Qui aurait imaginé que, plusieurs mois après l’annonce d’une trêve fragile, les regards se tourneraient à nouveau vers El-Alamein, sur la côte nord de l’Égypte, pour tenter de relancer un processus de paix toujours suspendu à un fil ? Dimanche, une délégation du Hamas a entamé des entretiens avec le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad. L’enjeu est clair : faire avancer le plan de paix américain pour Gaza, alors que les divergences entre les parties restent profondes et que les accusations de violations du cessez-le-feu se multiplient de part et d’autre.
Une rencontre stratégique à El-Alamein
Selon un responsable du mouvement islamiste palestinien, la délégation du Hamas est menée par le nouveau chef politique du mouvement, Khalil al-Hayya. Il s’agit de sa première visite en Égypte depuis sa nomination à la fin du mois de juillet. Ce déplacement revêt une dimension particulière. Il intervient dans un contexte où le Hamas a donné son accord, fin juillet, à une feuille de route américaine en quinze points. Cette feuille de route est censée lancer la deuxième étape du plan de Donald Trump pour la sortie de guerre à Gaza. Elle prévoit notamment le désarmement du mouvement et le retrait israélien du territoire palestinien.
Israël a cependant rejeté cette feuille de route. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a officiellement refusé le texte en exigeant un désarmement « véritable » du Hamas. C’est précisément sur ces divergences que porte la réunion d’El-Alamein. Le responsable du Hamas a précisé que les discussions concernent « les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l’accord, qui comprend la feuille de route en quinze points, et à entamer sa mise en œuvre ».
La délégation informera les responsables égyptiens des violations par Israël de l’accord de cessez-le-feu. Khalil al-Hayya soulignera l’engagement du mouvement ainsi que sa disponibilité à mettre en œuvre l’accord dès qu’Israël aura annoncé qu’il s’y conforme. Cette position illustre la volonté affichée par le Hamas de se présenter comme prêt à avancer, tout en plaçant la responsabilité du blocage du côté israélien.
Le rôle central de l’Égypte dans la médiation
L’Égypte n’est pas un acteur secondaire dans ce dossier. Depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, le Caire a multiplié les initiatives pour tenter d’obtenir des cessez-le-feu et des échanges de prisonniers. Hassan Rachad, en tant que chef du renseignement égyptien, occupe une place clé dans ces discussions. Sa rencontre avec la délégation menée par Khalil al-Hayya s’inscrit dans une continuité de contacts réguliers entre Le Caire et les dirigeants du mouvement islamiste.
Cette réunion à El-Alamein permet également de rappeler l’importance géographique et politique de l’Égypte. Frontière terrestre avec Gaza, le pays dispose d’un levier diplomatique unique. Les médiateurs égyptiens sont souvent cités aux côtés des Qataris et des Turcs dans les efforts visant à faire respecter l’accord. Une autre source au sein du Hamas a d’ailleurs indiqué que des contacts et discussions se poursuivaient avec ces médiateurs pour « contraindre Israël à respecter l’accord ».
Le choix d’El-Alamein n’est pas anodin. Cette localité du nord de l’Égypte offre un cadre plus discret que la capitale, tout en restant accessible. Elle permet des échanges directs sans la pression médiatique habituelle du Caire. Pour le Hamas, il s’agit aussi de marquer le sérieux de sa démarche en envoyant son nouveau chef politique en personne.
La feuille de route américaine en quinze points
Fin juillet, le Hamas a donné son accord à cette feuille de route. Elle est présentée comme la deuxième étape du plan de Donald Trump pour la sortie de guerre à Gaza. Parmi les points essentiels figurent le désarmement du mouvement et le retrait israélien du territoire. Ces deux éléments constituent le cœur des divergences actuelles. Israël estime que le désarmement proposé n’est pas suffisamment « véritable ». Le Hamas, de son côté, conditionne sa mise en œuvre à un engagement clair d’Israël à respecter l’ensemble de l’accord.
Cette feuille de route n’a pas encore vu le début de son application. Les deux parties s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d’octobre 2025. Dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre, la situation humanitaire reste extrêmement préoccupante. Au moins 1 259 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.
Ces chiffres illustrent la fragilité de la trêve. Chaque incident renforce la méfiance et complique les efforts diplomatiques. La rencontre d’El-Alamein vise précisément à relancer la dynamique en demandant aux médiateurs égyptiens d’exercer une pression accrue sur Israël.
Les prochaines étapes diplomatiques
Pour tenter d’aplanir les divergences, Jared Kushner, émissaire et gendre de Donald Trump, doit se rendre dans la semaine à venir en Israël et en Égypte. Il sera accompagné de Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza du « Conseil de Paix » du président américain. Cette double visite est attendue avec attention. Elle pourrait permettre de tester la volonté réelle des parties à avancer.
Une source au sein du Hamas a indiqué que, à l’occasion de cette visite, « des contacts étaient en cours » pour organiser une réunion entre la délégation du Hamas, M. Mladenov et des responsables américains. Si cette rencontre se concrétise, elle représenterait un pas supplémentaire vers un dialogue plus direct. Jusqu’à présent, les échanges passent souvent par les médiateurs régionaux.
Le calendrier est serré. La présence de Jared Kushner et de Nikolaï Mladenov en Égypte et en Israël pourrait coïncider avec la poursuite des discussions engagées à El-Alamein. Le Hamas souhaite que ces interlocuteurs américains prennent la mesure des violations qu’il attribue à Israël et qu’ils insistent pour que la feuille de route soit enfin mise en œuvre.
Les accusations réciproques de violations
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu d’octobre 2025, les accusations de violations n’ont jamais cessé. Le Hamas affirme qu’Israël ne respecte pas les termes de l’accord. Israël, de son côté, estime que le mouvement islamiste continue de représenter une menace et que le désarmement annoncé n’est pas effectif. Ces positions irréconciliables pour l’instant expliquent pourquoi la feuille de route américaine reste lettre morte.
Les chiffres communiqués par le ministère de la Santé de Gaza – au moins 1 259 Palestiniens tués depuis le début de la trêve – pèsent lourd dans le discours du Hamas. Ces données, considérées comme fiables par l’ONU, sont systématiquement mises en avant pour illustrer le coût humain du statu quo. De l’autre côté, les pertes israéliennes, bien que moins nombreuses, sont également soulignées : cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense.
Cette guerre des chiffres et des interprétations rend toute avancée diplomatique délicate. Chaque camp cherche à démontrer que c’est l’autre qui empêche la mise en œuvre de l’accord. La réunion avec Hassan Rachad sert au Hamas à formaliser ces griefs auprès d’un médiateur de premier plan.
Le positionnement du nouveau chef politique du Hamas
Khalil al-Hayya n’est pas un inconnu. Sa nomination à la fin du mois de juillet a marqué un changement à la tête politique du mouvement. Sa première visite en Égypte depuis cette nomination envoie un signal clair : le Hamas entend rester un interlocuteur incontournable dans les négociations. En se rendant à El-Alamein, il prend personnellement la responsabilité de présenter la position du mouvement et de réaffirmer son engagement conditionnel à la feuille de route.
Ce déplacement lui permet également de prendre le pouls des intentions égyptiennes. L’Égypte a toujours privilégié une approche pragmatique, cherchant à éviter une nouvelle flambée de violence tout en préservant ses propres intérêts sécuritaires le long de la frontière avec Gaza. Hassan Rachad, en tant que chef du renseignement, incarne cette approche.
Pour le Hamas, l’objectif est double : obtenir un soutien diplomatique plus ferme de la part de l’Égypte et des autres médiateurs, et préparer le terrain à d’éventuelles discussions directes avec les émissaires américains. La présence annoncée de Jared Kushner et de Nikolaï Mladenov dans la région offre une fenêtre d’opportunité que le mouvement ne souhaite pas laisser passer.
Les médiateurs régionaux en première ligne
Outre l’Égypte, le Qatar et la Turquie sont mentionnés comme interlocuteurs actifs. Les contacts et discussions avec ces médiateurs visent à « contraindre Israël à respecter l’accord ». Cette formulation, rapportée par une source du Hamas, montre que le mouvement mise sur une pression collective plutôt que sur des négociations bilatérales isolées.
Le Qatar a joué un rôle important dans les précédentes médiations, notamment pour les échanges de prisonniers et les discussions humanitaires. La Turquie, quant à elle, a régulièrement exprimé son soutien aux Palestiniens et sa volonté de contribuer à une solution. En associant ces acteurs, le Hamas cherche à élargir le front diplomatique favorable à l’application de la feuille de route.
L’Égypte reste cependant le pivot. Sa proximité géographique et son expérience des dossiers sécuritaires liés à Gaza lui confèrent une crédibilité particulière. La rencontre de dimanche avec Hassan Rachad s’inscrit dans cette logique de coordination régionale.
Le poids de l’histoire récente
Il ne faut pas oublier le contexte dans lequel s’inscrivent ces discussions. La guerre a été déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. Deux années de combats ont laissé Gaza dévastée. Le cessez-le-feu d’octobre 2025 a apporté un répit relatif, mais les violations mutuelles et les pertes humaines continuent d’alimenter la tension.
Dans ce climat, chaque déclaration, chaque rencontre, chaque déplacement d’émissaire est scruté. La feuille de route américaine en quinze points représente, pour le Hamas, une occasion de sortir de l’impasse tout en préservant ce qu’il considère comme ses intérêts fondamentaux. Pour Israël, l’exigence d’un désarmement « véritable » reste non négociable.
Ces positions figées expliquent pourquoi la rencontre d’El-Alamein et les visites à venir de Jared Kushner et de Nikolaï Mladenov sont suivies avec autant d’attention. Elles pourraient, ou non, débloquer la situation.
Les enjeux humanitaires en arrière-plan
Au-delà des discussions diplomatiques, la réalité sur le terrain reste dramatique. Les 1 259 Palestiniens tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza, rappellent que la pause des combats n’a pas mis fin à la violence. Ces chiffres, jugés fiables par l’ONU, sont régulièrement cités dans les échanges avec les médiateurs.
Du côté israélien, les cinq soldats et le contractuel tués illustrent que la menace persiste. Chaque perte humaine renforce la détermination des dirigeants à ne rien céder sur le fond. Dans ce contexte, la mise en œuvre de la feuille de route apparaît comme un objectif encore lointain, malgré les efforts déployés.
Les médiateurs égyptiens, qataris et turcs sont conscients de cette réalité. Leur rôle consiste à tenter de réduire l’écart entre les positions tout en évitant une reprise généralisée des hostilités. La réunion de dimanche s’inscrit dans cette tentative permanente de maintien d’un canal de discussion ouvert.
Une fenêtre diplomatique encore ouverte
Malgré les divergences, la présence de Khalil al-Hayya en Égypte et l’annonce de la visite de Jared Kushner et de Nikolaï Mladenov montrent qu’une fenêtre diplomatique reste ouverte. Le Hamas affirme sa disponibilité à mettre en œuvre l’accord dès qu’Israël s’y conformera. Israël maintient son exigence d’un désarmement réel. Les médiateurs tentent de trouver un terrain d’entente.
La feuille de route en quinze points reste le document de référence. Elle a reçu l’accord du Hamas fin juillet. Son rejet par Israël a gelé le processus. Les efforts actuels visent à forcer la reprise de sa mise en œuvre. Que ce soit par la pression des médiateurs régionaux ou par l’intervention des émissaires américains, l’objectif affiché est le même : sortir de l’impasse.
Les prochains jours seront déterminants. Les discussions engagées à El-Alamein, les contacts en cours pour une éventuelle réunion avec Nikolaï Mladenov et des responsables américains, ainsi que le déplacement de Jared Kushner, constitueront autant d’indicateurs de la volonté réelle des parties à avancer.
Le regard porté sur les prochaines échéances
Dans les capitales régionales et à Washington, on observe attentivement ces mouvements. Le Hamas, en envoyant son nouveau chef politique, montre qu’il prend ces discussions au sérieux. L’Égypte, en recevant la délégation, confirme son rôle de médiateur indispensable. Les États-Unis, via Jared Kushner et Nikolaï Mladenov, tentent de relancer un processus qu’ils ont eux-mêmes initié.
Le désarmement et le retrait israélien restent les deux points centraux. Tant que ces questions ne trouveront pas de réponse acceptable pour les deux camps, la feuille de route restera en suspens. Les violations du cessez-le-feu, réelles ou alléguées, continuent d’alimenter la méfiance.
Pourtant, le simple fait que des entretiens se tiennent et que des visites soient programmées indique qu’aucune des parties n’a encore fermé définitivement la porte. Dans un conflit aussi long et destructeur, cette persistance du dialogue constitue en elle-même un élément notable.
Perspectives et incertitudes
Il est encore trop tôt pour savoir si la rencontre d’El-Alamein et les initiatives qui suivront permettront de débloquer la situation. Le Hamas a clarifié sa position : engagement conditionnel à la mise en œuvre dès qu’Israël annoncera sa conformité. Israël a clarifié la sienne : exigence d’un désarmement véritable. Entre ces deux positions, les médiateurs tentent de tisser un fil conducteur.
Les chiffres des victimes depuis le début de la trêve rappellent l’urgence humanitaire. Les 1 259 Palestiniens tués et les pertes israéliennes pèsent sur les consciences et sur les calculs politiques. Dans ce contexte, chaque avancée diplomatique, aussi modeste soit-elle, est scrutée.
La suite dépendra de la capacité des acteurs à transformer les contacts en progrès concrets. La feuille de route américaine en quinze points offre un cadre. Reste à savoir si les parties accepteront de s’y engager pleinement. Les prochains jours, avec la visite de Jared Kushner et de Nikolaï Mladenov, apporteront peut-être des éléments de réponse.
En attendant, la réunion de dimanche à El-Alamein restera comme un moment où le nouveau chef politique du Hamas a choisi de se rendre en personne pour défendre la position de son mouvement et appeler à l’application de l’accord. Un geste diplomatique dans un conflit où les gestes de ce type restent rares et précieux.
Les médiateurs égyptiens, qataris et turcs poursuivent leurs efforts. Les émissaires américains s’apprêtent à se rendre sur place. Le Hamas affirme sa disponibilité conditionnelle. Israël maintient ses exigences. Dans cet équilibre fragile, la moindre évolution peut tout faire basculer. C’est précisément cette incertitude qui rend les discussions actuelles si importantes à suivre.
Le plan de paix américain pour Gaza, dans sa deuxième étape, attend toujours son lancement effectif. La feuille de route en quinze points, acceptée par le Hamas et rejetée par Israël, cristallise les divergences. La rencontre avec Hassan Rachad vise à relancer la pression pour que cet accord soit enfin respecté et mis en œuvre. Que les prochains contacts aboutissent ou non, ils constituent pour l’instant le seul chemin diplomatique encore praticable.
Dans un territoire dévasté par deux ans de guerre et marqué par des centaines de morts depuis le début de la trêve, chaque tentative de dialogue conserve une valeur particulière. La présence de Khalil al-Hayya en Égypte et l’annonce des prochaines visites d’émissaires américains en sont l’illustration la plus récente. L’histoire dira si ces efforts auront permis d’ouvrir une véritable voie de sortie ou s’ils n’auront été qu’une étape de plus dans un processus encore long et incertain.
Pour l’heure, les regards restent fixés sur El-Alamein, sur les contacts en cours avec les médiateurs, et sur le calendrier des déplacements de Jared Kushner et de Nikolaï Mladenov. Dans ce dossier où chaque mot compte et où chaque silence peut être interprété, la transparence relative des sources du Hamas sur le contenu de la réunion offre un aperçu rare des positions en présence. Il appartient désormais aux interlocuteurs de transformer ces paroles en actes concrets.
La suite de ces discussions déterminera si la feuille de route américaine peut encore servir de base à une sortie de crise ou si d’autres approches devront être envisagées. En l’état, le Hamas a choisi de réaffirmer son engagement conditionnel et de solliciter l’appui des médiateurs pour faire respecter l’accord. Israël a choisi de maintenir son exigence de désarmement véritable. Entre ces deux lignes, la diplomatie continue de chercher un espace de manœuvre.
C’est dans cet espace étroit que se joue, pour l’instant, l’avenir immédiat du processus. Les prochains jours diront si cet espace peut s’élargir ou s’il se refermera à nouveau. En attendant, la rencontre de dimanche restera comme un signal que, malgré tout, les canaux de discussion demeurent ouverts et que les acteurs régionaux et internationaux n’ont pas renoncé à tenter de faire avancer le plan de paix pour Gaza.









