Tel un phénix renaissant de ses cendres, l’Apollon du Belvédère, l’une des sculptures antiques les plus célèbres au monde, vient de faire son grand retour sur le devant de la scène après 5 longues années d’absence. Ce chef-d’œuvre en marbre, fierté des Musées du Vatican, peut à nouveau être admiré par les visiteurs du monde entier suite à une restauration de haute précision.
Lorsqu’en 2019, de fines fissures sont détectées sur les genoux de la statue, c’est la consternation. L’Apollon, qui trône au Vatican depuis le règne du pape Jules II au 16ème siècle, doit être retiré d’urgence des salles d’exposition. Barbara Jatta, directrice des Musées, confie alors la lourde tâche de lui redonner son éclat d’antan aux experts de l’atelier des marbres. Pendant de longs mois, laser, résine spéciale et microscopes vont s’affairer autour du dieu grec, pour un résultat à couper le souffle.
Nettoyer la couleur crème du marbre, stabiliser la structure, combler les micro-fissures… Un travail de fourmi réalisé avec les outils les plus pointus, comme l’explique Guy Devreux, responsable de l’atelier :
Les fissures au niveau des genoux de la statue la rendaient très fragile. Nous avons dû faire preuve d’une extrême minutie, en utilisant des lasers et des résines spécifiques pour consolider le marbre sans l’abîmer. Un vrai travail de haute précision !
– Guy Devreux, responsable de l’atelier des marbres des Musées du Vatican
Le défi étant de taille, la crise sanitaire aura eu raison des délais initiaux, repoussant le retour de l’Apollon. Mais l’attente en valait la peine, tant la statue restaurée irradie désormais de sa superbe originelle.
Depuis sa découverte il y a plus de 500 ans, l’Apollon du Belvédère n’a cessé de fasciner et d’inspirer des générations d’artistes et de poètes. Incarnation de la beauté et de la perfection des proportions pour les canons de la Renaissance, il devient vite un modèle à suivre.
Son visage juvénile, sa musculature délicate, ses cheveux joliment bouclés… Tout dans cette représentation d’Apollon, dieu des arts, semble tendre vers la grâce. Une aura qui lui vaudra même le surnom d’Apollon « l’hyperboréen », en référence au pays mythique de l’éternelle beauté.
Si la sculpture date du 2ème siècle après J-C, elle serait en réalité la copie romaine d’un original grec en bronze, réalisé 3 siècles plus tôt et aujourd’hui disparu. Une pratique courante à l’époque, où les Romains reproduisaient les plus belles œuvres hellènes pour décorer leurs villas et jardins.
C’est d’ailleurs la raison de sa présence au Vatican. Lorsque le pape Jules II pose les premiers jalons des musées en 1506, il fait transférer au Belvédère les plus belles statues romaines de ses collections. Apollon est de celles-là, rejoignant l’illustre Laocoön ou le Torse du Belvédère.
Avec près de 7 millions de visiteurs par an, les Musées du Vatican figurent parmi les institutions culturelles les plus fréquentées au monde. Véritable écrin renfermant des milliers de chefs-d’œuvre, de l’Antiquité à la Renaissance, ils génèrent à eux seuls plus de 100 millions de dollars de recettes annuelles pour le Saint-Siège.
Au milieu de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange, des toiles de Raphaël ou des sculptures de Bernin, l’Apollon du Belvédère reste l’une des œuvres incontournables du parcours. Son retour après restauration était donc très attendu, tant par les équipes du musée que par les visiteurs.
Alors, si d’aventure vous passez par Rome, ne manquez pas d’aller admirer la nouvelle jeunesse de l’Apollon du Belvédère. Mis en lumière de façon spectaculaire, magnifié par le cadre grandiose des Musées du Vatican, ce chef-d’œuvre absolu vous transportera à coup sûr au sommet de l’Olympe…
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