On sent déjà le château qui s’agite. Avant même que les académiciens posent leurs valises, le professeur de danse a déjà une bible de tableaux, une chorégraphie d’hymne bouclée et une idée fixe : inclure tout le monde sans aplatir l’exigence. Jonathan Jenvrin, de retour pour une deuxième saison à la Star Academy, parle d’impatience, de groupes de niveau, de cours particuliers et d’un rêve un peu fou, un tableau chanté-dansé dans l’eau. Derrière les formules, il y a une méthode, une mémoire de l’an dernier et une saison qui promet de prendre plus de risques.
Ce Que Change Vraiment Cette Deuxième Année
La première année d’un professeur à l’écran, c’est souvent une course contre l’inconnu. On découvre les élèves en même temps que le public, on ajuste les niveaux dans l’urgence, on apprend la cadence des primes, les contraintes de plateau, la fatigue des voix. Jonathan Jenvrin le dit sans détour : l’an passé, la musique de l’hymne était très uptempo, c’était sa première saison, il n’avait pas encore tous les tenants et les aboutissants. Cette année, le ton change. Moins d’effet de surprise subi, plus de construction. Il prépare depuis un moment ses tableaux et ses cours. L’impatience n’est pas un slogan. C’est le signe qu’un travail invisible a déjà eu lieu.
Ce que le public retient d’une Star Academy, ce sont les primes, les nominés, les duos avec des invités. Ce que le professeur de danse retient, c’est autre chose : qui sait compter, qui se bloque dès qu’on change le poids du corps, qui a un univers déjà lisible, qui a besoin d’un filet. Former des artistes en quelques semaines n’a rien d’un atelier loisir. C’est un sprint pédagogique sous caméras, avec des niveaux hétérogènes et une exigence de spectacle chaque samedi.
Des Groupes De Niveau Sans Humiliation
Le fonctionnement reste le même que l’an dernier : des groupes de niveau. L’idée n’est pas de « saquer » qui que ce soit. Le mot est de lui. Il s’agit d’identifier un point de départ et un point d’arrivée, pour lui, pour les élèves, et aussi pour le public. Sur un plateau, l’œil du téléspectateur juge vite. Si tout le monde danse la même chose au même niveau apparent, on perd le récit de la progression. Si on mélange trop tôt les profils, on casse la confiance des plus fragiles et on bride les plus avancés.
Les groupes de niveau, en pédagogie de la danse, existent depuis longtemps dans les studios. On les retrouve dans les écoles de comédie musicale, dans les compagnies en formation, dans les conservatoires. Ce qui change ici, c’est la visibilité. Chaque séance peut devenir un chapitre de l’émission. D’où l’importance de poser le cadre : ce n’est pas un classement moral. C’est une carte. On part d’ici. On vise là.
Repère pédagogique. Un groupe de niveau n’est utile que s’il reste mobile. Celui qui galère sur l’hymne aujourd’hui peut devenir un pilier de tableau dans trois semaines, à condition d’avoir un créneau pour rattraper le geste.
Les Cours Particuliers, Vraie Nouveauté De Saison
Cette année, il y a des cours particuliers. Jonathan Jenvrin s’en réjouit franchement. Ceux qui le veulent pourront progresser davantage. Ceux qu’il estime en réel besoin pourront aussi se voir proposer une session. L’exemple qu’il donne est concret : pendant l’apprentissage de la chorégraphie de l’hymne, s’il voit quelqu’un en galère, il le fera revenir pour une session supplémentaire avant le prime.
C’est un détail qui change la texture d’une académie. En collectif, on enseigne une structure. En particulier, on corrige une hanche, un regard, une peur de se tromper devant les autres. La danse, plus que le chant parfois, expose le corps entier. On ne peut pas « cacher » une phrase mal placée derrière un micro. Le cours individuel devient alors un espace de réparation, pas seulement d’excellence.
Quand ils vont apprendre la chorégraphie de l’hymne, si j’en vois certains en galère, je vais leur dire : là, tu reviens, comme ça, on se fait une session supplémentaire avant le prime.
On entend dans cette phrase un professeur qui refuse de laisser un élève se noyer en public. L’hymne n’est pas un simple générique dansé. C’est la carte de visite collective de la promotion. Tout le monde y apparaît. Tout le monde y est jugé. Rendre la chorégraphie plus accessible, et offrir des rattrapages, c’est une même logique : inclure sans diluer le spectacle.
Une Chorégraphie D Hymne Plus Cool, Plus Inclusive
Doit-on s’attendre à une chorégraphie aussi difficile que l’an dernier ? Il rit. Puis il tranche. Cette année, la chorégraphie sera très cool, plus accessible pour les élèves comme pour le public. Il a vraiment envie d’inclure tout le monde. Il y aura quand même des petits challenges. La chorée restera très cool, mais plus inclusive. Et surtout : elle est prête.
Ce dernier point compte. Une chorégraphie d’hymne prête avant l’arrivée des élèves, c’est un pari. On compose sans connaître les corps, les amplitudes, les blocages. On prévoit des couches : une base lisible, des accents pour ceux qui peuvent aller plus loin, des transitions que le public peut mimer depuis son canapé. L’inclusivité n’est pas seulement morale. Elle est stratégique. Un hymne que personne ne peut suivre hors de l’écran perd une partie de sa fonction fédératrice.
L’an dernier, le tempo élevé a sans doute magnifié les plus à l’aise et exposé les autres. Cette saison, le curseur bouge. Pas vers la facilité gratuite. Vers une lisibilité. Les « petits challenges » restent là pour que les danseurs nés dans le plateau aient encore de la matière. Le reste du groupe doit pouvoir entrer dans la phrase sans paraître en survie.
| Enjeu | Saison précédente | Saison 2026 |
|---|---|---|
| Tempo de l’hymne | Très uptempo | Plus accessible, challenges ciblés |
| Pédagogie | Groupes de niveau | Groupes de niveau + cours particuliers |
| Préparation | Première année, ajustements à chaud | Bible de tableaux déjà constituée |
La Bible De Tableaux, Un Atelier Avant Les Visages
Comment prépare-t-on des tableaux sans avoir rencontré les élèves ? Jonathan Jenvrin parle d’une « bible » : des univers différents, des écritures variées, un stock d’idées dont une partie ira à la poubelle. C’est honnête. Toute création pour des interprètes inconnus produit du surplus. On écrit trop pour pouvoir ensuite tailler.
Une fois la saison lancée, il les regardera, les scrutera, identifiera leur univers, attribuera les tableaux qui leur correspondent, puis modifiera en fonction d’eux. Le verbe « scruter » n’est pas anodin. Il décrit un travail d’observation plus que d’imposition. Le chorégraphe n’arrive pas avec un seul style à plaquer sur douze corps. Il arrive avec une bibliothèque. Les élèves deviennent les index.
Dans un château filmé, cette observation se fait sous pression. Les caméras captent les répétitions, les rires, les crises. Le professeur, lui, doit lire autre chose : l’élan naturel, le rapport au rythme, la manière dont quelqu’un habite une chanson. Un élève très pop n’aura pas le même tableau qu’un profil plus théâtral. Un corps déjà entraîné n’appelle pas la même écriture qu’une voix splendide encore maladroite dans l’espace.
Le Rêve D Un Tableau Dans L Eau
Quel est son tableau de rêve ? Un chanté-dansé dans l’eau. Il connaît l’obstacle : la machinerie de scène, la moindre goutte, le risque technique. « S’il y a une goutte d’eau, on est mort. » La formule est nette. Pourtant il ajoute qu’il a plus d’un tour dans son sac. Au 217, selon lui, ce sera faisable. Il ne dit pas comment. Il ne promet même pas que ce sera fait. Surprise.
Ce genre de confidence sert deux fonctions. Elle nourrit l’attente du public. Elle dit aussi la nature du métier : inventer malgré les contraintes, pas contre le réel. L’eau à la télévision, ce n’est pas seulement un effet wow. C’est un rapport nouveau au poids, au costume, au souffle, au micro. Chanter et danser déjà demande une coordination rare. Ajouter un élément instable, c’est multiplier les paramètres de sécurité et de justesse.
Qu’il affirme que c’est faisable au 217 sans livrer la recette est typique d’un artisan de plateau. On protège l’idée jusqu’au moment où elle peut tenir debout sous les projecteurs. On évite aussi de promettre un miracle qui dépendrait d’arbitrages de production, de budget, de calendrier. Le rêve est posé. La décision viendra plus tard.
J’adorerais faire un tableau chanté-dansé dans l’eau. C’est assez compliqué parce qu’il y a de la machinerie sur scène, donc s’il y a une goutte d’eau, on est mort. Mais j’ai plus d’un tour dans mon sac.
Ce Qu Il Attend Des Nouveaux Académiciens
Avant les effets spéciaux, il y a les personnes. Qu’espère-t-il de la nouvelle promotion ? D’abord la volonté de travailler et la confiance. Ensuite de vrais artistes, des gens qui ont des choses à proposer, parce que c’est cela qui le nourrit. La phrase est importante. Un professeur de danse dans ce format n’est pas uniquement un répétiteur de counts. Il cherche des propositions, des identités, des élans qui dépassent l’exécution propre.
La confiance va dans les deux sens. Les élèves doivent accepter d’être recadrés, déplacés, parfois ralentis. Le professeur doit accepter que certains arriveront avec un univers déjà fort, parfois éloigné du sien. La saison devient intéressante quand ces deux mouvements se rencontrent : la discipline du studio et la singularité de l’interprète.
On peut aimer un candidat pour sa voix et découvrir qu’il transforme un plateau dès qu’on lui donne une intention de mouvement. On peut aussi voir un très bon danseur se perdre s’il n’a rien à raconter. Jonathan Jenvrin insiste sur ceux qui ont « des choses à proposer ». C’est le vocabulaire d’un créateur, pas seulement d’un coach de contest.
Christine And The Queens Et Bastiaan En Lignes De Mire
Pour une masterclass, il aimerait recevoir Christine and the Queens, qu’il trouve exceptionnelle. Le choix dit beaucoup. On n’est pas seulement dans la variété de plateau. On est dans un rapport au corps, à la scène, à la transformation, à une écriture pop qui n’a jamais séparé la chanson du geste. Une telle présence, si elle se concrétise, offrirait aux élèves autre chose qu’une démonstration technique : une leçon d’identité artistique.
S’il devait choisir un élève, il cite Bastiaan. L’an dernier, il les a régalés. Quand il est là, on peut compter sur lui. La gratitude est claire. Dans une académie, certains profils deviennent des appuis pour le professeur autant que pour le groupe. Ils tiennent une formation, inspirent les autres, absorbent une écriture plus dense sans se désunir. Mentionner un ancien n’est pas de la nostalgie gratuite. C’est un standard implicite tendu à la nouvelle promotion.
Ces deux noms, l’artiste invitée rêvée et l’élève fiable, dessinent les pôles de la saison selon lui : l’excellence inspirante d’un côté, la solidarité de plateau de l’autre. Entre les deux, le travail quotidien, moins glamour, plus décisif.
Pourquoi L Inclusivité N Est Pas Un Slogan Vide
Le mot « inclusive » peut glisser vers l’incantation. Ici, il s’ancre dans des choix concrets : tempo plus abordable, challenges réservés, cours particuliers, groupes de niveau assumés. Inclure tout le monde ne signifie pas faire semblant que tout le monde part du même endroit. Cela signifie donner à chacun une porte d’entrée visible, puis des marches.
Le public a aussi son rôle. Une chorégraphie trop hermétique crée de la distance. Une chorégraphie trop simple crée de l’ennui. Le point d’équilibre, Jonathan Jenvrin le cherche explicitement. Il veut que les téléspectateurs puissent s’y retrouver, tout en gardant des éclats pour ceux qui dansent vraiment.
Cette exigence double est celle de la télévision musicale depuis toujours. On doit impressionner et on doit rassembler. On doit montrer le travail et on doit offrir du plaisir immédiat. Le professeur de danse se trouve exactement sur cette ligne de crête.
Le Quotidien Invisible Avant Le Premier Prime
Avant le lancement, il y a les comptes, les formations, les intentions, les versions alternatives d’un même tableau. Une bible sert à cela : arriver avec assez de matière pour ne pas improviser dans la panique, tout en restant assez souple pour jeter ce qui ne colle pas aux visages réels.
Les académiciens, eux, débarqueront avec des histoires différentes. Certains auront déjà enchaîné des années de studio. D’autres auront surtout chanté. D’autres encore arriveront avec un charisme brut et un corps encore peu alphabétisé. Le rôle du professeur n’est pas d’effacer ces écarts en une semaine. Il est de les rendre lisibles, puis féconds.
Les cours particuliers peuvent éviter que l’écart devienne une honte. Les groupes de niveau peuvent éviter que l’écart devienne un chaos. L’hymne plus accessible peut éviter que le premier grand rendez-vous collectif soit un traumatisme filmé. Tout cela forme un seul dispositif.
Prendre Des Risques Sans Casser Les Élèves
La saison est annoncée comme plus risquée. Le tableau dans l’eau en est le symbole le plus spectaculaire. Mais le risque n’est pas seulement technique. Il est artistique. Oser des univers très différents, adapter les tableaux aux personnalités, inviter des figures exigeantes, refuser de tout uniformiser : voilà une autre forme de prise de risque, moins visible qu’un effet d’eau, plus durable.
Un château d’académie n’est pas une compagnie permanente. Les élèves partent, reviennent nominés, disparaissent. Le chorégraphe doit écrire pour un ensemble instable. D’où l’intérêt d’une bible large. D’où l’intérêt aussi de pouvoir compter, parfois, sur un profil comme Bastiaan, capable de porter une proposition dense.
Le risque pédagogique, lui, consiste à exposer les difficultés sans en faire un spectacle de la faute. Montrer qu’un élève revient pour une session extra avant le prime, ce n’est pas le pointer du doigt. C’est raconter le travail. Encore faut-il que le récit télévisé en ait la patience.
Ce Que Le Public Peut Guetter Dès Les Premières Semaines
Plusieurs signes diront si la méthode tient. D’abord la clarté de l’hymne : est-ce que le groupe entier respire dans la phrase, ou est-ce que quelques silhouettes tirent les autres ? Ensuite la diversité des tableaux : voit-on vraiment des univers distincts, ou une même écriture déclinée ? Enfin la circulation entre les groupes de niveau : certains montent-ils, d’autres sont-ils figés ?
Les masterclass, si elles arrivent, seront un autre révélateur. Une artiste comme Christine and the Queens ne vient pas seulement « faire un passage ». Elle déplace le centre de gravité d’un plateau. Les élèves devront alors décider s’ils imitent ou s’ils traduisent.
Le 217, de son côté, restera le théâtre des paris techniques. Faisable, dit-il, sans dire comment. Le public n’a pas besoin du mode d’emploi. Il verra, ou non, l’eau un soir. En attendant, l’essentiel se joue au sol, dans un studio, entre un professeur qui a déjà trop d’idées et des élèves qui n’ont pas encore de visage public.
Une Saison Qui Se Joue Aussi Hors Des Primes
On a tendance à réduire la danse de l’académie aux grandes pièces du samedi. Or le cœur du métier se trouve dans les matins répétitifs, les corrections minuscules, les élèves qui reviennent après le dîner parce qu’un passage ne tient pas. Les cours particuliers institutionnalisent ce hors-champ. Ils le rendent possible sans le voler au sommeil de tout le groupe.
La confiance demandée par Jonathan Jenvrin n’est pas une politesse. Sans elle, un élève entend chaque correction comme une attaque. Avec elle, la même phrase devient une alliée. « Travaillez et faites-nous confiance » : c’est presque un contrat d’entrée au château, formulé depuis le studio plutôt que depuis la direction.
Les vrais artistes qu’il espère trouver ne sont pas nécessairement les plus virtuoses dès le jour un. Ce sont ceux qui, mis devant une proposition, répondent par une idée, un accent, une présence. La télévision adore les progrès visibles. Le chorégraphe, lui, se nourrit aussi de cette part moins mesurable : quelqu’un qui a quelque chose à dire avec son corps.
Au Fond, Une Promesse De Spectacle Habité
On peut résumer l’entretien à quelques formules marquantes : hymne prêt, plus inclusif, petits challenges, cours particuliers, bible de tableaux, rêve d’eau, masterclass rêvée, gratitude envers Bastiaan. Ce serait déjà une bonne feuille de route. Mais le fil le plus intéressant est ailleurs. Jonathan Jenvrin ne parle pas comme quelqu’un qui veut seulement « occuper l’espace danse » d’une émission. Il parle comme quelqu’un qui veut que les élèves existent dedans.
Inclure tout le monde, ce n’est pas aplatir. Préparer une bible, ce n’est pas tout verrouiller. Rêver d’eau, ce n’est pas mépriser le plateau sec. Citer un ancien élève fiable, ce n’est pas refermer la porte aux nouveaux. Chaque geste décrit un équilibre entre mémoire et risque.
La saison n’a jamais été aussi proche, dit le préambule de la conversation. L’état d’esprit du professeur est simple : il a hâte. Pas d’une hâte vague. Une hâte de mettre enfin des corps réels dans des écritures déjà pensées, puis de jeter ce qui ne sert pas, de sauver ce qui éclaire un visage, de glisser un challenge là où quelqu’un peut le porter, et d’ouvrir une session de plus à celui ou celle qui galère encore la veille du prime.
Quand les projecteurs s’allumeront, le public verra une chorégraphie, des tableaux, peut-être un jour de l’eau. Avant cela, il y aura eu des groupes, des rattrapages, des pages de bible rayées, des univers attribués puis repris. C’est dans cet intervalle, peu spectaculaire, que se décide souvent une promotion. Jonathan Jenvrin, lui, affirme que la chorée est prête. Reste le plus délicat : la faire habiter par des gens qu’il n’a pas encore rencontrés.









