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FTX Et Anthropic : Une Vente À 1,3 Milliard Relancée Par L’IPO

Quand FTX a vendu ses parts dans Anthropic pour 1,3 milliard, personne n'imaginait qu'elles vaudraient potentiellement plus de 100 milliards aujourd'hui. Avec l'IPO qui approche, les chiffres donnent le vertige et soulèvent une question brûlante...

Imaginez un instant : une participation achetée 500 millions de dollars, revendue 1,3 milliard, et qui pourrait aujourd’hui valoir plus de 100 milliards. C’est exactement le scénario qui se dessine autour des parts qu’FTX détenait dans Anthropic. Avec le dépôt du dossier d’introduction en bourse de la startup d’intelligence artificielle, cette ancienne opération de liquidation revient brutalement sur le devant de la scène et force tout le monde à recalculer.

Quand une vente de 2024 redevient le sujet brûlant de 2026

Le 26 octobre 2026, Anthropic a officiellement annoncé le dépôt de son formulaire S-1 auprès de la Securities and Exchange Commission américaine. L’entreprise se prépare à coter ses actions de catégorie A sur le Nasdaq Global Select Market sous le ticker ANT. Le nombre d’actions et la fourchette de prix restent encore inconnus, mais le simple fait d’annoncer ce dépôt a suffi à relancer toutes les discussions autour de l’ancienne participation de FTX.

Ce n’est pas une coïncidence. Les chiffres qui circulent sur la valorisation potentielle d’Anthropic donnent le tournis. Certains analystes évoquent une fourchette allant de 1 500 à 2 000 milliards de dollars. Dans ce contexte, la décision prise par la succession de FTX en 2024 de se séparer de ses actions apparaît sous un jour totalement différent.

Le calcul qui fait grincer des dents

FTX détenait autrefois 7,84 % d’Anthropic. Si l’on applique purement et simplement ce pourcentage à une valorisation de 1 500 milliards de dollars, on obtient 117,6 milliards. À 2 000 milliards, le même calcul monte à 156,8 milliards. Bien sûr, ces chiffres sont purement hypothétiques. Ils ne tiennent pas compte des dilutions intervenues après la vente. Mais ils suffisent à faire naître un sentiment de regret immense chez beaucoup d’observateurs.

L’investissement initial de FTX s’élevait à 500 millions de dollars. La succession a récupéré environ 1,3 milliard lors des deux transactions de 2024. Sur le papier, c’est une plus-value confortable de 800 millions. Dans la réalité des valorisations actuelles, cette opération ressemble de plus en plus à une occasion manquée colossale.

Ces estimations reposent sur le maintien d’un pourcentage de participation constant. Elles ignorent volontairement les tours de financement qui ont suivi et qui ont dilué les actionnaires historiques.

Les deux transactions qui ont tout changé

Tout commence en février 2024. Le juge américain John Dorsey autorise la succession de FTX à céder sa participation dans Anthropic. Des clients s’étaient d’abord opposés à cette vente, estimant que l’investissement avait été réalisé avec de l’argent détourné. Ils finissent par accepter que la transaction se déroule, tout en se réservant le droit de discuter plus tard de la propriété des fonds récupérés.

La première vague de ventes intervient en mars 2024. Environ deux tiers de la participation partent pour 884 millions de dollars. L’acheteur le plus important est ATIC Third International Investment Company, une structure liée à Mubadala, le fonds souverain d’Abu Dhabi. Elle s’engage pour près de 500 millions. Jane Street, des fonds gérés par Fidelity et HOF Capital figurent également parmi les acquéreurs. Au total, environ 29,5 millions d’actions changent de mains auprès de 24 investisseurs différents.

La seconde transaction concerne les 15 millions d’actions restantes. Elles sont cédées autour de 30 dollars pièce et rapportent plus de 450 millions. G Squared en rachète 4,5 millions pour 135 millions de dollars. Au final, la succession de FTX empoche environ 1,3 milliard, soit 800 millions de plus que l’investissement initial.

Une dilution qui complique le tableau

Avant même ces ventes, la participation de FTX avait déjà été diluée par les tours de table d’Anthropic. Le pourcentage de 7,84 % correspondait à la situation au moment de l’autorisation du juge. Depuis, la startup a continué à lever des fonds à un rythme impressionnant.

En février 2026, Anthropic annonce une série G de 30 milliards de dollars à une valorisation post-money de 380 milliards. GIC et Coatue mènent ce tour. Quelques mois plus tard, en mai, une nouvelle levée de 65 milliards porte la valorisation à 965 milliards. Altimeter Capital, Dragoneer, Greenoaks et Sequoia Capital prennent la tête de l’opération, qui intègre également 15 milliards d’engagements antérieurs de grands acteurs du cloud.

Ironie du sort, Jane Street et Fidelity Management & Research Company, qui avaient racheté des parts à FTX en 2024, participent également à ce tour de mai 2026. Ils se retrouvent donc à la fois parmi les premiers acheteurs de la succession et parmi les investisseurs des dernières levées.

Ce que reçoivent réellement les créanciers

Le plan de remboursement des créanciers de FTX repose sur la valeur des créances calculée au moment de l’effondrement de novembre 2022. Certains clients ont contesté cette méthode, arguant qu’elle ne tenait pas compte de la forte hausse des cryptomonnaies survenue ensuite. Leur argument n’a pas été retenu dans le plan confirmé.

Au moment de la confirmation, la succession estimait disposer de 14,7 à 16,5 milliards de dollars de biens à distribuer. Elle indiquait que 98 % des créanciers en nombre recevraient environ 119 % de leurs créances autorisées, sous réserve des formalités de distribution.

Une deuxième distribution de plus de 5 milliards a été annoncée pour le 30 mai 2025. Les taux variaient selon les catégories : 72 % pour les créances clients Dotcom, 54 % pour les clients américains, 61 % pour les créances générales non garanties et les prêts en actifs numériques. Les créances de commodité, elles, étaient prévues à 120 %.

Points clés du plan de distribution :

  • Base de calcul figée à novembre 2022
  • Deuxième vague de plus de 5 milliards en mai 2025
  • Taux différenciés selon les classes de créanciers
  • Objectif de couverture très élevée pour la majorité des dossiers

Les participations personnelles des anciens dirigeants

Parallèlement à l’investissement de l’entreprise, Caroline Ellison, ancienne dirigeante d’Alameda Research, et Nishad Singh, ancien directeur de l’ingénierie de FTX, avaient investi personnellement un total de 50 millions de dollars dans le tour de série B d’Anthropic en 2022. Singh avait mis 40 millions, Ellison 10 millions.

Ces participations ont été confisquées par le gouvernement américain en 2025 dans le cadre des procédures pénales. Les U.S. Marshals Service les ont ensuite revendues à des investisseurs déjà présents au capital d’Anthropic. L’ordre de confiscation d’Ellison a été finalisé en février 2025. Celui de Singh l’a été en avril de la même année.

Ellison avait acquis ses actions via un Simple Agreement for Future Equity de 10 millions signé en mars 2022. Ces titres ont donc suivi un chemin totalement distinct de ceux de la succession de FTX, mais ils illustrent à quel point l’écosystème autour de Sam Bankman-Fried s’était positionné tôt sur Anthropic.

Pourquoi cette histoire continue de fasciner

Cette affaire concentre plusieurs éléments qui captivent l’opinion. D’abord, le contraste saisissant entre la valeur réalisée en 2024 et la valeur potentielle de 2026. Ensuite, le fait que des investisseurs sophistiqués comme Jane Street ou Fidelity aient racheté ces parts à un moment où peu de gens imaginaient une telle trajectoire. Enfin, le rappel permanent que les décisions prises en période de crise laissent souvent des traces profondes.

La succession de FTX a agi dans un contexte de liquidation. Elle avait besoin de liquidités pour rembourser les créanciers. Attendre n’était pas une option réaliste. Pourtant, avec le recul, la tentation de se demander « et si » reste très forte.

Anthropic, de son côté, poursuit sa croissance à un rythme rarement vu. Les levées de 2026 montrent que les plus grands fonds mondiaux continuent de parier massivement sur son avenir. Le dépôt du S-1 marque une nouvelle étape. Même si le prix et le volume exacts de l’offre ne sont pas encore connus, le simple fait d’entrer sur le Nasdaq sous le ticker ANT change la perception de la société.

Les leçons pour les investisseurs et les liquidateurs

Cette séquence offre plusieurs enseignements. Le premier concerne la gestion des actifs non liquides dans une procédure de faillite. Détenir des parts dans une startup en hypercroissance peut transformer une créance en jackpot… ou en regret durable selon le timing de la sortie.

Le second enseignement porte sur la vitesse à laquelle les valorisations de l’intelligence artificielle évoluent. En moins de deux ans, Anthropic est passée de valorisations déjà élevées à des niveaux qui rivalisent avec les plus grandes entreprises technologiques mondiales. Les tours de 380 puis 965 milliards illustrent une dynamique que peu d’observateurs anticipaient avec une telle intensité.

Le troisième point touche à la transparence. Chaque nouvelle information sur les acheteurs de 2024 ou sur les participations personnelles des anciens dirigeants alimente le débat public. Les noms de Jane Street, Fidelity, G Squared ou Mubadala reviennent régulièrement, montrant que les grands acteurs de la finance traditionnelle et souveraine se sont positionnés très tôt sur ce dossier.

Ce que l’IPO pourrait réellement révéler

Le dépôt du S-1 n’est que le début du processus. Le document final devra préciser le nombre d’actions mises sur le marché et la fourchette de prix. Goldman Sachs et Morgan Stanley sont cités comme contacts pour obtenir le prospectus préliminaire une fois disponible. L’offre ne sera réalisée que via ce prospectus.

La valorisation retenue lors de l’introduction en bourse sera scrutée de très près. Si elle se situe dans la fourchette haute des estimations actuelles, le calcul des 117 ou 156 milliards reviendra encore plus fort dans les discussions. Même en tenant compte des dilutions, l’écart avec les 1,3 milliard récupérés par la succession restera spectaculaire.

Pour les créanciers de FTX, cette actualité a un goût amer. Ils ont reçu ou vont recevoir des distributions basées sur des créances figées en 2022. La plus-value réalisée sur Anthropic a enrichi la masse à distribuer, mais elle n’atteint pas le potentiel maximal que certains imaginaient.

Un symbole de l’ère crypto-IA

L’histoire de la participation FTX dans Anthropic est devenue un symbole. Elle illustre à la fois la spéculation intense qui a caractérisé le secteur des cryptomonnaies avant 2022 et l’explosion de l’intelligence artificielle qui a suivi. Deux mondes qui se sont croisés de façon inattendue.

Sam Bankman-Fried avait investi tôt dans Anthropic. La faillite de FTX a forcé une sortie anticipée. Les acheteurs de 2024 ont capturé une partie de la hausse. Les investisseurs des tours de 2026 en capturent une autre. Et les futurs actionnaires de l’IPO prendront le relais.

Chaque acteur a joué avec les informations et les contraintes de son époque. La succession de FTX devait liquider. Les fonds souverains et les banques d’investissement pouvaient se permettre d’attendre. Les créanciers, eux, n’avaient pas le choix du timing.

Chronologie simplifiée

2022 — Investissement initial de FTX et participations personnelles
Novembre 2022 — Effondrement de FTX
Février 2024 — Autorisation de vente par le juge
Mars-avril 2024 — Deux transactions pour environ 1,3 milliard
2025 — Confiscation et revente des parts personnelles
Février-mai 2026 — Levées massives d’Anthropic
Octobre 2026 — Dépôt du S-1 pour l’IPO

Les questions qui restent ouvertes

Plusieurs interrogations demeurent. Quelle sera exactement la valorisation retenue lors de l’IPO ? Dans quelle mesure les dilutions postérieures à 2024 réduisent-elles réellement la valeur théorique de l’ancienne participation ? Les créanciers qui avaient contesté la vente en 2024 regrettent-ils aujourd’hui d’avoir accepté le compromis ?

On peut également se demander si d’autres actifs de la succession de FTX pourraient connaître un destin similaire. La plupart ont déjà été liquidés ou sont en cours de distribution. Mais Anthropic restera longtemps l’exemple le plus frappant de ce que peut coûter une sortie trop précoce dans un secteur en pleine explosion.

Enfin, le parcours d’Anthropic lui-même mérite d’être suivi de près. Passer d’une startup prometteuse à une entreprise capable de viser une valorisation à quatre chiffres de milliards de dollars en quelques années n’est pas anodin. Cela change la façon dont les investisseurs, les régulateurs et le public perçoivent le secteur de l’intelligence artificielle générative.

Une histoire qui n’est pas terminée

Le dépôt du S-1 ne clôt pas le chapitre. Il en ouvre un nouveau. Tant que le prix de l’offre n’est pas fixé et que les premières cotations n’ont pas eu lieu, les calculs hypothétiques continueront de circuler. Chaque nouvelle information sur la structure de l’actionnariat ou sur les performances commerciales d’Anthropic relancera les comparaisons avec les 1,3 milliard de 2024.

Pour ceux qui suivent à la fois le monde des cryptomonnaies et celui de l’intelligence artificielle, cette affaire offre un point de convergence rare. Elle montre comment une décision prise dans l’urgence d’une faillite peut devenir, deux ans plus tard, un cas d’école sur la gestion d’actifs et le timing de marché.

Les créanciers de FTX ont récupéré une partie de leurs fonds grâce à cette vente. Les acheteurs de 2024 ont réalisé une belle opération. Anthropic continue sa trajectoire. Et le public, lui, continue de recalculer ce que ces 7,84 % auraient pu représenter. Dans le monde de la finance comme dans celui de la tech, les histoires de « presque » restent souvent les plus marquantes.

L’introduction en bourse d’Anthropic sous le ticker ANT va donner une valorisation publique et transparente. C’est à ce moment précis que les discussions sur l’ancienne participation de FTX trouveront peut-être leur conclusion définitive. Ou qu’elles repartiront pour un nouveau tour de spéculation. Dans tous les cas, le chiffre de 1,3 milliard restera gravé comme le montant effectivement encaissé, tandis que les 100 milliards et plus continueront de hanter les imaginations.

Cette tension entre valeur réalisée et valeur potentielle est au cœur de nombreuses décisions d’investissement. Elle est particulièrement aiguë lorsqu’il s’agit d’actifs technologiques en pleine phase d’accélération. L’affaire FTX-Anthropic en offre une illustration presque parfaite, et c’est probablement pour cette raison qu’elle revient avec autant de force chaque fois qu’une nouvelle étape est franchie par la startup.

En attendant les détails concrets de l’IPO, une chose est déjà certaine : le dossier de la vente des parts FTX dans Anthropic n’est plus seulement une question de faillite crypto. Il est devenu un révélateur des dynamiques qui traversent actuellement le secteur de l’intelligence artificielle et de la façon dont les grands acteurs de la finance se positionnent face à elles.

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