Imaginez-vous au cœur de Venise, où les gondoles glissent silencieusement sur les canaux, mais où, à quelques pas, une foule vibrante de milliers de personnes scande des messages de paix et de justice. En marge de la prestigieuse Mostra de Venise, un événement a marqué les esprits : une manifestation massive pour dénoncer les violences à Gaza. Cet élan de solidarité, mêlant artistes, cinéastes et citoyens, a transformé le festival en un espace de réflexion sur les droits humains. Comment un rendez-vous dédié au cinéma peut-il devenir une tribune pour une cause mondiale ?
Quand le cinéma rencontre l’activisme
La Mostra de Venise, l’un des festivals de cinéma les plus prestigieux au monde, est connue pour ses tapis rouges glamour et ses avant-premières mondiales. Mais en 2025, elle a pris une dimension nouvelle. En parallèle des projections, une manifestation d’envergure a réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de la cité lagunaire. Organisée par des groupes progressistes de la région vénitienne, cette marche a brandi des drapeaux palestiniens et des pancartes réclamant un boycott d’Israël et la fin des violences à Gaza. Ce n’était pas une simple protestation : c’était un cri du cœur, amplifié par la présence d’artistes internationaux.
Une mobilisation portée par des voix influentes
Le festival a vu des figures du cinéma s’engager ouvertement pour la cause palestinienne. Lors d’une soirée sur le tapis rouge, une réalisatrice marocaine et son mari cinéaste ont capté l’attention en brandissant une pancarte sobre mais puissante : “Stop the genocide in Gaza”. Ce geste, loin d’être isolé, a été suivi par d’autres. Un cinéaste grec, lors d’une conférence de presse, arborait discrètement un pin’s aux couleurs de la Palestine, ajoutant une touche symbolique à la présentation de son film Bugonia. Ces actes, bien que symboliques, ont donné une visibilité considérable à la cause.
“L’objectif était de placer Gaza et la Palestine au centre de l’attention publique à Venise, et c’est ce qui s’est produit.”
Fabiomassimo Lozzi, membre du collectif Venice4Palestine
Ces initiatives ne sont pas passées inaperçues. Elles ont amplifié le message d’un collectif nommé Venice4Palestine, qui a mobilisé des milliers de signataires, dont des noms prestigieux du cinéma mondial. Ce groupe, fondé par dix cinéastes italiens indépendants, a publié une lettre ouverte dès l’ouverture du festival, exhortant la Mostra à prendre position contre la guerre à Gaza, déclenchée après l’attaque du Hamas en octobre 2023.
Un festival sous pression
Face à cet appel, le directeur du festival, Alberto Barbera, a tenu à clarifier la position de la Mostra. Sans prendre de stance politique directe, il a reconnu la gravité de la situation à Gaza tout en affirmant que l’événement se voulait avant tout un espace culturel. Cette réponse, bien que mesurée, n’a pas satisfait tout le monde. Pour les manifestants et les membres de Venice4Palestine, le silence institutionnel ne suffit pas. Ils souhaitent que le festival devienne une plateforme active pour dénoncer les injustices.
La lettre ouverte de Venice4Palestine a recueilli 2 000 signatures, incluant des réalisateurs comme Guillermo del Toro et Ken Loach.
Ce mouvement a également trouvé un écho dans la programmation du festival. Un film particulièrement attendu, The Voice of Hind Rajab, réalisé par la Franco-Tunisienne Kaouther Ben Hania, sera projeté. Ce long-métrage retrace l’histoire tragique d’une fillette tuée à Gaza en janvier 2024, alors qu’elle tentait d’échapper aux bombardements. Les enregistrements de son appel désespéré aux secours, intégrés au film, ont bouleversé le monde entier lors de leur diffusion. Ce choix de programmation illustre comment le cinéma peut devenir un vecteur de mémoire et de sensibilisation.
Le cinéma comme miroir des luttes
Pourquoi un festival de cinéma devient-il le théâtre d’une telle mobilisation ? Le cinéma, par sa portée universelle, a toujours été un espace où les luttes sociales trouvent une voix. À Venise, les artistes ont saisi cette opportunité pour rappeler que l’art ne peut rester indifférent face aux crises humanitaires. La Mostra n’est pas seulement un lieu de célébration du septième art : elle est aussi un carrefour où se croisent des idées, des convictions et des combats.
Les pancartes brandies dans les rues de Venise portaient des messages clairs : fin des violences, justice pour Gaza, boycott d’Israël. Ces slogans, portés par une foule diverse, ont résonné dans toute la ville, attirant l’attention des médias internationaux. Mais au-delà des slogans, c’est l’émotion brute qui a marqué les esprits. Les drapeaux palestiniens flottant au vent, les voix unies dans un même élan, ont transformé la lagune en un symbole de résistance.
Un impact au-delà des écrans
La manifestation de Venise n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans un mouvement mondial de solidarité avec la Palestine, où les artistes jouent un rôle clé. En rejoignant cette cause, les cinéastes présents à la Mostra ont donné une visibilité accrue à un conflit qui continue de diviser l’opinion publique. Leur engagement montre que l’art peut être un catalyseur de changement, même dans un cadre aussi glamour que celui d’un festival de cinéma.
Actions marquantes | Impact |
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Pancarte sur le tapis rouge | Visibilité mondiale via les médias |
Pin’s palestinien | Symbole discret mais puissant |
Lettre ouverte de Venice4Palestine | Mobilisation de 2 000 signataires |
L’impact de ces actions dépasse les frontières de Venise. En plaçant la question palestinienne sous les projecteurs, les manifestants et les artistes ont réussi à faire de la Mostra un espace de dialogue. Mais la question demeure : un festival peut-il, et doit-il, prendre position dans un conflit aussi complexe ? Pour les organisateurs de la manifestation, la réponse est claire : le silence n’est pas une option.
Un appel à l’action mondiale
La mobilisation à Venise est un rappel que les crises humanitaires ne peuvent être ignorées, même dans les cercles les plus prestigieux. Les artistes, en utilisant leur plateforme, ont donné une voix à ceux qui souffrent à des milliers de kilomètres. Le film The Voice of Hind Rajab en est un exemple poignant. En racontant l’histoire d’une enfant victime de la guerre, il force le spectateur à regarder la réalité en face, sans détour.
La Mostra de Venise 2025 restera dans les mémoires non seulement pour ses films, mais aussi pour son rôle dans l’amplification d’un message universel : la paix et la justice sont des combats qui transcendent les frontières. En attendant, les drapeaux continuent de flotter, les pancartes de s’élever, et les voix de résonner. À Venise, l’art et l’activisme se sont unis pour ne pas oublier.