Dans une décision sans précédent en Argentine, un éleveur de bétail de Patagonie vient d’être reconnu coupable de maltraitance et de cruauté envers les animaux. Son crime ? Avoir causé la mort de centaines de manchots de Magellan en 2021, une espèce pourtant protégée. Un jugement historique qui marque un tournant dans la protection de la faune du pays.
Les faits remontent à 2021. L’éleveur mis en cause, originaire de la province de Chubut dans le sud de l’Argentine, a délibérément détruit plusieurs nids et tué des centaines de poussins de manchots en défrichant un terrain lui appartenant. Problème, ce terrain longe la réserve naturelle de Punta Tumbo, qui abrite l’une des plus grandes colonies de manchots de Magellan du continent.
Selon le parquet, les agissements de l’éleveur ont gravement « affecté l’environnement et causé la mort de manchots de Magellan ». La procureure Maria Florencia Gomez a affirmé qu’il avait agi avec « cruauté » et causé des dommages « irréversibles » en utilisant une pelle mécanique, « emportant œufs et poussins ».
Face à l’ampleur des dégâts, le ministère public a requis 4 ans de prison ferme à l’encontre de l’éleveur. En cumulant les différents chefs d’accusation, il encourt théoriquement jusqu’à 12 ans derrière les barreaux, comme l’a indiqué l’avocat des parties civiles. La peine définitive sera fixée lors d’une prochaine audience.
Pour sa défense, l’éleveur a contesté le nombre de manchots tués et affirmé avoir toujours « collaboré de toutes les façons possibles pour la conservation des manchots ». S’il a reconnu que « la méthode employée n’a pas été correcte », il rejette la faute sur l’État, qui n’aurait pas délimité clairement depuis 10 ans les frontières entre son champ et la réserve naturelle.
Au-delà du sort individuel de l’éleveur, ce procès constitue une grande première en Argentine en matière de protection de l’environnement et des espèces menacées. Matias Arrigazzi, biologiste membre de Greenpeace, a salué « une étape importante pour la justice environnementale, la protection des pingouins et de la nature ».
Si le manchot de Magellan n’est pour l’instant considéré que comme une « préoccupation mineure » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), il n’en reste pas moins une espèce protégée dont les effectifs sont en baisse. Avec ce jugement, l’Argentine envoie un signal fort sur sa volonté de préserver sa biodiversité unique.
Cette condamnation marque-t-elle un tournant dans la protection de l’environnement en Argentine ? Quelles suites concrètes peuvent être attendues sur le terrain pour préserver les colonies de manchots ? L’avenir nous le dira, mais ce jugement ouvre incontestablement la voie à une meilleure prise en compte des enjeux de biodiversité dans le pays. La lutte pour la sauvegarde des espèces menacées, comme le majestueux manchot de Magellan, ne fait peut-être que commencer.
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