InternationalPolitique

Netanyahu Obtient Guerre Américaine Contre Iran Sans Victoire

Netanyahu a enfin obtenu la guerre américaine contre l'Iran qu'il réclamait depuis des décennies. Pourtant six mois plus tard la situation d'Israël apparaît plus délicate qu'avant. Les analystes parlent d'échec stratégique et les sondages israéliens sont sans appel. Que s'est-il réellement passé derrière les frappes ?

Pendant des décennies, Benjamin Netanyahu a répété la même demande aux dirigeants américains successifs. Attaquer l’Iran. Affaiblir la République islamique. Empêcher ce qu’il présentait comme une menace existentielle pour Israël. Au bout du compte, il a obtenu l’engagement militaire des États-Unis. Pourtant, six mois après le début des opérations, la position israélienne semble plus fragile qu’avant. C’est le constat que dressent plusieurs analystes et chercheurs qui suivent de près la région.

Une Guerre Longtemps Réclamée Qui Change La Donne

Depuis le premier jour des hostilités, la République islamique n’a pas cédé. Elle a tenu. Elle a même riposté. Les frappes se sont portées contre des alliés des États-Unis. Des navires ont été bloqués dans le détroit d’Ormuz. Ces actions ont immédiatement pesé sur les marchés et sur la perception internationale du conflit.

Le président américain Donald Trump a lancé l’offensive le 28 février aux côtés d’Israël. Quelques semaines plus tard, face à la flambée des cours du pétrole et à la pression de l’opinion publique, il a appelé à un cessez-le-feu au mois d’avril. Ces revirements spectaculaires ont déstabilisé la posture israélienne. Ce qui devait apparaître comme une démonstration de force commune s’est transformé en une succession de messages contradictoires.

Le Constat Sévère D’Un Ancien Des Renseignements

Danny Citrinowicz, ancien membre des services de renseignement israéliens et chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale de l’université de Tel-Aviv, n’y va pas par quatre chemins. Selon lui, la stratégie d’Israël sur l’Iran constitue un échec colossal. Il reconnaît des succès opérationnels. Mais sur le plan stratégique, il estime que le bilan est négatif.

« Certes, nous avons eu des succès opérationnels, mais, sur le plan stratégique, nous avons échoué. »

Cette phrase résume le décalage entre les coups portés sur le terrain et les conséquences politiques plus larges. Les frappes ont touché des cibles importantes. Elles ont aussi ouvert de nouvelles incertitudes.

La Mort Du Guide Suprême Et Ses Conséquences Inattendues

Dès le premier jour de la guerre, les frappes américano-israéliennes ont tué le guide suprême Ali Khamenei. Pendant des années, ce dirigeant avait réprimé toute dissidence à l’intérieur du pays. Il avait aussi soutenu avec constance des ennemis d’Israël, notamment le Hamas, à l’origine des attaques du 7 octobre 2023.

Pourtant, Ali Khamenei était également perçu comme réticent à la poursuite d’un programme d’armement nucléaire à grande échelle. Cette réticence pourrait désormais disparaître. La République islamique estime avoir perdu une part importante de sa force de dissuasion conventionnelle. Dans ces conditions, la tentation de se tourner davantage vers le nucléaire devient plus forte aux yeux de certains observateurs.

Donald Trump a régulièrement ordonné de nouvelles frappes. Il a aussi annoncé une « guerre économique » contre l’Iran. Dans le même temps, le dirigeant américain s’est prononcé en faveur d’un accord qui permettrait un allègement des sanctions. Ces positions successives laissent Israël face à un dilemme clair.

Le Dilemme Israélien Face À Un Possible Nouvel Accord

Selon Danny Citrinowicz, Israël a désormais le choix entre deux options principales. Accepter un nouvel accord nucléaire qui renforcerait Téhéran, alors même que l’État hébreu avait catégoriquement rejeté l’accord de 2015 négocié sous Barack Obama. Ou tenter d’affaiblir encore l’Iran, au risque que Téhéran ne s’engage davantage dans la course à l’arme nucléaire.

Israël tente de faire les deux à la fois. Le chercheur affirme que cette approche ne fonctionnera pas. Les deux logiques s’annulent mutuellement. Un accord qui soulage les sanctions donne des moyens supplémentaires au régime. Une pression militaire accrue peut pousser ce même régime à accélérer ses efforts nucléaires pour retrouver une capacité de dissuasion.

Point de tension central : Israël rejette les accords qui renforcent Téhéran tout en cherchant à éviter une course nucléaire ouverte. Les deux objectifs se contredisent dans la pratique actuelle.

Un Sondage Qui Résonne Comme Un Avertissement

Pour 92 % des Israéliens, l’Iran a remporté le conflit ou en a tiré davantage profit qu’Israël. Ce chiffre provient d’un sondage réalisé en juin par l’Université hébraïque de Jérusalem et l’institut Agam. Il arrive quelques mois avant les élections législatives du 27 octobre. Pour le gouvernement, ce résultat sonne comme un avertissement politique clair.

L’opinion publique israélienne ne retient pas uniquement les succès tactiques. Elle regarde le bilan stratégique global. La perception d’un Iran qui tient bon et qui continue d’agir pèse lourd dans le jugement porté sur la conduite de la guerre.

Changement De Régime Ou Affaiblissement Durable

Certains observateurs soulignent que Benjamin Netanyahu n’a jamais fait d’un changement de régime en Iran un objectif explicite. Il n’a pas promis de renverser le pouvoir à Téhéran. Sa démarche s’inscrit plutôt dans une logique déjà observée à Gaza, au Liban et en Syrie.

Cette logique consiste à infliger des dégâts considérables qui permettront ensuite d’attaquer à nouveau quand le besoin s’en fera sentir. On la désigne souvent par l’euphémisme « tondre l’herbe ». L’idée n’est pas de résoudre définitivement le problème, mais de réduire régulièrement la capacité de nuisance de l’adversaire.

« Netanyahu ne voit pas cela comme une défaite. Il a obtenu une guerre directe entre les États-Unis et l’Iran, avec Israël sur la ligne de touche. »

Ces propos d’un diplomate étranger installé en Israël, rapportés sous couvert d’anonymat, éclairent une autre lecture possible. Pour le Premier ministre, le fait d’avoir entraîné Washington dans un conflit ouvert avec Téhéran constitue déjà un résultat majeur. Israël n’est plus seul face à la menace iranienne. Les États-Unis sont désormais directement engagés.

Les Ripostes Iraniennes Et Leur Évolution

Les frappes de représailles iraniennes ont fait 25 morts en Israël et quatre en Cisjordanie occupée. Ces chiffres restent limités au regard de l’intensité des opérations. Dernièrement, Téhéran a concentré ses attaques sur les pays du Golfe, là où se trouvent des bases militaires américaines.

Ce déplacement géographique des ripostes a plusieurs effets. Il touche les intérêts américains de manière plus directe. Il met sous pression les partenaires régionaux des États-Unis. Il complique aussi la gestion diplomatique du conflit pour Washington.

Une Lecture Plus Optimiste Du Bilan

Alex Grinberg, spécialiste de l’Iran au centre de recherche Turan basé aux États-Unis, propose une analyse différente. Selon lui, la guerre a considérablement affaibli l’Iran. Les infrastructures ont été détruites. Des membres du programme nucléaire ont été tués. Les dommages économiques sont considérables.

Il estime qu’Israël a bien atteint son objectif stratégique. Cet objectif consistait à priver le régime iranien de sa capacité à menacer Israël. Grinberg ne croit pas non plus à la possibilité pour Téhéran d’obtenir un accord favorable avec Washington dans le contexte actuel.

Cette lecture insiste sur les résultats matériels. Les destructions, les pertes humaines au sein du programme nucléaire et l’impact économique sont présentés comme des acquis durables. Dans cette perspective, le régime dispose de moins de moyens pour projeter sa puissance vers Israël.

Les Critiques Aux États-Unis Et Le Risque D’Isolement

Aux États-Unis, la guerre a déclenché une vague de critiques envers l’allié israélien. Ces critiques se font entendre jusque dans le camp présidentiel. L’engagement militaire et ses conséquences économiques ont nourri un débat interne. Le soutien à Israël n’est plus aussi consensuel qu’à d’autres périodes.

Cette évolution de l’opinion et des débats politiques américains constitue un élément nouveau. Israël a longtemps compté sur un appui solide et relativement stable de Washington. Les revirements de Trump et les critiques internes montrent que cet appui peut devenir plus conditionnel.

Le Poids De L’Histoire Et Des Perceptions Iraniennes

Il est difficile de mener des sondages fiables en Iran. On sait toutefois que le pays était un proche allié d’Israël sous le règne du shah, renversé lors de la révolution islamique de 1979. Cette mémoire historique existe toujours dans certains milieux.

Les manifestations antigouvernementales de janvier avaient par ailleurs révélé une forte opposition de la population iranienne au soutien apporté par le pouvoir à des groupes armés à travers le monde arabe. Une partie des Iraniens contestait déjà la politique régionale du régime avant le déclenchement de la guerre.

En avril, le ministre israélien de la Défense Israël Katz et Donald Trump avaient menacé de renvoyer l’Iran à « l’âge de pierre », en bombardant notamment des universités. Ces déclarations ont été largement diffusées. Elles contribuent à façonner l’image que certains Iraniens se font des intentions israéliennes et américaines.

Le Risque D’Une Hostilité Durable

Liora Hendelman-Baavur, chercheuse au Centre Alliance pour les études iraniennes de l’université de Tel-Aviv, met en garde contre un danger précis. Il existe un vrai risque d’hostilité durable envers Israël et les États-Unis. Ce risque est particulièrement élevé si la population retient surtout les victimes civiles et les dégâts causés au pays, plutôt que la seule élimination de hauts responsables du régime.

« Cette hostilité ne restaurera pas nécessairement la légitimité de la République islamique, mais elle pourrait compliquer les relations futures, même après que les dirigeants actuellement en place auront été remplacés. »

Cette analyse porte le regard au-delà de l’immédiat. Même si le régime actuel disparaissait un jour, la mémoire des destructions et des pertes civiles pourrait peser longtemps sur les relations entre les sociétés. L’hostilité née de la guerre ne disparaîtrait pas automatiquement avec un changement de dirigeants.

Les Succès Opérationnels Face Aux Limites Stratégiques

Les frappes ont permis d’éliminer le guide suprême. Elles ont touché des infrastructures. Elles ont affaibli certaines capacités militaires et nucléaires. Ces résultats sont réels. Ils sont reconnus même par ceux qui parlent d’échec stratégique.

Pourtant, l’Iran continue de riposter. Il bloque le détroit d’Ormuz. Il frappe des cibles dans le Golfe. Il maintient une capacité d’action. La dissuasion conventionnelle a été réduite, mais d’autres formes de pression subsistent. Le régime n’a pas été renversé. Il n’a pas non plus abandonné ses ambitions régionales.

Le blocage des navires dans le détroit d’Ormuz a un impact immédiat sur les prix de l’énergie. Cet impact a contribué à faire évoluer la position américaine. Ce que Netanyahu avait obtenu comme un engagement ferme s’est transformé en une série de décisions oscillantes. L’incertitude américaine devient elle-même un facteur de fragilité pour Israël.

La Stratégie Du « Tondre L’Herbe » Appliquée À L’Iran

La comparaison avec Gaza, le Liban et la Syrie revient souvent. Dans ces théâtres, Israël a régulièrement frappé pour réduire les capacités des groupes adverses sans chercher une victoire totale et définitive. L’objectif est de maintenir une pression permanente et de limiter les moyens de l’ennemi.

Appliquée à l’Iran, cette approche se heurte à une réalité différente. L’Iran n’est pas un petit territoire. Ce n’est pas non plus une organisation armée limitée. C’est un État avec une profondeur stratégique, une population nombreuse et des ressources significatives. Affaiblir durablement un tel acteur demande des moyens et une constance que les revirements américains rendent plus difficiles.

Netanyahu peut considérer qu’il a atteint un objectif important en impliquant directement les États-Unis. D’autres estiment que cette implication reste fragile et conditionnelle. Les critiques internes aux États-Unis et les pressions économiques montrent que l’engagement américain n’est pas illimité.

Les Élections Israéliennes Comme Horizon Politique

Le sondage de juin indiquant que 92 % des Israéliens voient l’Iran comme gagnant ou bénéficiaire arrive à un moment sensible. Les élections législatives du 27 octobre se profilent. Dans ce contexte, la perception d’un échec stratégique peut peser sur le débat politique intérieur.

Le gouvernement devra expliquer pourquoi la guerre, longtemps présentée comme nécessaire, n’a pas produit le résultat escompté aux yeux d’une large majorité de la population. Les succès opérationnels existent. Ils ne suffisent pas à convaincre l’opinion que la position d’Israël s’est améliorée.

Cette tension entre résultats militaires et jugement politique constitue l’un des points les plus délicats pour Benjamin Netanyahu. Il a obtenu la guerre américaine qu’il réclamait. Il doit maintenant gérer les conséquences de cette guerre dans un climat d’opinion défavorable.

Le Programme Nucléaire Comme Enjeu Central

La mort d’Ali Khamenei a fait disparaître un dirigeant considéré comme prudent sur la question nucléaire à grande échelle. Cette prudence relative pourrait laisser place à une approche différente. Si le régime estime avoir perdu sa dissuasion conventionnelle, le nucléaire devient une option plus attractive pour retrouver une forme de protection.

Israël se retrouve alors face à un paradoxe. Les frappes ont affaibli certaines capacités. Elles ont aussi créé les conditions d’une possible accélération du programme nucléaire. Accepter un nouvel accord pourrait freiner cette accélération, mais au prix d’un renforcement économique de Téhéran. Refuser tout accord et maintenir la pression militaire pourrait pousser dans l’autre direction.

Danny Citrinowicz souligne que tenter les deux approches en même temps n’est pas viable. Les logiques s’opposent. L’une cherche à isoler et affaiblir. L’autre ouvre la porte à un soulagement des sanctions. Israël ne peut pas efficacement poursuivre les deux voies simultanément.

Les Dommages Économiques Et Leur Portée

Alex Grinberg insiste sur les dommages économiques considérables infligés à l’Iran. Les infrastructures détruites, les pertes au sein du programme nucléaire et l’impact sur l’économie nationale sont présentés comme des résultats concrets. Dans cette lecture, le régime dispose de moins de ressources pour menacer Israël à l’avenir.

Cette vision met l’accent sur la capacité matérielle plutôt que sur la volonté politique. Un régime affaibli économiquement et militairement aurait moins de moyens d’action, même s’il conserve des intentions hostiles. La question reste de savoir combien de temps cet affaiblissement peut durer et s’il ne pousse pas le régime vers d’autres formes de menace.

Le blocage du détroit d’Ormuz montre que l’Iran conserve des leviers asymétriques. Même affaibli, il peut perturber les flux énergétiques mondiaux. Cette capacité a déjà influencé les décisions américaines. Elle reste un outil de pression important.

La Dimension Humaine Et Les Victimes Civiles

Liora Hendelman-Baavur attire l’attention sur la manière dont la guerre sera mémorisée en Iran. Si les victimes civiles et les destructions dominent le récit collectif, l’hostilité envers Israël et les États-Unis risque de s’ancrer durablement. Cette hostilité ne renforcerait pas nécessairement le régime actuel. Elle pourrait cependant empoisonner les relations futures pendant longtemps.

Les menaces de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre et les références aux bombardements d’universités s’inscrivent dans ce contexte. Elles alimentent une image de destruction indiscriminée. Même si les frappes ont ciblé des responsables du régime et des installations stratégiques, le récit des dégâts collatéraux peut l’emporter dans la mémoire collective.

Cette dimension mémorielle dépasse le cadre militaire immédiat. Elle concerne la possibilité de relations différentes dans un avenir où le régime actuel n’existerait plus. Une hostilité enracinée compliquerait toute normalisation ultérieure.

Le Soutien Aux Groupes Armés Et L’Opinion Iranienne

Les manifestations de janvier avaient déjà montré qu’une partie de la population iranienne contestait le soutien du pouvoir à des groupes armés dans le monde arabe. Cette contestation existait avant la guerre. Elle révélait un fossé entre les priorités du régime et les attentes d’une fraction de la société.

La guerre et ses conséquences pourraient modifier cette dynamique. Si la population attribue les souffrances actuelles aux actions israéliennes et américaines plutôt qu’aux choix du régime, le sentiment anti-occidental pourrait se renforcer. Le régime pourrait même tenter de capitaliser sur ce sentiment pour regagner une forme de légitimité nationale.

Inversement, si les destructions sont associées aux échecs de la politique régionale du pouvoir, la contestation interne pourrait s’amplifier. L’issue de cette bataille narrative reste ouverte. Elle dépendra en partie de la manière dont les événements seront racontés à l’intérieur du pays.

Les Alliés Des États-Unis Sous Pression

En concentrant ses ripostes sur les pays du Golfe qui abritent des bases américaines, l’Iran a choisi une stratégie précise. Il touche les intérêts de Washington sans frapper uniquement le territoire israélien. Cette approche élargit le champ du conflit et place les partenaires régionaux des États-Unis en première ligne.

Ces pays se retrouvent confrontés à des choix difficiles. Soutenir pleinement l’action américaine expose leurs territoires et leurs économies. Prendre de la distance risque de fragiliser les relations avec Washington. Le conflit israélo-iranien devient ainsi un problème régional plus large qui implique directement les monarchies du Golfe.

Cette régionalisation des ripostes complique la gestion diplomatique. Elle multiplie les acteurs concernés et les intérêts à concilier. Elle rend aussi plus difficile un cessez-le-feu durable, car les dommages ne se limitent plus à Israël et à l’Iran.

La Position De Netanyahu Face À Ses Critiques

Benjamin Netanyahu peut arguer qu’il a réalisé ce que de nombreux dirigeants israéliens avant lui n’avaient pas obtenu. Une guerre directe entre les États-Unis et l’Iran. Israël n’est plus seul. L’allié américain est engagé. Dans cette optique, le résultat est positif, même si le conflit n’est pas terminé et même si les conséquences sont complexes.

Les critiques, eux, soulignent que l’objectif n’était pas seulement d’impliquer Washington. Il s’agissait aussi d’améliorer durablement la sécurité d’Israël. Si 92 % des Israéliens estiment que l’Iran a tiré profit de la situation ou l’a emporté, cet objectif n’apparaît pas atteint aux yeux de l’opinion.

Le Premier ministre se trouve donc dans une position particulière. Il a obtenu un engagement américain historique. Il doit maintenant convaincre son propre camp et l’ensemble de la population que cet engagement a renforcé Israël plutôt que de le placer dans une situation plus délicate.

Les Incertitudes Autour D’Un Possible Accord

Donald Trump a simultanément intensifié les frappes, annoncé une guerre économique et évoqué un accord permettant un allègement des sanctions. Ces positions successives créent une zone d’incertitude. Israël ne sait pas exactement quelle ligne l’administration américaine suivra à moyen terme.

Un accord qui soulagerait les sanctions iraniennes serait difficile à accepter pour Jérusalem, compte tenu du rejet de l’accord de 2015. Une absence d’accord combinée à une pression militaire maintenue pourrait pousser Téhéran vers le nucléaire de manière plus déterminée. Les deux scénarios comportent des risques importants pour Israël.

Cette incertitude américaine s’ajoute aux difficultés stratégiques déjà identifiées. Elle rend plus complexe la planification à long terme. Elle oblige Israël à se préparer à plusieurs hypothèses contradictoires.

Un Bilan Encore Ouvert Six Mois Après

Six mois après le début des opérations, le bilan reste contesté. Certains voient un affaiblissement réel de l’Iran et un objectif stratégique atteint. D’autres parlent d’échec colossal sur le plan stratégique malgré les succès opérationnels. L’opinion israélienne, selon le sondage de juin, penche nettement vers la seconde lecture.

L’Iran a perdu son guide suprême. Il a subi des destructions importantes. Il continue pourtant d’agir. Il bloque le détroit d’Ormuz. Il frappe dans le Golfe. Il maintient une présence dans le jeu régional. La dissuasion conventionnelle a été réduite. La question nucléaire pourrait en revanche gagner en importance.

Les États-Unis ont engagé leur force militaire puis ont montré des signes d’hésitation face aux conséquences économiques et à la pression de l’opinion. Les critiques internes se font entendre. L’alliance avec Israël reste solide, mais elle n’est plus à l’abri des débats politiques américains.

Pour Benjamin Netanyahu, l’obtention de la guerre américaine représente un succès diplomatique et stratégique de longue haleine. La transformation de ce succès en amélioration durable de la sécurité israélienne n’est pas encore acquise aux yeux de nombreux analystes et d’une large majorité de l’opinion publique.

La stratégie du « tondre l’herbe » a permis d’infliger des dommages. Elle n’a pas éliminé la menace. Elle a même créé de nouvelles incertitudes, notamment autour du programme nucléaire et de l’hostilité durable potentielle au sein de la société iranienne.

Les élections du 27 octobre offriront un premier test politique de ce bilan. Le gouvernement devra défendre son action face à un sondage qui, en juin, était déjà très sévère. La manière dont les prochains mois se dérouleront influencera fortement le jugement final porté sur cette guerre longtemps réclamée.

Dans l’intervalle, Israël reste confronté à un Iran affaibli mais toujours capable d’agir, à un allié américain dont les positions évoluent, et à une opinion intérieure qui doute du résultat stratégique. Ce que Netanyahu a obtenu n’est pas encore le résultat qu’il escomptait. C’est le constat que dressent aujourd’hui plusieurs voix israéliennes et étrangères qui analysent la situation sans complaisance.

La suite dépendra des choix américains concernant un éventuel accord, de la capacité iranienne à reconstituer ses moyens, et de la manière dont les sociétés des deux côtés mémoriseront les destructions et les pertes. Six mois après le début des hostilités, la guerre a changé la donne. Elle n’a pas encore tranché définitivement la question de la sécurité d’Israël face à l’Iran.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.