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Oliver Glasner Dénonce l’Abandon de Crystal Palace Après le Départ de Guéhi

Après une nouvelle défaite, Oliver Glasner accuse ouvertement la direction de Crystal Palace de les avoir abandonnés en vendant Marc Guéhi la veille d'un match crucial. Un cri du cœur qui révèle la fracture profonde au sein du club... mais que va-t-il se passer ensuite ?

Imaginez la scène : la pelouse encore humide après un match perdu, les supporters qui quittent lentement Selhurst Park, la tête basse, et dans les entrailles du stade, un entraîneur qui ne décolère pas. Samedi dernier, après la défaite de Crystal Palace face à Sunderland, Oliver Glasner n’a pas mâché ses mots. L’Autrichien, habituellement mesuré, a lâché une charge lourde contre la direction de son club. Selon lui, les dirigeants ont purement et simplement « abandonné » l’équipe en laissant partir leur capitaine et pilier défensif, Marc Guéhi, au pire moment possible.

Cette sortie médiatique n’est pas anodine. Elle survient dans un contexte déjà très tendu pour les Eagles : dix matchs consécutifs sans victoire, une place précaire au classement et un vestiaire qui semble au bord de l’implosion. Quand l’entraîneur principal pointe du doigt ses propres dirigeants, c’est souvent le signal d’une crise profonde. Et cette fois, les mots employés par Glasner sont particulièrement durs.

Quand la direction choisit l’argent plutôt que la survie sportive

Le timing du transfert de Marc Guéhi a été l’élément déclencheur de cette colère explosive. La veille du match contre Sunderland, alors que l’équipe préparait déjà ses coups de pied arrêtés avec le Français au cœur du dispositif, la nouvelle tombe : Guéhi est transféré à Manchester City. Glasner avoue avoir été prévenu seulement le vendredi matin, à 10h30. Trop tard pour ajuster quoi que ce soit.

« On vous arrache le cœur deux fois dans la même saison, la veille d’un match », a-t-il lancé, en rappelant également le départ estival d’Eberechi Eze vers Arsenal. Pour l’entraîneur, ces départs successifs de joueurs cadres, sans renforts équivalents, équivalent à un abandon pur et simple. Il ne s’agit plus seulement d’une stratégie économique, mais d’un manque cruel de considération pour le groupe qui se bat sur le terrain.

« On a l’impression d’être abandonnés. Il n’y a aucun soutien. Tout le monde est déçu. »

Oliver Glasner après la défaite contre Sunderland

Ces mots résonnent particulièrement fort quand on sait que Glasner lui-même a déjà annoncé son départ en fin de saison. Il n’a donc plus rien à perdre en disant ce qu’il pense vraiment. Et ce qu’il pense, c’est que le club londonien traverse l’une de ses périodes les plus compliquées depuis plusieurs années.

Un vestiaire amputé et un banc rachitique

Le constat dressé par l’entraîneur est sans appel : depuis des semaines, Crystal Palace aligne des équipes réduites à 12 ou 13 joueurs valides. Sur le banc, on retrouve principalement des jeunes joueurs inexpérimentés. Les blessés s’accumulent, les suspensions tombent au mauvais moment, et les renforts ne viennent pas. Dans ce contexte, perdre son meilleur défenseur central la veille d’un match décisif relève, selon Glasner, de l’incompréhensible.

Le capitaine Marc Guéhi n’était pas seulement un joueur important sur le plan technique. Il était aussi le leader vocal, celui qui organisait la défense, motivait ses coéquipiers et incarnait la résistance dans les moments difficiles. Son départ crée un vide immense, tant sur le terrain qu’en termes de mental.

À cela s’ajoute le souvenir encore frais du transfert d’Eberechi Eze à l’intersaison. Le milieu offensif anglais, devenu l’un des joueurs les plus créatifs de Premier League, avait lui aussi été vendu sans que le club ne parvienne à compenser réellement cette perte. Deux départs majeurs en moins d’un an, pour un club qui lutte pour le maintien : le message envoyé aux joueurs est difficile à encaisser.

La fin d’une ère Glasner marquée par la frustration

Arrivé en février 2024 pour redresser une situation déjà compliquée, Oliver Glasner avait redonné de l’espoir aux supporters grâce à un style de jeu plus structuré et une intensité retrouvée. Pourtant, les résultats n’ont jamais vraiment suivi sur la durée. Aujourd’hui, à quelques mois de quitter le club, l’Autrichien semble porter le poids de tous ces échecs collectifs.

Malgré la colère, il refuse de baisser les bras. Il affirme croire fermement que l’équipe obtiendra les points nécessaires pour éviter la relégation. « Je pense que nous allons obtenir les quelques points nécessaires pour nous maintenir », a-t-il déclaré. Mais il ajoute immédiatement que les joueurs ne sont « ni contents ni satisfaits ». La motivation est là, mais le moral est en berne.

Pour Glasner, la priorité absolue reste désormais de « se battre avec ces joueurs pour renouer avec le succès ». Il se positionne comme leur leader jusqu’au bout, même si son avenir est déjà écrit. Une forme de loyauté envers un groupe qu’il estime trahi par sa propre direction.

Que reste-t-il à Crystal Palace pour survivre ?

La situation sportive est critique, mais pas désespérée. À la 13e place, le club londonien dispose encore d’une petite marge sur la zone rouge. Cependant, sans renforts significatifs en janvier et avec un calendrier qui s’annonce compliqué, chaque point devient précieux.

Le prochain mercato estival s’annonce déjà comme un tournant majeur. La question est simple : les propriétaires accepteront-ils enfin d’investir pour stabiliser l’effectif, ou continueront-ils à vendre les meilleurs éléments pour équilibrer les comptes ? La réponse à cette question conditionnera probablement l’avenir du club pour les prochaines années.

Du côté des supporters, la colère monte également. Beaucoup partagent le sentiment d’abandon exprimé par leur entraîneur. Les réseaux sociaux s’enflamment, les banderoles critiques se multiplient en tribune. L’ambiance à Selhurst Park risque d’être électrique lors des prochaines rencontres à domicile.

Les leçons d’une crise qui dépasse le terrain

Ce qui se passe à Crystal Palace n’est malheureusement pas un cas isolé dans le football moderne. De nombreux clubs de milieu de tableau se retrouvent coincés dans un cercle vicieux : vendre pour équilibrer les comptes, affaiblir l’équipe, perdre des matchs, générer moins de revenus, devoir vendre encore plus…

La particularité ici, c’est que l’entraîneur en poste a décidé de briser l’omerta. En s’exprimant aussi franchement, Oliver Glasner met une pression supplémentaire sur les actionnaires. Il oblige tout le monde à regarder la réalité en face : un club ne peut pas durablement exister en sacrifiant en permanence ses cadres sportifs.

Les semaines à venir seront décisives. Si Crystal Palace parvient à arracher un maintien in extremis, la sortie de route de Glasner sera peut-être considérée comme un électrochoc salutaire. Dans le cas contraire, elle restera comme le symbole d’un projet qui s’est effondré de l’intérieur.

Un leadership à contre-courant

Ce qui frappe dans les déclarations de l’entraîneur autrichien, c’est son refus de se cacher derrière des excuses faciles. Il ne parle pas de malchance, d’arbitrage ou de blessures. Il pointe directement une décision stratégique de la direction qu’il juge catastrophique pour l’équipe. Ce courage est rare dans un monde où les entraîneurs préfèrent généralement rester diplomates jusqu’au bout.

Glasner a choisi de terminer son mandat en étant fidèle à ses principes et à ses joueurs. Il sait que son avenir ne dépend plus de Crystal Palace, et cela lui donne une liberté de parole inhabituelle. Mais au-delà de l’aspect personnel, c’est l’image même du club qui est en jeu.

Les prochains matchs seront autant d’occasions pour les Eagles de prouver qu’ils peuvent se battre malgré tout. Pour Glasner, c’est l’ultime défi : transformer la colère en énergie positive, la frustration en solidarité. Une mission difficile, mais pas impossible.

Vers une refonte complète ?

Quel que soit le scénario final de cette saison, une chose est certaine : Crystal Palace ne pourra pas repartir sur les mêmes bases à l’été prochain. Un nouvel entraîneur arrivera probablement avec une nouvelle philosophie. Mais la vraie question concerne la vision globale du club.

Les supporters attendent des garanties : un projet sportif cohérent, des investissements raisonnables, une politique de recrutement ambitieuse. Sans cela, le risque est grand de retomber dans les mêmes travers. Et cette fois, il sera encore plus difficile de remonter la pente.

Oliver Glasner, même s’il partira, aura au moins eu le mérite de poser les bonnes questions. À la direction désormais de répondre. Pas seulement avec des mots, mais avec des actes. Le temps presse.

En attendant, le vestiaire de Crystal Palace continue de se battre. Avec un homme en moins, mais avec une détermination intacte. Du moins, c’est ce qu’espère leur entraîneur jusqu’au dernier jour.

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