Pourquoi certaines guerres occupent-elles presque toute la place, tandis que d’autres glissent dans le silence, comme si elles n’existaient qu’a la marge du monde? Cette question, simple en apparence, traverse la trente-huitieme edition du festival international de photojournalisme Visa pour l’image, dans le sud de la France. A Perpignan, jusqu’au 13 septembre, le public peut voir gratuitement le travail d’une trentaine de photographes. Parmi eux, trois regards insistent sur des conflits trop souvent relégués dans ce que l’on appelle ici des zones d’ombre : le Soudan, l’Ethiopie et le Cambodge.
Des Guerres Que L Actualite Laisse De Cote
Le festival ne pretend pas tout montrer. Il choisit. Cette annee, le choix est clair : honorer des recits que l’attention mediatique mondiale a tendance a eclipser, au profit d’autres theatres, notamment ceux d’Ukraine ou du Moyen-Orient. Ce n’est pas une accusation. C’est un constat de terrain, formule par ceux qui partent encore la ou les caméras se font rares.
Abdulmonam Eassa presente un travail sur le Soudan, sous le titre Guerre au Soudan: une nation prise au piege. Robin Tutenges expose Fano’s Kingdom, un reportage sur la region ethiopienne de l’Amhara. Jean-Luc Moreau Deleris montre Cambodge: d’une guerre a l’autre. Trois geographies, trois histoires, une meme preoccupation : donner une place a ce que l’on n’entend presque plus.
Le photojournalisme, dans cette edition, n’est pas seulement un art de l’image. C’est une maniere de resister a l’oubli. Les photographes le disent sans detour. Ils savent que leurs cliches ne feront pas cesser les combats. Ils savent aussi qu’une guerre sans visages devient vite une abstraction, un chiffre, une ligne de sommaire.
Robin Tutenges Et La Region Difficile D Amhara
Robin Tutenges a trente et un ans. Il s’est rendu en Ethiopie, dans la region tres difficile d’acces de l’Amhara, pour documenter les combats de la milice des Fano contre les forces gouvernementales. Le mot acces n’est pas un detail. Il explique en grande partie pourquoi certains conflits restent invisibles : on n’y entre pas facilement, on n’y reste pas longtemps, on n’y fait pas venir des equipes nombreuses.
Il y a des zones d’ombre dans le monde et j’estime qu’en tant que journaliste, c’est mon travail d’aller les couvrir et d’essayer de donner une place a ce genre d’histoire dans l’attention mediatique.
Cette phrase resume une ethique de metier plus qu’une posture. Couvrir, ici, ne signifie pas seulement photographier des combats. Cela signifie chercher comment la guerre s’inscrit dans le quotidien. Robin Tutenges le precise : l’impact sur les civils est souvent enorme. Le but, des lors, est d’aller chercher le plus possible des histoires de vies civiles pour comprendre l’impact de la guerre.
Pour y parvenir, il oriente son attention vers les infrastructures essentielles. Les hopitaux. Les ecoles. Et la nourriture, qu’il decrit comme un bon marqueur de la situation. Quand l’alimentation bascule, c’est souvent que tout le reste a deja bascule. En Amhara, dit-il, c’etait catastrophique. Aucune ONG ne peut arriver sur place. La phrase est courte. Elle pesee lourd.
Repere de terrain. Quand les organisations humanitaires ne peuvent plus entrer, le photojournaliste devient parfois l’un des rares temoins capables de rapporter ce qui se passe dans une region fermee. Ce n’est pas un privilege. C’est une responsabilite etroite, fragile, exposee.
Le jeune photographe refuse pourtant l’illusion. Il le dit clairement : cela ne changera rien pour les personnes qu’il a rencontrees. La lucicite n’annule pas le geste. Elle le situe. Le reportage participe a une denonciation importante historiquement, importante humainement, importante au niveau des droits de l’homme, importante aussi pour les personnes sur place. Quatre niveaux. Un seul objectif : ne pas laisser le silence s’installer comme une evidence.
Jean-Luc Moreau Deleris Face A Une Treve Brisee
Jean-Luc Moreau Deleris s’est rendu au Cambodge en decembre 2025, au moment ou la Thailande voisine a rompu le cessez-le-feu qui maintenait une treve precaire entre ces deux pays d’Asie du Sud-Est depuis les combats de juillet 2025. Le calendrier compte. Il dit la fragilite d’un équilibre qui n’avait deja plus grand-chose d’un équilibre.
Ancien officier parachutiste reconverti photographe au milieu des annees 1990, il a soixante-sept ans. A la fin de son sejour au Cambodge, un accident de la route le contraint a utiliser une canne pour marcher. Le detail n’est pas anecdotique. Il rappelle que le reportage n’est pas une abstraction de bureau. Il a un cout physique, parfois durable.
Tous les Cambodgiens que j’ai rencontres me disaient : pourquoi on ne parle pas de nous ?
Cette interrogation revient comme un refrain. Elle n’est pas formulee par des analystes. Elle vient des habitants. Apres la parution de son reportage, le photographe a recu des messages de soutien de lecteurs cambodgiens et des avalanches d’insultes du cote thai. Il relativise : au moins, on en parle. La phrase est presque seche. Elle dit pourtant l’essentiel du metier : faire exister un sujet dans l’espace public, quitte a declencher la colere.
Parler d’un conflit frontalier, c’est aussi accepter que chaque camp lise l’image a sa maniere. Le photojournaliste n’efface pas cette tension. Il la traverse. Son travail au Cambodge s’inscrit dans une continuite : d’une guerre a l’autre, comme l’indique le titre de son exposition. Les civils, eux, restent pris entre des recits nationaux qui ne se recouvrent pas.
Abdulmonam Eassa Et Une Nation Prise Au Piege
Abdulmonam Eassa, Franco-Syrien de trente et un ans, est devenu photojournaliste en 2013 pendant la guerre civile qui a ravage son pays jusqu’a la chute de Bachar al-Assad. Ce parcours n’est pas un decor. Il explique une sensibilite particuliere aux societes que la violence militaire epuise de l’interieur.
A Perpignan, il expose une partie des photos prises lorsqu’il vivait au Soudan entre fin 2020 et l’ete 2022, puis lors de deux reportages fin 2024 et fin 2025. Il s’y est installe dix-huit mois pour comprendre la revolution soudanaise qui a conduit au renversement de l’ancien dictateur Omar el-Bechir, et pour expliquer comment les militaires ont reduit la revolution en cendre.
Il peine toujours a saisir pourquoi le monde se fout du conflit sanglant qui oppose l’armee a des forces paramilitaires, les Forces de soutien rapide. L’expression est brute. Elle correspond a un etonnement qui n’a pas disparu avec le temps. Partageant desormais son temps entre la Normandie et la Syrie, il est retourne deux fois au Soudan pour aller mettre un nom sur le visage des Soudanais, arreter de traiter les gens comme des chiffres, des statistiques.
On parle souvent du Soudan avec des titres sur la grande crise humanitaire, les 14 millions de deplaces. Nous, ce qu’on cherche, c’est de parler des etres humains. Qui sont ces gens ? Quel est leur prenom ? Leur nom ? Leur quotidien ?
Ce programme de travail, il le partage avec Eliott Brachet, journaliste independant coauteur des reportages. Ensemble, ils refusent que le Soudan n’apparaisse que sous la forme d’une catastrophe anonymisee. Quatorze millions de deplaces, cela impressionne. Cela n’explique pas une vie. Cela n’explique pas une maison quittee, un prenom, une habitude brisee, une attente.
Parler Des Etres Humains Plutot Que Des Chiffres
Le desir de s’attarder sur les victimes de conflits dont on parle peu est commun aux trois photographes. Chez Robin Tutenges comme chez Abdulmonam Eassa, la methode se ressemble : descendre d’un cran, quitter le titre general, entrer dans le detail d’une existence. Le quotidien devient alors une grille de lecture. Pas un ornement.
Qui sont ces gens ? La question parait elementaire. Elle est en realite au cœur du photojournalisme tel qu’il se pratique ici. Un visage nommé n’est plus interchangeable. Un prenom empeche le lissage. Un recit de journee, meme fragmentaire, rappelle que la guerre n’est pas seulement un affrontement de forces, mais une alteration de gestes minuscules.
La nourriture, les hopitaux, les ecoles : ces lieux et ces besoins reviennent comme des indicateurs. Ils disent si une societe tient encore. Ils disent aussi ce qui a deja cede. En Amhara, l’absence d’ONG sur place aggrave l’isolement. Au Soudan, l’ampleur des deplacements risque d’effacer les individus derriere la masse. Au Cambodge, la question des habitants porte sur l’absence de recit, presque autant que sur les combats eux-memes.
Ce que les trois reportages ont en commun
Aller la ou l’attention mediatique se retire. Documenter des civils. Accepter que l’image ne change pas tout, mais qu’elle empeche l’effacement total.
Un Festival Gratuit Pour Rendre Visibles Les Recits
Visa pour l’image se tient gratuitement dans la ville de Perpignan jusqu’au 13 septembre. La gratuite n’est pas un accessoire. Elle ouvre le festival a des regards qui n’auraient pas forcement pousse la porte d’une salle payante. Les images de conflits invisibles rencontrent ainsi un public large, dans une ville du sud de la France, loin des lignes de front evoquees sur les cimaises.
Une trentaine de photographes sont honores. Le chiffre rappelle que le festival reste un espace collectif. Les trois travaux mis en avant cette annee n’epuisent pas la programmation. Ils en dessinent cependant une ligne : regarder ce que l’actualite dominante laisse de cote. Le Soudan, l’Ethiopie, le Cambodge deviennent alors des cas d’ecole de l’invisibilisation.
Invisibilises par l’actualite en Ukraine ou au Moyen-Orient : la formulation du festival n’oppose pas les souffrances. Elle decrit une economie de l’attention. Les redactions, les lecteurs, les flux d’images n’ont pas une capacite infinie. Certains sujets occupent le centre. D’autres glissent. Le photojournalisme de terrain tente de ralentir ce glissement.
La Place Fragile De L Attention Mediatique
Donner une place a ce genre d’histoire dans l’attention mediatique : tel est le travail que Robin Tutenges s’assigne. La place, ici, se mesure en colonnes, en minutes, en cimaises, en conversations. Elle se mesure aussi en reactions. Le cas cambodgien le montre. Des lecteurs cambodgiens ecrivent pour soutenir. Du cote thai affluent les insultes. Parler, ce n’est pas apaiser. C’est faire exister.
Abdulmonam Eassa, lui, s’etonne encore que le monde se detourne d’un conflit sanglant. Cet etonnement n’est pas naif. Il vient d’un homme qui a vecu la guerre en Syrie, puis a choisi de s’installer dix-huit mois au Soudan pour comprendre une revolution et sa destruction. Il sait ce que coute le temps long. Il sait aussi ce que produit le temps court de l’actualite : des titres, des masses, peu de noms.
Mettre un nom sur un visage. Arreter de traiter les gens comme des statistiques. Ces formules pourraient passer pour des slogans. Dans la bouche d’un photographe qui est retourne deux fois sur place apres avoir vecu au Soudan, elles deviennent une methode. Le reportage n’est plus seulement une preuve que quelque chose se passe. Il devient une tentative de restitution individuelle.
Le Terrain Comme Seule Boussole
Les trois trajectoires ne se ressemblent pas. L’un vient de la Syrie et de la revolution soudanaise. L’autre entre dans une region ethiopienne presque fermee. Le troisieme, ancien parachutiste, documente une treve rompue en Asie du Sud-Est et rentre blesse par la route. Ce qui les relie, c’est le refus de travailler uniquement a distance.
Le terrain impose ses limites. Region difficile d’acces. Aucune ONG sur place. Cessez-le-feu brise. Accident. Canne. Insultes. Soutiens. Rien de tout cela n’apparait dans un resume geopolitique. Tout cela apparait des que l’on accepte de raconter le metier tel qu’il se pratique, loin des generalites.
Le photojournalisme n’efface pas la complexite militaire. Il la recentre. Les Forces de soutien rapide face a l’armee au Soudan. La milice des Fano face aux forces gouvernementales en Amhara. La rupture d’un cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thailande. Derriere ces oppositions, des civils demandent pourquoi l’on ne parle pas d’eux, ou attendent simplement d’etre nommes.
Ce Que Change Et Ce Que Ne Change Pas Une Image
Robin Tutenges refuse de se faire d’illusions. Le reportage ne changera rien pour les personnes rencontrees. Cette phrase merite d’etre lue lentement. Elle protege le public contre une croyance commode : celle selon laquelle voir suffirait a reparer. Voir ne repare pas. Voir peut cependant participer a une denonciation.
Historiquement. Humainement. Au niveau des droits de l’homme. Pour les personnes sur place. Ces quatre registres ne se valent pas tout a fait, mais ils s’additionnent. Une image peut entrer dans une memoire collective. Elle peut rappeler qu’il y avait des vies precises. Elle peut documenter des atteintes. Elle peut, parfois, donner a ceux qui restent le sentiment de n’avoir pas ete totalement abandonnes au silence.
Jean-Luc Moreau Deleris, apres les insultes et les messages de soutien, choisit une formule minimale : au moins, on en parle. Abdulmonam Eassa choisit les prenoms et le quotidien. Robin Tutenges choisit les hopitaux, les ecoles, la nourriture, les recits civils. Trois strategies. Une meme mefiance envers l’abstraction.
Perpignan, Point De Ralliement Des Regards
Que des images du Soudan, de l’Amhara et du Cambodge se retrouvent dans une ville du sud de la France n’a rien d’evident. C’est precisement le role d’un festival international de photojournalisme : deplacer le point de vue, rapprocher des geographies que les habitudes d’information tiennent a distance. Jusqu’au 13 septembre, cette proximite est possible, gratuitement.
Le public n’y verra pas seulement des conflits. Il y verra des choix de cadre. Un photographe qui a vecu dix-huit mois au Soudan. Un autre qui a travaille dans une region ou les organisations humanitaires ne peuvent pas entrer. Un troisieme qui a entendu, partout, la meme question cambodgienne. Ces choix disent autant que les photographies elles-memes.
La trente-huitieme edition n’invente pas le probleme des zones d’ombre. Elle le rend visible a son tour, en exposant ceux qui sont alles les couvrir. Le cercle est presque ironique : pour parler de l’invisibilite, il faut encore une cimaises, une ville, un festival, une date de fin. Sans cela, les recits retomberaient plus vite dans le bruit general.
Une Ethique Du Temps Long
S’installer dix-huit mois pour comprendre une revolution, puis revenir fin 2024 et fin 2025, ce n’est pas le rythme habituel de l’information. C’est pourtant celui qu’Abdulmonam Eassa a choisi pour le Soudan. Comprendre comment les militaires ont reduit la revolution en cendre demande plus qu’une visite. Cela demande de voir une esperance se decomposer.
Le temps long n’est pas un luxe esthetique. C’est une condition pour eviter que les Soudanais ne restent qu’une crise humanitaire parmi d’autres. Les quatorze millions de deplaces existent. Ils ne suffisent pas. Le photographe le repete : qui sont ces gens, quel est leur prenom, leur nom, leur quotidien. Le catalogue de questions vaut mieux, ici, qu’une these.
En Ethiopie, le temps long se heurte a l’acces. En Cambodge, il se heurte a la rupture soudaine d’une treve precaire. Chaque terrain impose sa temporalite. Le festival, en les presentant ensemble, montre que l’invisibilite n’a pas une seule cause. Elle nait de la distance, du danger, de la concurrence des sujets, de la difficulte a entrer, de la fatigue du public.
Ce Que Les Civils Demandent Aux Images
Pourquoi on ne parle pas de nous ? La question entendue au Cambodge pourrait circuler d’un reportage a l’autre. Elle n’appelle pas seulement davantage de couvertures. Elle appelle une couverture qui ne dissolve pas les personnes. Parler des etres humains, comme le formulent les auteurs du travail soudanais, c’est repondre a cette demande sans la trahir par trop de generalites.
Les histoires de vies civiles que cherche Robin Tutenges vont dans le meme sens. L’impact de la guerre se lit moins, parfois, dans un front que dans une ecole fermee, un hopital deborde, un marche vide. La nourriture comme marqueur : l’idee est simple, presque artisanale, et c’est pourquoi elle tient. On ne ment pas longtemps avec ce que les gens peuvent encore manger.
Le photojournalisme, dans ces conditions, n’est pas un catalogue de ruines. C’est une enquete sur la continuite de la vie sous contrainte. Continuer a nommer. Continuer a dater. Continuer a montrer des infrastructures essentielles. Continuer a admettre que cela ne reparera pas ceux que l’on a photographies. Continuer malgre tout.
Une Denonciation Sans Promesse Facile
Le mot denonciation peut faire peur. Il evoque le pamphlet. Chez ces photographes, il designe plutôt un dossier d’images et de recits opposés a l’effacement. Importance historique, humaine, juridique, locale. Le photographe ethiopien aligne ces plans sans les hierarchiser de force. Chacun peut suffire a justifier le depart. Ensemble, ils empechent le cynisme de tout emporter.
Convaincu du bien-fonde de la demarche qu’il partage avec Abdulmonam Eassa et Jean-Luc Moreau Deleris, Robin Tutenges refuse pourtant la consolation. Rien ne changera pour les personnes rencontrees. Cette limite donnee d’avance protege le lecteur autant que l’auteur. On ne vend pas une redemption. On propose une presence.
Au Cambodge, parler a declenche des avalanches d’insultes. Au Soudan, parler se heurte a l’indifference mondiale que le photographe peiner a expliquer. En Amhara, parler se heurte a l’isolement d’une region sans ONG. Les obstacles different. Le silence, lui, se ressemble.
Regarder Jusqu Au 13 Septembre
Jusqu’au 13 septembre, Perpignan accueille ces recits. Le festival ne fermera pas les zones d’ombre. Il les eclairera quelques semaines, le temps d’une edition, le temps d’une deambulation dans la ville. C’est peu. C’est deja davantage que l’oubli pur.
Les visiteurs y trouveront des images du Soudan prises entre la fin 2020, l’ete 2022, puis lors de retours fin 2024 et fin 2025. Ils y trouveront l’Ethiopie de l’Amhara et la milice des Fano. Ils y trouveront le Cambodge de decembre 2025, apres la rupture d’un cessez-le-feu issu des combats de juillet. Trois calendriers. Trois manieres d’inscrire la guerre dans le temps.
Ils y trouveront surtout une exigence repetee : ne plus se contenter des chiffres, ne plus laisser les civils hors champ, ne plus considerer comme naturelle l’absence de certains pays dans le fil de l’actualite. Le photojournalisme, ici, n’offre pas de conclusion heureuse. Il offre des noms possibles, des visages, des questions qui restent ouvertes.
Pourquoi le monde se detourne-t-il ? Pourquoi ne parle-t-on pas de nous ? Que devient le quotidien quand plus aucune organisation ne peut arriver ? Les photographes n’apportent pas de reponse unique. Ils apportent des preuves que ces questions existent, ailleurs que dans les zones deja saturees d’images. A Perpignan, jusqu’au 13 septembre, ces preuves sont affichees. Ensuite, ce sera au public de decider s’il les laisse retomber dans l’ombre, ou s’il les emporte plus loin que le festival.









