Samedi soir, le stade Groupama de Décines, antre de l’Olympique Lyonnais, a été le théâtre d’une scène aussi révoltante que choquante. Alors que le club rhodanien affrontait le PSG en finale de la Coupe de France, retransmise sur écran géant, Anissa, une jeune supportrice musulmane, et son amie ont été les cibles d’une agression d’une rare violence teintée de racisme et d’islamophobie. Un incident qui jette une lumière crue sur la persistance des comportements les plus vils au sein des stades.
Selon le témoignage d’Anissa, relayé par son avocat Me Tammouz Al-Douri, tout a commencé quand un individu, membre d’un groupe de supporters, a commencé à proférer des insultes racistes et sexistes envers les deux jeunes femmes. Un déchaînement de haine qui a rapidement dépassé le stade des mots. Profitant des célébrations suite à un but, l’agresseur a violemment donné des coups de coude à répétition dans le dos d’Anissa. Pire encore, un de ses amis s’en est pris physiquement à la seconde victime, lui arrachant le voile islamique qu’elle portait sur la tête.
Face à une telle éruption de violence, les deux victimes ont immédiatement cherché de l’aide auprès des stadiers présents. Cependant, elles affirment s’être heurtées à l’indifférence d’un premier agent de sécurité contacté. Ce n’est que dans un second temps qu’elles ont pu être prises en charge et mises à l’abri de leurs bourreaux. Une réaction trop lente et passive qui interroge sur la formation du personnel à gérer ce type d’incidents.
Dans un communiqué publié lundi, l’Olympique Lyonnais a fermement condamné ces « comportements inacceptables et choquants qui n’ont pas leur place » dans son enceinte. Le club assure avoir contacté l’une des victimes et annonce son intention de se constituer partie civile à ses côtés. Une prise de position saluée par Me Al-Douri, qui appelle cependant la fédération et les clubs à saisir le problème « à bras-le-corps » pour éviter toute récidive.
« Nous demandons à l’Olympique Lyonnais de prendre toutes les mesures nécessaires pour que ce type d’incidents ne se reproduisent plus. »
Me Tammouz Al-Douri, avocat d’Anissa
Au-delà des violences, cet événement met en lumière la gangrène du racisme et de l’islamophobie qui ronge les stades hexagonaux. Selon certains témoignages, l’agresseur aurait été aperçu effectuant des saluts nazis durant la soirée. Un comportement malheureusement en phase avec les dérapages régulièrement constatés dans le virage nord lyonnais, réputé pour abriter une frange de supporters proches de l’ultradroite.
En mars dernier, deux supporters de l’OL avaient ainsi été condamnés à de la prison ferme pour des saluts hitlériens réalisés pendant un match contre l’OM. Un mal profond et récurrent qui nécessite une réponse ferme des instances.
Au-delà du cas lyonnais, c’est tout le football français qui doit se mobiliser face à la recrudescence des actes racistes dans les tribunes. Malgré les campagnes de sensibilisation et les sanctions disciplinaires, force est de constater que le chemin est encore long. La LFP et la FFF doivent muscler leur arsenal pour éradiquer ce fléau :
L’affaire Anissa doit sonner comme un électrochoc pour l’ensemble de la famille du ballon rond. Il en va de sa crédibilité, de ses valeurs de fraternité et d’unité si souvent mises en avant. Espérons que les mots se transforment enfin en actes forts. Le football ne doit plus jamais être une terre d’asile pour la haine, dans les stades comme en dehors.
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