À l’approche du second tour des élections législatives 2024, un vent d’incertitude souffle sur l’échiquier politique français. Les derniers sondages, s’ils restent à prendre avec précaution, esquissent les contours d’un parlement sans majorité absolue pour aucun des blocs en présence. Une situation inédite sous la Vème République, qui pourrait compliquer la gouvernance du pays pour les 5 prochaines années.
Malgré une dynamique favorable, le RN voit ses ambitions freinées après le premier tour. Un sondage Ifop pour Le Figaro lui prédit désormais 240 sièges, loin de la majorité absolue fixée à 289 élus. Une contre-performance qui s’expliquerait par la mobilisation des électeurs et les désistements de candidats entre les deux tours.
Derrière le RN, on retrouverait selon les projections une gauche forte de 170 à 200 députés, mais divisée entre plusieurs formations : La France Insoumise, le PS, EELV ou le PCF. Le bloc « Ensemble », réunissant les partis de la majorité présidentielle, n’obtiendrait qu’une petite centaine de sièges. Un paysage morcelé qui laisse présager de difficiles tractations pour former une majorité de gouvernement.
Si la NUPES avait fait front commun en 2022, des divisions apparaissent deux ans plus tard. L’élection de Manuel Bompard à la tête de LFI à la place de Jean-Luc Mélenchon a ouvert une brèche. Le député de la Somme François Ruffin vient ainsi d’acter sa rupture avec son ancien mentor, prenant ses distances avec la ligne radicale du mouvement. Un coup dur pour LFI qui perd l’une de ses figures les plus populaires.
Depuis Bruxelles et les autres capitales européennes, on observe la situation française avec une certaine appréhension. Avec un parlement sans majorité absolue, beaucoup craignent un blocage des institutions et une instabilité politique dans la durée. Un scénario synonyme de faiblesse pour la France sur la scène internationale, alors que l’Europe fait face à de multiples défis.
La France est un pilier de la construction européenne. Nous avons besoin qu’elle soit forte et stable pour avancer ensemble.
– Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne
Face à un parlement morcelé, Emmanuel Macron devra user de toute son habileté politique pour espérer gouverner. Plusieurs options s’offrent à lui :
Quel que soit le chemin choisi, Emmanuel Macron se heurtera à un exercice du pouvoir complexifié. Pour éviter la paralysie, il devra multiplier les compromis et les alliances de circonstance, afin de maintenir un cap dans la tempête politique qui s’annonce.
| Bloc politique | Sièges projetés | Évolution / 2022 |
| Rassemblement National | 240 | + 112 |
| Gauche | 170-200 | + 65 |
| Ensemble | ≈ 100 | – 150 |
Les prochains jours seront donc décisifs pour l’avenir politique de la France. Les résultats du second tour, dimanche prochain, permettront d’y voir plus clair sur l’équilibre des forces à l’Assemblée Nationale. Emmanuel Macron jouera ensuite sa capacité à construire des majorités pour continuer à réformer le pays. Un sacré challenge pour le président réélu, qui entre dans le dur de son second quinquennat.
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