Une piste Aliga qui pardonne… ou pas

La piste Aliga n’est pas réputée comme l’une des plus techniques du circuit. Peu de virages cassants, peu de changements de rythme brutaux. Et pourtant, elle a piégé énormément de concurrentes. Une porte située juste après un saut s’est révélée particulièrement vicieuse. Plusieurs skieuses ont manqué ce même virage, certaines par excès de vitesse, d’autres par une trajectoire trop haute.

Ce détail technique a transformé une épreuve qui semblait promise à une grande fluidité en un véritable parcours du combattant pour certaines nations. Les trajectoires parfaites ont été récompensées, les approximations sévèrement punies.

Le cauchemar de Romane Miradoli

Partie avec le dossard 15, Romane Miradoli espérait confirmer sa très belle médaille d’argent olympique obtenue à Cortina d’Ampezzo. Malheureusement, l’aventure s’est arrêtée net après seulement quinze secondes de course. Une erreur de ligne sur ce fameux saut, une porte manquée, et c’est tout le rêve français qui s’effondre en un instant.

Ce type de sortie est toujours cruel pour une athlète qui arrive en pleine confiance. Quatrième au classement général de la spécialité avant le départ, la Haut-Savoyarde espérait marquer de gros points dans la course au petit globe de cristal. Au final, zéro point inscrit. Une opération comptable catastrophique.

« Parfois il suffit d’un saut mal négocié pour que tout bascule. C’est le ski de haut niveau : la marge est infime. »

Ce commentaire anonyme d’une spécialiste résume parfaitement la situation. Dans cette discipline, le moindre centimètre compte, la moindre hésitation se paye cash.

Les autres Françaises dans la course

Malgré la déception majeure de Miradoli, deux autres Tricolores ont sauvé l’honneur. Laura Gauché, avec le dossard 20, décroche une très honorable neuvième place à seulement 1’’59 de la gagnante. Un résultat solide qui confirme sa régularité cette saison sur les épreuves de vitesse.

Camille Cerutti, partie très tôt avec le dossard 3, termine treizième à un peu plus de deux secondes. Un chrono encourageant pour une skieuse qui monte en puissance au fil de l’hiver. En revanche, Loïs Abouly et Garance Meyer n’ont pas connu la même réussite : sortie pour la première au même endroit que Miradoli, trente-cinquième temps pour la seconde.

Federica Brignone et les erreurs inhabituelles

Absente la veille en descente à cause de douleurs persistantes à la jambe gauche, l’Italienne Federica Brignone était de retour. Double championne olympique en titre (super-G et géant), elle espérait signer un gros coup. Malheureusement, plusieurs erreurs de trajectoire l’ont empêchée de jouer devant.

Elle termine quinzième provisoire avec 2’’17 de retard. Un écart qui montre à quel point la moindre faute se paye cher face à une Aicher intouchable ce jour-là. Malgré tout, sa présence au départ était déjà une victoire pour l’Italienne qui souffre depuis plusieurs semaines.

L’incident de Ricarda Haaser et l’interruption

La course a été stoppée plusieurs minutes après la lourde chute de l’Autrichienne Ricarda Haaser. Évacuée par les secours, son état reste pour l’instant inconnu. Ce genre d’incident rappelle brutalement que le ski alpin reste un sport à risques, même sur une piste jugée « facile ».

Les images de l’intervention ont circulé rapidement sur les réseaux sociaux, provoquant une vague d’inquiétude parmi les supporters. On espère tous revoir rapidement la skieuse autrichienne sur les pistes.

Le classement général de la spécialité bouleversé

Avant ce super-G, Sofia Goggia occupait la tête du classement de la spécialité. L’Italienne, sixième samedi à 1’’32, conserve sa tunique rouge mais voit son avance fondre comme neige au soleil. Elle ne compte plus que 20 petits points d’avance sur Alice Robinson.

La Néo-Zélandaise, deuxième ce samedi, réalise une saison exceptionnelle et semble la plus sérieuse prétendante au petit globe. Derrière, Emma Aicher se rapproche dangereusement. Avec trois victoires déjà cette saison, l’Allemande est clairement dans la discussion pour le titre.

Un deuxième super-G dès dimanche

Pas le temps de digérer cette course : un deuxième super-G est programmé dès dimanche matin à 10h15. Même piste, mêmes conditions ou presque. Cette fois, les skieuses auront-elles corrigé le tir sur cette porte piégeuse ?

Pour Romane Miradoli, il s’agira surtout de tourner la page rapidement et de retrouver de la confiance. Pour Emma Aicher, l’occasion est belle de réaliser le doublé et d’enfoncer le clou dans la course au globe. Quant à Sofia Goggia, elle devra impérativement limiter la casse si elle veut conserver sa place de leader.

Le suspense est donc totalement relancé dans cette spécialité reine de la vitesse. Et les amateurs de ski alpin ont rendez-vous très tôt dimanche matin pour assister à un probable nouveau grand spectacle.

Pourquoi cette course restera dans les mémoires

Au-delà des résultats bruts, ce super-G de Soldeu a concentré énormément d’émotions en une seule matinée. Une domination écrasante, une déception française immense, une chute inquiétante, des erreurs inhabituelles chez les plus grandes… Tous les ingrédients d’une course marquante étaient réunis.

Il y a des journées où tout semble fluide, où les skieuses glissent comme sur un rail. Et puis il y a des journées comme celle-ci, où une porte, un saut, une trajectoire font basculer des saisons entières. C’est aussi pour cela que l’on aime tant le ski alpin : rien n’est jamais écrit d’avance.

Emma Aicher l’a parfaitement compris ce samedi. Elle a su rester concentrée, propre, agressive sans prendre de risques inutiles. Une leçon de ski parfaite sur une piste qui, paradoxalement, a puni toutes celles qui ont voulu trop en faire.

Vers une fin de saison palpitante

Avec deux super-G consécutifs à Soldeu, la Coupe du monde féminine de vitesse entre dans sa phase décisive. Chaque point comptera double, chaque porte sera scrutée, chaque dixième de seconde analysé.

Emma Aicher arrive en pleine confiance, Alice Robinson confirme qu’elle est prête à tout renverser, Sofia Goggia refuse de lâcher son dossard rouge, Romane Miradoli doit rebondir… Les prochains jours s’annoncent intenses et riches en émotions.

Le ski féminin vit une ère passionnante. De nouvelles têtes émergent, les anciennes stars résistent, les erreurs coûtent cher, les exploits font rêver. Et au milieu de tout cela, une Allemande nommée Emma Aicher semble avoir trouvé la clé pour dominer son époque.

Rendez-vous dimanche matin pour savoir si elle confirmera ou si une autre skieuse viendra lui voler la vedette sur cette même piste Aliga qui a déjà livré tant de surprises en une seule journée.

Le super-G est décidément une discipline fascinante, où la vitesse pure rencontre la précision chirurgicale. Et où chaque virage peut changer une carrière.

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