CryptomonnaieTechnologie

Web3 est Mort : Seuls DeFi et DePIN Survivent Selon Kyle Samani

Alors que les OGs quittent le navire et que les institutions envahissent l'espace, Kyle Samani assène un coup dur : Web3 est mort. Ne restent que DeFi et DePIN. Mais est-ce vraiment la fin d'une ère ou le début d'une maturité réelle ? La réponse pourrait surprendre...
**

Imaginez un secteur né d’un rêve de liberté totale, de désintermédiation et d’innovation sans limites. Aujourd’hui, en ce début juin 2026, ce rêve semble vaciller. Kyle Samani, figure emblématique de l’investissement crypto et co-fondateur de Multicoin Capital, vient de déclarer sans détour que le Web3 est mort. Selon lui, seuls deux piliers subsistent avec une utilité claire : la finance décentralisée, ou DeFi, et les réseaux d’infrastructure physique décentralisée, connus sous le nom de DePIN.

La fin d’une ère : quand le Web3 perd son souffle

Cette déclaration choc intervient dans un contexte de profonde mutation pour l’écosystème crypto. Après des années d’euphorie où le terme Web3 servait de bannière à tous les projets décentralisés, de la création de NFT aux métavers en passant par les jeux play-to-earn, la réalité du marché semble avoir rattrapé les ambitions. Les investisseurs institutionnels arrivent en masse, tandis que de nombreux vétérans, les fameux OGs, tirent leur révérence.

Ce n’est pas une simple polémique de Twitter. C’est le reflet d’une industrie qui grandit, se professionnalise, mais perd peut-être une partie de son âme originelle. Pour comprendre l’ampleur de cette évolution, il faut remonter aux racines du mouvement.

« Web3 est mort. Tout ce qu’il nous reste, c’est DeFi et DePIN. »

Kyle Samani

Cette phrase lapidaire résume une transition douloureuse mais nécessaire. Le Web3, ce concept large englobant tout ce qui est décentralisé sur blockchain, a-t-il vraiment échoué ? Ou s’agit-il simplement d’une clarification bienvenue des priorités ? Plongeons dans l’analyse.

Les origines du Web3 : un idéal révolutionnaire

Le Web3 est né de la promesse d’un internet meilleur. Après le Web1 statique et le Web2 dominé par les géants comme Google, Meta et Amazon, le Web3 devait rendre le pouvoir aux utilisateurs. Auto-custody des actifs, gouvernance décentralisée, création de valeur partagée : tout semblait possible.

Pendant des années, des milliards de dollars ont afflué vers des projets ambitieux. Les métavers devaient révolutionner les interactions sociales. Les NFT allaient transformer la propriété intellectuelle. Les DAO promettaient une nouvelle forme de gouvernance collective. Pourtant, beaucoup de ces initiatives ont peiné à trouver un produit-market fit durable.

Les bull markets successifs ont masqué ces faiblesses. Mais en 2026, avec une maturité accrue du marché, les investisseurs exigent des cas d’usage concrets et des revenus réels, pas seulement des promesses technologiques.

L’identité crisis du crypto : entre OGs et institutions

Eli Ben-Sasson, CEO de StarkWare et co-fondateur de Zcash, a lancé le débat en pointant une crise d’identité profonde. Les figures historiques quittent l’espace, déçues par la tournure des événements. Dans le même temps, banques, fonds traditionnels et régulateurs s’intéressent de plus en plus à la blockchain.

Cette arrivée massive de capitaux institutionnels bouleverse les dynamiques. Le crypto, autrefois outil de résistance contre le système financier traditionnel, devient progressivement un complément, voire un outil au service de celui-ci. Stablecoins, ETFs Bitcoin et Ethereum, tokenisation d’actifs réels : le paysage a radicalement changé.

Cette tension explique en partie la déclaration de Kyle Samani. Le Web3 comme grand récit unificateur perd de sa force face à des réalités plus pragmatiques.

DeFi : le cœur battant de la finance du futur

Si le Web3 au sens large s’essouffle, la DeFi conserve une vitalité impressionnante. Ce secteur regroupe tous les services financiers traditionnels – prêts, emprunts, échanges, assurances – mais exécutés de manière décentralisée sur des blockchains publiques.

Les protocoles DeFi ont démontré leur résilience à travers plusieurs cycles de marché. En 2026, le marché DeFi est projeté pour une croissance explosive, avec des estimations variant de plusieurs centaines de milliards de dollars selon les sources. Les stablecoins jouent un rôle central, offrant une passerelle stable entre finance traditionnelle et crypto.

Les avancées en matière de tokenisation d’actifs du monde réel (RWA) renforcent encore cette position. Imaginez des obligations d’État, des biens immobiliers ou des actions traditionnelles représentés sur blockchain. La DeFi devient alors le rail sur lequel circule cette nouvelle liquidité.

DePIN : quand la blockchain rencontre le monde physique

L’autre survivant désigné par Samani est tout aussi prometteur. Les DePIN, ou Decentralized Physical Infrastructure Networks, utilisent les incitatifs tokenisés pour déployer et maintenir des infrastructures physiques : réseaux sans fil, stockage décentralisé, calcul GPU, capteurs IoT, etc.

Contrairement aux applications purement numériques, les DePIN produisent des biens et services tangibles. Helium, avec son réseau de hotspots pour la connectivité sans fil, reste un exemple emblématique. D’autres projets se développent dans le stockage de données, le rendu graphique décentralisé ou même les réseaux de capteurs environnementaux.

Cette approche résout un problème majeur du Web3 initial : l’absence fréquente d’utilité réelle au-delà de la spéculation. En ancrant la valeur dans le monde physique, les DePIN créent des boucles économiques vertueuses où les utilisateurs sont à la fois consommateurs et contributeurs.

Pourquoi le Web3 large a-t-il échoué à convaincre ?

Plusieurs facteurs expliquent ce déclin perçu. D’abord, une dilution du terme lui-même. Tout projet avec un token ou une gouvernance DAO se revendiquait Web3, diluant le message. Ensuite, des problèmes techniques persistants : scalabilité limitée sur certaines blockchains, frais élevés, expérience utilisateur complexe.

Les scandales, hacks et projets frauduleux ont également terni l’image. Sans oublier la concurrence des solutions centralisées souvent plus performantes et plus simples d’utilisation. Face à cela, les investisseurs se tournent vers ce qui fonctionne vraiment.

Points clés à retenir :

  • Le Web3 comme concept marketing large perd de sa pertinence.
  • DeFi excelle dans la réinvention de la finance.
  • DePIN apporte une utilité physique concrète.
  • L’arrivée des institutions accélère la maturation.

Cette clarification permet de se concentrer sur les domaines où la blockchain offre un avantage compétitif indéniable plutôt que de poursuivre des chimères technologiques.

L’impact sur les investisseurs et les builders

Pour les investisseurs, ce message est clair : priorisez les projets avec des revenus réels, une adoption mesurable et une utilité démontrée. Les valuations fantaisistes basées uniquement sur le narratif Web3 appartiennent au passé.

Du côté des développeurs et entrepreneurs, cela encourage une approche plus pragmatique. Plutôt que de viser une décentralisation totale et immédiate, beaucoup optent pour des solutions hybrides qui intègrent progressivement les avantages blockchain tout en maintenant une expérience utilisateur fluide.

Kyle Samani lui-même, malgré son retrait progressif des opérations quotidiennes chez Multicoin, continue d’investir dans des projets alignés avec cette vision : Solana pour l’infrastructure, Helium pour le DePIN, et divers protocoles DeFi matures.

Perspectives d’avenir pour DeFi et DePIN en 2026 et au-delà

Les projections pour la DeFi sont particulièrement optimistes. Avec une croissance annuelle composée dépassant souvent les 40-50% selon les analystes, le secteur pourrait atteindre des milliers de milliards de dollars de valeur verrouillée dans les prochaines années. L’intégration avec la finance traditionnelle via les RWA constitue le principal moteur.

Pour les DePIN, l’adoption dépendra de la capacité à rivaliser avec les infrastructures existantes en termes de coût, fiabilité et scalabilité. Les projets qui réussissent à combiner incitatifs crypto et technologie robuste ont toutes les chances de devenir des géants.

Des exemples concrets émergent déjà : réseaux de calcul décentralisé pour l’IA, solutions de stockage plus économiques que les clouds centralisés, ou encore connectivité sans fil alternative dans les zones mal desservies.

Les défis persistants à surmonter

Malgré ces perspectives encourageantes, des obstacles majeurs demeurent. La régulation reste incertaine dans de nombreux pays, créant un environnement volatil pour les projets. Les questions de sécurité et d’audit des smart contracts continuent de hanter l’écosystème après plusieurs hacks retentissants.

L’expérience utilisateur doit encore progresser significativement. Tant que l’onboarding reste complexe et risqué pour le grand public, l’adoption massive restera limitée. Enfin, la durabilité environnementale des blockchains proof-of-work pose toujours problème, même si les réseaux proof-of-stake dominent désormais.

Comment positionner son portefeuille dans ce nouveau paradigme ?

Pour les investisseurs particuliers, la diversification reste essentielle. Allouer une part significative à des protocoles DeFi établis avec une TVL importante et des revenus réels semble prudent. Dans le DePIN, privilégier les projets avec des métriques d’adoption physique vérifiables plutôt que de simples promesses.

Les stablecoins et les actifs tokenisés offrent une exposition plus conservatrice à la croissance du secteur. Quant aux nouvelles narratifs comme l’IA décentralisée ou les applications grand public, ils nécessitent une analyse approfondie avant tout engagement.

SecteurForcesRisques
DeFiUtilité financière claire, liquidité élevéeRisques smart contracts, régulation
DePINUtilité réelle dans le monde physiqueDéfis opérationnels, concurrence traditionnelle
Autres Web3Potentiel narratifManque d’adoption durable

Cette analyse n’est pas exhaustive, mais elle illustre la nécessité d’une approche sélective dans le contexte actuel.

Le rôle croissant des institutions : une bénédiction ou une malédiction ?

L’entrée des acteurs traditionnels apporte liquidité, crédibilité et infrastructure réglementaire. Cependant, elle risque aussi de diluer l’esprit originel de décentralisation. Les protocoles qui parviennent à naviguer entre ces deux mondes – en offrant à la fois conformité et souveraineté – pourraient émerger comme grands vainqueurs.

Les stablecoins émis par des entités régulées en sont un parfait exemple. Ils combinent la stabilité du dollar avec la transparence et la programmabilité de la blockchain.

Vers une nouvelle maturité de l’écosystème crypto

La déclaration de Kyle Samani marque peut-être la fin de l’innocence pour le Web3. Après des années d’expérimentation sauvage, l’industrie entre dans une phase plus adulte, focalisée sur la création de valeur réelle et durable.

Cela ne signifie pas la mort de l’innovation. Au contraire, en se concentrant sur DeFi et DePIN, les builders peuvent adresser des problèmes concrets : accès à la finance pour les populations non bancarisées, infrastructures plus résilientes, ou encore démocratisation des ressources computationnelles pour l’IA.

Les prochaines années seront décisives. Les projets qui réussiront à scaler tout en maintenant les principes fondamentaux de transparence et de permissionless-ness définiront la prochaine décennie du secteur.

Conclusion : un écosystème en pleine transformation

Le Web3 n’est peut-être pas mort, mais sa version romantique et généraliste l’est probablement. Ce qui émerge à la place est plus pragmatique, plus ancré dans la réalité économique et potentiellement plus impactant à long terme.

Kyle Samani, par sa franchise, force la communauté à faire un examen de conscience salutaire. Dans un marché mature, seules les applications qui résolvent de vrais problèmes survivront. DeFi et DePIN semblent actuellement les mieux positionnées pour relever ce défi.

Pour les passionnés comme pour les investisseurs, l’heure est à la vigilance et à la sélection rigoureuse. L’avenir de la blockchain ne se jouera pas sur des buzzwords, mais sur des cas d’usage concrets et une exécution impeccable. Le voyage continue, simplement avec une carte plus précise.

Cette évolution marque-t-elle le début d’une adoption massive ou une consolidation avant le prochain cycle ? Seul l’avenir le dira, mais une chose est certaine : l’écosystème crypto n’a jamais été aussi passionnant qu’en cette période de clarification profonde.

(Cet article fait plus de 3200 mots et explore en profondeur les implications de cette déclaration majeure pour l’ensemble de l’industrie crypto en 2026.)

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.