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L’Exorciste Du Vatican 2 : Russell Crowe Relance L’Espoir

Russell Crowe a longtemps refusé les suites. Cette fois, il parle du père Amorth comme d'un personnage trop riche pour s'arrêter. Ce qu'il laisse entendre sur L'Exorciste du Vatican 2 change tout.

Il y a des images qui collent à la mémoire plus longtemps qu’un slogan de campagne. Celle d’un prêtre en soutane, lunettes de soleil, scooter dans les rues de Rome, a fait le tour du monde en 2023. On a ri, on a partagé, on a détourné. Puis on a vu le film. Et derrière le mème, un personnage plus dense que prévu s’est installé : Gabriele Amorth, exorciste officiel du Vatican, interprété par Russell Crowe. Aujourd’hui, l’acteur de 62 ans ne ferme plus la porte. Il la laisse même entrebâillée, assez pour que les amateurs de frissons « inspirés de faits réels » y glissent l’espoir d’une suite.

Pourquoi Cette Suite Revient Sur La Table

Le premier volet, sorti sous le titre international The Pope’s Exorcist, n’était pas censé devenir une affaire de long terme. Budget contenu, autour de 18 millions de dollars, recettes mondiales estimées à 77 millions. Le calcul est simple : le film a largement remboursé sa mise, a trouvé une seconde vie en streaming, et a surtout installé un visage. Pas celui d’une adolescente possédée, déjà vu mille fois. Celui d’un prêtre âgé, ironique, fatigué, obstiné, qui arrive avec une mallette et une certitude : le mal a une adresse.

Ce décalage explique beaucoup. Le public n’a pas seulement acheté une séance d’horreur. Il a acheté un guide. Un homme qui a réellement existé, mort en 2016, auteur de nombreux ouvrages, figure controversée autant que fascinante. Quand un film s’appuie sur des dossiers plutôt que sur un mythe unique, il ouvre naturellement la porte à d’autres dossiers. C’est précisément ce que Russell Crowe vient de rappeler.

À retenir. Aucune date de tournage n’est officielle. Aucun réalisateur n’est annoncé. Mais l’acteur principal et un producteur parlent désormais le même langage : le personnage est trop riche pour s’arrêter au premier récit.

Un Acteur Qui Détestait Les Suites

Le plus intéressant n’est pas seulement que le projet circule. C’est que l’homme qui le porte a longtemps considéré les suites comme une trahison. Russell Crowe l’a dit sans détour : pendant vingt ou trente ans, il a refusé par principe de prolonger certains personnages. Dans son esprit, une suite était presque toujours une version appauvrie du premier film. Moins d’attention, moins de pensée, moins d’amour pour la matière. Juste une marque, un public, une addition.

Cette méfiance n’est pas snobisme de star. Elle vient d’une génération qui a vu trop de deuxièmes films fabriqués à la chaîne. Crowe a grandi avec l’idée qu’une suite était un produit, pas une exploration. Puis le cinéma a changé. Certaines continuations sont devenues iconiques. Quelques-unes ont même dépassé l’original. L’acteur le reconnaît : il est « moins fermé » aujourd’hui.

On m’a proposé d’écrire une suite pour certains personnages, comme Gabriele Amorth. Ils aimeraient en faire un autre, et c’est un personnage tellement riche, qui a écrit douze livres sur ses expériences ; on n’a fait qu’effleurer son sujet.

Cette phrase vaut plus qu’un teaser. Elle dit trois choses. D’abord, que le studio ou les ayants droit poussent. Ensuite, que Crowe ne parle plus d’un simple cachet. Enfin, que la matière littéraire d’Amorth est devenue l’argument central. Douze livres, des centaines de récits, des cas répétés, des doutes, des rituels, des échecs aussi. Le premier film n’a touché qu’une frange.

Le Vrai Père Amorth, Plus Large Que Le Film

Gabriele Amorth n’était pas un personnage de scénario. Prêtre italien, nommé exorciste du diocèse de Rome, il a consacré des décennies à ce qu’il présentait comme un combat quotidien. Ses livres, notamment Un exorciste raconte et Nouveaux récits d’un exorciste, ont circulé bien au-delà des cercles catholiques. On y trouve des cas, des méthodes, des mises en garde, parfois un ton presque administratif. Le surnaturel y côtoie la routine.

Le film de Julius Avery a choisi une voie romancée : une abbaye espagnole, une possession spectaculaire, un complot plus large que le seul démon du salon. C’était efficace. Ce n’était pas exhaustif. Une suite pourrait donc changer de décor sans changer de boussole. Nouveau dossier, nouvelle victime, nouvelle géographie, même prêtre. Le fil conducteur resterait Amorth, pas la famille possédée du moment.

C’est là que la franchise se distingue. Beaucoup de films d’exorcisme sont des films de victime. Ici, le centre de gravité est le praticien. Daniel Zovatto, dans le rôle du père Esquibel, avait déjà esquissé un tandem. L’association d’un vétéran et d’un plus jeune ouvrait une mécanique de saga : transmission, désaccord, apprentissage, usure. Si un deuxième film existe, ce duo sera sans doute aussi important que le démon du jour.

Ce Que La Production Dit, Et Ce Qu’Elle Tait

En mai 2024, le producteur Jeff Katz a confirmé qu’une suite était officiellement en développement. Depuis, le silence a repris ses droits. Pas de réalisateur nommé. Pas de date de tournage. Pas d’affiche fantôme. Une fiche technique évoque parfois une production autour de 2028. Il faut la lire pour ce qu’elle est : une indication, pas un contrat.

Le cinéma d’horreur de studio fonctionne souvent ainsi. On annonce un développement pour capitaliser sur le succès. On attend que le scénario tienne. On vérifie la disponibilité de la star. On mesure si le marché streaming justifie encore un budget. Puis, parfois, on tourne. Parfois on range. La différence, cette fois, c’est que Russell Crowe parle du personnage comme d’une matière vivante, pas comme d’une obligation contractuelle.

Les discussions internes auraient même effleuré l’idée d’une trilogie. Crowe le laisse entendre. Une trilogie autour d’Amorth aurait une logique industrielle : trois dossiers, trois tons, trois âges du prêtre. Elle aurait aussi un risque : diluer le mystère. Le premier film fonctionnait parce qu’il mélangeait humour de corridor, foi brute et violence rituelle. Reproduire la recette trois fois tuerait l’effet. L’élargir, en revanche, pourrait la sauver.

Élément État actuel
Suite officielle En développement depuis 2024
Réalisateur Non annoncé
Date de tournage Aucune date publique
Horizon évoqué Autour de 2028, non confirmé
Matière source Livres et dossiers d’Amorth

Le Scooter, Le Mème, Puis Le Personnage

On sous-estime souvent le rôle du ridicule dans le succès d’un film sérieux. L’image de Crowe en soutane sur un scooter a d’abord été une blague. Elle a ensuite fonctionné comme une invitation. Les spectateurs sont venus pour l’absurde et sont restés pour le rituel. Ce basculement est rare. Il a donné au film une identité visuelle immédiate, presque publicitaire, tout en conservant une gravité de confessionnal.

Une suite devra gérer cet héritage. Reproduire le scooter serait paresseux. L’abandonner totalement serait oublier ce qui a fait circuler le film. Le plus habile serait de traiter l’image comme un souvenir du premier chapitre : Amorth n’est plus seulement pittoresque. Il est usé. Il a vu trop de chambres. Il sait que le prochain cas ne sera pas une répétition.

Russell Crowe, à 62 ans, a le visage pour cela. Il n’a plus besoin de jouer la jeunesse du doute. Il peut jouer la fatigue de la certitude. C’est un registre différent, plus intéressant. Le prêtre qui croit encore, mais qui n’a plus l’énergie de convaincre tout le monde, est un meilleur moteur dramatique qu’un héros infaillible.

Pourquoi Le Public Veut Encore Des Faits Réels

L’étiquette « inspiré de faits réels » est devenue un argument marketing usé. Ici, elle pèse davantage parce que la source est nommée, datée, documentée. Amorth a existé. Il a officiellement exercé. Il a écrit. Il a donné des interviews. On peut contester ses conclusions. On ne peut pas nier sa place dans l’institution.

Cette ambiguïté nourrit le désir. Les spectateurs croyants y voient une confirmation. Les sceptiques y voient un document déguisé en spectacle. Les curieux y voient un monde parallèle, avec ses protocoles, ses hiérarchies, ses formulaires presque. L’horreur n’est plus seulement un cri dans le noir. C’est une procédure.

Une suite intelligente pourrait insister sur cette dimension bureaucratique du sacré. Combien de cas sont refusés ? Combien sont des maladies ? Combien restent inexplicables selon Amorth ? Le premier film a choisi le grand antagoniste. Le deuxième pourrait choisir le doute administratif, plus glaçant parfois qu’une voix grave qui sort d’une enfant.

Ce Qu’Une Suite Pourrait Changer Sans Se Renier

Le piège classique consiste à agrandir. Plus de démons, plus d’effets, plus de Vatican secret. Cela peut marcher une fois. Ensuite, on bascule dans la parodie involontaire. Or Amorth, dans ses livres, revient souvent à des chambres ordinaires, des familles épuisées, des gestes répétés. Le grandiose n’est pas obligatoire.

On peut imaginer plusieurs directions cohérentes. Un dossier hors d’Europe, pour sortir de l’abbaye ibérique. Un cas où le rituel échoue longtemps. Un conflit interne à l’Église, plus politique que démoniaque. Un regard sur la formation d’Esquibel. Un Amorth confronté à sa propre légende, déjà transformée en spectacle de son vivant.

Cette dernière piste serait la plus contemporaine. Le premier film a créé un mème. Une suite pourrait interroger ce que devient un exorciste quand le monde le réduit à une image virale. Le sacré avalé par le flux. Ce n’est pas une idée gratuite. C’est exactement ce qui s’est passé autour du scooter.

Pistes possibles

  • Nouveau dossier tiré des livres, autre pays, autre victime.
  • Accent mis sur le tandem Amorth / Esquibel.
  • Moins de complot mondial, plus de cas clinique et spirituel.
  • Trilogie seulement si le deuxième film trouve un ton propre.

Russell Crowe Et La Question Du Personnage Riche

Quand un acteur dit qu’un rôle est « riche », il faut écouter ce qu’il ne dit pas. Il ne dit pas que le script est prêt. Il dit que le territoire l’intéresse. Crowe a incarné des figures monumentales, des antihéros, des hommes brisés. Amorth lui offre autre chose : l’autorité douce, l’ironie pieuse, la violence contenue du rite.

Il y a aussi une dimension physique. La soutane, la voix, le poids du corps dans une pièce trop petite. Crowe sait occuper l’espace sans crier. Dans un genre qui pousse souvent à l’excès, cette retenue est une ressource. Si la suite existe, elle devrait lui donner davantage de silences. L’horreur la plus efficace, autour d’un prêtre, n’est pas le meuble qui vole. C’est la phrase trop calme avant le rituel.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi il relie ce rôle à ses livres-sources. Douze ouvrages, ce n’est pas une bible unique. C’est une archive. On peut y prélever un cas rural, un cas urbain, un cas d’enfant, un cas d’adulte, un cas où rien n’est spectaculaire et où tout est pourtant faux. Le cinéma d’horreur manque parfois de cette variété documentaire.

Le Box-Office Comme Permission, Pas Comme Programme

77 millions de dollars pour 18 millions de budget, ce n’est pas un raz-de-marée planétaire. C’est une victoire nette. Dans l’économie actuelle, cela suffit à justifier un développement. Cela ne garantit pas un blockbuster. La suite, si elle se fait, sera probablement pensée comme un film de genre rentable, pas comme une machine à univers partagé.

Cette modestie peut être une chance. Les pires deuxièmes films sont ceux qui reçoivent trop d’argent trop tôt. On ajoute des secondes équipes, des créatures numériques, des twists internationaux. On perd l’odeur de la pièce fermée. Or L’Exorciste du Vatican fonctionnait dans des couloirs, des chambres, des confessionnaux. Il faudrait protéger cette échelle.

Le streaming a ensuite fait le reste. Beaucoup de spectateurs ont découvert le film après sa carrière en salles. Cette deuxième vie allonge la durée d’intérêt. Elle explique aussi pourquoi, en 2026, l’on reparle encore d’une suite pourtant peu documentée. Le public n’a pas tourné la page. Il a juste attendu un signal. Crowe vient d’en donner un.

Entre Foi, Spectacle Et Prudence

Adapter Amorth n’est pas neutre. Pour une partie du public, l’exorcisme n’est pas un genre. C’est une pratique. Pour une autre, c’est une métaphore de la maladie mentale, de la violence familiale, de l’emprise. Un film grand public doit marcher sur cette ligne sans prêcher ni moquer. Le premier volet a choisi un équilibre : respect du rite, romance narrative, humour de surface.

Une suite plus sombre, souvent évoquée en coulisses, devrait préciser sa morale. Veut-elle montrer que le mal est une personne ? Une institution ? Une souffrance mal nommée ? Amorth, dans ses textes, a des réponses tranchées. Le cinéma, lui, a intérêt à garder une fissure. C’est dans la fissure que le spectateur entre.

Il faudra aussi éviter la caricature du Vatican comme coffre à secrets. Le premier film a flirté avec le grand récit occulte. Trop insister transformerait Amorth en agent spécial d’une organisation d’action. Ce n’est pas ce qui rend le personnage singulier. Sa singularité, c’est d’être à la fois fonctionnaire du sacré et témoin obstiné.

Ce Que Les Fans Guettent Vraiment

Les fans ne demandent pas seulement une date. Ils demandent une confirmation de ton. Veut-on encore du Crowe ironique ? Veut-on une possession plus crue ? Veut-on Esquibel en vrai coéquipier ? Veut-on un démon récurrent, donc une mythologie, ou une collection de cas, donc une série de films-dossiers ?

La deuxième option est plus fidèle aux livres. Amorth n’enquête pas sur un seul ennemi nommé. Il accumule. Il compare. Il répète des gestes. Une franchise conçue comme un cabinet d’archives aurait davantage de souffle qu’une chasse au grand méchant unique. Cela permettrait aussi de renouveler les seconds rôles sans tuer le centre.

En attendant, chaque interview de Crowe sera lue comme un bulletin de santé du projet. C’est le destin des suites non datées. Un mot trop tiède, et l’espoir retombe. Un mot trop chaud, et les rumeurs s’emballent. Cette fois, le mot est mesuré : intéressant à explorer. Suffisant pour relancer la conversation. Insuffisant pour ouvrir le clap.

Une Trilogie Seulement Si Le Deuxième Film Existe

Parler de trilogie avant d’avoir un scénario de suite relève du réflexe d’industrie. On vend l’horizon pour rassurer. On dessine trois actes pour faire croire à un destin. Mais une trilogie d’Amorth n’a de sens que si le deuxième film prouve qu’on peut varier sans se répéter. Sinon, mieux vaut un diptyque net qu’une troisième fois par contrat.

Le modèle le plus sain serait celui-ci : un deuxième film autonome, suffisamment différent pour surprendre, suffisamment lié pour qu’on reconnaisse la démarche du prêtre. Puis, seulement ensuite, la question d’un troisième. Les livres le permettent. Le box-office le permettra peut-être. Le public, lui, jugera au ton, pas au chiffre annoncé dans une interview.

Russell Crowe a changé d’avis sur les suites parce que certaines sont devenues légendaires. Il sait donc ce qu’il risque. Revenir pour un produit serait confirmer sa vieille méfiance. Revenir pour approfondir Amorth serait justifier le revirement. Toute la conversation actuelle tient dans cet écart.

Ce Qu’Il Faut Retenir Sans Se Laisser Emporter

Oui, L’Exorciste du Vatican 2 est dans les esprits. Oui, un producteur a parlé de développement. Oui, l’acteur principal assume désormais l’idée de reprendre la soutane. Non, on n’a pas de calendrier. Non, on n’a pas de réalisateur. Non, 2028 n’est pas une promesse. Entre ces deux séries de faits, il reste une matière réelle : les dossiers d’un prêtre qui a écrit plus que le cinéma n’a montré.

C’est assez pour comprendre l’excitation. Ce n’est pas assez pour vendre une date. Le plus honnête, aujourd’hui, est de dire que le projet avance dans l’ombre, porté par un succès discret et par un personnage plus vaste que son premier film. Si la lumière revient, ce sera parce qu’un scénario aura trouvé autre chose à faire que répéter l’abbaye, le cri et le scooter.

Jusque-là, l’image reste suspendue. Un homme en noir, une mallette, une institution millénaire, des livres empilés, et un acteur qui, après des années de refus, accepte enfin d’imaginer la page suivante. Les fans de frissons inspirés de faits réels n’ont pas obtenu de bande-annonce. Ils ont obtenu mieux et moins à la fois : une intention. Reste à voir si l’intention deviendra un plateau, une chambre fermée, et de nouveau cette voix trop calme qui demande au mal de dire son nom.

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