La diversité au sein de l’Assemblée nationale fait à nouveau débat. Le média en ligne Mediapart vient en effet de publier une étude analysant les origines ethniques des députés récemment élus. Conclusion : l’hémicycle resterait majoritairement blanc malgré une légère progression. Une démarche qui suscite déjà de vives réactions.
Dans son étude, Mediapart a passé au crible la couleur de peau et les origines des 577 députés élus en 2022. Le but : dresser un état des lieux de la diversité au Palais Bourbon. Selon le média, si des progrès sont à noter, l’Assemblée nationale reste à plus de 90% blanche. Un constat qu’ils jugent problématique au regard de la composition de la société française.
Pour réaliser ce travail, les journalistes ont étudié les patronymes, les photos et les biographies des élus. Ils ont ensuite classé les députés en fonction de catégories : blanc, noir, arabe, asiatique ou ultramarin. Une méthode qui s’apparente à des statistiques ethniques, une pratique pourtant interdite en France et qui pose question.
Sans surprise, cette étude fait déjà polémique dans la classe politique. Le député Renaissance Thomas Ménagé a été l’un des premiers à réagir. Qualifiant la démarche de Mediapart de « nauséabonde », il a immédiatement saisi le procureur de la République :
Je procède à un signalement face à ces méthodes contraires à nos lois et à nos valeurs républicaines.
– Thomas Ménagé, député Renaissance
Pour lui, catégoriser ainsi les citoyens selon leur couleur de peau est dangereux et contraire au principe d’indivisibilité de la République. D’autres élus de la majorité et de droite ont également fait part de leur indignation, voyant dans cette étude une tentative de diviser les Français.
Du côté de la gauche en revanche, même si la méthode pose question, on juge le débat légitime. Pour ces députés, la sous-représentation des minorités au Parlement est un fait qu’il faut regarder en face. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le sujet émerge :
Mais dans les faits, les choses évoluent lentement. Et pour cause : les partis rechignent souvent à imposer des quotas, préférant miser sur la « méritocratie républicaine ». Une posture de plus en plus difficile à tenir face à une société française métissée.
Plus largement, c’est la question des statistiques ethniques qui refait surface. Si elles sont taboues en France, d’autres pays y ont recours depuis longtemps pour mesurer les discriminations, à l’image des États-Unis ou du Royaume-Uni. Des voix s’élèvent pour demander leur autorisation, au moins dans certains domaines comme l’emploi ou le logement.
Mais d’autres s’y opposent fermement, craignant une stigmatisation de certaines populations. Le risque serait aussi de figer les identités et d’encourager le communautarisme. Deux visions qui s’opposent et qui promettent de nouveaux débats passionnés dans les prochains mois.
Une chose est sûre : l’étude de Mediapart, malgré les polémiques, a le mérite de remettre la question de la diversité en politique sur la table. Car si l’Assemblée doit représenter tous les Français dans leur diversité, le chemin semble encore long. Un défi pour les partis, qui devront repenser leurs stratégies de recrutement pour les prochaines élections.
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