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BitGo Q2 2026 : Revenus En Hausse De 80% Mais PerGenerating the French blog articlete Nette

BitGo affiche une explosion de revenus à 4,33 milliards de dollars au deuxième trimestre, pourtant la société bascule dans le rouge. Derrière cette croissance spectaculaire se cache une réalité bien plus contrastée que les chiffres bruts ne le laissent penser...

Imaginez une entreprise qui multiplie presque par deux son chiffre d’affaires en un an et qui, au même moment, bascule dans le rouge. C’est exactement ce que vient de vivre BitGo Holdings. Le 12 août 2026, la société a publié ses résultats du deuxième trimestre : 4,33 milliards de dollars de revenus, en progression de 79,6 % par rapport à l’année précédente, mais une perte nette de 19 millions de dollars. Derrière ces deux chiffres se cache une histoire bien plus nuancée que le simple contraste croissance-perte.

Une croissance spectaculaire portée par les ventes d’actifs numériques

Le premier élément qui frappe, c’est l’ampleur de la hausse. Passer de 2,41 milliards à 4,33 milliards de dollars en douze mois n’est pas anodin dans un secteur aussi volatile que celui des crypto-actifs. La quasi-totalité de cette progression vient des ventes d’actifs numériques, qui ont généré à elles seules 4,20 milliards de dollars, soit une progression de 84,3 % sur un an.

Pourtant, ces volumes impressionnants s’accompagnent de coûts directs presque aussi élevés. BitGo a enregistré 4,19 milliards de dollars de coûts liés à ces ventes. Le résultat net de cette activité se limite donc à environ 7,1 millions de dollars de marge. Autrement dit, pour chaque dollar de revenu généré par les ventes d’actifs, l’entreprise ne conserve qu’une fraction infime. La marge de trading s’est d’ailleurs contractée, tombant à 17 points de base contre 32 points de base au premier trimestre. Les spreads plus serrés sur certains marchés spot et une proportion moindre d’opérations dérivées expliquent en grande partie ce tassement.

Cette structure de revenus n’est pas nouvelle pour les acteurs de la garde et du trading institutionnel. Elle rappelle que le volume brut peut masquer une réalité économique plus fragile. Quand les prix des crypto-actifs évoluent peu ou que la liquidité se concentre sur des paires à faible commission, la rentabilité s’érode rapidement. BitGo n’échappe pas à cette dynamique.

Le stablecoin-as-a-service, vrai moteur de marge

À côté des ventes d’actifs, un segment progresse de façon bien plus intéressante. Le service de stablecoin-as-a-service a vu ses revenus grimper de 148 % pour atteindre 38,8 millions de dollars. Ce chiffre s’accompagne d’un taux de prise de 8 % après déduction des frais de sponsor de 35,7 millions de dollars. Ici, la marge apparaît nettement plus solide que sur le trading pur.

Le développement de cette activité illustre une tendance de fond : les institutions et les entreprises cherchent des solutions de liquidité stables, régulées et intégrées à des infrastructures de garde de confiance. BitGo se positionne comme un fournisseur de rails plutôt que comme un simple intermédiaire de marché. Cette orientation stratégique pourrait, à moyen terme, rééquilibrer le mix de revenus vers des activités à meilleure contribution.

À l’inverse, le staking a souffert. Les revenus liés au staking ont reculé de 28,8 % pour s’établir à 64,7 millions de dollars. La baisse des prix des actifs sous-jacents et probablement une moindre attractivité relative des rendements expliquent une partie de ce repli. Les abonnements et services, eux, ont progressé de 8,5 % à 27,5 millions de dollars, confirmant une demande encore présente pour les outils de reporting, de conformité et de gestion de portefeuille institutionnel.

Des clients plus nombreux, des actifs sous pression des prix

BitGo a terminé le trimestre avec 5 833 clients, soit une hausse de 26,2 % par rapport aux 4 621 clients recensés un an plus tôt. Cette progression du nombre de comptes est un signal positif. Elle montre que l’entreprise continue d’attirer de nouveaux acteurs institutionnels malgré un environnement de marché moins favorable.

Les actifs sur la plateforme racontent toutefois une histoire différente. En valeur brute, ils se sont établis à 65,2 milliards de dollars, en baisse de 27,8 % par rapport aux 90,3 milliards de l’année précédente. L’effet prix est évident. Pour neutraliser cette volatilité, BitGo publie un chiffre normalisé qui utilise les prix médians du trimestre en cours. Sur cette base, les actifs progressent de 31,4 % en glissement annuel, toujours à 65,2 milliards de dollars. Les actifs stakés normalisés ont, quant à eux, progressé de 36,1 % pour atteindre 11,9 milliards de dollars.

Cette distinction entre valeur nominale et valeur normalisée est essentielle. Elle permet de séparer la performance commerciale de l’entreprise de la simple variation des cours. En période de correction des marchés crypto, beaucoup d’acteurs voient leurs actifs sous gestion fondre sans pour autant perdre de clients. BitGo semble se situer dans ce cas de figure : la base de clients s’élargit, les volumes d’activité restent soutenus, mais la valorisation des actifs placés sous sa responsabilité diminue.

En juillet, Gate US a rejoint le réseau de règlement hors bourse de BitGo. Cette intégration permet aux institutions de négocier tout en laissant les actifs sous-jacents en garde chez BitGo Bank. Ce type de partenariat renforce la position de la société comme infrastructure de confiance plutôt que comme simple place de marché.

La perte nette : entre effets de valorisation et coûts structurels

La perte nette de 19 millions de dollars contraste avec le bénéfice de 38,3 millions enregistré un an plus tôt. Elle représente toutefois une nette amélioration par rapport à la perte de 60,7 millions du premier trimestre 2026. Plusieurs éléments expliquent ce résultat.

D’abord, les actifs numériques détenus pour compte propre ont pesé. BitGo a comptabilisé une perte non réalisée de 18,8 millions de dollars au deuxième trimestre, contre un gain non réalisé de 55,8 millions un an plus tôt. Ces variations de juste valeur, qui ne correspondent pas à des flux de trésorerie, peuvent faire basculer un résultat d’un exercice à l’autre.

Ensuite, l’entreprise a engagé des coûts de restructuration. En juin, elle a réduit ses effectifs d’environ 15 %. Cette décision a généré 1,3 million de dollars de charges de restructuration au deuxième trimestre. La direction estime que les économies annuelles liées à cette réduction devraient atteindre environ 9 millions de dollars à partir du troisième trimestre. Plus largement, l’ensemble des mesures de maîtrise des coûts devrait produire près de 15 millions de dollars d’économies de trésorerie annualisées. Ces projections restent toutefois des anticipations de la société.

L’EBITDA ajusté s’est établi à -4,2 millions de dollars, contre un chiffre positif de 3 millions au deuxième trimestre 2025 et une perte de 1,7 million au premier trimestre 2026. Le retour à un EBITDA négatif, même modéré, montre que la rentabilité opérationnelle reste fragile malgré la croissance des revenus bruts.

Des faiblesses de contrôle interne toujours présentes

Un point plus préoccupant apparaît dans les documents réglementaires. BitGo a confirmé que les faiblesses matérielles précédemment identifiées dans ses contrôles de reporting financier n’ont pas encore été résolues. Ces faiblesses concernent notamment les droits d’accès informatiques, les revues manuelles, la séparation des tâches et le dimensionnement des équipes finance.

La direction affirme que ces insuffisances n’ont pas entraîné de fausse déclaration matérielle dans les états financiers déjà publiés. Elle indique également que les travaux de remediation se poursuivront tout au long de l’année 2026. Pour un acteur qui gère des dizaines de milliards d’actifs pour le compte de clients institutionnels, la persistance de ces points de contrôle constitue un sujet de vigilance. Les investisseurs et les partenaires suivront de près l’avancement de ce plan de remediation.

Dans un environnement réglementaire de plus en plus exigeant, la solidité des contrôles internes devient un critère de différenciation aussi important que la performance commerciale. Les institutions qui confient leurs actifs à un gardien veulent des garanties sur la fiabilité des processus, pas seulement sur la sécurité technique des clés privées.

Départ du directeur financier et perspectives pour le troisième trimestre

Le 10 août, le directeur financier Ed Reginelli a informé le conseil d’administration de sa démission, effective le 15 septembre. BitGo précise que ce départ ne résulte d’aucun désaccord sur les opérations, les politiques ou les pratiques de l’entreprise. Une recherche formelle de successeur a été lancée. Ed Reginelli restera disponible en tant que conseiller pendant la période de transition.

Ce changement intervient à un moment où la société doit à la fois stabiliser sa rentabilité, remédier à ses faiblesses de contrôle et poursuivre le développement de ses activités à plus forte marge. La qualité du profil choisi pour le remplacer sera donc scrutée.

Concernant les perspectives du troisième trimestre, la direction se montre prudente. Elle anticipe des revenus de ventes d’actifs numériques globalement stables par rapport au deuxième trimestre. Les revenus de staking devraient rester globalement stables, tandis que les abonnements et services devraient progresser séquentiellement. Une croissance modérée est attendue sur le stablecoin-as-a-service. Les charges d’exploitation devraient quant à elles diminuer. Ces prévisions reposent sur l’hypothèse que les prix des actifs numériques et l’activité de marché restent proches des niveaux récents. Elles restent donc conditionnelles.

Une situation de trésorerie encore confortable

À fin juin, BitGo disposait de 159 millions de dollars de liquidités. Elle détenait également 2 523 bitcoins pour compte propre, valorisés à 147,7 millions de dollars. Aucune dette au niveau corporate n’est signalée. L’entreprise dispose par ailleurs d’une autorisation de rachat d’actions de 50 millions de dollars, même si aucun titre n’avait encore été racheté au 30 juin.

Cette position de bilan offre une certaine flexibilité. Elle permet d’absorber les fluctuations de résultats liées aux valorisations d’actifs tout en poursuivant les investissements nécessaires dans les contrôles et dans les nouvelles lignes de produits. Le titre BTGO a clôturé le 12 août à 4,99 dollars, en légère hausse de 0,6 % sur la séance. Le rapport ayant été publié après la clôture, la première réaction complète des marchés s’est produite le lendemain.

Ce que ces résultats disent du marché institutionnel crypto

Au-delà des chiffres de BitGo, ces résultats éclairent plusieurs dynamiques du secteur. Premièrement, le volume brut de trading peut progresser fortement sans générer une rentabilité proportionnelle. Les spreads se compriment, la concurrence s’intensifie et les acteurs doivent trouver d’autres sources de marge.

Deuxièmement, les services de type stablecoin-as-a-service et les solutions de règlement hors bourse gagnent en importance. Ils répondent à un besoin réel des institutions : disposer de liquidité stable et de mécanismes de règlement qui ne nécessitent pas de sortir les actifs de la garde sécurisée. BitGo semble bien positionnée sur ce créneau.

Troisièmement, la distinction entre croissance du nombre de clients et évolution de la valeur des actifs sous garde reste cruciale. Dans un marché baissier ou latéral, une entreprise peut gagner des parts de marché tout en voyant la valorisation de son plateforme diminuer. L’indicateur normalisé devient alors plus pertinent pour juger de la trajectoire commerciale.

Quatrièmement, la question des contrôles internes et de la gouvernance financière prend une place croissante. Les régulateurs et les grands clients institutionnels exigent désormais des standards élevés. Les faiblesses matérielles non résolues, même si elles n’ont pas entraîné d’erreurs comptables à ce stade, constituent un frein potentiel à la confiance.

Les défis à surveiller dans les prochains mois

Plusieurs points méritent une attention particulière. La capacité de BitGo à transformer la croissance des volumes en amélioration durable de la marge restera centrale. Les économies liées à la réduction d’effectifs devront se matérialiser concrètement dans les comptes à partir du troisième trimestre. Le plan de remediation des faiblesses de contrôle devra avancer de manière visible et crédible.

Le recrutement d’un nouveau directeur financier s’annonce également stratégique. Le profil choisi devra allier expertise des marchés crypto, solide expérience des contrôles financiers et capacité à dialoguer avec les régulateurs et les investisseurs institutionnels.

Enfin, l’évolution des prix des actifs numériques et du niveau d’activité de trading influenceront directement les revenus du prochain trimestre. La direction a déjà prévenu que ses prévisions restaient conditionnées à un environnement de marché stable. Toute variation marquée des cours ou de la liquidité pourrait modifier le tableau.

Une entreprise en transition

BitGo se trouve à un moment charnière. Elle a démontré sa capacité à attirer de nouveaux clients et à générer des volumes importants même dans un contexte de marché moins porteur. Elle dispose d’une trésorerie solide et d’un bilan peu endetté. Dans le même temps, sa rentabilité reste sensible aux variations de valorisation de ses propres actifs, sa marge de trading s’est contractée et des faiblesses de contrôle interne persistent.

Le développement du stablecoin-as-a-service et des solutions de règlement hors bourse offre une piste intéressante pour améliorer le mix de revenus. La réduction des coûts devrait également contribuer à une meilleure rentabilité opérationnelle dans les trimestres à venir. Mais ces évolutions ne se produiront pas automatiquement. Elles exigent une exécution rigoureuse, une gouvernance renforcée et une capacité à convaincre les clients institutionnels que les processus internes sont à la hauteur des enjeux.

Les prochains résultats, ceux du troisième trimestre, permettront de vérifier si les économies annoncées se concrétisent, si la marge se stabilise et si les travaux de remediation avancent. D’ici là, les investisseurs et les observateurs du secteur auront l’occasion d’analyser plus en détail la trajectoire de cette société qui, tout en affichant une croissance impressionnante de ses revenus, doit encore prouver qu’elle peut transformer cette dynamique en rentabilité durable et en solidité opérationnelle reconnue.

Dans un marché crypto où les cycles se succèdent rapidement, les acteurs capables de combiner croissance commerciale, discipline financière et excellence opérationnelle seront ceux qui sortiront renforcés. BitGo a posé des jalons importants. Il lui reste maintenant à transformer ces jalons en une trajectoire plus équilibrée et plus prévisible.

L’histoire de ce deuxième trimestre 2026 restera celle d’un contraste. D’un côté, des revenus qui s’envolent. De l’autre, une perte nette qui rappelle que le volume seul ne suffit pas. Entre les deux, une entreprise qui continue d’élargir sa base de clients, qui développe des activités à meilleure marge et qui s’attaque à ses faiblesses internes. Le jugement définitif sur la réussite de cette transition appartiendra aux prochains trimestres.

Pour l’heure, les chiffres publiés le 12 août offrent une photographie claire d’une société en pleine adaptation. Elle gagne des parts de marché, elle réduit ses coûts, elle diversifie progressivement ses sources de revenus, mais elle doit encore démontrer qu’elle peut générer de manière récurrente une rentabilité à la hauteur de son ambition institutionnelle. C’est précisément ce que les prochains mois permettront de mesurer.

Les observateurs attentifs noteront également que la publication de ces résultats s’inscrit dans un contexte plus large de consolidation du secteur de la garde institutionnelle. Plusieurs acteurs ont dû ajuster leurs structures de coûts face à la compression des marges de trading. BitGo n’est pas isolée dans cette démarche. Sa capacité à accélérer le développement de services à plus forte valeur ajoutée tout en maintenant la confiance des clients institutionnels déterminera en grande partie sa place dans le paysage concurrentiel des prochaines années.

La croissance de 26 % du nombre de clients reste, à cet égard, un indicateur encourageant. Elle suggère que la proposition de valeur de BitGo continue de séduire, même lorsque les marchés sont moins favorables. Le défi consiste désormais à faire en sorte que cette expansion de la base clients se traduise, à terme, par une amélioration structurelle de la rentabilité et par une consolidation des processus de contrôle interne. Sur ces deux points, le travail engagé n’est pas terminé.

En définitive, les résultats du deuxième trimestre 2026 de BitGo racontent l’histoire d’une société qui progresse sur plusieurs fronts tout en affrontant des contraintes classiques d’un secteur encore jeune et très concurrentiel. La suite dépendra de l’exécution. Et dans ce domaine, les mois à venir s’annoncent particulièrement instructifs.

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