Il y a des endroits qui ne se visitent pas vraiment. On y entre, on baisse la voix, et l’on comprend tout de suite que les murs ont déjà entendu trop de choses pour se contenter d’un simple tour guidé. Le château de Dammarie-les-Lys appartient à cette catégorie rare. Quelques jours avant que les futurs élèves n’y posent leurs valises, le 10 octobre 2026, l’ancien académicien Bastiaan y a laissé un petit mot destiné à celui ou celle qui le trouvera. Rien d’officiel. Rien de scénarisé à la vue de tous. Juste une phrase qui commence par un salut simple et qui finit par une promesse d’oreille attentive. Entre les deux, une blague sur la torture, un conseil de naïveté, et cette sensation étrange que le château reprend déjà son souffle.
Un before qui précède déjà la rentrée
La Star Academy 2026 ne commence pas le soir du prime. Elle commence dans les couloirs, dans les salles de répétition encore froides, dans les regards de ceux qui connaissent déjà le poids des journées. Avant l’arrivée officielle de la nouvelle promotion, le château a ouvert ses portes à un cercle restreint. Influenceurs, streamers, anciens élèves : le lieu a servi de répétition générale, non pas du spectacle, mais de l’atmosphère.
Parmi les visiteurs, on retrouve Maghla, ancienne candidate de Danse avec les stars, ainsi que Maya, Isaak et Esra. Ils n’ont pas seulement photographié les escaliers. Ils ont suivi des cours de chant et de danse avec deux professeurs déjà familiers du dispositif : Sofia Morgavi et Jonathan Jenvrin. Le détail compte. Il dit que le château n’était pas un décor de visite, mais un outil de travail remis en route avant l’heure.
En parallèle, d’anciens pensionnaires sont revenus sur les lieux. Bastiaan, éliminé juste avant les demi-finales de la saison 2025. Ebony, finaliste malheureuse de la promotion 2024. Lénie et Julien Lieb, passés ensuite par Danse avec les stars. Quatre trajectoires, quatre manières de connaître le château, et une même évidence : on n’y revient jamais tout à fait en touriste.
À retenir. Le lancement officiel est fixé au samedi 10 octobre 2026, en prime time, avec Nikos Aliagas. Le before au château a eu lieu avant cette date, le temps d’un passage, d’un cours, d’un mot glissé quelque part.
Pourquoi ce mot pèse plus qu’une anecdote
Un message laissé « pour l’académicien qui le trouvera » n’est pas une déclaration de presse. C’est un geste privé dans un lieu public. Bastiaan écrit : « Hello, si tu lis ce mot, je t’invite à respirer un grand coup, regarder autour de toi et réaliser ce qui t’arrive. » La phrase est simple. Elle est aussi précise. Elle suppose que le lecteur sera déjà un peu perdu, un peu trop conscient de ce qui lui arrive, et qu’il aura besoin qu’on lui rappelle de lever les yeux.
Il poursuit : « Je sais que c’est dur, que c’est étrange, que tu te doutes, et c’est normal. » On entend là quelqu’un qui a déjà traversé la machine. Pas un coach extérieur. Pas un présentateur. Un ancien élève qui sait que le doute n’est pas un accident de parcours, mais le climat ordinaire des premières semaines.
Rappelle-toi que chanter, danser, faire du théâtre, c’est une torture… Non, c’est fun !
La chute est volontairement bancale. Elle casse le ton grave au moment où il devenait trop sage. Bastiaan ajoute encore : « Sois naïf, rigole un max, n’aie pas d’orgelet ! Je serai là à la sortie pour être une oreille. » L’orgelet, détail absurde, fonctionne comme un clin d’œil. Il empêche le mot de se transformer en leçon. Il rappelle que le château produit aussi des fatigues ridicules, des nuits courtes, des petites misères physiques qui n’ont rien d’héroïque.
Depuis sa saison, Bastiaan est apparu comme acteur dans des séries diffusées sur le service public. Le parcours n’est donc pas resté figé sur une élimination. Le mot au château dit autre chose : même après la sortie, le lieu continue d’appeler. On y revient pour laisser une trace, pas seulement pour se souvenir.
Le château comme personnage, pas comme décor
Dammarie-les-Lys n’est pas un plateau interchangeable. Les élèves y dorment, y mangent, y répètent, y attendent les évaluations. Le bâtiment impose un rythme. Les couloirs allongent les silences. Les salles de cours transforment une chanson en exercice. Quand des anciens reviennent avant l’ouverture officielle, ils ne visitent pas un monument. Ils retrouvent un emploi du temps fantôme.
Cette année, la production a aussi annoncé un dispositif plus dense, avec une immersion renforcée et un nombre de caméras nettement plus élevé qu’à l’habitude, jusqu’à une fourchette évoquée autour de quatre-vingts objectifs braqués sur le quotidien. Le paradoxe est connu : plus on filme, plus la fameuse bulle doit être protégée. Le mot de Bastiaan arrive juste avant cette tension. Il parle à un élève qui n’est pas encore filmé en continu, mais qui le sera bientôt.
Respirer. Regarder autour de soi. Réaliser. Trois verbes qui semblent modestes, et qui deviennent presque subversifs dans un lieu où l’on demande surtout de performer. Le message ne dit pas « sois le meilleur ». Il dit « comprends où tu es ». C’est une autre pédagogie, plus latérale, plus fraternelle.
Ce que les visiteurs ont vraiment fait sur place
Le before n’a pas été qu’une séance photo. Les influenceurs et streamers ont pris des cours. Chanter avec Sofia Morgavi, danser avec Jonathan Jenvrin : le geste place les visiteurs dans la position de l’élève, même pour une heure. C’est une manière de rendre le château intelligible. On ne comprend pas une salle de répétition en la regardant. On la comprend en y rataillant une phrase, en y comptant une mesure, en y sentant la fatigue dans les mollets.
Maghla apporte un autre éclairage. Son passage par Danse avec les stars la situe déjà dans l’univers des primes dansés, des duos, des notes de jury. Au château, la danse n’est pas un numéro isolé. Elle est une matière parmi d’autres, reliée au chant et au théâtre. Le contraste éclaire le métier que l’on demande aux académiciens : tenir plusieurs langages en même temps, souvent dans la même journée.
Maya, Isaak et Esra complètent le tableau d’une génération qui connaît le château par l’écran avant de le connaître par les pieds. Leur présence dit aussi quelque chose du public de 2026. La Star Academy ne s’adresse plus seulement aux téléspectateurs du samedi soir. Elle parle à des communautés qui suivent des lives, des extraits, des coulisses. Le before est donc autant une prise de contact qu’une bande-annonce humaine.
Quatre anciens, quatre mémoires du lieu
Bastiaan n’est pas revenu seul. Ebony porte la mémoire d’une finale manquée de peu en 2024. Une finale, dans ce format, n’est pas un simple classement. C’est une dernière semaine où chaque geste est déjà presque public. Revenir après cela, c’est accepter de revoir les pièces sans le bruit du prime.
Lénie et Julien Lieb ajoutent une autre couche. Leur passage ultérieur dans Danse avec les stars montre que le château n’est pas une fin de parcours, mais un sas. On en sort avec une visibilité, parfois avec un répertoire, souvent avec une manière de tenir une scène. Leur retour avant la nouvelle saison fonctionne comme un passage de témoin discret. Pas de discours. Une présence.
Bastiaan, lui, choisit l’écrit. Le choix est cohérent avec son ton : un mélange de sérieux et de décalage. Il ne donne pas de conseil technique. Il ne parle pas de justesse, de placement, de scène. Il parle du corps qui doute et de l’esprit qui ferait mieux de rire. C’est peut-être le conseil le plus difficile à appliquer une fois les caméras allumées.
| Visage du before | Lien avec le château | Ce que le passage raconte |
|---|---|---|
| Bastiaan | Éliminé avant les demi-finales 2025 | Un mot personnel, presque clandestin |
| Ebony | Finaliste 2024 | La mémoire d’une ultime semaine |
| Lénie et Julien Lieb | Anciens élèves passés par la danse TV | Le château comme tremplin, pas comme terminus |
| Maghla, Maya, Isaak, Esra | Visite et cours avec les professeurs | Le lieu rendu concret avant le prime |
La blessure de Fort Boyard, ombre sur la tournée
Le mot au château prend un relief particulier si l’on se souvient de l’été précédent. Bastiaan participait à la grande tournée de sa promotion. Un concert au Zénith de Dijon a dû se faire sans lui. La raison n’était pas un caprice d’agenda. Il s’était foulé la cheville sur le tournage de Fort Boyard.
Matthieu Grelier, qui pilote les activités musicales liées à la production, avait alors expliqué la contrainte avec une franchise rare. Ce jour-là, deux artistes ne pouvaient pas performer. Bastiaan à cause de la cheville. Une autre personne parce qu’elle était souffrante. Le show, construit comme un enchaînement serré, risquait de perdre des prestations et de devenir plus court, moins dense, moins juste.
L’épisode rappelle une vérité que les primes aiment masquer. Le corps des candidats n’est pas un accessoire. Une entorse suffit à trouer une date. Une fatigue suffit à réécrire un programme. Quand Bastiaan écrit plus tard « c’est une torture… non, c’est fun », on peut entendre l’écho de cette cheville. Le fun n’efface pas la torsion. Il la met à distance, le temps d’une phrase.
Pour les futurs élèves, la leçon est indirecte. Le château protège un peu. La tournée expose davantage. Entre les deux, il y a des semaines de travail, des évaluations, des primes, et parfois un jeu télévisé qui n’a rien à voir avec le chant et qui peut pourtant décider d’une date. Le message secret ne parle pas de tout cela. Il en porte pourtant la mémoire.
Nikos, le prime, et le moment où les noms deviennent des visages
Le 10 octobre 2026, Nikos Aliagas lancera officiellement la saison. Le geste est devenu un rite. Le présentateur n’annonce pas seulement des candidats. Il ouvre une parenthèse qui durera des semaines, avec ses évaluations, ses primes, ses départs. Pour le public, c’est le premier soir où les prénoms cessent d’être des rumeurs.
À quarante-huit heures du lancement, la liste des élèves a commencé à circuler, avec des prénoms déjà cités comme Amel, Cameron ou Zoé. Un nom sur une liste n’est encore personne. Le château se charge du reste. Il donne une chambre, un emploi du temps, un professeur, un voisin de palier. Le mot de Bastiaan s’adresse précisément à ce moment-là : celui où le nom devient un corps dans un couloir.
Il est tentant de croire que tout est déjà joué avant le premier prime. Les before, les visites, les extraits. En réalité, le château redistribue les cartes. Un élève très attendu peut se figer. Un élève discret peut trouver sa voix dans une salle trop petite pour le mensonge. Le conseil de naïveté prend ici tout son sens. Arriver avec trop de stratégie, c’est parfois arriver déjà fatigué.
Une équipe pédagogique qui change de visage
La saison 2026 ne reconduit pas tout le monde à l’identique. Après le départ de Lucie Bernardoni, Fanny Delaigue et Philippine Lavrey forment le nouveau duo de répétitrices. Philippine Lavrey a dit son impatience de découvrir les voix masculines de la promotion. La phrase est technique et affective à la fois. Elle rappelle que le château est d’abord une affaire d’oreilles.
Mosimann, de son côté, prend la direction. Il a tenu à préciser qu’il n’était pas là pour trouver des artistes qui lui plaisent à lui. La nuance est importante. Un directeur qui cherche son propre goût fabrique une saison à son image. Un directeur qui cherche des tempéraments fabrique une saison plus étrange, parfois plus juste. Les élèves qui liront le mot de Bastiaan croiseront donc une équipe en partie nouvelle, avec des réflexes encore en train de se caler.
Sofia Morgavi et Jonathan Jenvrin, déjà présents lors du before, assurent une continuité. Les visiteurs ont travaillé avec eux avant les élèves. Le château n’a pas attendu le 10 octobre pour redevenir une école. Il a recommencé plus tôt, à petite échelle, le temps d’un cours, d’un échauffement, d’une correction.
Ce que « sois naïf » veut dire dans une maison filmée
La naïveté est un mot dangereux à la télévision. On l’associe à la crédulité, au manque de recul, à la facilité avec laquelle on se fait piéger par un montage. Bastiaan l’emploie autrement. Être naïf, dans son mot, c’est accepter d’être surpris par ce qui arrive. C’est refuser d’arriver déjà blindé, déjà en train de calculer la semaine 4.
Le château de 2026 sera plus observé. Davantage de caméras, davantage de coulisses visibles, une promesse d’immersion plus large. Dans ce cadre, la naïveté n’est pas une absence de conscience. C’est une manière de ne pas passer son temps à jouer pour l’objectif le plus proche. Les anciens le savent : le candidat qui surveille sans cesse son image finit par chanter à côté de lui-même.
« Rigole un max » complète le conseil. Le rire, au château, n’est pas un bonus. C’est souvent ce qui empêche la journée de devenir uniquement une succession d’évaluations. Les promotions qui tiennent sont rarement les plus sages. Ce sont celles qui trouvent un humour interne, une langue commune, un surnom idiot pour une salle trop froide.
L’orgelet, enfin, ramène le corps. Pas le corps scénique. Le corps fatigué, un peu enflammé, un peu ridicule. Bastiaan a connu la cheville foulée. Il sait qu’un détail physique peut voler une date. Dire « n’aie pas d’orgelet », c’est souhaiter une saison sans ces petites pannes qui n’ont rien de glorieux et qui abîment pourtant le moral.
Une oreille à la sortie : la promesse la plus concrète
« Je serai là à la sortie pour être une oreille. » La phrase ferme le mot. Elle ne promet pas un feat, pas un conseil de carrière, pas une place sur une tournée. Elle promet une écoute. Après le château, les anciens deviennent parfois des repères. Pas des modèles à copier. Des gens qui savent ce que veut dire sortir un mardi, avec une valise, pendant que le prime continue sans vous.
Bastiaan a été éliminé avant les demi-finales. Ce n’est ni une finale ni un départ précoce. C’est cette zone où l’on a déjà beaucoup donné, sans atteindre la dernière ligne. Revenir ensuite sur la tournée, puis manquer Dijon à cause d’une cheville, puis laisser un mot au château : le parcours dessine une fidélité au lieu plus qu’à un classement.
Pour l’élève qui trouvera le papier, la promesse a une fonction immédiate. Elle dit que la sortie existe, qu’elle n’est pas un gouffre, et que quelqu’un qui est passé par là sera disponible. Dans un format où l’on parle surtout d’entrée, de prime, de survie hebdomadaire, rappeler la sortie est un acte de douceur.
Le théâtre, le chant, la danse : trois langages, une même fatigue
Le mot cite trois pratiques : chanter, danser, faire du théâtre. Ce n’est pas un inventaire décoratif. C’est le programme réel des journées. Le chant occupe le centre médiatique. La danse structure les tableaux. Le théâtre travaille la présence, le texte, la manière d’habiter une situation qui n’est pas la sienne. Demander aux élèves de tenir les trois, c’est leur demander de changer de muscle plusieurs fois par jour.
Appeler cela une torture, puis se reprendre, c’est décrire le double fond de l’exercice. Sur le moment, une correction peut sembler injuste. Une heure plus tard, la même correction devient le seul moyen d’entendre ce que l’on n’entendait pas. Les professeurs du before, Sofia Morgavi et Jonathan Jenvrin, incarnent cette bascule. Un cours n’est jamais seulement agréable. Il est utile parce qu’il résiste.
Les visiteurs qui ont pris ces cours avant les élèves ont donc touché, même brièvement, la matière vraie du château. Pas le lustre. Pas l’escalier. La mesure à tenir, le pas à replacer, la note à ne pas pousser. C’est peut-être pour cela que le mot de Bastiaan sonne juste. Il a été écrit dans un lieu déjà remis au travail, pas dans un château endormi.
Ce que le public verra, et ce qu’il ne verra pas
Le prime du 10 octobre montrera des visages, des premières prestations, des réactions. Il ne montrera pas forcément le mot. Un papier glissé quelque part peut rester une affaire interne, connue seulement de celui qui le trouve et de ceux à qui il en parle. C’est précisément ce qui le rend précieux. Tout n’a pas besoin d’être un contenu.
Les before, eux, nourrissent déjà les réseaux. Des cours filmés, des couloirs reconnus, des anciens revus. Le public arrive donc au prime avec une longueur d’avance émotionnelle. Il a déjà revu le château. Il a déjà entendu certains professeurs. Il manque les élèves. C’est le seul vrai suspense du samedi : qui va habiter ces pièces.
La saison promet aussi davantage de quotidien visible, entre le direct et les coulisses cadrées. La bulle protectrice reste un argument de production. Elle signifie que tout n’est pas montrable, que certaines heures doivent rester hors champ pour que le travail existe. Le mot de Bastiaan appartient à cette zone grise. Il est arrivé jusqu’à nous. Il n’était pas conçu comme une bande-annonce.
Une saison qui hérite d’une tournée encore récente
La promotion 2025 n’est pas une archive. Sa tournée vient de traverser des salles, dont le Zénith de Dijon, avec ce trou imposé par la blessure. Les nouveaux élèves arrivent donc dans un format encore chaud. Les anciens sont visibles, cités, parfois présents au château quelques jours avant eux. La comparaison sera inévitable. Elle est aussi un peu injuste. Chaque promotion invente son climat.
Bastiaan, en écrivant à un inconnu, refuse cette comparaison. Il ne dit pas « fais mieux que nous ». Il dit « respire ». Le geste désamorce la compétition entre saisons. Il la remplace par une transmission minimale : voici ce que le lieu fait au corps et à la tête, voici comment ne pas s’y perdre tout de suite.
Ebony, Lénie et Julien Lieb renforcent cette idée sans avoir besoin d’écrire. Leur simple retour dit que l’on peut quitter le château et y revenir sans drame. Le lieu n’appartient pas à une promotion. Il appartient à une succession. Le 10 octobre n’ouvre pas un nouveau monde. Il ouvre un nouveau tour.
Comment lire le mot sans le transformer en slogan
Il serait facile d’en faire une maxime. « C’est fun. » « Sois naïf. » « Rigole. » Isolées, ces formules deviennent des cartes postales. Remises dans l’ordre du texte, elles racontent autre chose. D’abord le souffle. Ensuite le regard. Ensuite l’aveu que c’est dur et étrange. Ensuite seulement la blague. Ensuite le rire. Ensuite la promesse.
L’ordre importe. Bastiaan ne commence pas par l’optimisme. Il commence par la respiration, c’est-à-dire par le corps qui est déjà là, dans la pièce, avant toute performance. C’est un conseil d’acteur autant qu’un conseil d’élève. Avant de chanter, habiter l’endroit. Avant de convaincre, voir les murs.
Le « tu te doutes » est la phrase la plus fine. Elle reconnaît que l’élève n’est pas idiot. Il a vu des saisons. Il sait ce qu’est une évaluation, un prime, un départ. Le mot ne le prend pas pour un novice absolu. Il lui dit que savoir ne suffit pas, et que le doute reste normal même quand on a tout compris à l’avance.
Dammarie-les-Lys, entre rite et routine
Pour le public, le château est un rite d’automne. On reconnaît la façade, l’allée, certaines pièces devenues célèbres à force d’être recadrées. Pour les élèves, il devient très vite une routine. Lever, cours, repas, répétition, évaluation, soirée, sommeil trop court. Le rite appartient aux téléspectateurs. La routine appartient à ceux qui y dorment.
Le before mélange les deux. Les visiteurs viennent pour le rite. Les professeurs sont déjà dans la routine. Bastiaan, lui, écrit depuis la mémoire de la routine vers quelqu’un qui va la découvrir. C’est pour cela que le papier a plus de poids qu’une story. Il anticipe le moment où le château cessera d’être beau pour devenir simplement exigeant.
Les cours donnés à Maghla, Maya, Isaak et Esra ont servi de transition. Ils ont montré que les salles fonctionnent, que les professeurs sont en place, que le geste pédagogique n’attend pas le générique. Quand les élèves arriveront, une partie du château aura déjà été réchauffée. Pas par magie. Par des heures de travail visibles seulement de ceux qui étaient là.
Ce que l’on peut souhaiter à celui qui trouvera le papier
D’abord, le trouver vraiment. Un mot secret n’existe que s’il est lu. Ensuite, ne pas le poster tout de suite. Le garder une heure. Le relire après le premier cours, quand la théorie du château aura rencontré la pratique. Ensuite, peut-être, en rire avec quelqu’un. Le mot est écrit pour être partagé à voix basse, pas forcément pour devenir un visuel.
On peut aussi lui souhaiter de ne pas avoir d’orgelet, au sens large. Pas de cheville foulée au mauvais moment. Pas de voix cassée la veille d’un prime. Pas de nuit blanche inutile. Le format produira assez de tension sans qu’il faille y ajouter les pannes du corps. Bastiaan le sait mieux que beaucoup, après Dijon.
Enfin, lui souhaiter de croire à la dernière ligne. Une oreille à la sortie. Ce n’est pas une consolation de perdant. C’est une architecture. Le château a une entrée très filmée et une sortie souvent plus silencieuse. Savoir que quelqu’un attend de ce côté-là change la manière d’habiter les semaines du milieu.
Le 10 octobre comme seuil, pas comme sommet
Le prime de lancement est un seuil. Il présente. Il ne tranche pas encore grand-chose. Les vraies bifurcations viendront après, quand les évaluations auront donné un langage commun, quand les duos auront révélé des affinités, quand le public aura commencé à choisir des visages. Le mot de Bastiaan se place avant ce seuil. Il parle au candidat du vendredi, pas encore à la personnalité du samedi.
Nikos Aliagas aura, lui, le rôle inverse. Donner des noms, installer un rythme, faire exister la promotion comme un groupe. Entre le papier trouvé dans une pièce et le prime diffusé à des millions de personnes, il y a exactement l’écart que le château a toujours organisé. L’intime d’abord. Le public ensuite. Parfois les deux en même temps, et c’est là que ça devient difficile.
Les élèves cités dans les premières listes, Amel, Cameron, Zoé et les autres, entreront dans cet écart. Leurs voix seront jugées. Leurs présences aussi. Le conseil de regarder autour de soi peut sembler naïf à côté d’un prime. Il est peut-être le seul qui reste valable le lundi matin, quand il n’y a plus de public et qu’il reste un cours.
Une mémoire courte, une maison longue
Les saisons s’enchaînent vite. 2024 avec Ebony en finale. 2025 avec Bastiaan arrêté avant les demi-finales. 2026 avec une direction nouvelle, des répétitrices nouvelles, un dispositif de tournage plus dense. Le château, lui, reste. C’est lui qui rend les messages possibles. Sans lieu stable, pas de mot à laisser. Sans continuité des murs, pas de before qui veuille dire quelque chose.
On peut donc lire le geste de Bastiaan comme un entretien minimum du lien. Pas une nostalgie. Une maintenance. Le château a besoin que des anciens y repassent, sinon il devient un décor que l’on rallume une fois par an. Les cours donnés aux visiteurs participent de la même maintenance. Ils vérifient que les salles savent encore enseigner.
Quand le 10 octobre arrivera, le papier aura peut-être déjà été lu. Ou pas. Peu importe pour le prime. Cela importera pour une personne, dans une chambre ou dans un couloir, au moment où le château cessera d’être une image pour devenir une adresse. C’est à cette échelle que le mot a été écrit. C’est à cette échelle qu’il peut encore servir.
Respirer. Regarder. Réaliser. Rire. Et savoir qu’une oreille existe de l’autre côté. Le reste, les notes, les tableaux, les départs, viendra bien assez tôt. Le château de Dammarie-les-Lys a déjà recommencé. Il attend seulement ses nouveaux habitants, et peut-être, quelque part, un lecteur.









