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Circle Menacé : Ses Partenaires Lancent Open USD

LesGenerating the French blog article plus grands noms de la finance et du paiement, dont les alliés historiques de Circle, viennent de lancer Open USD, un stablecoin conçu pour redistribuer les revenus que l’émetteur d’USDC gardait jusqu’ici. Une révolution qui fait chuter l’action Circle de 17% en une journée. Mais est-ce vraiment la fin du modèle ?

Imaginez construire un empire florissant pendant des années, nouer des alliances solides avec les plus grands acteurs du secteur, pour finalement voir ces mêmes partenaires se réunir et concevoir ensemble votre remplaçant. C’est exactement ce qui arrive à Circle en ce mois de juin 2026 avec le lancement retentissant d’Open USD.

Le choc qui ébranle l’empire des stablecoins

Le 30 juin 2026 restera gravé dans l’histoire des cryptomonnaies comme le jour où plus de 140 entreprises majeures ont décidé de changer les règles du jeu. Visa, Mastercard, Stripe, BlackRock, Google, Coinbase et bien d’autres ont uni leurs forces pour créer Open USD, un stablecoin qui remet directement en cause le modèle économique ultra-rentable de Circle et de son USDC.

Cette annonce n’a pas tardé à faire trembler les marchés. L’action Circle a plongé de près de 18 % en séance avant de clôturer en baisse de 17,55 %. Sur le mois, la chute approche les 40 %. Derrière ces chiffres se cache une bataille stratégique dont les enjeux dépassent largement une simple concurrence de produits.

Comment Circle a bâti sa fortune sur les réserves

Le modèle de Circle repose sur une mécanique d’une simplicité déconcertante mais d’une rentabilité exceptionnelle. L’entreprise émet de l’USDC, un stablecoin adossé au dollar américain. Les réserves, constituées de dizaines de milliards de dollars en bons du Trésor américain et équivalents de trésorerie, génèrent des intérêts substantiels. Ces revenus représentent près de 96 % des recettes totales de la société.

Pas de frais de transaction complexes, pas de coûts marginaux élevés, juste un float gigantesque sur lequel Circle perçoit les intérêts. Avec une capitalisation d’USDC autour de 73 milliards de dollars, les revenus annuels se chiffrent en milliards. Ce modèle a longtemps semblé imparable, jusqu’à ce que les partenaires commencent à se poser une question légitime : pourquoi laisser Circle garder tout ce rendement ?

« Le plus dangereux dans le modèle de Circle était caché en pleine lumière dans ses propres documents : presque tous ses revenus proviennent des intérêts sur les réserves. »

Cette réalité économique explique à la fois les valorisations élevées dont bénéficiait Circle avant l’annonce et la violente correction qui a suivi. Les investisseurs ont immédiatement compris que le cœur de la rentabilité était attaqué de front.

Open USD : un consortium qui redistribue la richesse

Contrairement aux stablecoins traditionnels émis par une seule entité, Open USD repose sur un modèle de gouvernance partagée et d’économie collaborative. Les revenus générés par les réserves ne vont plus à un seul émetteur mais sont redistribués aux participants du consortium après déduction d’une commission de gestion.

Cette approche transforme chaque partenaire d’un simple utilisateur ou distributeur en véritable actionnaire économique du stablecoin. Stripe a déjà annoncé intégrer Open USD comme solution par défaut pour ses commerçants. Coinbase, ancien allié majeur de Circle, figure parmi les membres fondateurs.

Parmi les participants notables, on retrouve des géants des paiements (Visa, Mastercard, American Express), des banques (BNY, Standard Chartered, BBVA), des acteurs technologiques (Google, Samsung, IBM, Shopify) et des figures majeures de la blockchain (Solana Labs, Polygon, Aave, Fireblocks).

Les cinq piliers qui font la force d’Open USD

Open USD ne se contente pas d’être une copie améliorée. Il repose sur plusieurs innovations structurelles :

  • Émission gratuite : Minting et redemption sans frais ni limites de volume, éliminant les barrières pour les grands utilisateurs.
  • Gouvernance partagée : Un conseil d’administration composé des membres du consortium.
  • Redistribution des revenus : Les intérêts des réserves reviennent aux partenaires.
  • Lancement multichaîne : Début sur Solana puis extension vers d’autres réseaux dont Base.
  • Focus entreprise : Orienté trésorerie d’entreprise et paiements marchands, segments à forte croissance.

Cette architecture s’appuie sur un opérateur indépendant, Open Standard, dirigé par un ancien de Stripe dont l’entreprise Bridge avait été rachetée par le géant des paiements. Le poids de Stripe derrière le projet donne une crédibilité immédiate sur le terrain des paiements.

Pourquoi les partenaires ont-ils décidé de passer à l’acte ?

La réponse tient en une phrase prononcée par de nombreux acteurs du secteur ces dernières années : pourquoi payer un intermédiaire quand on peut mutualiser et garder les bénéfices ? Le partenariat historique entre Circle et Coinbase, qui avait vu ce dernier percevoir près de 908 millions de dollars en une seule année, a servi de révélateur.

Si un seul partenaire pouvait négocier une part des revenus, pourquoi ne pas étendre ce principe à tous les acteurs majeurs ? Le consortium transforme ce qui était une négociation bilatérale en une structure systémique. Chaque participant a désormais intérêt à promouvoir Open USD plutôt qu’USDC.

Cette dynamique rappelle l’histoire même d’USDC. Lancé au sein du consortium Centre par Circle et Coinbase, le projet avait évolué vers un modèle à émetteur unique avant que l’industrie ne revienne à une logique collective, mais avec une ampleur bien supérieure.

L’impact immédiat sur le marché et les valorisations

La réaction des investisseurs a été sans appel. En une journée, la capitalisation boursière de Circle a été lourdement impactée. Les analystes qui tablaient sur des objectifs autour de 120 dollars par action avant l’annonce ont vu leurs hypothèses remises en cause par la nouvelle réalité concurrentielle.

Cependant, tous ne voient pas ce lancement comme une sentence de mort. Certains estiment que le marché des stablecoins, projeté pour atteindre plusieurs milliers de milliards de dollars d’ici 2030, peut accueillir plusieurs acteurs majeurs. La croissance absolue pourrait compenser une perte relative de parts de marché.

Tether reste le grand absent de cette bataille

Pendant que Circle et Open USD s’affrontent sur le terrain réglementé, Tether continue de dominer avec plus du double de la capitalisation d’USDC. Son modèle offshore, axé sur les échanges, les marchés émergents et les flux informels, est peu impacté par ce consortium orienté entreprise et conformité.

Cette situation crée un paysage à trois vitesses : le leader offshore Tether, le challenger réglementé Open USD, et l’acteur établi USDC qui doit désormais défendre sa position.

Les atouts durables de Circle

Malgré la menace, Circle ne part pas les mains vides. Des années d’agréments réglementaires aux États-Unis et en Europe, une infrastructure de redemption testée pendant la crise bancaire de 2023, et une réputation de fiabilité constituent des barrières importantes.

Les entreprises, particulièrement dans la trésorerie, privilégient souvent la prévisibilité et la conformité prouvée plutôt que des promesses de gouvernance partagée. Open USD devra accumuler des années d’audits, de relations bancaires et de gestion de crise pour égaler ce niveau de confiance institutionnelle.

Défis opérationnels du consortium

Aligner 140 acteurs incluant des concurrents directs ne sera pas une mince affaire. Les décisions sur les chaînes supportées, les politiques de gel de fonds ou les modifications de frais pourraient rapidement révéler des tensions internes.

L’histoire des consortiums bancaires est remplie d’initiatives ambitieuses qui ont échoué face à ces complexités. Centre lui-même, avec seulement deux partenaires, avait connu des difficultés avant sa dissolution.

Stratégies de défense pour Circle

Plusieurs options s’offrent à l’émetteur d’USDC. Il peut étendre le partage de revenus à d’autres partenaires, même si cela comprime fortement ses marges. Il peut également miser sur son avance réglementaire pour cibler les segments les plus exigeants en matière de conformité.

  • Étendre le partage économique avec ses partenaires
  • Valoriser son infrastructure réglementaire éprouvée
  • Développer sa propre couche d’infrastructure (comme le projet Arc)
  • Explorer des acquisitions ou des partenariats stratégiques

Chaque voie implique des compromis. Passer d’un modèle de collecteur de revenus à une structure plus utilitaire changerait profondément la valorisation de l’entreprise.

Les implications pour DeFi et les paiements machine

Dans l’écosystème de la finance décentralisée, USDC bénéficie d’une inertie importante. Il est intégré dans de nombreux protocoles de lending, constitue la base de paires de trading profondes et sert de collatéral standard.

Cependant, la présence d’Aave, MetaMask, Solana Labs et Polygon au sein du consortium ouvre des portes pour une adoption progressive d’Open USD. Le lancement natif sur Solana, chaîne connue pour sa rapidité et ses faibles frais, pourrait accélérer cette transition.

Les paiements entre agents autonomes représentent également un terrain de bataille crucial. Avec des flux à haute fréquence et faibles marges, la friction nulle d’Open USD constitue un avantage compétitif significatif.

Le cadre réglementaire comme catalyseur

Le GENIUS Act de 2025 a joué un rôle déterminant en clarifiant le cadre légal pour les stablecoins conformes aux États-Unis. En définissant clairement les exigences, il a réduit le risque réglementaire et encouragé les institutions traditionnelles à s’impliquer directement.

Ce même cadre impose cependant des limites, notamment l’interdiction de verser directement des rendements aux utilisateurs retail, ce qui explique pourquoi Open USD redistribue via les entreprises membres.

Perspectives d’évolution du marché

Le marché total des stablecoins dépasse aujourd’hui les 300 milliards de dollars. Les projections les plus optimistes évoquent 4 000 milliards d’ici 2030. Dans un tel contexte de croissance, même une perte de parts de marché relative peut s’accompagner d’une augmentation absolue du volume en circulation.

La concurrence peut également avoir un effet positif en validant la catégorie auprès d’investisseurs traditionnels et en accélérant l’adoption globale.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois

Plusieurs indicateurs seront déterminants pour évaluer l’issue de cette confrontation :

  • La date réelle de lancement d’Open USD et sa disponibilité effective
  • Les premières migrations importantes chez Stripe, Shopify ou Coinbase
  • Les ajustements de politique de Circle en matière de partage de revenus
  • L’évolution de la relation entre Circle et ses partenaires historiques
  • Les réactions réglementaires des acteurs non membres du consortium

Les consortiums ont souvent des délais de mise en œuvre plus longs que prévu. Chaque trimestre de retard renforce la position des acteurs déjà établis.

Une mutation profonde de l’industrie

Au-delà de la rivalité entre Circle et Open USD, cet épisode marque la fin d’une ère où un émetteur de stablecoin pouvait fonctionner comme un simple collecteur de revenus sans partage. Les acteurs qui génèrent le volume et la distribution exigent désormais une part du gâteau.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large observée dans les paiements, les fonds indiciels et d’autres infrastructures financières : la mutualisation une fois que les clients atteignent une taille critique.

Circle a prouvé qu’un dollar numérique réglementé pouvait fonctionner à grande échelle. Le prix de ce succès est aujourd’hui payé sous forme de concurrence intense de la part de ceux qui ont contribué à cette démonstration.

L’avenir dira si ce 30 juin 2026 marque le début du déclin d’un modèle ou simplement l’entrée dans une nouvelle phase plus mature et concurrentielle du marché des stablecoins. Une chose est certaine : le paysage des monnaies numériques stables ne sera plus jamais le même.

Les mois à venir s’annoncent riches en rebondissements. Entre innovation technologique, batailles réglementaires et stratégies commerciales agressives, les acteurs du secteur devront faire preuve d’une grande agilité pour naviguer dans ce nouvel environnement.

Pour les investisseurs, les entreprises et les utilisateurs finaux, cette compétition accrue devrait finalement se traduire par de meilleurs produits, une plus grande transparence et potentiellement des rendements plus équitablement répartis dans l’écosystème.

L’histoire de Circle et d’Open USD n’est pas seulement celle d’une entreprise face à ses partenaires. C’est le récit d’une industrie qui passe de l’expérimentation à la maturité institutionnelle, avec tous les défis et les opportunités que cela implique.

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