Imaginez un stablecoin qui passe de zéro à plus d’un milliard de dollars en moins d’un an, alors que le marché crypto tangue entre euphorie et corrections brutales. C’est exactement ce qui vient d’arriver à RLUSD, le dollar numérique émis par Ripple. Un succès qui ne doit rien au hasard, mais tout à une stratégie claire : parler d’abord aux institutions, et parler leur langage : la conformité.
Un Milliard sur Ethereum : le Chiffre qui Fait Trembler les Géants
Le 28 novembre 2025, la supply de RLUSD sur Ethereum a officiellement franché la barre symbolique du milliard de dollars. 1,026 milliard très exactement. Et quand on ajoute la partie déployée sur le XRP Ledger, on atteint 1,261 milliard de dollars. En moins de douze mois d’existence.
Pour mettre cela en perspective : nombreux sont les projets qui rêvent d’atteindre ce niveau après trois ou quatre ans d’existence. RLUSD l’a fait en un temps record, sans campagne marketing tapageuse, sans airdrop massif, simplement en misant sur la confiance et la régulation.
Pourquoi les Institutions Se Ruellent sur RLUSD
La réponse tient en trois lettres : NYDFS. Le stablecoin est émis via Standard Custody & Trust Company, une entité new-yorkaise régulée et détenue à 100 % par Ripple. Chaque RLUSD est adossé à un dollar réel, des bons du Trésor ou des équivalents de trésorerie placés dans des comptes ségrégués. Transparence totale, audits mensuels, réserves vérifiables.
Dans un secteur encore marqué par les fantômes de Terra-Luna et par les interrogations autour de certaines réserves offshore, cette approche « old school » devient un argument commercial imparable. Les fonds d’investissement, les banques privées et même certains États ne veulent plus entendre parler de « trust me bro ».
« La conformité et la confiance ne sont pas négociables quand il s’agit de finance institutionnelle »
Jack McDonald, SVP Stablecoins chez Ripple
Abu Dhabi : le Nouveau QG Stratégique de Ripple
Le 27 novembre 2025, l’Autorité de régulation des services financiers d’Abu Dhabi (FSRA) a officiellement reconnu RLUSD comme « Fiat-Referenced Token » dans la zone financière internationale ADGM. Traduction : le stablecoin peut désormais être utilisé légalement par tous les acteurs régulés du Golfe.
Cette approbation n’est pas anodine. Abu Dhabi multiplie les signaux favorables à la blockchain ces dernières années : licence crypto pour Kraken, hub Binance, fonds souverains qui investissent massivement. En choisissant le Moyen-Orient, Ripple contourne élégamment certaines lenteurs réglementaires américaines tout en se positionnant au carrefour Europe-Asie.
Et l’offensive continue : partenariats avec Bahrain Fintech Bay, discussions avancées avec d’autres régulateurs du CCG… Le message est clair : Ripple ne veut plus être seulement « la crypto des banques », mais bien le standard mondial des paiements institutionnels en dollar numérique.
Ethereum ou XRP Ledger : le Choix Cornélien des Utilisateurs
Actuellement, 81 % de la supply totale de RLUSD circule sur Ethereum, le reste sur le XRP Ledger. Ce déséquilibre apparent cache une réalité plus nuancée.
Sur Ethereum, RLUSD profite de l’effet réseau : intégration instantanée dans Aave, Compound, Uniswap, wallets MetaMask, ponts vers toutes les L2. Pour un acteur DeFi ou un fonds qui veut de la liquidité immédiate, c’est le choix évident.
Sur le XRP Ledger, les frais sont dérisoires (quelques centimes) et les transactions quasi instantanées. C’est là que se concentrent les flux de paiements transfrontaliers, l’activité historique de Ripple avec les banques et les remittance companies.
À l’heure actuelle :
– 1,026 Md$ sur Ethereum
– 235 M$ sur XRPL
– Croissance moyenne : +120 M$ par semaine depuis septembre 2025
La Concurrence Observe, Inquiète
USDT et USDC dominent toujours le marché avec plusieurs dizaines de milliards chacun. Mais leur croissance ralentit. Pendant ce temps, RLUSD affiche la courbe la plus raide jamais observée pour un nouveau stablecoin régulé.
Les points faibles des leaders sont connus : opacité pour certains, gel de fonds arbitraires, exposition à des juridictions fragiles. RLUSD arrive avec le discours inverse : transparence absolue, régulation américaine et désormais moyen-orientale, zéro historique de scandale.
Certains analystes estiment déjà que RLUSD pourrait entrer dans le top 5 des stablecoins d’ici fin 2026, voire détrôner USDC sur le segment institutionnel pur.
Et XRP Dans Tout Ça ?
Impossible de parler de RLUSD sans évoquer XRP. Le token natif du XRP Ledger a bondi de plus de 12 % sur la semaine au moment où RLUSD franchissait le milliard. Simple coïncidence ? Pas vraiment.
Plus RLUSD grossit sur le XRPL, plus le réseau devient utile, plus les validateurs gagnent en frais, plus XRP est utilisé comme réserve de valeur et collatéral. C’est l’effet de réseau que Ripple attendait depuis des années.
Des whales ont déplacé plus de 460 millions de XRP en quelques heures la semaine dernière, signe que les gros poissons repositionnent leurs pions en anticipant l’arrivée massive de liquidité institutionnelle via RLUSD.
Ce Que l’Avenir Nous Réserve
Les annonces s’enchaînent. Intégration prochaine sur Solana ? Discussions avec des banques centrales pour des pilotes CBDC ? Listing sur les plus grandes plateformes institutionnelles ? Tout est sur la table.
Ce qui est certain, c’est que RLUSD n’est plus un simple side project. Il devient le fer de lance d’une nouvelle génération de stablecoins : 100 % conformes, multi-chaînes, pensés dès le départ pour les milliards (et non les millions) de dollars qui dorment encore dans les coffres traditionnels.
Le milliard n’est qu’une étape. La question n’est plus de savoir si RLUSD va continuer à grossir, mais à quelle vitesse il va rattraper les historiques. Et surtout, qui sera le prochain à comprendre que la vraie bataille des stablecoins ne se joue plus sur la technologie… mais sur la confiance réglementaire.
Une chose est sûre : en ce 28 novembre 2025, le paysage des stablecoins vient de basculer un peu plus. Et cette fois, c’est Ripple qui tient la barre.









