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Licences Crypto Au Vietnam : Cinq Dossiers Passent Le Premier Test

Steven Soarez
30/08/2026

Cinq dossiers ont franchi un premier filtre. Aucune licence n’a encore été délivrée. Entre ces deux phrases se joue toute la prudence du Vietnam face aux crypto-actifs. Le pays n’ouvre pas un marché en fanfare. Il installe un pilote de cinq ans, impose un capital colossal, exige une certification de sécurité de haut niveau et prépare, dès le 1er septembre 2026, un régime de sanctions. Pour les traders locaux, le plus important n’est pas le calendrier des amendes. C’est le moment où le ministère des Finances accordera enfin le premier agrément. C’est ce jour-là, et seulement ce jour-là, que commencera le compte à rebours de six mois.

Le Vietnam Avance Sans Ouvrir Encore Les Portes

L’annonce a été faite le 30 août 2026 par To Tran Hoa, responsable adjoint du conseil du marché des actifs numériques auprès de la Commission d’État des valeurs mobilières, lors du sommet vietnamien consacré aux actifs du monde réel. Cinq sociétés ont passé une évaluation initiale. Leurs noms n’ont pas été publiés. Aucune date de décision finale n’a été communiquée. Passer ce premier examen ne donne aucun droit d’exploiter une plateforme. C’est un signal administratif, pas une autorisation commerciale.

Cette distinction paraît technique. Elle est politique. Le Vietnam a choisi un pilote encadré par la résolution 05/2025/NQ-CP, adoptée le 9 septembre 2025. Le cadre fixe les règles d’émission, de conservation, de négociation et d’agrément des prestataires. Il limite d’abord l’offre d’actifs crypto émis localement aux investisseurs étrangers. Les jetons éligibles doivent être adossés à des actifs réels. Ils ne peuvent pas représenter des titres financiers ni des monnaies fiduciaires. Autrement dit, le pays teste un marché très ciblé avant d’imaginer un usage grand public.

Repère immédiat

Cinq candidats ont passé le premier filtre. Zéro licence d’exchange a été délivrée. Le décret 284 entre en vigueur le 1er septembre 2026, mais l’obligation de trader sur une plateforme agréée pour les résidents ne démarre que six mois après le premier agrément.

Ce Que Le Premier Filtre Change Vraiment

Un premier filtre sert à écarter les dossiers incomplets, sous-capitalisés ou techniquement fragiles. Il ne dit pas qui gagnera. Les autorités vietnamiennes ont d’ailleurs indiqué par le passé qu’un nombre limité de plateformes serait agréé. Cinq candidats encore en lice ne signifie pas cinq licences. Cela signifie que cinq projets ont présenté un dossier suffisamment sérieux pour continuer.

Cette étape a une valeur psychologique. Elle montre que le pilote n’est plus un texte abstrait. Des entreprises ont mobilisé des fonds, des partenaires institutionnels et des systèmes d’information. Elles acceptent un régime où le capital social doit être libéré en dongs, où la sécurité informatique est évaluée par le ministère de la Sécurité publique, et où la conservation des actifs clients sera surveillée. Le marché passe d’une zone grise à une file d’attente réglementée.

Pour un investisseur, la tentation serait de croire qu’une bourse vietnamienne ouvrira dans les semaines qui viennent. Rien dans les déclarations officielles ne le confirme. Les prochains signaux utiles seront des avis du ministère des Finances et de la Commission d’État des valeurs mobilières. Tant que ces avis n’existent pas, toute publicité d’une « première licence » relève de l’anticipation, pas du droit.

Passer l’évaluation initiale n’autorise aucune société à exploiter une bourse. C’est une étape de dossier, pas un sésame d’exploitation.

Un Seuil De Capital Conçu Pour Filtrer

Le chiffre frappe d’abord. Chaque candidat à l’exploitation d’une bourse doit disposer d’au moins 10 000 milliards de dongs de capital social, soit environ 383 millions de dollars. Cette somme n’est pas une taxe versée à l’État. C’est un capital statutaire. Il doit être apporté en monnaie vietnamienne. Le message est limpide : le pays ne veut pas de structures légères, ni de véhicules créés uniquement pour capter des flux spéculatifs.

Ce seuil a plusieurs effets. Il réduit le nombre de prétendants. Il force des alliances entre banques, sociétés de titres, gestionnaires de fonds, assureurs et entreprises technologiques. Il rend presque impossible l’émergence d’un exchange « garage » sous pavillon local. Dans d’autres juridictions asiatiques, des licences ont parfois été obtenues avec des exigences plus souples. Hanoï choisit l’inverse : peu d’acteurs, beaucoup de fonds, une supervision serrée.

Les autorités n’ont pas précisé si les cinq dossiers déjà filtrés ont réellement réuni l’intégralité de cette somme. Cette zone d’ombre compte. Un projet peut passer une première lecture documentaire puis buter sur la libération effective du capital. Tant que cette information n’est pas publique, le marché ne sait pas si l’on parle de cinq champions potentiels ou de cinq dossiers encore en montage financier.

Exigence Détail pratique
Capital social 10 000 milliards de dongs, apportés en VND
Actionnariat institutionnel Au moins 65 % du capital
Ancres institutionnelles Plus de 35 % apportés par au moins deux organismes qualifiés
Sécurité informatique Certification de niveau 4, évaluée par la sécurité publique

Qui Peut Vraiment Détenir Ces Plateformes

Le capital ne suffit pas. Sa composition est encadrée. Au moins 65 % doivent provenir d’actionnaires institutionnels. Plus de 35 % doivent être apportés par au moins deux organisations qualifiées : banques commerciales, sociétés de titres, sociétés de gestion, assureurs ou entreprises technologiques. Le régulateur refuse qu’une seule maison, même riche, porte seule le projet. Il veut un actionnariat croisé, plus difficile à capturer par un seul intérêt privé.

Cette architecture a une conséquence concrète. Les banques et les maisons de titres deviennent des gardiens d’entrée. Sans elles, le dossier est incomplet. Avec elles, le projet gagne en crédibilité, mais il hérite aussi de leurs contraintes de conformité, de leurs comités des risques et de leur aversion aux scandales. Un exchange vietnamien agréé ne ressemblera probablement pas à une plateforme offshore ultra-marketing. Il ressemblera davantage à une infrastructure de marché surveillée.

On peut y voir une protection des épargnants. On peut aussi y voir une barrière. Les acteurs déjà implantés dans la finance traditionnelle auront une longueur d’avance. Les équipes crypto pures, même compétentes, devront s’adosser à des institutions. Le pilote favorise donc un marché concentré, institutionnalisé, moins ouvert aux outsiders.

La Certification De Niveau 4 N’Est Pas Un Détail Technique

Avant d’opérer, un candidat doit obtenir une évaluation montrant que son système d’information atteint le niveau 4 de sécurité. Le ministère de la Sécurité publique conduit cette appréciation. Ce n’est pas un audit marketing. C’est un contrôle d’État sur l’architecture, la résilience, la protection des comptes et la capacité à résister aux incidents.

Dans l’histoire récente des crypto-actifs, les failles opérationnelles ont souvent coûté plus cher que les débats juridiques. Des plateformes ont perdu des fonds, exposé des données, ou laissé des carnets d’ordres dysfonctionner. En plaçant la sécurité au niveau 4 et en confiant l’examen à un ministère régalien, Hanoï dit qu’une licence n’est pas seulement un droit de collecter des frais de transaction. C’est une autorisation d’exploiter une infrastructure sensible.

Les autres exigences complètent ce socle. Qualifications des dirigeants, conservation des actifs, surveillance des transactions, contrôles internes, gestion des conflits d’intérêts, traitement des réclamations clients, dispositifs antiblanchiment et vérification d’identité. Le dossier n’est pas un formulaire. C’est une démonstration de maturité opérationnelle. Beaucoup d’entreprises peuvent parler de Web3. Peu peuvent documenter, au standard demandé, une chaîne complète de contrôles.

Le Décret 284 Installe Un Filet De Sanctions

Le décret 284/2026/ND-CP entre en vigueur le 1er septembre 2026. Il s’applique pendant que la résolution 05 gouverne le pilote. Il prévoit des amendes pour services non agréés, émissions irrégulières, contrôles clients insuffisants et manquements antiblanchiment. Le texte distingue clairement les organisations et les personnes physiques. En règle générale, un individu encourt la moitié de l’amende prévue pour une organisation. Le plafond atteint 200 millions de dongs pour une personne morale et 100 millions pour une personne physique.

Une organisation qui fournit des services crypto ou fait la publicité d’une bourse sans licence s’expose à une amende comprise entre 180 et 200 millions de dongs. Les autorités peuvent aussi ordonner le retrait des sites, des logiciels et des systèmes de négociation. Ce volet vise d’abord les opérateurs et les promoteurs, pas le simple particulier qui clique sur une application étrangère.

Les prestataires déjà agréés ne seront pas à l’abri. Des amendes sont prévues s’ils ne séparent pas les actifs des clients, ne surveillent pas les transactions ou ne protègent pas les informations de compte. L’absence de vérification client peut coûter entre 50 et 70 millions de dongs à une organisation. Le message est cohérent avec le reste du pilote : obtenir une licence n’est pas une fin. C’est le début d’une surveillance continue.

Barème utile à retenir

  • Service ou publicité d’exchange sans licence : 180 à 200 millions de dongs pour une organisation.
  • Défaut de vérification client : 50 à 70 millions de dongs pour une organisation.
  • Négociation hors prestataire agréé, une fois la transition close : 30 à 50 millions pour une organisation, 15 à 25 millions pour un individu.
  • Plafond général : 200 millions pour une organisation, 100 millions pour un individu.

Pourquoi Les Traders Locaux Ne Sont Pas Sanctionnés Dès Septembre

C’est le point le plus mal compris, et le plus important pour le public. L’article 9 du décret fixe une amende de 30 à 50 millions de dongs pour un investisseur organisationnel qui négocie en dehors d’un prestataire agréé par le ministère des Finances. Un particulier, par application de la règle de moitié, pourrait encourir 15 à 25 millions. Beaucoup ont lu ces montants et ont cru à une bascule automatique le 1er septembre.

Ce n’est pas le cas. L’article 7 de la résolution 05 précise que les investisseurs domestiques ne deviennent soumis à l’obligation de passer par une plateforme agréée que six mois après l’approbation du premier prestataire de services sur crypto-actifs. Or aucun prestataire n’a encore été licencié. Le chronomètre de six mois n’a donc pas démarré. Continuer à utiliser une plateforme étrangère ou non agréée ne déclenchera pas, à lui seul, une amende dès le 1er septembre.

Attention toutefois à ne pas confondre les régimes. D’autres manquements du décret 284 peuvent s’appliquer dès cette date. Exploiter ou promouvoir une plateforme non autorisée, émettre des jetons de manière irrégulière, faillir sur les données clients ou sur le dispositif antiblanchiment : ces faits n’attendent pas le premier agrément. Le particulier qui trade à l’étranger n’est pas dans la même situation que l’entité qui vend un service d’exchange au Vietnam sans droit.

Le 1er septembre ouvre le régime de sanctions du décret. Il n’ouvre pas encore l’obligation, pour les résidents, de n’utiliser que des plateformes vietnamiennes agréées.

Le Premier Agrément Declenchera Le Vrai Compte A Rebours

Tout le calendrier pratique dépend d’un seul acte administratif : la première licence du ministère des Finances. Quand elle tombera, deux horloges se mettront en marche. La première est commerciale. Un acteur pourra enfin opérer dans le cadre du pilote. La seconde est sociale. Les investisseurs domestiques sauront qu’ils ont six mois pour basculer, le moment venu, vers un canal agréé pour les opérations couvertes par le texte.

Aucune échéance de délivrance n’a été annoncée. Cette absence n’est pas un oubli. Elle laisse aux autorités le temps de vérifier le capital, la sécurité, la gouvernance et les procédures. Elle évite aussi de créer une ruée artificielle. Un marché qui ouvre trop tôt, avec des systèmes incomplets, fabrique des incidents. Un marché qui ouvre trop tard laisse prospérer les canaux offshore. Le Vietnam cherche une voie étroite entre les deux.

Les investisseurs devront donc surveiller les communiqués officiels, pas les rumeurs de couloir. Un dossier « passé au premier filtre » peut encore être refusé, retardé ou conditionné. Cinq noms inconnus aujourd’hui peuvent devenir trois demain, ou un seul. Le pilote a d’ailleurs été conçu pour un nombre limité d’exchanges. La rareté des licences fera partie du modèle.

Un Pilote Tourné Vers Les Actifs Réels

Le cadre initial est plus étroit que le mot « crypto » ne le laisse croire. Les actifs émis localement ne peuvent, dans un premier temps, être proposés qu’à des investisseurs étrangers. Ils doivent être adossés à des actifs du monde réel. Ils ne peuvent pas représenter des titres ou des monnaies fiduciaires. Le Vietnam n’ouvre pas une foire aux mèmes. Il teste la tokenisation d’actifs concrets, dans un corridor contrôlé.

Cette orientation explique le sommet où l’annonce a été faite. Les actifs tokenisés intéressent les promoteurs immobiliers, les chaînes logistiques, certains fonds et des entreprises technologiques. Ils intéressent aussi l’État, qui y voit un moyen d’attirer des capitaux étrangers sans dérégler d’un coup l’épargne intérieure. Le résident vietnamien n’est pas le client prioritaire de la première séquence. Il le deviendra plus tard, et seulement via des canaux agréés.

On peut discuter de cette séquence. Certains y verront une prudence salutaire après des années de volatilité mondiale. D’autres diront qu’elle laisse les particuliers sur des plateformes étrangères plus longtemps, précisément pendant que le droit local se construit. Les deux lectures sont possibles. Le texte, lui, est clair : d’abord un marché encadré et partiellement extraverti, ensuite une bascule domestique conditionnée au premier agrément.

Ce Que Cela Dit Du Rapport Du Pays Aux Crypto-Actifs

Le Vietnam n’improvise pas un virage libertaire. Il n’interdit pas non plus par principe. Il institutionnalise. Capital élevé, actionnaires qualifiés, sécurité de niveau 4, conservation séparée, contrôles antiblanchiment, publicité encadrée, sanctions graduées. La grammaire est celle d’un marché financier, pas celle d’une communauté décentralisée. Les mots « exchange » et « licence » importent plus ici que les slogans sur la finance sans intermédiaire.

Cette approche a une logique intérieure. Le pays a une population jeune, une adoption numérique rapide et une sensibilité historique aux risques d’épargne non régulée. Laisser un marché parallèle s’étendre sans garde-fous créerait un problème social dès la première crise. Fermer totalement le sujet pousserait les flux vers l’étranger, hors de portée. Le pilote de cinq ans est un compromis : observer, limiter, sanctionner, puis ajuster.

Il faut aussi lire le calendrier politique. La résolution 05 date de septembre 2025. Le décret 284 arrive presque un an plus tard. Les premiers dossiers passent un filtre fin août 2026. On n’est plus dans la déclaration d’intention. On entre dans l’exécution administrative, plus lente, plus documentaire, plus décisive. C’est souvent à ce moment-là que les projets trop marketing s’essoufflent et que les consortiums sérieux restent seuls en piste.

Les Risques Que Le Pilote Cherche A Contenir

Le premier risque est l’offre illicite. Une plateforme qui se présente comme vietnamienne, collecte des fonds, fait de la publicité et disparaît. D’où les amendes élevées pour exploitation ou promotion sans licence, et la possibilité d’ordonner le retrait des sites et des logiciels. Le régulateur veut pouvoir couper le canal, pas seulement infliger une facture.

Le deuxième risque est la confusion des patrimoines. Si les actifs des clients ne sont pas séparés de ceux de la plateforme, une défaillance de l’opérateur devient une perte collective. Le décret vise précisément ces manquements. Le troisième risque est l’opacité des flux. D’où l’insistance sur la vérification d’identité et le dispositif antiblanchiment. Une licence sans traçabilité n’aurait aucun sens dans un pays qui cherche à rester dans les standards financiers internationaux.

Le quatrième risque, plus politique, est l’ouverture trop large aux particuliers avant que l’infrastructure locale existe. C’est pourquoi l’offre initiale d’actifs émis localement vise d’abord les investisseurs étrangers, et pourquoi l’obligation domestique est différée. Le législateur accepte un entre-deux temporaire : les résidents peuvent encore utiliser des canaux non agréés, mais les opérateurs locaux ne peuvent plus faire comme si le droit n’existait pas.

Ce Que Les Entreprises Candidats Doivent Encore Prouver

Au-delà du capital, les cinq dossiers devront démontrer une gouvernance réelle. Qui décide des listings ? Qui arbitrera un conflit entre un actionnaire bancaire et une équipe produit ? Comment sont traitées les réclamations ? Quelle est la procédure si un incident de sécurité survient un dimanche soir ? Ces questions paraissent prosaïques. Elles font la différence entre un projet finançable et un projet licenciable.

La conservation est un autre test. Une bourse peut afficher des volumes. Si elle ne sait pas où et comment les actifs des clients sont gardés, elle n’est qu’une vitrine. Le pilote vietnamien insiste sur la custodie. C’est cohérent avec l’orientation vers des actifs adossés au réel. Tokeniser un entrepôt, un flux de créances ou un sous-jacent concret n’a de valeur que si le registre, l’actif et le droit de propriété restent réconciliables.

Reste la question de la communication. Tant que les noms des cinq sociétés ne sont pas publics, le marché spécule. Cette opacité protège peut-être des pressions commerciales. Elle alimente aussi les rumeurs. Un régulateur qui veut de la confiance devra, au moment des licences, expliquer clairement qui est agréé, pour quelles activités, et sous quelles limites. Le silence est utile au stade du filtre. Il devient coûteux au stade de l’ouverture.

Ce Que Les Investisseurs Peuvent Faire Sans Se Tromper De Calendrier

La première règle est de séparer les faits des anticipations. Cinq dossiers filtrés ne créent pas un marché liquide vietnamien. Le décret de septembre ne transforme pas du jour au lendemain les habitudes de trading. Le vrai changement pour les résidents commencera six mois après le premier agrément. Jusque-là, la priorité est de comprendre quels services seront couverts, et lesquels resteront hors du périmètre initial.

La deuxième règle est de distinguer l’opérateur et l’utilisateur. Une entreprise qui pousse une offre d’exchange au Vietnam sans licence s’expose déjà, dès l’entrée en vigueur du décret, à des sanctions et à des mesures de retrait. Un particulier qui utilise encore un canal étranger n’est pas dans la même case juridique, précisément parce que le délai de six mois n’a pas commencé. Cette distinction n’est pas un encouragement à l’opacité. C’est une lecture du texte.

La troisième règle est de suivre les sources officielles. Ministère des Finances, Commission d’État des valeurs mobilières, publications du décret et de la résolution : ce sont ces documents qui feront foi. Les présentations de sommet, même utiles, ne remplacent pas un agrément. Quand le premier prestataire sera nommé, il faudra lire le périmètre exact de sa licence. Une autorisation d’exploitation n’est jamais un chèque en blanc sur tous les jetons du monde.

Mémo de suivi

1. Attendre la publication du premier agrément, pas seulement un filtre préliminaire.

2. Compter six mois à partir de cette date pour l’obligation domestique de canal agréé.

3. Distinguer dès maintenant promotion illicite et simple usage d’une plateforme étrangère.

4. Vérifier si un jeton présenté comme « vietnamien » est bien adossé à un actif réel et offert dans le cadre du pilote.

Une Ouverture Contrôlée Plutôt Qu’Une Révolution

Le récit facile serait de dire que le Vietnam « légalise les cryptos ». Le récit exact est plus sec. Le pays construit un marché pilote, réserve les premières licences à des acteurs lourdement capitalisés, encadre la tokenisation d’actifs réels, retarde l’obligation faite aux résidents, et installe un barème d’amendes pour empêcher le far west commercial. C’est une ouverture sous conditions, pas une invitation générale.

Cette méthode peut frustrer. Elle peut aussi rassurer ceux qui ont vu trop de plateformes naître sans fonds propres, sans conservation sérieuse et sans traitement des réclamations. Le capital de 10 000 milliards de dongs n’est pas un totem. C’est un instrument de sélection. La certification de niveau 4 n’est pas un badge. C’est un test de résilience. Les six mois de transition ne sont pas une faveur. C’est le temps laissé au marché pour basculer une fois qu’une offre légale existera vraiment.

Au fond, la nouvelle du 30 août 2026 change moins le droit que le rythme. Le droit était déjà là, dans la résolution 05 et dans le décret 284. Le rythme, lui, s’accélère : des dossiers existent, un filtre a été passé, une administration parle publiquement de cinq candidats. Il manque encore l’acte qui fera basculer le pays d’un pilote théorique à un marché opérationnel. Cet acte a un nom simple. C’est la première licence. Tant qu’elle n’est pas signée, le Vietnam avance. Il n’a pas encore ouvert.

Les prochaines semaines diront si les cinq dossiers tiennent la distance. Certains se heurteront au capital. D’autres à la sécurité. D’autres encore à la gouvernance. Le public, lui, doit retenir une seule ligne claire. Aucune bourse n’est aujourd’hui autorisée. Les sanctions contre l’exploitation illicite arrivent. L’obligation faite aux traders domestiques d’emprunter un canal local agréé n’a pas commencé. Quand le premier prestataire sera nommé, le compte à rebours de six mois s’enclenchera. Jusqu’à cette minute-là, toute proclamation d’ouverture n’est qu’un avant-goût.

Tags:actifs tokeniséscapital socialdécret 284licence exchangespilote crypto
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