Les élections européennes approchent à grands pas, et la tension monte inexorablement au sein de la gauche française. Lors d’un débat organisé lundi soir sur BFMTV entre les principales têtes de liste, les échanges entre Manon Aubry, candidate insoumise, et Raphaël Glucksmann, représentant socialiste, ont atteint des sommets. La pomme de discorde ? Les sondages qui donnent le Rassemblement National largement en tête, atteignant même 33,5% dans le dernier rolling Ifop-Fiducial.
Manon Aubry n’a pas mâché ses mots. Excédée par ce qu’elle qualifie de « 49.3 électoral », elle a directement interpellé son rival socialiste :
On a besoin de clarté. Je le dis à mes amis de gauche, on ne lutte pas contre l’extrême droite et les macronistes en remettant en cause la retraite à 60 ans.
– Manon Aubry, candidate LFI aux européennes
Elle a ensuite poursuivi ses attaques, martelant qu’on ne peut pas s’opposer efficacement à l’extrême droite sans remettre en cause l’austérité et le marché européen de l’énergie qui fait flamber les factures. Des accusations auxquelles Glucksmann a répondu avec ironie.
Raphaël Glucksmann n’a pas apprécié de se voir ainsi pris pour cible par son adversaire insoumise. Rappelant avec dérision son propre nom à Manon Aubry, il a déploré d’être devenu son « ennemi principal » alors que l’extrême droite caracole en tête des sondages :
Vous ne luttez pas contre l’extrême droite. Vous faites de moi votre cible principale, c’est le cas depuis six mois, vous avez l’extrême droite à 40 %. Allez, lâchez-moi un peu les baskets, concentrez-vous sur l’extrême droite.
– Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place Publique
Ces passes d’armes illustrent à quel point la gauche peine à faire front commun face à la montée de l’extrême droite. Malgré des appels répétés à l’unité, chaque camp semble avant tout soucieux de tirer son épingle du jeu. Une stratégie à haut risque alors que plane le spectre d’une nouvelle défaite cinglante dans les urnes le 26 mai prochain.
Dans ce contexte, les derniers sondages ne laissent que peu de place à l’optimisme côté gauche :
Sauf rebond de dernière minute, la gauche semble donc promise à un score historiquement faible. De quoi nourrir les tensions et les règlements de compte, comme l’illustre la passe d’armes entre Aubry et Glucksmann. Reste à voir si cet affrontement en interne profitera in fine à l’extrême droite, qui pour l’heure engrange sans coup férir les dividendes de la désunion adverse.
Bienvenue, Connectez-vous à votre compte.
Bienvenue, Créez votre nouveau compte
Un mot de passe vous sera envoyé par courrier électronique.