La situation des Kurdes est d’autant plus précaire que la Turquie menace de lancer une nouvelle offensive contre cette enclave. Le président Recep Tayyip Erdogan considère en effet les forces kurdes comme des terroristes, en raison de leurs liens avec le PKK, qui mène une guérilla sur le sol turc depuis 1984.
Ankara avait déjà lancé deux offensives en Syrie en 2016 et 2018, prenant le contrôle de vastes territoires à sa frontière au détriment des Kurdes. Si une nouvelle opération militaire turque venait à se concrétiser, elle menacerait directement les dizaines de milliers de civils kurdes qui n’ont pas encore pu fuir.
Nous nous coordonnons activement avec toutes les parties concernées en Syrie pour empêcher des massacres et assurer la sécurité des populations.
– Mazloum Abdi, chef des FDS
Depuis le début du conflit syrien en 2011, les civils kurdes ont payé un lourd tribut. Pris en étau entre les forces du régime de Bachar al-Assad, les groupes rebelles islamistes et l’armée turque, ils ont subi de nombreux déplacements forcés et exactions.
Malgré l’autonomie de facto acquise par les régions kurdes dans le nord-est de la Syrie, leur sécurité reste plus que jamais menacée, comme en témoigne la situation dramatique à Tal Rifaat. Face aux velléités expansionnistes turques et à la détermination des rebelles islamistes à chasser les Kurdes, l’avenir s’annonce sombre pour cette minorité, pourtant un temps célébrée pour son rôle décisif dans la lutte contre l’État islamique.
Alors que l’attention médiatique s’est détournée de la Syrie, le sort des Kurdes semble plus incertain que jamais. Sans soutien international, parviendront-ils à protéger les centaines de milliers de civils pris dans cette nouvelle phase du conflit syrien ? Il y a malheureusement fort à craindre que Tal Rifaat ne soit qu’un énième épisode de l’interminable tragédie vécue par ce peuple sans État.
Alors que les combats font rage dans le nord de la Syrie entre les rebelles soutenus par la Turquie et les forces kurdes, des dizaines de milliers de civils kurdes tentent de fuir les violences. Depuis ce lundi, des convois de déplacés ont commencé à quitter la région d’Alep pour gagner des secteurs plus sûrs sous contrôle des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) à majorité kurde.
Tout a basculé le 27 novembre dernier, lorsque des groupes rebelles menés par des islamistes radicaux ont lancé une vaste offensive contre les régions contrôlées par le gouvernement syrien dans le nord du pays. Profitant du retrait des troupes de Damas, des factions pro-turques ont rapidement progressé, s’emparant notamment de la ville stratégique de Tal Rifaat, proche de la frontière turque.
Cette cité abritait jusqu’alors des dizaines de milliers de Kurdes, qui y avaient trouvé refuge après une précédente offensive turque contre la région d’Afrine en 2018. Désormais encerclés par les rebelles et l’armée turque, quelque 200 000 civils kurdes se retrouvent pris au piège, craignant pour leur sécurité.
Face à la gravité de la situation, les Forces Démocratiques Syriennes, principale milice kurde, se mobilisent pour mettre les populations à l’abri. Selon Mazloum Abdi, le chef des FDS, l’objectif est « d’assurer la sécurité de notre peuple et faciliter son transfert en toute sécurité de la région de Tal Rifaat vers nos zones sûres dans le nord du pays ».
Un premier convoi d’environ 200 véhicules a ainsi quitté la zone ce lundi, en direction de la ville de Tabqa, un fief des forces kurdes. « Les autres personnes déplacées arriveront successivement dans les heures qui viennent », a précisé Farhad Shami, porte-parole des FDS. Mais l’évacuation s’avère compliquée, les Kurdes n’étant pas parvenus à établir un véritable corridor humanitaire.
La situation des Kurdes est d’autant plus précaire que la Turquie menace de lancer une nouvelle offensive contre cette enclave. Le président Recep Tayyip Erdogan considère en effet les forces kurdes comme des terroristes, en raison de leurs liens avec le PKK, qui mène une guérilla sur le sol turc depuis 1984.
Ankara avait déjà lancé deux offensives en Syrie en 2016 et 2018, prenant le contrôle de vastes territoires à sa frontière au détriment des Kurdes. Si une nouvelle opération militaire turque venait à se concrétiser, elle menacerait directement les dizaines de milliers de civils kurdes qui n’ont pas encore pu fuir.
Nous nous coordonnons activement avec toutes les parties concernées en Syrie pour empêcher des massacres et assurer la sécurité des populations.
– Mazloum Abdi, chef des FDS
Depuis le début du conflit syrien en 2011, les civils kurdes ont payé un lourd tribut. Pris en étau entre les forces du régime de Bachar al-Assad, les groupes rebelles islamistes et l’armée turque, ils ont subi de nombreux déplacements forcés et exactions.
Malgré l’autonomie de facto acquise par les régions kurdes dans le nord-est de la Syrie, leur sécurité reste plus que jamais menacée, comme en témoigne la situation dramatique à Tal Rifaat. Face aux velléités expansionnistes turques et à la détermination des rebelles islamistes à chasser les Kurdes, l’avenir s’annonce sombre pour cette minorité, pourtant un temps célébrée pour son rôle décisif dans la lutte contre l’État islamique.
Alors que l’attention médiatique s’est détournée de la Syrie, le sort des Kurdes semble plus incertain que jamais. Sans soutien international, parviendront-ils à protéger les centaines de milliers de civils pris dans cette nouvelle phase du conflit syrien ? Il y a malheureusement fort à craindre que Tal Rifaat ne soit qu’un énième épisode de l’interminable tragédie vécue par ce peuple sans État.
Bienvenue, Connectez-vous à votre compte.
Bienvenue, Créez votre nouveau compte
Un mot de passe vous sera envoyé par courrier électronique.