On croit souvent que la danse à la télévision se résume à un flash de lumières et à quelques pas répétés jusqu’à l’épuisement. Pourtant, derrière le premier prime d’une saison de Star Academy, il y a des semaines de préparation, des choix pédagogiques et une obsession : faire entrer tout le monde dans le mouvement sans écraser personne. À quelques jours du lancement prévu le 10 octobre, Jonathan Jenvrin, de retour pour une deuxième année comme professeur de danse, lève un coin du voile. L’hymne est prêt. Les groupes de niveau reviendront. Des cours particuliers font leur apparition. Et dans un coin de sa tête, un tableau chanté-dansé dans l’eau attend encore son feu vert.
Ce Que Change Vraiment La Saison 2026 Côté Danse
La nouveauté n’est pas seulement un nom sur l’affiche. Elle se joue dans la manière d’enseigner. L’an dernier, le chorégraphe découvrait le rythme infernal du château, les contraintes de plateau et une musique d’hymne très uptempo. Cette fois, il arrive avec une « bible » de tableaux déjà écrite, une envie d’inclure le public dans le geste, et la possibilité d’isoler un élève pour une session supplémentaire avant le live. Ce n’est pas un détail de coulisses. C’est toute la différence entre un numéro qui impressionne deux minutes et une progression que les téléspectateurs peuvent suivre semaine après semaine.
Il le dit sans détour : il a hâte. Pas seulement de voir les caméras, mais de mettre enfin à l’épreuve des cours préparés depuis des mois. L’impatience, chez un pédagogue de plateau, n’est jamais gratuite. Elle signifie que le cadre est posé, que les univers possibles sont déjà cartographiés, et que seuls manquent les corps réels des académiciens pour décider ce qui restera et ce qui ira à la poubelle.
Des groupes de niveau pour mesurer le chemin
Le fonctionnement de l’an dernier est reconduit. Des groupes de niveau. L’idée choque parfois, comme si l’on collait une étiquette définitive sur un élève. Jonathan Jenvrin insiste sur l’inverse. Il s’agit d’un point de départ et d’un point d’arrivée. Identifier d’où l’on part permet de voir où l’on arrive. Pour lui, pour eux, et pour le public.
Sur un plateau de télévision, le regard extérieur est implacable. Un téléspectateur qui ne danse pas peut pourtant sentir si un geste est juste, si une formation est propre, si quelqu’un décroche. En affichant clairement les niveaux, on évite le mensonge pédagogique. On ne prétend pas que tout le monde part du même endroit. On montre le travail.
Ce n’est absolument pas pour les saquer, mais pour avoir un point de départ et un point d’arrivée.
Cette phrase résume une éthique simple. Le classement n’est pas une humiliation. C’est un outil. Dans une académie où le chant capte souvent toute la lumière, la danse a besoin de lisibilité. Sinon, elle devient décor. Avec des groupes distincts, chaque académicien sait ce qu’on attend de lui. Le public, lui, peut juger la progression plutôt que l’éclat immédiat.
Les cours particuliers, vraie bascule de la saison
Voilà le changement le plus concret. Cette année, il y a des cours particuliers. Jonathan Jenvrin s’en réjouit presque plus que du reste. Ce format permet à ceux qui le veulent d’aller plus loin. Il permet aussi au professeur de convoquer un élève lorsqu’il estime que c’est nécessaire. Exemple très concret : l’apprentissage de la chorégraphie de l’hymne. Si quelqu’un galère, la consigne sera claire. Revenir. Faire une session supplémentaire avant le prime.
Sur le papier, cela paraît évident. Dans la réalité d’un château où les emplois du temps s’empilent — chant, théâtre, sport, conférences, répétitions de prime — une heure seule avec le chorégraphe peut tout changer. On corrige un appui. On débloque une coordination. On remet de la confiance dans un corps qui doute.
Ce que change un cours particulier
Moins de comparaison entre élèves, plus de précision sur un détail technique, et surtout la possibilité d’arriver au live sans masquer une faiblesse derrière le groupe.
Le professeur pourra proposer ces séances. Les élèves pourront aussi les demander. Cette double porte d’entrée compte. Elle évite que seuls les plus extravertis monopolisent l’attention. Elle protège ceux qui progressent mieux à l’abri du regard collectif.
Un hymne plus cool, plus accessible, pas moins ambitieux
La question que tout le monde pose : la chorégraphie de l’hymne sera-t-elle aussi difficile que l’an dernier ? Jonathan Jenvrin rit d’abord. Puis il explique. L’année précédente, le morceau était très rapide. C’était aussi sa première saison. Il n’avait pas encore tous les tenants et aboutissants du dispositif. Cette fois, la pièce sera « très cool », plus accessible pour les élèves comme pour le public. Il veut inclure tout le monde.
Accessible ne veut pas dire fade. Il promet des petits challenges. La chorée restera « très cool », mais plus inclusive. Et surtout, elle est déjà prête. Ce détail n’est pas anodin. Quand un hymne arrive trop tard, on le plaque sur les corps. Quand il est prêt en amont, on peut l’adapter aux personnes, pas l’inverse.
Inclure le public, c’est aussi un pari télévisuel. Un téléspectateur qui reconnaît un pas, qui peut le mimer dans son salon, s’approprie la saison. L’an dernier, la difficulté a pu créer de l’admiration. Elle a aussi pu créer de la distance. En 2026, le chorégraphe cherche l’adhésion avant l’exploit.
La « bible » de tableaux écrite sans connaître les élèves
Comment prépare-t-on des numéros sans avoir vu personne ? On écrit large. Jonathan Jenvrin constitue ce qu’il appelle une bible : des tableaux de plein d’univers différents. Une partie ira à la poubelle. Une autre servira. Une fois la saison lancée, il observera, scrutera, identifiera l’univers de chacun, puis attribuera les tableaux qui correspondent. Ensuite, il modifiera. Évidemment.
Cette méthode évite deux écueils. Le premier : coller le même style à toute une promotion. Le second : arriver les mains vides et improviser sous la pression du prime. Entre les deux, il y a le catalogue vivant. On prépare trop pour pouvoir choisir juste.
Le mot « univers » revient souvent. Il ne s’agit pas seulement d’un style de danse. Il s’agit d’une manière d’occuper l’espace, d’un rapport au rythme, d’une image de soi. Un académicien très pop n’a pas besoin du même écrin qu’un profil plus sombre ou plus théâtral. La bible sert à ça : avoir déjà pensé les écrins.
Le tableau de rêve : chanter et danser dans l’eau
Quand on lui demande le numéro idéal, la réponse fuse. Un tableau chanté-dansé dans l’eau. L’image est magnétique. Elle est aussi dangereuse. Sur scène, il y a de la machinerie. Une goutte d’eau de trop, et tout bascule. « On est mort », résume-t-il. Puis il ajoute qu’il a plus d’un tour dans son sac.
Le 217, salle emblématique des primes, peut-il accueillir ça ? Selon lui, oui. Il ne dit pas comment. Il affirme que c’est faisable. Est-ce que ce sera fait ? Il ne sait pas. Surprise. Cette retenue est habile. Elle nourrit l’attente sans promettre un gadget. Si le tableau arrive, il sera un événement. S’il n’arrive pas, on aura compris que la prudence a gagné sur le rêve.
L’eau à la télévision n’est jamais un simple décor. Elle ralentit le geste, déforme le costume, impose une autre respiration au chant. Un élève qui maîtrise déjà le live classique peut se retrouver débutant dès qu’il faut avancer dans quelques centimètres d’eau. D’où l’intérêt pédagogique, au-delà du spectacle.
La masterclass rêvée et le nom d’un ancien élève
Côté invités, un nom ressort : Christine and the Queens. Jonathan Jenvrin la trouve exceptionnelle. Le choix dit quelque chose de sa culture de plateau. On n’est pas seulement dans la performance virtuose. On est dans un rapport au corps, à l’identité scénique, à la précision du geste comme langage.
S’il devait choisir un élève pour l’épauler, il citerait Bastiaan. L’an dernier, il a « régalé ». Le chorégraphe sait qu’il peut compter sur lui. Ce type de relais compte dans une académie. Un ancien qui connaît déjà le langage du professeur accélère l’intégration des nouveaux. Il devient un pont entre la méthode et la promotion.
On sent ici une continuité assumée. La saison 2026 n’efface pas 2025. Elle s’appuie dessus. Les groupes de niveau reviennent. L’expérience de la première année sert à adoucir l’hymne. Les anciens deviennent des ressources possibles. Le château n’est pas un reset total. C’est une école qui accumule de la mémoire.
Ce qu’il attend vraiment de la nouvelle promotion
Avant les figures imposées, il y a une exigence humaine. Jonathan Jenvrin espère de la volonté de travailler. Il espère de la confiance. Il espère aussi de vrais artistes, des gens qui ont quelque chose à proposer. « C’est ça qui me nourrit au fond », dit-il. La formule est importante. Un professeur de télévision peut se contenter d’exécuter des briefs. Lui parle d’alimentation créative.
La confiance n’est pas un mot mou. Dans un château filmé en continu, lâcher son corps devant un chorégraphe, c’est accepter d’être vu en train d’échouer. Sans cette acceptation, les groupes de niveau deviennent des refuges. Avec elle, ils deviennent des tremplins.
Des artistes qui proposent, cela veut aussi dire des élèves capables de déplacer un tableau. La bible n’est pas un carcan. Elle est une réserve. Si quelqu’un arrive avec un univers fort, le numéro doit plier. C’est toute la différence entre un professeur illustrateur et un professeur accompagnateur.
Pourquoi l’accessibilité de l’hymne n’est pas un recul
On pourrait lire le mot « accessible » comme un aveu de prudence. Ce serait mal comprendre. Une chorégraphie trop complexe dès le premier prime crée deux camps : ceux qui suivent, ceux qui survivent. Or l’hymne n’est pas un solo. C’est le visage collectif de la saison. S’il exclut trop d’élèves, il raconte une académie cassée avant même d’avoir commencé.
Les petits challenges restent. Ils permettent de hiérarchiser sans humilier. Un passage plus dense pour ceux qui peuvent. Une base claire pour tous. Le public, lui, entre dans la danse. C’est une stratégie d’adhésion autant qu’un choix artistique.
L’an dernier, la vitesse du morceau a dicté le niveau de difficulté. Cette année, le chorégraphe inverse le rapport. Il part du groupe, puis ajoute la virtuosité. Moins spectaculaire sur le papier. Plus durable à l’écran.
Le château comme laboratoire, pas seulement comme décor
Dammarie-les-Lys n’est pas qu’une maison de télévision. C’est un lieu où le temps se comprime. On y apprend vite, mal, parfois très bien. Un professeur de danse qui obtient des cours particuliers y gagne un levier rare : individualiser sans quitter le collectif. Le château filme tout, mais une séance à deux peut encore préserver un peu d’intimité pédagogique.
Cette intimité compte pour les corps fatigués. Un élève peut chanter juste et danser faux parce qu’il n’a plus de jambes. Le cours particulier permet de voir cela sans le transformer en séquence de crise. On corrige avant que la faiblesse devienne un récit.
Le 217, à l’inverse, est le lieu de la vérité publique. Ce qui a été travaillé dans le calme doit tenir sous les projecteurs. D’où l’obsession de l’hymne prêt à l’avance. On ne découvre pas un collectif le soir du prime. On l’a déjà répété, ajusté, parfois recousu élève par élève.
Une saison qui promet plus de risque, autrement
On a parlé d’une année « riche en prise de risque ». Chez Jonathan Jenvrin, le risque n’est pas forcément un salto. C’est oser l’eau malgré la machinerie. C’est assumer des groupes de niveau à l’antenne. C’est rendre l’hymne plus ouvert alors que le réflexe télévisuel pousse souvent vers toujours plus difficile. C’est aussi faire confiance à des élèves encore inconnus pour habiter des tableaux déjà écrits.
Le risque pédagogique est plus discret que le risque spectaculaire. Il se voit moins en bande-annonce. Il se voit dans la durée. Si les académiciens progressent vraiment, le public le sentira. Si les tableaux collent aux univers, les primes cesseront de se ressembler.
| Levier 2026 | Intention | Effet attendu |
|---|---|---|
| Groupes de niveau | Mesurer le départ et l’arrivée | Progression lisible pour le public |
| Cours particuliers | Corriger vite, sans spectacle | Moins d’élèves en galère le soir du live |
| Hymne inclusif | Faire entrer tout le monde | Adhésion plus large dès le premier prime |
| Bible de tableaux | Préparer trop pour choisir juste | Numéros adaptés aux univers réels |
Ce que le public va pouvoir observer dès les premières semaines
Les téléspectateurs n’auront pas besoin d’un mode d’emploi. Ils verront si un élève change de groupe. Ils verront si un passage de l’hymne est repris en coulisses. Ils verront si un tableau semble écrit pour une personne plutôt que plaqué sur tout le monde. La pédagogie, quand elle est honnête, se lit à l’écran.
Il faudra aussi regarder les silences. Un académicien qui demande un cours particulier raconte autant qu’un académicien qui brille tout de suite. La saison 2026, côté danse, pourrait être celle des progressions lentes filmées sans fausse pudeur.
Le premier hymne donnera le la. S’il est vraiment plus ouvert, le château respirera autrement. S’il reste trop dense malgré les promesses, on saura que l’habitude du show a repris le dessus. Jonathan Jenvrin a posé son contrat. Reste à le tenir sous la lumière.
Une méthode qui parle au-delà de l’émission
On peut extraire de tout cela une leçon plus large. Enseigner un collectif hétérogène, c’est refuser le mythe du niveau unique. C’est accepter de nommer les écarts. C’est offrir des espaces individuels sans casser le groupe. Les écoles de danse, les compagnies amateurs, même certains cours scolaires reconnaîtront le schéma.
La télévision accélère seulement le processus. Ce qui prend des mois ailleurs doit se voir en quelques primes. D’où la nécessité d’outils clairs : niveaux, sessions extra, répertoire préparé, adaptation rapide. Ce n’est pas de la magie. C’est de l’organisation.
Le rêve de l’eau rappelle une autre vérité. On peut tout planifier et garder une part d’impossible volontaire. Une saison sans désir un peu fou s’éteint. Une saison qui ne sait que rêver s’écroule. Le chorégraphe place le curseur entre les deux. Faisable, dit-il. Pas forcément fait.
Ce qu’il faudra surveiller jusqu’au premier prime
Avant le 10 octobre, peu de visages sont encore publics. C’est précisément pour cela que le discours de Jonathan Jenvrin compte. Il parle de méthode plus que de casting. Il parle d’inclusion plus que de compétition. Il parle d’un hymne déjà écrit, ce qui signifie que le premier rendez-vous collectif ne sera pas une improvisation.
Ensuite viendra le test réel. Des élèves fatigués. Des egos. Des blocages. Des révélations. La bible rencontrera des corps. Certains tableaux mourront. D’autres naîtront. Le professeur le sait déjà. Il l’assume. C’est même le principe.
Si la saison tient sa promesse, on se souviendra moins d’une figure impossible que d’un groupe qui avance ensemble. Moins d’un gadget que d’un hymne que tout le monde peut habiter. Moins d’un professeur qui écrase que d’un professeur qui individualise. C’est un basculement discret. Il peut changer toute la texture de l’antenne.
Le fil rouge d’une deuxième année plus lucide
Une première saison sert à apprendre la maison. Une deuxième sert à la plier. Jonathan Jenvrin n’arrive plus en découverte. Il arrive avec des regrets utiles : un hymne trop rapide, des paramètres encore flous, une envie désormais de faire entrer le public dans la danse. La lucidité vaut mieux que la démonstration.
Il garde pourtant l’appétit du spectacle. L’eau. Christine and the Queens. Bastiaan comme relais possible. Des challenges dans une chorégraphie plus ouverte. Rien n’est sage jusqu’à l’ennui. Tout est simplement mieux cadré.
Au fond, le message aux futurs académiciens est simple. Travaillez. Faites confiance. Proposez. Le reste — niveaux, cours particuliers, tableaux, hymne — est déjà pensé pour accueillir cela. Encore faut-il que la promotion joue le jeu. Sans volonté, la plus belle bible ne sert à rien. Avec elle, même un pas accessible peut devenir inoubliable.
La chorégraphie de l’hymne est prête, donc. Les petits challenges aussi. Reste le seul élément qu’aucun professeur ne peut écrire à l’avance : la rencontre. Celle des élèves avec le plateau, de l’eau avec la machinerie, d’un geste inclusif avec le regard du samedi soir. C’est là que la saison 2026 commencera vraiment, bien après les interviews de rentrée.









