Alors qu’Emmanuel Macron réunit tous les partis politiques, à l’exception de LFI et du RN, pour tenter de sceller un « pacte de non-agression », le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a appelé ses partenaires de gauche à ne pas céder à la tentation d’un gouvernement d’union nationale. Pour lui, il n’y a aucun terrain d’entente possible entre la gauche, les macronistes et LR sur des sujets clés comme les retraites, l’impôt sur la fortune ou le Smic.
Craignant l’explosion du Nouveau Front populaire (NFP), l’alliance des partis de gauche, Manuel Bompard a appelé ses partenaires « à ne pas céder aux sirènes et à la tentation d’un gouvernement d’union nationale ou d’une grande coalition ». Si des écologistes, des socialistes ou des communistes entraient dans un gouvernement qu’il présume « toujours macroniste », le patron des Insoumis prévient que LFI continuera de « combattre la politique du gouvernement ».
Le NFP va continuer à vivre avec ceux qui sont fidèles à son programme.
Manuel Bompard
Pour le coordinateur de LFI, la reconnaissance par Emmanuel Macron de la «victoire» de la gauche aux législatives aurait dû être un «préalable» à toute discussion. Il estime qu’il «ne peut pas être question de renoncer à l’abrogation de la réforme des retraites», pour laquelle «il y a une majorité à l’Assemblée» et «dans le pays». Manuel Bompard tacle au passage le Président de la République en déclarant que «pour faire des compromis, il faut être deux» mais que «Monsieur Macron ne veut rien lâcher de son pouvoir».
Cette prise de position ferme du numéro deux de LFI soulève des interrogations sur la solidité de l’alliance de gauche. Si une partie des socialistes, des écologistes ou des communistes se laissait tenter par une participation gouvernementale, cela pourrait effectivement faire voler en éclats le Nouveau Front populaire. La question de la ligne politique à adopter face à Emmanuel Macron et de la stratégie pour accéder au pouvoir risque de cristalliser les divergences au sein de la gauche.
La réunion convoquée par Emmanuel Macron va donc constituer un test pour la cohésion de la gauche. Les partenaires de LFI au sein du NFP vont devoir clarifier leur position : rester dans une opposition frontale en restant fidèles au programme commun ou accepter la main tendue du Président pour entrer au gouvernement. Un choix loin d’être anodin qui pourrait déterminer le devenir de la gauche pour les prochaines années.
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