Face à la menace grandissante du Rassemblement national, le président Emmanuel Macron tire la sonnette d’alarme. Invité mardi soir sur France 2 et Radio France, il a mis en garde contre l’effritement du « Front républicain », cette union sacrée des forces démocratiques face à l’extrême droite. Un avertissement solennel à l’aube d’échéances électorales cruciales.
Un « chèque en blanc » qui ne se reproduira pas
Si Emmanuel Macron salue « l’esprit de responsabilité » des Français qui ont choisi de ne pas confier les rênes du pays au RN lors des dernières législatives, il prévient néanmoins : « Leur responsabilité est immense parce que les Français ne feront pas deux fois ce chèque. » Une manière d’appeler les forces politiques à dépasser leurs clivages pour construire une majorité de projets, au-delà du simple rejet du RN.
Le spectre d’une majorité RN à l’Assemblée
Car le danger est là, bien réel. Avec 11 millions d’électeurs ayant choisi le parti nationaliste le 7 juillet dernier, le président reconnaît qu’il faut « prendre toute sa part » dans ce score et « respecter » ce message. Un constat alarmant qui traduit, selon lui, le « malaise des sociétés occidentales et en particulier des sociétés européennes. »
Légitimité démocratique du RN : un défi pour la République
Mais comment composer avec cette nouvelle donne ? Si Emmanuel Macron se dit « choqué » par le refus de certains députés de gauche de serrer la main au benjamin RN de l’Assemblée, il estime qu’exclure le parti à la flamme du bureau de l’Assemblée n’est « pas une bonne chose », au nom de leur « légitimité ». Un dilemme démocratique épineux pour celui qui s’était engagé en 2017 à ce qu’aucun Français n’ait « de raison » de voter pour l’extrême droite.
Il n’y a pas de sous-député.
Emmanuel Macron
L’appel à la responsabilité des forces politiques
Face à ce défi, le président en appelle à la responsabilité de toutes les forces politiques. Celles qui ont permis de faire barrage au RN doivent maintenant, selon lui, se montrer à la hauteur et ne pas « revenir au monde d’avant ». Un appel à refaçonner le paysage politique autour d’une majorité de projets, seule à même de répondre durablement aux causes profondes du vote RN.
Car pour Emmanuel Macron, l’enjeu est de taille. Si le « Front républicain » s’effrite, c’est tout l’édifice démocratique qui vacille. À l’aube de nouvelles échéances électorales, le président sonne l’alerte. Aux forces politiques, maintenant, de relever le défi. L’avenir du pays en dépend.