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Vincent Lindon Face à Audrey Crespo-Mara, Une Complicité Rare

Entre un appartement habité depuis vingt ans et une table de la Closerie, Vincent Lindon et Audrey Crespo-Mara ont laissé filtrer une complicité rare. Ce que les images ne disent pas encore change tout.

Il suffit parfois d’un éclat de rire mal contenu pour qu’un portrait télévisé cesse d’être un exercice de promotion et devienne une rencontre. Le dimanche 4 octobre 2026, le magazine dominical de TF1 referme son édition sur un entretien mené par Audrey Crespo-Mara auprès de Vincent Lindon. Les images de tournage, déjà partagées sur le compte officiel de l’émission, ont surpris par leur légèreté. L’acteur n’a pas reçu la journaliste dans un studio neutre. Il l’a accueillie dans un appartement de Saint-Germain-des-Prés qu’il occupe depuis deux décennies, puis l’a entraînée vers la Maison de Victor Hugo et, plus tard, vers la Closerie des Lilas. Entre ces trois adresses, quelque chose a filé, une complicité que les commentaires ont immédiatement nommée. Deux parcours, deux sensibilités, et un film qui arrive en salles le mercredi 14 octobre.

Un portrait tourné entre souvenirs, rires et Jean Valjean

Le rendez-vous n’est pas un simple passage promotionnel. Vincent Lindon incarne Jean Valjean dans une nouvelle adaptation des Misérables, mise en scène par Fred Cavayé. Autour de lui, Benjamin Lavernhe, Camille Cottin et Tahar Rahim tiennent des rôles qui ancrent le projet dans le cinéma français contemporain. Le portrait de Sept à huit arrive donc dix jours avant la sortie, au moment où le public commence à se demander quel Valjean on va lui proposer. Ni le forçat de légende figé dans les manuels, ni une icône de comédie musicale. Un homme filmé de près, reçu chez lui, puis conduit vers les lieux qui racontent à la fois Hugo et sa propre vie.

La production a choisi une phrase simple pour présenter le décor principal. Lindon reçoit chez lui, dans cet appartement où il vit depuis vingt ans, là où il a rassemblé les souvenirs d’une vie. La formule est presque banale. Elle change de poids dès qu’on la relie au personnage. Valjean passe une existence à cacher son nom, à reconstruire une maison, à protéger une enfant. L’acteur, lui, ouvre la sienne. Le contraste n’est pas théorique. Il est visible dans le choix des lieux, et c’est sans doute ce qui a rendu les images de coulisses si commentées.

Ce que le portrait met en scène
Un appartement habité depuis vingt ans, la Maison de Victor Hugo, puis la Closerie des Lilas. Trois adresses, une seule promesse : parler de Jean Valjean sans quitter le quotidien de celui qui l’incarne.

Pourquoi ces images ont fait réagir si vite

Les réseaux ont l’habitude des extraits léchés. Ici, une internaute a écrit qu’elle éprouvait un immense plaisir à voir ce grand monsieur à l’honneur, saluant un talent, une élégance et une personnalité admirée depuis toujours. Elle a ajouté qu’avec Audrey Crespo-Mara, talentueuse et bienveillante, l’entretien promettait d’être exceptionnel. La phrase qui a circulé ensuite est restée : deux belles personnes réunies, deux parcours, deux sensibilités. Rien de spectaculaire dans le vocabulaire. Tout est dans le ton. On n’y lit pas l’excitation d’un scoop. On y lit le soulagement de voir une conversation qui ne force pas la gravité.

D’autres regards se sont arrêtés sur les rires. La journaliste et le comédien n’ont pas toujours réussi à garder leur sérieux face à face. Ce détail, anodin en apparence, dit beaucoup du format. Un portrait de fin d’émission peut virer au monologue contrôlé. Quand le rire traverse le cadre, le téléspectateur sent que la parole n’a pas été entièrement calibrée à l’avance. Ce n’est pas une garantie de franchise absolue. C’est déjà une promesse de respiration.

Deux belles personnes réunies, deux parcours, deux sensibilités : la formule d’une spectatrice résume mieux le climat du tournage que n’importe quel argumentaire de promotion.

Saint-Germain-des-Prés, une adresse qui n’est pas un décor

Recevoir chez soi n’est jamais neutre pour un acteur de cette stature. Le quartier de Saint-Germain-des-Prés porte une mémoire littéraire, éditoriale, cinématographique. Y vivre depuis vingt ans, ce n’est pas poser une valise entre deux festivals. C’est accepter qu’un intérieur devienne archive. Livres, objets, photos, meubles choisis ou simplement gardés : chaque élément peut servir de seuil à une question. Audrey Crespo-Mara n’a pas besoin d’un plateau pour installer une tension. Il lui suffit de laisser l’hôte montrer ce qu’il a décidé de montrer, et de noter ce qu’il contourne.

Le risque, dans ce genre de visite, est le folklore. On filme une bibliothèque, on conclut à la culture. On filme un canapé, on conclut à la simplicité. Le portrait évite en partie ce piège en ne restant pas enfermé dans l’appartement. Après les souvenirs d’une vie, le récit se déplace. Pour parler de celui qu’il incarne au cinéma, Lindon choisit de faire découvrir la Maison de Victor Hugo. Le geste est net. Le rôle ne se commente pas seulement depuis le confort d’un salon. Il se mesure à la maison de l’écrivain, à ses objets, à l’ombre d’un roman qui dépasse tous ses interprètes.

La troisième étape referme la boucle sur une habitude plus intime. La nuit se prolonge à la Closerie des Lilas, non loin de chez lui, là où il a ses habitudes, où il vient boire des verres à la tombée de la nuit. Le restaurant n’est pas un trophée. C’est un rythme. Un homme qui rentre, qui s’assoit, qui reprend une conversation. Pour un Valjean, personnage de la marche, de la fuite et de la rédemption, ce troisième lieu dit autre chose : la possibilité de rester quelque part.

Trois lieux, trois manières de parler

L’appartement parle de durée. Vingt ans au même endroit, ce n’est pas un argument de modestie, c’est un fait de vie. On y accumule des objets qui ne servent plus à impressionner personne. On y reçoit parce qu’on connaît l’acoustique des pièces, la lumière de fin d’après-midi, l’endroit où l’on s’assoit quand on ne joue pas. Pour une interview, ce savoir-là change la voix. Elle baisse. Elle n’a plus à remplir un studio.

La Maison de Victor Hugo parle de dette. Personne n’incarne Valjean sans croiser le regard de ceux qui l’ont déjà porté, à l’écran, sur scène, dans la mémoire scolaire. Aller sur place, c’est accepter que le roman ne soit pas un prétexte. C’est aussi offrir à la journaliste un terrain où les questions peuvent devenir précises. Comment tient-on un homme qui a volé un pain et qui passe le reste de sa vie à payer autre chose que ce pain ? Comment filme-t-on la bonté sans l’édulcorer ?

La Closerie parle de continuité. Après le travail de mémoire, il reste une table, un verre, une rue familière. Les images ont montré que le sérieux n’a pas toujours tenu. C’est peut-être là que le portrait gagne sa singularité. Non pas dans une confession spectaculaire, mais dans ce glissement entre le rôle immense et l’habitude minuscule.

Lieu Ce qu’il raconte Lien avec Valjean
Appartement de Saint-Germain-des-Prés Vingt ans de vie, souvenirs rassemblés L’homme qui finit par habiter un nom
Maison de Victor Hugo Source du roman, mémoire littéraire La dette envers le personnage
Closerie des Lilas Habitude du soir, proximité du domicile Le droit de s’arrêter après la marche

Le film qui justifie le rendez-vous

Sortie annoncée le 14 octobre 2026, l’adaptation signée Fred Cavayé replace Les Misérables au centre de la saison cinématographique. Le roman de Victor Hugo n’a jamais cessé d’être repris. Chaque époque en retient un fragment. Tantôt la misère, tantôt la révolte, tantôt la chasse, tantôt la rédemption. Confier Jean Valjean à Vincent Lindon oriente déjà la lecture. On n’attend pas de lui la pose héroïque. On attend une présence physique, une voix qui peut se briser sans théâtre, un visage où la fatigue n’est pas un accessoire.

Le casting élargit cette promesse. Benjamin Lavernhe, Camille Cottin, Tahar Rahim : trois manières très différentes d’occuper un plan. L’un vient souvent d’un théâtre précis, l’autre d’une comédie qui sait devenir grave, le troisième d’une intensité plus sèche. Autour de Valjean, le roman a besoin de contrastes. Javert n’est pas un méchant de carton. Fantine n’est pas une victime décorative. Marius, Cosette, les Thénardier, Gavroche : chaque nom charrie une attente. Le portrait télévisé ne dévoile pas la distribution complète dans le détail des scènes. Il pose l’acteur principal dans son décor réel, comme pour rappeler que le mythe commence par un corps.

Fred Cavayé n’est pas un cinéaste de la reconstitution muséale. Son cinéma a souvent cherché la tension dans des situations concrètes, des urgences, des choix impossibles. Appliquer cette énergie à Hugo n’est pas anodin. Le roman est une cathédrale. Le film, s’il veut exister, doit choisir des portes. L’entretien de Sept à huit arrive précisément au moment où ces choix deviennent publics. Que retient-on du pain volé ? De l’évêque ? De Fantine ? De la barricade ? De l’égout ? Lindon, en acceptant d’en parler depuis chez lui, suggère que la réponse ne sera pas seulement académique.

Jean Valjean, un rôle qui pèse plus qu’un costume

Il existe des personnages que l’on joue, et des personnages que l’on traverse. Valjean appartient à la seconde catégorie. Son trajet va du bagne à la sainteté civile, en passant par l’usine, la fuite, l’adoption, le mensonge nécessaire, le face-à-face avec la loi. Le réduire à une barbe et à un manteau serait une erreur de lecture. Le danger inverse existe aussi : en faire un saint dès la première image, et priver le récit de sa conversion.

Lindon a construit une grande part de sa carrière sur des hommes pris dans une contradiction. Ouvriers, pères, militants, amants usés, figures de l’autorité qui doutent. Valjean prolonge cette ligne sans la répéter. C’est un ancien forçat qui devient patron, un fugitif qui devient protecteur, un homme qui ment pour sauver et qui finit par vouloir dire vrai. Pour un acteur habitué à la colère contenue, le rôle demande autre chose : une bonté qui ne soit pas molle. Le public français sait reconnaître quand cette bonté sonne faux. C’est peut-être la vraie pression du 14 octobre.

Le passage par la Maison de Victor Hugo, dans le portrait, fonctionne comme un rappel. On ne s’approprie pas ce personnage dans le vide. On le reçoit. Les objets de l’écrivain, la mémoire du roman, le poids des adaptations précédentes : tout cela encadre la performance avant même la première séance. En montrant ces murs, l’émission dit aussi quelque chose au téléspectateur. Vous n’allez pas seulement voir une star. Vous allez revoir un livre que vous croyez connaître.

Ce que l’on sait déjà du climat de l’entretien

Les coulisses ne remplacent pas l’émission. Elles en donnent la température. Accueil à domicile, déplacement vers la maison de l’écrivain, soirée prolongée dans un restaurant familier, rires qui cassent le protocole. Audrey Crespo-Mara apparaît, dans les réactions, comme une interlocutrice bienveillante autant que précise. Cette réputation n’est pas un ornement. Dans un portrait, la bienveillance peut ouvrir des portes que l’agressivité ferme. Elle peut aussi endormir le sujet. Le équilibre se juge à l’antenne, pas dans une légende Instagram.

Une spectatrice a parlé d’élégance et de personnalité. Le mot élégance, appliqué à Lindon, revient souvent. Il ne désigne pas seulement une manière de s’habiller. Il désigne une façon de ne pas en faire trop, de laisser la phrase arriver, de ne pas combler le silence par une vanne. Si le portrait conserve cette retenue, il pourra parler du film sans devenir un défilé de bandes-annonces. Si les rires restent, il évitera le mausolée.

  • Un invité reçu dans son appartement, pas sur un plateau anonyme.
  • Un détour explicite par la Maison de Victor Hugo pour parler du rôle.
  • Une dernière étape à la Closerie des Lilas, lieu d’habitude plus que de cérémonie.
  • Des rires visibles, qui contredisent l’image d’un entretien figé.
  • Une sortie en salles fixée au 14 octobre, soit dix jours après la diffusion.

Audrey Crespo-Mara, une manière de tenir le dernier quart d’heure

Sept à huit se conclut, semaine après semaine, par cet entretien. La place n’est pas anodine. Après les reportages, le téléspectateur est déjà installé dans une écoute plus lente. Le portrait n’a pas à rivaliser avec un prime de divertissement. Il doit tenir par la qualité de la présence. Audrey Crespo-Mara a fait de cet espace une signature. Elle n’entre pas en collision avec l’invité. Elle s’assoit dans son monde, assez longtemps pour que le décor devienne information.

Face à Lindon, cette méthode trouve un matériau rare. L’acteur n’est pas un promoteur né. Il a souvent donné l’impression de subir la conversation publique, de n’y consentir que lorsque le sujet en valait la peine. Un film tiré de Hugo en vaut une. Un appartement ouvert en vaut une autre. Le fait qu’il ait choisi ces lieux, et non un hôtel de passage, indique un degré d’accord. On ne montre pas vingt ans de vie à une équipe de tournage sans une forme de confiance, même encadrée.

Les commentaires ont insisté sur la bienveillance. Le mot peut agacer, tant il sert parfois à masquer l’absence de questions. Ici, il semble décrire autre chose : une absence d’ironie facile. Lindon n’est pas un sujet que l’on piège avec un micro-trottoir. C’est un acteur dont la filmographie a déjà fait le tri. Le portrait peut donc se permettre d’être attentif sans être complaisant, à condition de rester collé au rôle, aux choix de mise en scène, à ce que Valjean exige du corps.

Le dimanche 4 octobre, une case qui compte

L’émission revient ce dimanche 4 octobre 2026 avec, en clôture, cet entretien. Le calendrier est serré. Dix jours plus tard, les salles accueillent le film. Entre les deux, le portrait peut orienter la curiosité. Non pas en racontant l’intrigue, que des millions de lecteurs connaissent déjà, mais en donnant un visage à l’interprétation. Qui est ce Valjean-là ? Est-il plus proche du forçat ou du père ? Est-il encore en colère ? A-t-il déjà pardonné, ou fait-il semblant ?

Ces questions ne seront pas toutes traitées. Un portrait n’est pas une masterclass. Il peut toutefois installer une écoute. Voir l’acteur dans son salon, puis dans la maison de Hugo, puis à sa table habituelle, prépare le spectateur à chercher dans le film la même oscillation. Entre l’intime et le monumental. Entre le rire qui échappe et la gravité du roman. C’est là que la complicité affichée cesse d’être un détail people. Elle devient une clé de lecture.

Ce que les commentaires révèlent du public

La réaction la plus citée ne parle pas de bande-annonce. Elle parle de personnes. Talent, élégance, bienveillance, deux parcours. Le public de ce type d’émission n’attend pas seulement une info exclusive. Il attend une preuve que la conversation a eu lieu. Les rires en sont une. L’appartement en est une autre. La Maison de Victor Hugo en est une troisième, plus culturelle, presque solennelle. Ensemble, ces signes rassurent. On ne va pas assister à une interview debout dans un couloir de festival, micro tendu, réponse de vingt secondes.

Il y a aussi une attente générationnelle. Lindon appartient à ces acteurs que l’on a vus vieillir à l’écran sans qu’ils deviennent des figures décoratives. Chaque nouveau rôle majeur est scruté comme un chapitre. Valjean, à ce stade d’une carrière, ressemble à une somme. Les spectateurs qui saluent déjà l’entretien le font autant pour l’homme que pour le personnage. Ils veulent vérifier que la somme ne s’est pas figée en statue.

Audrey Crespo-Mara bénéficie, dans ces messages, d’une confiance parallèle. On la crédite de talent et de bienveillance, comme si le duo était déjà équilibré avant la diffusion. C’est un pari. L’antenne peut confirmer ou décevoir. Mais le pari lui-même dit quelque chose sur la place qu’occupe ce portrait dans la soirée. Il n’est pas un bonus. Il est la raison pour laquelle une partie du public reste jusqu’au bout.

Hugo, encore, et pourquoi cela ne lasse pas

Les Misérables reviennent parce qu’ils ne sont pas un seul film. Ils sont un réservoir. Misère ouvrière, justice pénale, charité, révolution manquée, amour empêché, enfance des rues : chaque décennie y trouve son urgence. En 2026, confier le rôle central à un acteur associé au réel social du cinéma français n’est pas un hasard de casting. C’est une hypothèse. Valjean peut être joué comme une légende. Il peut aussi être joué comme un contemporain déguisé en homme du XIXe siècle.

Le portrait de Sept à huit, en mêlant appartement moderne et maison de l’écrivain, visualise cette hypothèse. On n’est pas dans une reconstitution permanente. On est dans un aller-retour. Lindon parle d’aujourd’hui depuis un lieu d’hier, et d’hier depuis un lieu d’aujourd’hui. Le téléspectateur peut entrer dans le film avec cette gymnastique déjà en tête. Ce n’est pas rien. Les adaptations échouent souvent quand elles choisissent un seul temps et oublient l’autre.

La Closerie des Lilas ajoute une couche parisienne presque trop parfaite. Lieu littéraire, habitudes d’écrivains, verres du soir. On pourrait y voir un cliché. On peut aussi y voir une cohérence. L’homme qui joue Valjean n’habite pas un mythe abstrait. Il habite une ville qui a déjà tout absorbé, Hugo compris. Boire un verre non loin de chez soi après avoir tourné dans la maison de l’écrivain, c’est remettre le roman à hauteur de rue.

Fred Cavayé et le pari d’un Valjean concret

Le nom du réalisateur oriente les attentes. Fred Cavayé a souvent filmé des personnages sous pression, des délais, des loyautés contradictoires. Hugo offre la matière inverse en apparence : un temps long, des chapitres, une morale explicite. Le pari consiste à garder la morale sans perdre la pression. Valjean n’a jamais le temps. Il fuit, il cache, il décide en une nuit. Un cinéma de l’urgence peut donc rencontrer le roman sans le trahir, à condition de ne pas confondre vitesse et simplification.

Lindon, dans ce dispositif, est moins une icône qu’un moteur. Sa présence suffit à rendre crédible un homme qui a porté des chaînes et qui, plus tard, porte une responsabilité. Le portrait télévisé ne montrera pas les rushes. Il peut toutefois laisser entendre comment l’acteur a abordé la charge. A-t-il lu le roman en entier, encore une fois ? A-t-il refusé certaines scènes ? A-t-il cherché Valjean dans la fatigue plutôt que dans la grandeur ? Ces questions sont exactement du ressort d’un entretien à domicile.

Les partenaires de jeu comptent dans cette équation. Camille Cottin peut apporter une vibration contemporaine à un rôle que la tradition a parfois figé. Tahar Rahim peut tendre le face-à-face avec la loi, si c’est bien de ce côté que le film le place, ou déplacer l’énergie vers une autre ligne du roman. Benjamin Lavernhe peut incarner la précision, le verbe, la jeunesse qui croit encore à une phrase. Sans spoiler de distribution détaillée, le simple voisinage de ces noms promet un film qui ne repose pas sur un seul visage, même si ce visage est celui de Lindon.

Ce que l’on peut raisonnablement attendre dimanche

Attendre une confession totale serait naïf. Attendre un dépliant serait injuste. Entre les deux, le dispositif laisse espérer un récit de préparation. Comment on entre dans Valjean. Comment on vit avec lui le temps d’un tournage. Comment on rentre ensuite dans un appartement occupé depuis vingt ans, comme si le rôle devait bien finir par reposer quelque part. Les rires déjà aperçus suggèrent que cette préparation n’a pas été vécue comme un deuil. C’est une information précieuse. Un acteur écrasé par Hugo n’aurait pas ri de cette façon devant la caméra.

On peut aussi attendre des silences. Lindon sait les habiter. Crespo-Mara sait ne pas les combler trop vite. Si le portrait conserve cette double patience, il restera dans les mémoires autrement qu’une annonce de sortie. Les spectateurs qui ont déjà salué les coulisses cherchent précisément cela. Pas un scoop. Une tenue.

À retenir avant la diffusion

Le portrait clôt Sept à huit le 4 octobre. Le film sort le 14. Entre les deux dates, l’entretien peut fixer l’image d’un Valjean habité, pas seulement costumé. Les trois lieux du tournage sont déjà une partie du propos.

Une complicité qui n’efface pas le sujet

Le mot complicité a dominé les premières réactions. Il faut le garder à sa place. Une bonne entente ne fait pas un grand entretien, pas plus qu’elle ne fait un grand film. Elle indique seulement que la parole a circulé. Dans le cas présent, elle circule autour d’un rôle qui dépasse l’anecdote. Jean Valjean n’est pas un prétexte pour visiter un bel appartement. L’appartement est un prétexte pour approcher l’homme qui va porter Valjean. L’ordre compte.

Si l’émission respecte cet ordre, le public y gagnera une entrée dans le film. Si elle s’attarde trop sur le charme du duo, elle ratera l’occasion. Rien, dans les images décrites, ne pousse vers ce ratage. Le détour par Hugo est trop explicite. La date de sortie est trop proche. Le sérieux du roman pèse encore, même quand le rire passe. C’est cet équilibre, instable et visible, qui rend le rendez-vous digne d’intérêt au-delà du cercle des fidèles de l’émission.

Deux belles personnes réunies : la formule est affective, presque naïve. Elle dit pourtant juste si on la lit comme une attente de respect mutuel. Le respect, à la télévision, se voit dans le temps laissé, dans les lieux choisis, dans le refus de la moquerie facile. Dimanche, il se vérifiera à l’image. Mercredi en huit, il se vérifiera autrement, dans une salle, face à un forçat qui tente de devenir autre chose qu’un numéro.

Après l’antenne, la salle

Le vrai test ne sera pas le nombre de commentaires sous une vidéo de coulisses. Il sera la séance du 14 octobre. Un portrait peut donner envie. Il ne peut pas tenir à la place du film. Si Lindon trouve un Valjean qui ne copie ni les versions chantées ni les versions scolaires, l’entretien de dimanche apparaîtra, rétrospectivement, comme la bonne antichambre. Si le film déçoit, les rires de la Closerie resteront de jolies images, sans suite.

En attendant, le dispositif a déjà réussi une chose. Il a rendu visible une rencontre, pas seulement une promo. Un acteur chez lui. Une journaliste qui le suit jusqu’à la maison de l’écrivain, puis jusqu’à sa table du soir. Des internautes qui parlent d’élégance plutôt que de clash. Pour un dimanche de magazine, c’est déjà une forme rare. Reste à entendre ce qui se dit quand les rires retombent, et à voir, dix jours plus tard, si Jean Valjean tient dans le même homme.

Le pain volé, l’évêque, le chandelier, la promesse faite à Fantine, la chasse, l’usine, l’enfant relevée dans la rue : tout le roman peut tenir dans une seule décision d’acteur. Comment on baisse les yeux. Comment on relève la voix. Comment on porte quelqu’un sans jouer le sauveur. Le portrait de Sept à huit n’a pas à résoudre ces gestes. Il peut les annoncer. En ouvrant un appartement occupé depuis vingt ans, Lindon rappelle qu’un grand rôle se prépare aussi dans le quotidien, loin des barricades de carton. En marchant jusqu’à la Maison de Victor Hugo, il rappelle la source. En s’asseyant à la Closerie, il rappelle qu’après le mythe il y a encore une ville, une nuit, un verre. Trois mouvements, et déjà une idée de film.

On comprend mieux, alors, pourquoi une simple vidéo de coulisses a suffi à déclencher des éloges. Les spectateurs n’y ont pas cherché une révélation. Ils y ont reconnu une manière d’être ensemble devant une caméra, sans se manger la parole, sans se servir l’un de l’autre comme d’un marchepied. Audrey Crespo-Mara y gagne une image de passeuse. Vincent Lindon y gagne une image d’hôte, ce qui, pour Jean Valjean, n’est pas un détail. Le personnage passe sa seconde vie à offrir un toit. Le voir offrir le sien, le temps d’un tournage, crée un écho que le public a senti avant même la diffusion.

Dimanche, il restera à vérifier si cet écho tient sur la durée d’un portrait. Si les questions vont jusqu’au doute, pas seulement jusqu’à la tendresse. Si le film est décrit comme un risque, pas comme un acquis. Si le rire laisse de la place à ce que Hugo n’a jamais cessé de demander à ses lecteurs : regarder la misère sans s’en détourner, et croire encore qu’un homme peut changer de nom sans changer de dette. C’est beaucoup pour une fin d’émission. C’est exactement la mesure du rendez-vous.

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