Imaginez une salle en fusion, des milliers de supporters serbes hurlant à pleins poumons, et un match qui se joue sur chaque possession comme s’il s’agissait d’une finale. Le 13 mars 2026, l’Etoile Rouge Belgrade a offert exactement ce spectacle en s’imposant 79-73 face à Fenerbahçe dans un duel crucial de la 31e journée d’Euroligue. Une victoire précieuse, arrachée dans la douleur et la détermination.
La pression était énorme des deux côtés. D’un côté, l’Etoile Rouge cherchait à consolider sa place dans le top 8 pour éviter le play-in. De l’autre, Fenerbahçe espérait rester dans la course au top 4 synonyme d’avantage terrain en playoffs. Le décor était planté pour une bataille sans merci.
Dès les premières minutes, l’intensité défensive des Serbes a mis le ton. Les Turcs, habituellement très à l’aise en transition, ont été forcés de s’arrêter et de réfléchir. Chaque drive était contesté, chaque tir extérieur très bien contesté. Cette agressivité collective a posé les bases de la victoire.
Avec 21 points à 54% aux tirs dont 4/7 à trois points, Chima Moneke a livré une performance complète. L’ailier nigérian a alterné entre des tirs extérieurs opportuns et des pénétrations tranchantes. Sa capacité à créer son propre tir face à la défense physique de Fenerbahçe a été déterminante.
Mais au-delà des points, c’est son énergie contagieuse qui a galvanisé ses coéquipiers. À chaque dunk ou contre-attaque conclue, on sentait l’équipe monter en régime. Moneke n’est pas seulement un scoreur : il est devenu le moteur émotionnel de cette soirée.
« Quand Chima joue comme ça, toute l’équipe suit. Il nous donne le feu qu’il nous manque parfois. »
Un joueur de l’Etoile Rouge (anonyme)
Avec 4 rebonds et une présence constante dans la raquette adverse, il a aussi participé au chantier défensif qui a étouffé les intérieurs turcs.
Côté Fenerbahçe, Wade Baldwin a longtemps porté son équipe sur ses épaules. 16 points à 47% aux tirs, il a alterné entre des mid-range soyeux et quelques tirs à trois points opportuns. Pourtant, son impact s’est émoussé dans le dernier quart-temps, période où Belgrade a accéléré.
Le meneur américain a terminé avec seulement 1 passe décisive, signe que la défense serbe a très bien coupé les lignes de passes. Quand Baldwin ne distribue pas, Fenerbahçe perd beaucoup de fluidité offensive.
Joel Bolomboy a passé 18 minutes sur le parquet pour 7 points et 7 rebonds. Solide dans la raquette, il a tenu son rôle de pivot défensif sans fioritures. Oguzhan Dobrić, habituellement plus utilisé, n’a joué que 9 minutes et n’a pas marqué. Ce choix tactique du coach serbe a surpris, mais il s’est avéré payant.
En face, Tarik Biberovic a lutté (5 points à 22% aux tirs) tandis que Johnathan Motley n’était pas dans le cinq majeur. Fenerbahçe a manqué de poids et de variété dans la raquette.
Le tournant est intervenu dans le troisième quart-temps. Menés de 6 points à la mi-temps, les Serbes ont entamé une série de 12-2 grâce à une défense de fer et des tirs ouverts trouvés par Moneke et Nwora. Fenerbahçe n’a jamais vraiment recollé ensuite.
La capacité de Belgrade à répondre à chaque run adverse a fait la différence. Mental d’acier dans un match couperet.
Les pourcentages ne sont pas mirobolants des deux côtés, mais certaines lignes sautent aux yeux :
| Équipe | FG% | 3P% | FT% | Rebonds offensifs | Ballons perdus |
| Etoile Rouge | 41% | 32% | 76% | 12 | 11 |
| Fenerbahçe | 39% | 28% | 81% | 8 | 14 |
Les 4 rebonds offensifs de plus et les 3 pertes de balle en moins ont pesé lourd. Dans un match serré, ce sont souvent ces détails qui font basculer la balance.
Cette victoire permet à l’Etoile Rouge de se rapprocher dangereusement des places qualificatives directes pour les playoffs. Avec plusieurs matches encore à jouer à domicile, les Serbes contrôlent désormais une partie de leur destin.
Pour Fenerbahçe, la défaite est douloureuse. Les Turcs perdent du terrain dans la course au top 4 et devront désormais enchaîner de très gros résultats pour sécuriser l’avantage du terrain.
Outre Moneke, plusieurs joueurs serbes ont apporté leur pierre à l’édifice :
Cette victoire est loin d’être l’œuvre d’un seul homme. C’est une performance collective aboutie.
Du côté turc, plusieurs éléments expliquent la défaite :
Le banc n’a pas suffisamment apporté non plus. Hormis Horton-Tucker (14 points), peu de rotation a pesé.
Cette équipe serbe n’est plus celle qui craque sous la pression. Elle montre désormais une vraie solidité mentale, une vraie identité défensive et une rotation qui commence à trouver ses marques.
Avec des joueurs comme Moneke, Miller-McIntyre, Nwora et Bolomboy en pleine confiance, l’Etoile Rouge peut légitimement rêver d’un beau parcours en playoffs. À domicile, ils sont redevenus presque injouables.
Il reste encore quelques journées décisives. Chaque victoire à domicile prend une valeur inestimable. L’Etoile Rouge doit maintenant enchaîner pour sécuriser sa place parmi les 8 premiers.
Pour Fenerbahçe, l’objectif est différent : limiter la casse et espérer un faux-pas des concurrents directs. La marge est devenue très fine.
Ce 79-73 restera en tout cas comme l’une des plus belles performances serbes de la saison. Une soirée où le cœur, la rage et la solidarité ont triomphé du talent individuel adverse.
La route est encore longue, mais ce genre de victoire forge les équipes qui vont loin en avril et mai. Rendez-vous très bientôt pour la suite de cette passionnante saison d’Euroligue.
Une chose est sûre : l’Etoile Rouge Belgrade est redevenue une vraie force en Euroligue. Et cette victoire contre un cador comme Fenerbahçe en est la plus belle preuve.
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