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Mexc Lance Une Carte Visa Usdt Pour Dépenser Au Quotidien

MEXC connecte enfin l’USDT aux paiements Visa, Apple Pay et à un cashback pouvant atteindre 10 %. Les frais sont offerts… mais pas pour tout le monde, ni pour toujours.

Et si l’argent numérique cessait d’attendre sagement dans un portefeuille pour payer vraiment le café, le train ou le loyer d’un serveur cloud ? Au moment où les volumes mensuels des cartes liées aux cryptoactifs ont atteint environ 759 millions de dollars en juillet, MEXC a choisi de frapper fort : une carte Visa virtuelle mondiale, alimentée en USDT, compatible avec Apple Pay et Google Pay, et assortie d’un cashback pouvant grimper jusqu’à 10 %. L’annonce, datée du 31 août 2026, arrive après une année où ce type de paiement a plus que doublé. Derrière le slogan se cache un produit précis, des plafonds élevés, des exclusions géographiques sévères et une fenêtre promotionnelle qui se referme dès le 30 septembre.

Une carte pensée pour sortir l’USDT du seul trading

Le discours de l’exchange n’est pas anodin. Le directeur général, Vugar Usi, présente la Global Card comme une pièce d’un parcours financier plus large : épargne, rendement, protection du capital, puis dépenses du quotidien. L’idée n’est plus seulement d’acheter et de vendre un actif. Il s’agit de le laisser dormir en version numérique jusqu’au moment exact du paiement. Cette promesse sonne familière dans un marché saturé de « cartes crypto ». Elle se distingue toutefois par un cocktail assez agressif : absence de frais d’émission, d’abonnement annuel et de recharge, cashback en USDT selon le statut interne, et un produit d’épargne flexible pouvant afficher jusqu’à 7 % annualisés sur l’USDT souscrit.

La carte n’est pas physique au départ. Une fois la vérification d’identité avancée validée, le support virtuel peut être activé en une à deux minutes, selon la documentation de la plateforme. On l’ajoute ensuite à un téléphone pour régler en magasin ou en ligne via les réseaux Visa. Les conversions s’appuient sur les taux Visa. MEXC affirme ne pas ajouter sa propre marge de change. Des frais de change peuvent néanmoins apparaître selon les devises et les règles du réseau. Autrement dit, la « gratuité » n’efface pas toute friction internationale.

En une phrase

Une carte Visa virtuelle alimentée par l’USDT détenu sur MEXC, pensée pour le paiement mobile, avec une fenêtre de frais d’achat à zéro jusqu’au 30 septembre 2026.

Ce que la Global Card permet réellement de faire

Le fonctionnement est simple sur le papier. L’utilisateur éligible détient de l’USDT sur la plateforme. Il demande la carte après avoir passé le contrôle d’identité avancé. Une fois approuvé, il dépense via Visa, y compris avec Apple Pay et Google Pay. Le support reste distinct de la carte APAC déjà proposée par MEXC, ainsi que de la carte cobrandée avec ether.fi. Trois produits coexistent donc, avec des grilles de frais et des plafonds différents. Confondre les trois serait une erreur de lecture.

Les plafonds de la Global Card impressionnent : jusqu’à 80 000 USDT par transaction et 1 million d’USDT par jour. Ces seuils dépassent nettement ceux de l’offre APAC, d’après le comparatif publié par l’exchange. Ils s’adressent autant à un particulier qui voyage qu’à un profil qui règle des factures élevées, des abonnements professionnels ou des achats ponctuels de gros montant. Reste à savoir si la conformité, les commerçants et les règles Visa accepteront aussi facilement ces volumes dans toutes les géographies ouvertes.

Le financement reste centralisé. La carte puise dans l’USDT conservé sur l’exchange, pas dans un portefeuille auto-conservé. Ce choix accélère l’expérience : pas d’attente d’une carte plastique, pas de pont technique complexe. Il concentre aussi le risque. Si le compte est gelé, si la plateforme restreint un pays, ou si un utilisateur veut quitter l’écosystème, la carte suit le destin du compte. Ce n’est pas un détail cosmétique. C’est le vrai contrat implicite du produit.

Cashback en USDT : 4 %, 6 % ou 10 %, mais jamais pour tout le monde

Le nerf marketing de l’offre, c’est le cashback. Il n’est pas uniforme. Il dépend du statut VVIP et d’un M-Score calculé à partir d’activités internes : trading, souscriptions Earn, tâches de plateforme. Le niveau Standard offre 4 % avec un plafond mensuel de 100 USDT. Le niveau Premier grimpe à 6 % et 300 USDT. Le niveau Elite affiche 10 % jusqu’à 800 USDT par mois. Le taux retenu est celui du statut VVIP observé le dernier jour du mois calendaire. Le versement arrive ensuite sur le compte spot, le 15 du mois suivant.

Cette mécanique récompense la fidélité autant que la dépense. Un utilisateur occasionnel verra 4 %. Un profil très actif pourra viser le haut du barème. Les remboursements et les annulations peuvent réduire la récompense finale. Certaines catégories de commerçants sont exclues. Le taux affiché n’est donc pas un droit automatique sur chaque ticket de caisse. C’est un programme conditionnel, recalculé chaque mois, avec un calendrier de distribution décalé.

Niveau Cashback Plafond mensuel
Standard 4 % 100 USDT
Premier 6 % 300 USDT
Elite 10 % 800 USDT

Un calcul rapide aide à garder les pieds sur terre. À 4 % et 100 USDT de plafond, le programme « sature » autour de 2 500 USDT de dépenses éligibles. À 10 % et 800 USDT, il faut 8 000 USDT de tickets acceptés pour toucher le maximum. Au-delà, le cashback ne suit plus. Les gros volumes quotidiens autorisés par la carte ne se traduisent donc pas en récompenses illimitées. Le marketing parle de 10 %. L’arithmétique parle de plafonds.

Frais offerts… jusqu’à une date très précise

Jusqu’au 30 septembre 2026, MEXC annonce l’absence de frais d’achat. Après cette date, le tarif démarre à 1 %, d’après la grille publiée. Il n’y a pas de frais d’émission, pas de cotisation annuelle, pas de frais de recharge. Sur le papier, la période de lancement est généreuse. Elle dure moins d’un mois après l’annonce du 31 août. Les utilisateurs qui hésitent trop longtemps paieront le basculement tarifaire.

Le 1 % n’est pas anodin quand on le compare au cashback. Un profil Standard à 4 % conserve une marge apparente. Un profil qui multiplie les devises étrangères, les commerçants exclus ou les remboursements peut voir cette marge fondre. Visa applique ses propres taux. Des frais de change peuvent s’ajouter. La communication insiste sur l’absence de markup interne. Elle ne promet pas l’absence totale de coût de conversion. Lire les deux phrases ensemble évite les mauvaises surprises au moment du relevé.

Cette fenêtre courte a une logique commerciale évidente. Elle accélère les demandes pendant que le sujet est chaud. Elle crée aussi une file d’attente mentale : faut-il activer la carte maintenant pour tester à frais nuls, ou attendre de voir si le réseau de commerçants et le service client tiennent la route ? Les early adopters gagneront le mois de septembre. Les autres jugeront le produit à son vrai prix, celui d’octobre.

Un livret Earn à part, jusqu’à 7 % sur l’USDT souscrit

Parallèlement à la carte, MEXC propose un produit d’épargne flexible via Earn. Les titulaires peuvent souscrire de l’USDT éligible et viser jusqu’à 7 % annualisés, avec une promesse de rachat sans période de blocage. Le point crucial, trop souvent écrasé dans les résumés, est celui-ci : le taux ne s’applique pas automatiquement au solde disponible pour payer. Il concerne l’USDT volontairement placé dans Earn. Cashback et rendement sont calculés séparément.

Cette séparation a deux lectures. La première est prudente : on ne mélange pas liquidité de paiement et capital productif. La seconde est commerciale : on invite l’utilisateur à fragmenter son USDT entre ce qu’il dépense et ce qu’il « fait travailler ». Un solde trop généreusement placé dans Earn n’est plus aussi disponible pour un achat surprise, même si le discours insiste sur l’absence de lock-up. La fluidité dépendra de la vitesse réelle de rachat, pas seulement de la brochure.

Nous voulons que les utilisateurs voient les actifs numériques non pas simplement comme un outil d’investissement, mais comme une partie d’un parcours financier complet, de l’épargne et des produits de rendement jusqu’aux solutions à capital protégé et, au bout du chemin, aux dépenses de tous les jours.

Vugar Usi, directeur général de MEXC

La citation dessine une ambition de banque parallèle, sans en porter le nom. Carte, rendement, vérification d’identité, plafonds élevés : le vocabulaire se rapproche de celui d’un établissement de paiement. Le cadre juridique, lui, reste celui d’une plateforme crypto soumise à des listes de pays interdits, révisables selon la conformité. L’écart entre le récit « parcours financier complet » et la réalité réglementaire mérite d’être gardé en tête.

Pourquoi ce lancement arrive maintenant

Le timing n’est pas un hasard. Une analyse sectorielle d’août, s’appuyant sur des données Paymentscan, situe le volume mensuel des cartes de paiement crypto à 759 millions de dollars en juillet 2026, contre 306 millions un an plus tôt. Lorsque le suivi a commencé, en octobre 2023, le volume mensuel était inférieur à un million. En trois ans, le marché est passé de l’anecdote à une habitude mesurable. Près de 9 millions d’achats ont été recensés en juillet, contre environ 5,2 millions un an plus tôt. Le ticket moyen tourne autour de 86 dollars.

Les stablecoins dominent ce flux. USDC et USDT représenteraient ensemble 84 % des dépenses suivies. Ce chiffre explique le choix de MEXC mieux qu’un discours de marque. L’USDT n’est plus seulement une paire de trading. C’est devenu le carburant le plus fréquent des cartes. Qui contrôle un solde USDT important a donc intérêt à le rendre dépensable sans conversion manuelle vers une banque traditionnelle. La Global Card s’insère exactement dans ce geste.

D’autres acteurs ont déjà tracé la voie. Fold a commencé à délivrer une carte de crédit Bitcoin à une partie de sa liste d’attente, avec une récompense de base de 1,5 % en bitcoin et des offres pouvant aller jusqu’à 4 %, également compatible Apple Pay et Google Pay. Western Union a lancé en août une Stablecard avec Rain, pour détenir et dépenser le stablecoin USDPT via Visa, d’abord dans 37 marchés, avec un objectif de plus de 60 d’ici la fin 2026. Visa elle-même a testé, dès mai, un pilote avec WeFi pour relier des soldes auto-conservés à son réseau de commerçants, sur des marchés sélectionnés d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine.

Dans ce paysage, MEXC n’invente pas la catégorie. Il tente d’y entrer avec un cashback plus spectaculaire, des plafonds plus hauts et une intégration étroite à son compte spot. La bataille ne se joue plus sur l’existence d’une carte. Elle se joue sur le taux réel après frais, la couverture géographique, la fiabilité des autorisations et la confiance dans la plateforme qui détient les fonds.

Les États-Unis restent à la porte, et ce n’est pas un détail

Malgré l’immensité du réseau Visa aux États-Unis, les résidents américains ne peuvent pas demander la Global Card. La documentation d’éligibilité place les États-Unis sur une liste noire, aux côtés notamment de la Chine, de l’Inde, de l’Indonésie, de la Turquie et de la Russie. L’éligibilité repose sur un justificatif de domicile. La plateforme invite chacun à vérifier la liste actuelle avant de postuler, car elle peut évoluer selon les exigences légales.

Cette restriction coupe MEXC d’un marché où d’autres cartes existent déjà. MetaMask, par exemple, a déployé une carte de débit liée à Mastercard dans 49 États américains dès février, permettant de dépenser des actifs depuis un portefeuille auto-conservé via Apple Pay et Google Pay. L’exchange principal de MEXC exclut déjà les résidents américains de ses services. La carte prolonge cette ligne plutôt qu’elle ne l’assouplit. Le produit « mondial » l’est donc surtout pour les juridictions que la conformité accepte, pas pour la carte du monde entière.

Pour les profils éligibles, le parcours reste court : vérification avancée, décision, activation virtuelle immédiate. La disponibilité des services dépend toutefois du pays de l’utilisateur. Un même statut VVIP ne garantit pas les mêmes usages partout. Les listes d’exclusion, les plafonds locaux éventuels et les refus de commerçants viendront tester la promesse d’un paiement « comme une carte classique ».

Comment lire les limites de 80 000 et d’un million d’USDT

Un plafond quotidien d’un million d’USDT attire l’œil. Il signale que MEXC ne vise pas seulement le panier moyen de 86 dollars observé sur le marché des cartes crypto. Il ouvre la porte à des règlements d’entreprise, à des voyages haut de gamme, à des achats d’équipements, peut-être à des transferts de trésorerie déguisés en dépenses. Visa et les banques acquéreuses ont leurs propres filtres anti-fraude. Un plafond interne élevé n’oblige personne, côté commerçant, à accepter sans friction un paiement de 80 000 USDT.

Comparer avec la carte APAC de la même maison aide à comprendre la segmentation. MEXC insiste : les deux produits restent séparés. Frais différents, limites différentes, publics différents. La Global Card est le vaisseau amiral des gros tickets. L’offre régionale conserve sa logique locale. Ajouter la carte cobrandée ether.fi crée un rayonnage à trois étages. L’utilisateur devra choisir selon son pays, son besoin de plafonds et son appétit pour un écosystème plutôt qu’un autre.

La vérification d’identité avancée n’est pas un caprice. Elle conditionne l’accès. Sans elle, pas de carte. Avec elle, le compte se rapproche encore davantage d’un dossier bancaire : adresse, identité, historisation des flux. Ceux qui cherchaient dans le crypto un anonymat de paiement trouveront ici l’inverse. La carte Visa mondialisée est un instrument de traçabilité autant qu’un instrument de liberté d’achat.

Ce que le cashback ne dit pas tout de suite

Le M-Score et le VVIP transforment une carte de paiement en programme de fidélité interne. Plus on trade, plus on souscrit à Earn, plus on accomplit de tâches, plus le taux potentiel grimpe. La carte n’est donc pas isolée. Elle irrigue le reste de la plateforme et en dépend. Un utilisateur qui ne veut que payer son quotidien sans augmenter son activité de trading restera probablement au palier Standard. Le 10 % n’est pas un tarif public. C’est un étage réservé.

Le calendrier de versement ajoute une dose de patience. On dépense en septembre, on est jugé sur le statut du 30 septembre, on reçoit le 15 octobre. Entre-temps, un remboursement peut rogner la base. Une rétrogradation de statut en fin de mois peut faire basculer le taux. Cette architecture rappelle moins une carte bancaire classique qu’un programme miles dont les règles se relisent chaque trimestre. Lire la documentation des récompenses avant d’imaginer un rendement net est le geste le plus adulte que l’on puisse conseiller.

Les catégories marchandes exclues resteront un point de vigilance. Voyages, jeux, certains services numériques ou intermédiaires financiers se retrouvent souvent hors des programmes de ce type. Tant que la liste n’est pas relue ticket par ticket, le taux affiché reste une moyenne théorique. Le bon réflexe consiste à tester un mois à petit volume, puis à comparer le cashback réellement crédité avec la somme des paiements éligibles.

Apple Pay et Google Pay : le vrai test du quotidien

Sans paiement mobile, une carte virtuelle reste un numéro à taper en ligne. Avec Apple Pay et Google Pay, elle prétend entrer dans le métro, la boulangerie, l’aéroport. C’est là que se joue l’adoption. Les volumes de juillet le montrent : des millions de petits tickets, pas seulement quelques virements spectaculaires. Si l’autorisation passe aussi vite qu’une carte bancaire habituelle, la Global Card devient un réflexe. Si les refus se multiplient chez certains commerçants, elle redevient un gadget pour achats en ligne sélectionnés.

Le réseau Visa porte la conversion. L’utilisateur pense en USDT. Le commerçant encaisse dans sa devise. Entre les deux, le taux du réseau et d’éventuels frais de change font le travail. MEXC insiste sur l’absence de markup additionnel. Cette phrase rassure. Elle ne dispense pas de regarder le montant final affiché par la banque du commerçant ou par le ticket. Sur un voyage de deux semaines, l’écart se voit. Sur un café, il se dissout. Le produit sera jugé sur les deux échelles.

La virtualité accélère le lancement et réduit les coûts logistiques. Elle prive aussi l’utilisateur d’un objet de secours si le téléphone tombe à plat. Certaines personnes attendront une version plastique. D’autres, déjà habituées à ne plus sortir de carte physique, n’y verront aucun manque. Le choix initial de MEXC est clair : d’abord le téléphone, ensuite éventuellement le reste. Rien dans l’annonce du 31 août n’en fait une carte en PVC prioritaire.

Autour de la carte, une plateforme qui élargit ses habitudes

Plus tôt en août, MEXC a enrichi son offre RealStocks : versements récurrents, suivi de portefeuille, outils liés à des actions américaines tokenisées, avec une exposition à des titres associés à des sociétés comme Nvidia et Tesla pour les utilisateurs éligibles. La carte n’arrive donc pas seule. Elle s’ajoute à une tentative plus large de recouvrir épargne, actions tokenisées et paiement. Le récit d’entreprise devient cohérent : garder l’utilisateur à l’intérieur du même compte, de l’investissement jusqu’au terminal de paiement.

Cette stratégie a un avantage : moins de frictions entre produits. Elle a un coût : une concentration du risque opérationnel et de conformité. Plus l’utilisateur place d’usages dans le même silo, plus une restriction de compte devient un événement de vie. Ceux qui aiment séparer banque, courtier et exchange liront la Global Card comme une option parmi d’autres. Ceux qui veulent un seul tableau de bord y verront une simplification bienvenue.

Le marché des cartes crypto, lui, n’attend personne. Les 759 millions de juillet resteront un cliché daté dès que le mois suivant sera publié. La trajectoire depuis 2023 suggère une habitude qui s’installe, portée par les stablecoins. Chaque nouvel émetteur ajoute de la concurrence sur les taux, les plafonds et les pays ouverts. Le cashback à 10 % fait la une. La durée de ce taux, la stabilité des règles et la qualité des autorisations feront la suite.

À qui ce produit s’adresse vraiment

Le candidat idéal n’habite pas aux États-Unis, ni dans les autres pays listés comme interdits. Il a déjà un compte MEXC, accepte la vérification avancée, détient de l’USDT et prévoit de dépenser régulièrement. S’il est déjà actif sur la plateforme, le palier Premier ou Elite devient imaginable. S’il ne trade presque jamais, il devra juger si 4 % après la fin de la promotion, puis 1 % de frais d’achat, restent compétitifs face à une carte bancaire classique ou à une autre carte crypto.

Le candidat fragile, à l’inverse, est celui qui voit le 10 % sans lire le plafond, le calendrier et les exclusions. Ou celui qui place tout son USDT dans Earn en croyant pouvoir payer et capitaliser sur le même euro numérique au même instant. Ou encore celui qui vit dans une zone grise d’éligibilité et découvre trop tard qu’un justificatif d’adresse le classe hors jeu. Le produit est lisible. Il n’est pas universel.

Entre les deux, il y a le voyageur éligible qui veut garder ses stables jusqu’au paiement, le indépendant qui encaisse en crypto et règle des outils en ligne, le profil VVIP qui transforme déjà son activité interne en avantages. Pour eux, septembre 2026 est une fenêtre d’essai à frais d’achat nuls. Après le 30, le jugement deviendra comptable.

Avant de demander la carte

  • Vérifier le pays sur la liste d’exclusion actualisée.
  • Prévoir la vérification d’identité avancée et un justificatif d’adresse.
  • Séparer mentalement solde de paiement et USDT placé dans Earn.
  • Noter la date du 30 septembre pour les frais d’achat à 0 %.
  • Relire les catégories de commerçants exclues du cashback.

Ce que cette carte dit du marché en 2026

Trois ans après des volumes quasi nuls, dépenser un stablecoin avec une carte n’est plus une expérience de laboratoire. C’est un flux de centaines de millions de dollars par mois, porté par des tickets modestes et des millions de transactions. Les réseaux historiques, Visa en tête, ne regardent plus ces produits de loin. Ils les testent, les cobrandent, les cadrent. Les exchanges, les fintechs de transfert d’argent et les portefeuilles auto-conservés se disputent le même geste : transformer un solde numérique en autorisation chez un commerçant.

Dans cette course, le messaging de MEXC est révélateur. On n’y parle plus seulement de liquidité de trading. On parle de voyage financier, de rendement, de dépense. Le vocabulaire se banalise. C’est précisément ce qui rend le sujet intéressant pour un public plus large que les traders. Une carte qui s’ajoute à Apple Pay n’a pas besoin d’expliquer la blockchain à la caisse. Elle a besoin que le terminal dise oui.

Reste la question de confiance. Une carte alimentée par un solde hébergé sur un exchange concentre trois risques : marché de l’USDT, disponibilité de la plateforme, règles du réseau de cartes. Les disperser demanderait un modèle auto-conservé, du type de ceux que d’autres acteurs expérimentent. MEXC a choisi la vitesse et l’intégration. C’est un choix de produit, pas une loi de la nature. D’autres modèles continueront de coexister.

Les points de vigilance à garder sous les yeux

Premier point : la promotion est courte. Le 30 septembre n’est pas une formule de style. C’est une date de bascule tarifaire. Second point : le cashback maximal n’est pas le cashback médian. Troisième point : les États-Unis et plusieurs grands pays restent fermés. Quatrième point : les plafonds élevés ne garantissent pas l’acceptation d’un paiement élevé. Cinquième point : Earn et carte ne partagent pas magiquement le même euro.

On peut ajouter un sixième réflexe, plus discret. Les règles d’éligibilité peuvent bouger. La plateforme le dit elle-même : la liste des juridictions se révise selon le droit et la conformité. Demander une carte aujourd’hui n’écrit pas un droit perpétuel. Voyager, déménager, changer de justificatif d’adresse peut modifier le statut. Une carte « mondiale » reste un produit localement autorisé.

Enfin, comparer. Fold, Western Union, les pilotes Visa, les cartes de portefeuilles auto-conservés : le rayon s’allonge. Un taux de 10 % plafonné à 800 USDT peut battre un 1,5 % en bitcoin… ou perdre une fois les frais d’achat, les exclusions et la géographie pris en compte. Le bon article n’est pas celui qui couronne un vainqueur le jour du communiqué. C’est celui qui donne une grille pour juger dans trois mois, quand les relevés seront là.

Une adoption qui se jouera ticket après ticket

Le lancement du 31 août 2026 ne transforme pas à lui seul le rapport des particuliers à l’USDT. Il ajoute une rampe. Si les paiements mobiles passent, si le cashback arrive bien le 15 du mois suivant, si le 1 % d’octobre ne fait pas fuir, la Global Card peut s’installer dans les habitudes d’une partie des utilisateurs éligibles. Si les refus de transaction, les listes de pays et les plafonds de récompense déçoivent, elle rejoindra la longue file des cartes annoncées plus vite qu’elles n’ont été utilisées.

Le marché, lui, a déjà choisi une direction. Les stablecoins paient. Les cartes servent de pont. Les réseaux historiques acceptent de jouer le rôle d’interprète entre un solde numérique et un commerçant en monnaie locale. MEXC entre dans cette conversation avec un argument de rendement et de plafond. Aux utilisateurs de vérifier, pays par pays, ticket par ticket, si la conversation se traduit en autorisation verte au moment de payer.

En attendant, septembre offre une période d’observation grandeur nature : frais d’achat suspendus, marketing au maximum, règles encore fraîches. C’est le bon moment pour lire la documentation, pas seulement le chiffre de 10 %. Le reste se jouera le 15 du mois suivant, quand le cashback réel atterrira sur le compte spot, ou n’atterrira pas tout à fait comme prévu.

Repères utiles pour suivre le dossier

La Global Card de MEXC est une carte Visa virtuelle financée en USDT, compatible Apple Pay et Google Pay, sans frais d’émission, d’abonnement annuel ni de recharge. Les frais d’achat sont offerts jusqu’au 30 septembre 2026, puis démarrent à 1 %. Le cashback va de 4 % à 10 % selon le statut VVIP et le M-Score, avec des plafonds de 100, 300 ou 800 USDT par mois, versés le 15 du mois suivant. Earn peut servir jusqu’à 7 % annualisés sur l’USDT volontairement souscrit, sans se confondre avec le solde de paiement.

Les plafonds d’usage atteignent 80 000 USDT par opération et 1 million par jour. La carte est distincte de l’offre APAC et de la carte cobrandée ether.fi. Les résidents américains, comme ceux de plusieurs autres pays, ne peuvent pas postuler. Le contexte de marché montre 759 millions de dollars de volume mensuel pour les cartes crypto en juillet, des tickets moyens autour de 86 dollars, et une domination des stablecoins. Ces chiffres expliquent le lancement. Ils ne garantissent pas le succès d’un produit particulier.

Ceux qui écriront la suite ne seront ni les communiqués ni les tableaux de cashback. Ce seront les millions de petits paiements qui, chaque mois, décident si un solde USDT mérite de quitter l’écran de trading pour rejoindre le terminal d’un commerçant. La carte de MEXC vient d’entrer dans cette file. Elle n’en a pas encore atteint la caisse.

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