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Interdiction Des Smartphones Dans Les Universités Afghanes : Étudiants Divisés

Forcés de déposer leurs téléphones à l'entrée des universités, les étudiants afghans se divisent profondément. Certains y voient un regain de concentration, d'autres une menace pour leurs études et leur survie financière. Ce qui se cache derrière cette décision...

Imaginez devoir abandonner votre téléphone à la porte d’un bâtiment avant d’entrer en cours, chaque jour, sous peine de sanctions. C’est désormais le quotidien de milliers d’étudiants à travers l’Afghanistan. Depuis que les autorités ont étendu une interdiction stricte aux campus universitaires, les réactions fusent. Certains se disent soulagés de retrouver une attention pure, d’autres dénoncent une coupure brutale avec les outils essentiels à leur formation et à leur survie économique. Cette mesure, décidée sans explication détaillée, révèle des fractures profondes dans la manière dont la jeunesse perçoit l’éducation et la modernité.

Une Décision Venue Du Sommet Qui Bouleverse Les Campus

Tout a commencé en juin lorsque le chef suprême des autorités a ordonné que les fonctionnaires et les collaborateurs du secteur public cessent d’utiliser des smartphones. Aucune justification officielle n’a accompagné cette directive. Rapidement, la règle s’est élargie aux universités. Dans les salles de classe de Kaboul, un employé est apparu un jour pour annoncer purement et simplement que les téléphones n’étaient plus autorisés. Les étudiants ont dû s’y conformer immédiatement.

À Hérat, dans l’ouest du pays, des affiches collées sur les murs de l’université et de la cité universitaire menacent clairement : quiconque sera trouvé en possession d’un smartphone s’exposera à des poursuites. Aucune raison précise n’a été communiquée aux intéressés. À Kandahar, grande ville du sud, le porte-parole de l’université a néanmoins avancé une explication. Selon lui, la mesure vise à garantir que les étudiants restent attentifs aux cours, à leurs études et aux travaux pratiques.

Cette approche s’inscrit dans une vision plus large. Les autorités, au pouvoir depuis cinq ans, s’appuient sur une interprétation très stricte de la loi islamique. Elles ont déjà limité l’accès aux technologies de communication par le passé. En 2025, l’internet à haut débit avait été restreint pendant des semaines dans plusieurs provinces, avant une coupure totale de tous les réseaux pendant deux jours à l’automne. Ces précédents montrent une méfiance persistante envers les outils numériques modernes.

Un Contexte Mondial Qui Ne Correspond Pas Tout À Fait

Dans le reste du monde, les interdictions de téléphones portables concernent surtout les établissements primaires et secondaires. Une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, publiée en mars, indique que près de six pays sur dix ont adopté de telles mesures. Les raisons invoquées portent sur les risques de distraction et les menaces pour le bien-être des élèves. Pourtant, cette même étude ne mentionne aucun exemple d’interdiction généralisée dans les universités. L’Afghanistan se démarque donc par l’application de la règle à un niveau d’enseignement supérieur.

Les chiffres de connectivité dans le pays soulignent l’ampleur du changement. Fin 2025, plus de 22 millions de connexions mobiles étaient actives, soit l’équivalent de la moitié de la population. Dans les villes, les panneaux publicitaires multiplient les offres d’abonnement à l’internet mobile. La technologie s’était imposée comme un élément central de la vie quotidienne, y compris pour les étudiants. La brusque restriction crée donc un choc d’autant plus fort.

Les Voix Qui Déplorent Une Perte D’Outils Essentiels

Pour de nombreux étudiants, le smartphone n’était pas un gadget de distraction. Il constituait un instrument de travail indispensable. Un jeune de 21 ans à Hérat explique qu’auparavant, lorsque certains cours manquaient de clarté, les étudiants prenaient des photos ou des vidéos de ce qui était écrit au tableau ou des présentations projetées. Ils pouvaient ainsi revoir le contenu plus tard. Sans cet outil, la révision devient plus difficile.

Un étudiant en journalisme de 22 ans à Mazar-e-Sharif abonde dans le même sens. Selon lui, il est devenu impossible d’étudier convenablement sans smartphone. L’accès aux recherches en ligne et aux ressources éducatives s’est réduit de manière significative. Les bibliothèques numériques et les documents partagés via les applications ne sont plus accessibles pendant les heures de présence sur le campus.

À Kaboul, un étudiant de 29 ans regrette particulièrement de ne plus pouvoir s’appuyer sur l’intelligence artificielle. Celle-ci lui permettait de transformer un devoir qui prenait dix minutes en une tâche d’une minute. Il se plaint aussi de devoir transporter des dizaines de livres faute d’accès aux versions numériques. Le poids physique des ouvrages remplace désormais la légèreté d’un fichier stocké dans un appareil.

Quand certains cours n’étaient pas clairs, nous prenions des photos ou des vidéos avec nos téléphones de ce qui était écrit au tableau ou des slides, pour revoir le tout plus tard.

Ces témoignages se multiplient. Les étudiants décrivent une sensation de privation technologique. Un jeune de 28 ans à Kaboul a choisi d’acheter un simple téléphone portable d’ancienne génération. Il peut encore passer des coups de fil, mais il se sent coupé des technologies actuelles. La différence entre un appareil basique et un smartphone moderne représente un fossé considérable dans l’accès à l’information.

L’Impact Direct Sur Le Financement Des Études

Au-delà des questions purement académiques, l’interdiction touche directement la capacité de certains étudiants à financer leur formation. L’étudiant de 29 ans à Kaboul travaille comme traducteur indépendant. Ce revenu lui permet de continuer ses études. Or, il doit vérifier ses mails et ses messages WhatsApp presque chaque minute pour répondre aux clients. Sans réaction rapide, il risque de perdre des commandes.

Pendant les heures de cours, le téléphone reste à l’entrée de l’université. Une consigne quotidienne de dix afghanis, soit environ treize centimes d’euros, est demandée pour le dépôt. Lui peut se le permettre. D’autres n’ont pas cette possibilité. La somme, même modeste, s’ajoute à des budgets déjà très serrés. Pour ceux qui dépendent d’activités en ligne pendant la journée, la contrainte devient un obstacle financier réel.

Cette dimension économique révèle une réalité plus large. De nombreux étudiants combinent formation et travail pour survivre. Le smartphone servait de lien permanent avec le marché du travail informel ou indépendant. En le retirant pendant de longues heures, les autorités créent une tension entre l’exigence de présence physique en cours et la nécessité de rester connecté pour gagner sa vie.

Ceux Qui Y Voient Un Gain De Concentration

Pourtant, tous les étudiants ne partagent pas le même sentiment. À Kandahar, où réside le chef suprême des autorités, un étudiant en médecine de 25 ans nommé Sanaullah Yousufzai constate une amélioration des relations entre professeurs et étudiants. Selon lui, il devient plus facile de se concentrer sur les cours. Les interruptions dues aux appels ont disparu. L’ambiance en classe a changé.

Il reconnaît toutefois une inquiétude. En cas d’urgence, il ne peut plus joindre sa famille immédiatement. Cette limite pratique demeure. Malgré cela, il estime que le bénéfice en termes d’attention l’emporte. L’absence de notifications et de tentations numériques redonne une place centrale à l’échange direct en salle de cours.

Un autre étudiant en journalisme, Mohammad Hakim Haqmal, âgé de 22 ans, va dans le même sens. Il observe que si certains camarades utilisaient leurs smartphones pour étudier, beaucoup gaspillent aussi du temps sur les réseaux sociaux. Depuis l’interdiction, il remarque un changement de comportement. Les étudiants font davantage d’efforts, étudient plus sérieusement et obtiennent de meilleurs résultats. La contrainte externe a forcé une discipline intérieure.

Nous pouvons mieux nous concentrer sur les cours, il n’y a plus d’interruptions dues à des appels.

Ces témoignages positifs ne nient pas les difficultés. Ils mettent en avant un autre aspect de la réalité étudiante. La présence constante des écrans créait une dispersion. En les retirant, l’environnement d’apprentissage retrouve une forme de pureté. Les discussions en classe gagnent en intensité. Les professeurs retrouvent une attention plus soutenue de la part de leurs élèves.

Les Préoccupations Des Observateurs Extérieurs

Fiona Frazer, directrice du département des droits humains au sein de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan, apporte un regard extérieur. Elle reconnaît qu’il peut y avoir des raisons solides d’encadrer l’utilisation des technologies par les étudiants. Néanmoins, elle exprime une préoccupation face aux restrictions imposées par les autorités. Celles-ci limitent l’accès à l’information et la liberté d’expression. Elles compliquent aussi la vie quotidienne des Afghans.

Cette position souligne un équilibre délicat. D’un côté, la volonté de protéger la concentration et de réduire les distractions. De l’autre, le risque de couper les étudiants d’outils désormais centraux dans l’accès au savoir. Dans un pays où les ressources éducatives physiques restent limitées, le numérique représentait souvent une porte ouverte vers des contenus plus vastes.

Les autorités n’ont pas fourni de détails sur la durée de la mesure ni sur d’éventuelles exceptions. Les étudiants évoluent donc dans l’incertitude. Certains adaptent leurs méthodes de travail. D’autres cherchent des solutions de contournement limitées, comme l’usage de téléphones basiques. La majorité semble toutefois se conformer, conscients des risques de sanctions.

La Vie Quotidienne Transformée Sur Les Campus

Le rituel du dépôt du téléphone à l’entrée est devenu un moment marquant de la journée. Les files se forment. Les étudiants remettent leur appareil, reçoivent parfois un jeton ou un numéro, et entrent sans connexion. À la sortie, ils le récupèrent. Ce geste simple symbolise une rupture temporaire avec le monde extérieur. Pour ceux qui ont des responsabilités familiales ou professionnelles, l’attente peut générer de l’anxiété.

Les salles de cours elles-mêmes ont changé d’ambiance. Les regards ne plongent plus sur des écrans entre deux explications. Les chuchotements liés à des messages ont disparu. Les professeurs notent une présence plus marquée. Pourtant, certains regrettent de ne plus pouvoir illustrer un point en projetant rapidement une image ou une vidéo trouvée en ligne. Les méthodes pédagogiques doivent s’adapter.

Dans les espaces communs, la conversation face à face reprend une place plus importante. Les étudiants discutent entre eux sans distraction numérique. Certains y voient un retour à des formes d’échange plus authentiques. D’autres ressentent un isolement face à l’impossibilité de vérifier une information ou de contacter un proche rapidement.

Les Enjeux Plus Larges De L’Accès À L’Information

L’interdiction soulève des questions qui dépassent le simple cadre universitaire. Dans un pays où l’accès à l’information a déjà connu des restrictions, retirer les smartphones des campus renforce une forme de contrôle. Les étudiants, souvent plus connectés que le reste de la population, perdaient un canal d’ouverture vers le monde. La mesure s’inscrit dans une série de décisions qui restreignent progressivement les espaces de liberté numérique.

Pour les disciplines qui dépendent fortement de la recherche en ligne, comme le journalisme ou certaines sciences, le handicap est particulièrement visible. Les sources d’actualité internationales, les bases de données académiques ou les outils de traduction deviennent inaccessibles pendant les heures de présence. Les étudiants doivent organiser leur travail autrement, en préparant davantage de documents papier à l’avance.

Cette situation contraste avec les tendances mondiales où les universités intègrent de plus en plus les outils numériques. Ailleurs, on débat de l’usage raisonné des téléphones plutôt que de leur interdiction pure et simple. En Afghanistan, le choix a été tranché de manière unilatérale. Les étudiants n’ont pas eu de place dans la discussion qui a conduit à la décision.

Des Adaptations Individuelles Variées

Face à la contrainte, chacun trouve ses propres solutions. Certains multiplient les notes manuscrites. D’autres organisent des sessions de révision collectives le soir, une fois le téléphone récupéré. Quelques-uns investissent dans des livres supplémentaires malgré le coût. Les plus inventifs utilisent les rares moments hors campus pour télécharger un maximum de ressources.

Le téléphone basique devient pour certains un compromis. Il permet les appels urgents sans offrir les distractions des applications. Pourtant, il ne remplace pas les fonctionnalités avancées. La photographie de documents, la navigation web, les messageries instantanées et les outils d’intelligence artificielle restent hors de portée. L’écart technologique se creuse entre ceux qui peuvent compenser autrement et ceux qui ne le peuvent pas.

Dans les cités universitaires, la vie sociale évolue aussi. Les échanges se font davantage de vive voix. Les groupes d’étude se reforment autour de tables plutôt que de conversations numériques. Certains étudiants apprécient ce retour à des interactions plus directes. D’autres ressentent la perte d’un moyen de rester en contact avec des camarades d’autres facultés ou d’autres villes.

La Concentration Retrouvée Face Aux Coûts Cachés

Les défenseurs de la mesure insistent sur les gains en termes d’attention. Les interruptions constantes des notifications ont disparu. Les étudiants restent plus longtemps concentrés sur un même sujet. Les résultats académiques, selon certains témoignages, s’améliorent. Cette observation rejoint des débats internationaux sur les effets des écrans sur les capacités cognitives.

Pourtant, les coûts ne se limitent pas à la commodité. L’impossibilité de documenter rapidement un cours, de vérifier une source ou de gérer une activité professionnelle parallèle crée des frictions. Pour les étudiants qui travaillaient avec l’intelligence artificielle, la perte de productivité est nette. Ce qui prenait une minute en demande désormais dix. Le temps gagné en concentration en classe peut se perdre ailleurs.

La question de l’urgence familiale reste également ouverte. Dans un pays où les déplacements sont parfois longs et les communications parfois instables, le téléphone représentait un lien de sécurité. Son absence pendant plusieurs heures génère une forme de vulnérabilité. Les étudiants qui ont des proches dépendants ou des situations familiales fragiles le ressentent particulièrement.

Un Miroir Des Tensions Entre Tradition Et Modernité

Cette interdiction cristallise des tensions plus profondes. D’un côté, une volonté de recentrer l’éducation sur des valeurs de discipline et de présence. De l’autre, la réalité d’un monde où le numérique structure l’accès au savoir et à l’emploi. Les étudiants se retrouvent au cœur de ce conflit. Leur expérience quotidienne devient un terrain d’observation des choix politiques plus larges.

Les autorités semblent privilégier un modèle où la technologie est contrôlée et limitée. Les précédentes coupures d’internet et de réseaux de communication s’inscrivent dans la même logique. Les smartphones, en tant qu’objets personnels et puissants, incarnent une forme d’autonomie individuelle que certaines interprétations de la loi cherchent à encadrer strictement.

Pour les étudiants, le défi consiste à naviguer entre ces exigences. Certains y voient une opportunité de recentrer leurs efforts. D’autres ressentent une privation qui handicape leur parcours. La diversité des réactions montre qu’il n’existe pas de consensus unique au sein de la jeunesse universitaire. Les positions varient selon les disciplines, les situations économiques et les perceptions personnelles de l’éducation.

Les Conséquences À Plus Long Terme Sur La Formation

Si la mesure se prolonge, ses effets sur la qualité de la formation pourraient s’accumuler. Les étudiants habitués à croiser les sources en ligne devront s’appuyer davantage sur les manuels et les notes de cours. La diversité des points de vue accessibles risque de se réduire. Dans des domaines en évolution rapide, le retard d’information pourrait devenir un handicap réel.

Les compétences numériques elles-mêmes pourraient s’éroder. Savoir rechercher efficacement, évaluer une source en ligne ou utiliser des outils collaboratifs fait partie des aptitudes attendues dans de nombreux métiers. En limitant l’exposition à ces outils pendant les années universitaires, le système risque de produire des diplômés moins préparés à certains environnements professionnels.

À l’inverse, les compétences de concentration, de mémorisation et d’échange oral pourraient se renforcer. Les étudiants qui s’adaptent développent peut-être une capacité d’attention plus durable. Dans un monde saturé d’informations, cette aptitude représente aussi une forme de richesse. L’avenir dira lequel de ces effets l’emportera.

La Quotidienneté D’Une Mesure Qui Redéfinit Les Habitudes

Au fil des semaines, le dépôt du téléphone est devenu un automatisme. Les étudiants arrivent, se séparent de leur appareil, suivent leurs cours, puis le récupèrent. Ce rythme structure désormais la journée. Certains en profitent pour lire davantage de livres papier. D’autres comptent les heures jusqu’à la récupération de leur lien avec le monde extérieur.

Les conversations dans les couloirs portent parfois sur cette contrainte. On échange des astuces pour organiser le travail sans outil numérique. On partage des frustrations ou, au contraire, des observations positives sur l’ambiance en classe. La mesure est devenue un sujet de discussion récurrent, révélateur des différentes priorités de chacun.

Pour les professeurs, l’adaptation est également nécessaire. Certains apprécient de ne plus devoir rappeler aux étudiants de ranger leurs téléphones. D’autres regrettent de ne plus pouvoir compter sur la rapidité d’accès à une information complémentaire. Les pratiques pédagogiques évoluent en silence, sans cadre formel de discussion sur les conséquences de la règle.

Un Débat Qui Reste Ouvert Malgré Le Silence Officiel

Les autorités n’ont pas engagé de dialogue public sur les effets de l’interdiction. Les étudiants s’expriment sous le couvert de l’anonymat, par prudence. Les témoignages recueillis montrent une diversité d’opinions plutôt qu’une opposition unifiée. Cette fragmentation rend difficile toute forme de réponse collective.

Dans les universités, la vie continue. Les cours se déroulent. Les examens approchent. Les étudiants s’organisent comme ils le peuvent. Certains voient dans la contrainte une discipline salutaire. D’autres la vivent comme un frein à leur développement. Entre ces deux pôles, une majorité semble naviguer au jour le jour, cherchant le meilleur compromis possible.

La situation actuelle invite à réfléchir plus largement sur la place des technologies dans l’éducation. Faut-il les bannir pour préserver l’attention, ou les intégrer de manière raisonnée pour enrichir l’apprentissage ? En Afghanistan, le choix a été tranché en faveur de la restriction. Les étudiants en vivent les conséquences concrètes, entre gain de concentration et perte d’outils essentiels. Leur expérience offre un éclairage unique sur les tensions entre contrôle, modernité et formation des jeunes générations.

Au-delà des campus, cette interdiction s’inscrit dans une série de décisions qui redéfinissent progressivement l’espace numérique afghan. Les étudiants, en première ligne, incarnent les contradictions de cette évolution. Leur capacité à s’adapter, à trouver de nouvelles méthodes et à maintenir leurs ambitions malgré les obstacles reste remarquable. Qu’ils y voient une opportunité ou une contrainte, ils continuent d’avancer, un cours après l’autre, téléphone à l’entrée et esprit concentré sur l’essentiel de leur formation.

La question demeure de savoir si cette mesure produira à long terme une génération plus attentive ou une génération moins connectée aux outils du monde contemporain. Pour l’instant, les voix des étudiants eux-mêmes offrent le témoignage le plus précieux. Divisées, nuancées, parfois contradictoires, elles dessinent le portrait d’une jeunesse confrontée à des choix qui la dépassent, mais qu’elle doit pourtant vivre au quotidien. Dans les salles de classe afghanes, le silence des téléphones a redonné de la place à d’autres sons : ceux des explications, des questions, et parfois des regrets.

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