Imaginez une famille réunie autour d’un deuil encore frais, cherchant à honorer la mémoire d’une femme aimée de tous, et soudain, une publication vient tout bouleverser. Un an jour pour jour après la disparition de Catherine Laborde, ancienne figure emblématique de la télévision française, les tensions éclatent au grand jour. Sa sœur, Françoise Laborde, ne cache plus sa colère face à ce qu’elle considère comme une trahison posthume.
Le 28 janvier 2025, Catherine Laborde s’éteignait à 73 ans, terrassée par la maladie à corps de Lewy, une pathologie neurodégénérative rare et impitoyable. Celle qui avait enchanté des générations de téléspectateurs avec sa douceur et son professionnalisme laissait derrière elle un vide immense. Aujourd’hui, alors que le temps devrait apaiser les blessures, un livre ravive les plaies et divise ceux qui l’ont aimée.
Un hommage qui vire au règlement de comptes
Françoise Laborde, journaliste respectée et sœur cadette de la défunte, a choisi les réseaux sociaux pour exprimer son émotion brute. Son message, publié précisément à la date anniversaire, commence par une évocation tendre des derniers instants partagés sur l’île d’Yeu. Elle décrit une scène intime, pleine de pudeur et de douceur, entourée des filles de Catherine, de proches et d’une atmosphère empreinte de respect.
Mais rapidement, le ton bascule. La tristesse laisse place à l’indignation. Françoise dénonce ouvertement l’attitude de Thomas Stern, compagnon de longue date de Catherine Laborde. Elle pointe du doigt un ouvrage récemment paru, perçu comme une exploitation opportuniste de la maladie et du décès de sa sœur.
La maladie à corps de Lewy : un combat discret et douloureux
Pour bien comprendre la profondeur de cette querelle familiale, il faut revenir sur le parcours médical de Catherine Laborde. Diagnostiquée il y a plusieurs années, elle avait choisi de vivre sa maladie loin des projecteurs. Peu d’informations filtraient, respectant son désir d’intimité face à cette affection qui altère progressivement les fonctions cognitives, motrices et émotionnelles.
La maladie à corps de Lewy combine des symptômes proches de ceux d’Alzheimer et de Parkinson. Hallucinations, fluctuations cognitives, troubles du sommeil et rigidité musculaire font partie du quotidien des patients. Catherine Laborde avait courageusement continué ses activités aussi longtemps que possible, avant de se retirer progressivement.
Son entourage a toujours insisté sur la dignité avec laquelle elle a affronté cette épreuve. C’est précisément cette dignité que certains proches estiment aujourd’hui bafouée par la publication d’un témoignage jugé trop exposé.
Le livre qui divise : un témoignage ou une provocation ?
Thomas Stern, présenté comme le compagnon fidèle de Catherine Laborde, a choisi d’écrire sur les derniers mois de sa vie commune. L’ouvrage se veut une lettre d’amour posthume, un moyen de perpétuer le souvenir de celle qu’il a aimée. Pourtant, pour la famille, ce récit dépasse les bornes de l’acceptable.
Françoise Laborde affirme que le contenu ne correspond pas à la réalité des faits tels qu’elle et les filles de Catherine les ont vécus. Elle parle d’une version déformée, embellie ou orientée, qui trahit la vérité des derniers instants. Plus encore, elle critique la promotion active de ce livre, jugée indécente sur le deuil encore récent.
« Cette façon de faire sa promotion sur ton deuil est proprement répugnante »
Extrait du message de Françoise Laborde
Ces mots forts résonnent comme un cri du cœur. Ils traduisent une blessure ouverte, celle d’une famille qui souhaitait préserver l’intimité de la mémoire de Catherine Laborde. Au lieu de cela, elle se retrouve confrontée à une narration publique qui, selon elle, profite de la notoriété de la défunte.
Les réactions des proches : entre silence et prise de parole
Les filles de Catherine Laborde, Gabrièle et Pia, partagent visiblement l’avis de leur tante. Elles ont choisi de ne pas s’exprimer publiquement pour l’instant, mais leur position transparaît à travers le message de Françoise. Ensemble, elles formaient un cercle protecteur autour de leur mère durant sa maladie.
De nombreux amis et anciens collègues de Catherine Laborde observent cette polémique avec tristesse. Beaucoup préfèrent se souvenir de la femme élégante, souriante et professionnelle qui illuminait les écrans chaque soir. Cette dispute familiale vient ternir l’image paisible qu’ils souhaitaient conserver.
Certains observateurs extérieurs soulignent toutefois le droit de chacun à témoigner de son propre vécu. Le deuil n’appartient pas exclusivement à une partie de la famille ; chaque personne proche a sa propre histoire à raconter. La question reste entière : où tracer la ligne entre hommage sincère et exploitation médiatique ?
Catherine Laborde : une carrière marquée par la lumière et la discrétion
Avant d’aborder les années sombres de la maladie, rappelons le parcours exceptionnel de Catherine Laborde. Pendant des décennies, elle a incarné la météo sur TF1 avec une grâce inégalée. Son style unique, mêlant précision scientifique et chaleur humaine, en a fait une personnalité incontournable du paysage audiovisuel français.
Elle n’était pas seulement une présentatrice ; elle était une présence rassurante dans les foyers. Les Français se souviennent de ses sourires, de ses tenues élégantes et de sa façon inimitable d’annoncer les prévisions. Même après son départ de l’antenne, elle restait une figure appréciée et respectée.
Sa retraite avait été choisie avec la même élégance que sa carrière. Peu d’apparitions publiques, une vie plus calme, jusqu’à ce que la maladie ne vienne tout bouleverser. Son combat contre la pathologie a été mené dans la plus grande discrétion, fidèle à son tempérament réservé.
Le deuil public des célébrités : un terrain miné
La mort d’une personnalité publique ouvre souvent la porte à des débats passionnés. Familles, amis, fans, médias : chacun revendique sa part de vérité. Dans le cas de Catherine Laborde, cette controverse illustre parfaitement les difficultés du deuil médiatisé.
D’un côté, le besoin de partager, de témoigner, de garder vivant le souvenir. De l’autre, le désir de protéger l’intimité, de préserver la dignité de la personne disparue. Ces deux aspirations légitimes se heurtent parfois violemment, comme ici.
- Le droit au témoignage personnel
- Le respect de la mémoire collective
- Les limites de la pudeur dans le deuil
- L’impact des publications sur les proches
- La question éthique de la monétisation du chagrin
Ces points alimentent les discussions depuis des mois. Certains défendent Thomas Stern, voyant dans son livre un acte d’amour courageux. D’autres soutiennent Françoise Laborde, estimant que certaines choses devraient rester privées.
La maladie à corps de Lewy : mieux la comprendre
Pour contextualiser cette affaire, penchons-nous sur cette maladie encore mal connue du grand public. Nommée d’après le médecin qui l’a décrite en 1912, elle se caractérise par des dépôts protéiques (les corps de Lewy) dans le cerveau.
Les symptômes varient énormément d’un patient à l’autre :
- Troubles cognitifs fluctuants
- Hallucinations visuelles fréquentes
- Syndrome parkinsonien
- Troubles du comportement en sommeil paradoxal
- Hypersensibilité aux neuroleptiques
Le diagnostic reste complexe, souvent confondu avec Alzheimer ou Parkinson. L’espérance de vie après diagnostic varie entre 5 et 8 ans en moyenne, mais peut être plus courte ou plus longue. Catherine Laborde a lutté plusieurs années, entourée d’amour et de soins attentifs.
L’impact psychologique sur l’entourage
Vivre aux côtés d’une personne atteinte de cette maladie représente un défi immense. Aidants naturels, conjoint, enfants : tous subissent un stress émotionnel considérable. Les fluctuations d’humeur, les pertes de repères, les moments d’angoisse transforment le quotidien en parcours du combattant.
Dans le cas de Catherine Laborde, son compagnon et sa famille ont dû s’adapter à cette nouvelle réalité. Les témoignages convergent sur un accompagnement aimant et dévoué. C’est précisément cette période intime que certains souhaitent protéger, tandis que d’autres ressentent le besoin d’en parler publiquement.
Les spécialistes du deuil rappellent que chaque personne traverse le processus à son rythme. Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière de vivre la perte d’un être cher. Cependant, lorsque les voies divergent publiquement, les blessures peuvent s’amplifier.
Perspectives d’avenir pour la mémoire de Catherine Laborde
Au-delà de cette polémique ponctuelle, reste la question essentielle : comment honorer dignement la mémoire d’une personnalité publique ? Certains suggèrent la création d’une fondation ou d’une association dédiée à la recherche sur la maladie à corps de Lewy, en son nom.
D’autres imaginent des hommages télévisés, des documentaires sobres ou des initiatives caritatives. L’important reste de recentrer les débats sur l’héritage positif laissé par Catherine Laborde : sa carrière exemplaire, sa bienveillance, son élégance naturelle.
Quelle que soit l’issue de cette querelle familiale, elle rappelle une vérité universelle : le deuil est une épreuve intime qui, lorsqu’elle touche une figure connue, devient parfois un spectacle malgré soi. Espérons que le temps permettra d’apaiser les cœurs et de retrouver l’unité autour du souvenir lumineux de cette femme exceptionnelle.
La vie de Catherine Laborde a touché des millions de Français. Son départ a ému, sa maladie a sensibilisé, et aujourd’hui, cette controverse rappelle que même dans la mort, la célébrité ne protège pas des tourments humains les plus profonds.
Continuons à nous souvenir d’elle pour ce qu’elle était vraiment : une communicante hors pair, une femme de cœur, une présence chaleureuse qui manque à l’écran et dans les foyers français.
« Ma Catherine… Tu restes dans nos cœurs comme un rayon de soleil, même dans l’ombre de cette polémique. »
Cette affaire dépasse le simple fait divers people. Elle interroge notre rapport à la mort, à la maladie, à la célébrité et surtout au respect dû aux disparus. Puissent les protagonistes trouver la paix et l’apaisement nécessaire pour avancer, chacun à sa manière.









