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Bitcoin Vers 150000 Dollars En 2027 Selon Bernstein

Bernstein voit Bitcoin à 150 000 dollars dès mi-2027 et potentiellement 500 000 en 2029. Entre ownership institutionnel et craintes de débasement, le scénario de base change tout. Découvrez pourquoi cette prévision pourrait redéfinir le marché.

Imaginez un actif qui a déjà multiplié sa valeur par des dizaines en une décennie, et qui, selon l’une des firmes de recherche les plus suivies de Wall Street, pourrait encore doubler, voire tripler, d’ici quelques années seulement. C’est exactement ce que Bernstein vient d’avancer dans une note client datée du 26 août 2026. Le Bitcoin, actuellement autour des 78 000 dollars, pourrait atteindre 150 000 dollars dès le milieu de 2027 dans le scénario de base, et grimper bien plus haut si certaines conditions macroéconomiques s’alignent. Cette projection ne sort pas de nulle part. Elle s’appuie sur un modèle de cycle historique, sur l’évolution de l’ownership institutionnel et sur la peur croissante d’un débasement monétaire lié à une dette publique américaine qui atteint désormais 40 000 milliards de dollars.

Une projection ambitieuse qui s’inscrit dans le cycle historique

Les analystes dirigés par Gautam Chhugani ne se contentent pas d’un chiffre unique. Ils proposent plusieurs trajectoires. Dans leur scénario central, le Bitcoin devrait d’abord retrouver les 125 000 dollars d’ici la fin de 2026, puis établir un nouveau record autour de 150 000 dollars au milieu de 2027. Le pic du prochain cycle est quant à lui estimé à environ 300 000 dollars en 2029. Ces niveaux reposent sur un modèle qui lie le prix de l’actif à son coût marginal de production, tout en tenant compte du rythme historique des cycles de quatre ans liés au halving.

Ce qui frappe, c’est la prudence relative du scénario de base. Bernstein reconnaît que le Bitcoin a récemment connu une correction d’environ 50 % par rapport à son sommet d’octobre 2025. Dans les cycles précédents, les baisses allaient souvent de 75 % à 90 %. La moindre amplitude de cette dernière chute est interprétée comme un signe de maturité du marché, en grande partie grâce à l’arrivée des investisseurs institutionnels et des ETF spot américains.

Le rôle central des ETF et de l’ownership institutionnel

L’accès institutionnel via les fonds cotés en bourse a profondément modifié la dynamique. Les flux observés récemment illustrent ce changement. Mi-août, les ETF spot Bitcoin américains ont enregistré plus d’un milliard de dollars d’entrées nettes en seulement deux jours. Ces achats ont contribué à soutenir le prix alors que Bitcoin franchissait à nouveau la barre des 76 000 dollars. Pour Bernstein, cette demande structurelle limite la profondeur des corrections et accélère les phases de reprise.

Un autre indicateur cité par la firme mérite attention : environ 59 % de l’offre de Bitcoin n’a pas bougé au cours des douze derniers mois. Cette part inactive témoigne d’une base de détenteurs prêts à conserver l’actif à travers les fortes variations de prix. Dans un marché où l’offre disponible se réduit progressivement, chaque nouvelle vague d’achats institutionnels pèse davantage.

« Les ETF et les achats de trésorerie d’entreprise ont probablement contribué à limiter l’ampleur de la dernière baisse par rapport aux cycles précédents. »

Cette observation n’est pas anodine. Elle suggère que le Bitcoin n’est plus uniquement un actif spéculatif porté par le retail. Il devient progressivement un outil d’allocation pour des acteurs plus patient, capables d’absorber la volatilité sans liquider massivement leurs positions.

Le scénario de débasement monétaire, le vrai accélérateur potentiel

Au-delà du cycle traditionnel, Bernstein explore une hypothèse plus agressive. Si les inquiétudes liées à la dette souveraine américaine s’intensifient, le Bitcoin pourrait atteindre 200 000 dollars dès le milieu de 2027 et viser 500 000 dollars en 2029. Le raisonnement repose sur un constat simple : la période de quarante ans de baisse des taux d’intérêt est terminée, tandis que le coût du service de la dette augmente.

Les analystes décrivent un cercle vicieux. La hausse des rendements alourdit les charges d’intérêts, élargit les déficits budgétaires et force à emprunter davantage. Face à cette pression, les décideurs pourraient être tentés de laisser filer la monnaie plutôt que d’imposer des mesures d’austérité strictes. Dans un tel environnement, les actifs à offre limitée comme le Bitcoin et l’or deviennent des refuges naturels.

Le plafond de 21 millions de pièces du Bitcoin prend alors tout son sens. Sa rareté programmée, sa portabilité internationale et la croissance de sa détention institutionnelle en font un candidat sérieux pour capturer une partie des flux de capital à la recherche de protection contre l’érosion du pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires.

Strategy reste un acteur clé, même avec une cible revue à la baisse

Parallèlement à ses prévisions sur le Bitcoin, Bernstein a maintenu sa recommandation Outperform sur Strategy, l’ancien MicroStrategy, tout en abaissant son objectif de cours de 450 à 350 dollars. La révision s’explique par le nouveau modèle de cycle du Bitcoin et par une dilution d’actions plus rapide que prévu.

Malgré cette baisse, la cible de 350 dollars représente encore une marge d’appréciation d’environ 176 % par rapport au cours de clôture du 25 août, autour de 126,83 dollars. Strategy détient toujours 840 447 Bitcoin, soit près de 4 % de l’offre maximale. Son coût moyen d’acquisition s’élève à environ 75 385 dollars par pièce, pour un investissement total de 63,36 milliards de dollars.

La société a récemment renforcé sa réserve en dollars, qui atteint désormais environ 5,1 milliards. Elle a levé près de 2 milliards de dollars via des ventes d’actions ordinaires la semaine terminée le 23 août, sans racheter de Bitcoin. Une partie des fonds a servi à racheter des actions privilégiées STRC et à consolider le bilan. Bernstein estime que cette position de liquidité offre environ 3,9 années de couverture des intérêts et des dividendes sur les titres privilégiés.

Si le Bitcoin reprend une trajectoire haussière durable et que les titres STRC se rapprochent de leur valeur de référence de 100 dollars, Strategy pourrait à nouveau intensifier ses achats. Pour l’instant, la priorité semble être la solidité du bilan plutôt que l’accumulation agressive.

Un marché encore volatil mais soutenu par des flux structurels

Au moment de la publication de la note, le Bitcoin évoluait autour de 78 458 dollars, en légère baisse sur 24 heures mais toujours en hausse d’environ 14 % sur sept jours. L’open interest des contrats à terme avait reculé de 2,7 %, signe que certains traders réduisaient leur exposition après la récente progression.

Les données de liquidations montraient que près de 3 milliards de dollars de positions avaient été liquidés lorsque le prix avait franchi les 70 000 dollars, principalement du côté des shorts. Ce mouvement de short squeeze a amplifié la hausse, avant que les achats d’ETF ne prennent le relais avec une demande réelle en spot.

Sur les marchés de prédiction, les participants restent plutôt optimistes. Un contrat donnait 68 % de chances que le Bitcoin atteigne 85 000 dollars avant la fin de 2026. Ces probabilités évoluent bien sûr avec les flux, mais elles reflètent un sentiment de marché encore constructif à moyen terme.

Pourquoi ces prévisions méritent d’être prises au sérieux

Plusieurs éléments convergent pour donner du poids à l’analyse de Bernstein. D’abord, le modèle de coût de production marginal offre une ancre fondamentale souvent négligée. Ensuite, la réduction de l’amplitude des corrections depuis l’arrivée des ETF suggère un changement de régime. Enfin, le contexte macroéconomique de dette élevée et de rendements en hausse crée un terreau favorable aux actifs rares.

Il faut toutefois rappeler que ces chiffres restent des projections d’analystes, pas des certitudes. Le marché crypto a déjà surpris à de nombreuses reprises, dans un sens comme dans l’autre. Une reprise trop rapide de l’inflation, un choc géopolitique ou un retournement soudain des flux institutionnels pourraient modifier la trajectoire.

Malgré ces réserves, la vision de Bernstein s’inscrit dans une tendance plus large. De plus en plus de grandes institutions intègrent le Bitcoin dans leurs scénarios de long terme. La baisse du seuil de conversion Bitcoin-ETF chez BlackRock, passé de 25 millions à 1 million de dollars, illustre cette démocratisation de l’accès pour les grands détenteurs. Plus de 5 milliards de dollars de conversions ont déjà été traités, transformant des positions en Bitcoin en parts d’ETF sans créer de nouvelle demande cash, mais en renforçant la liquidité du produit.

Les implications pour les investisseurs individuels

Pour un particulier, ces prévisions ne doivent pas se traduire par une course à l’achat sans réflexion. Elles rappellent plutôt l’importance de comprendre les cycles et de raisonner en termes de horizon long. Le Bitcoin a toujours récompensé ceux qui ont su traverser les phases de baisse avec une allocation disciplinée plutôt qu’une exposition maximale au pire moment.

La présence d’une offre largement inactive et d’une demande institutionnelle croissante change la nature du risque. Les corrections restent possibles, parfois violentes, mais le plancher semble plus élevé qu’auparavant. Dans ce contexte, une approche progressive, combinée à une gestion stricte du risque, paraît plus pertinente qu’une exposition tout ou rien.

Il est également utile de surveiller les indicateurs que Bernstein met en avant : les flux nets des ETF, le pourcentage d’offre inactive, l’évolution de la dette publique américaine et le comportement des grandes entreprises détentrices de Bitcoin. Ces données offrent des points de repère concrets pour ajuster sa lecture du marché.

Un horizon 2033 qui reste ambitieux

Bernstein n’abandonne pas non plus sa prévision de long terme d’un million de dollars par Bitcoin d’ici fin 2033. Ce chiffre, souvent jugé extrême, s’inscrit dans la logique d’une adoption progressive et d’une monétisation partielle de l’actif face aux monnaies fiduciaires. Même si le chemin vers ce niveau est loin d’être linéaire, il reflète une conviction que le Bitcoin a encore une marge de croissance significative sur une décennie.

Entre le scénario de base à 150 000 dollars en 2027 et le scénario de débasement à 200 000 dollars, l’écart est déjà substantiel. Il montre à quel point les variables macroéconomiques peseront sur la trajectoire réelle. La dette américaine à 40 000 milliards de dollars et la fin de l’ère des taux bas ne sont pas des éléments temporaires. Ils constituent un arrière-plan structurel qui pourrait favoriser les actifs à offre limitée pendant encore plusieurs années.

Ce qu’il faut retenir de la note Bernstein

La note du 26 août 2026 offre une lecture claire et documentée. Le Bitcoin est vu comme un actif en train de maturer, soutenu par une ownership institutionnelle croissante et potentiellement accéléré par les préoccupations de débasement monétaire. Le scénario central à 150 000 dollars en mi-2027 et 300 000 dollars en 2029 paraît ambitieux mais cohérent avec l’histoire des cycles. Le scénario alternatif à 200 000 puis 500 000 dollars illustre l’effet amplificateur que pourrait avoir un environnement de dette et d’inflation plus dégradé.

Strategy, malgré une cible revue à la baisse, conserve un statut d’acteur central grâce à sa position de 840 447 Bitcoin et à un bilan désormais plus robuste. Les flux récents des ETF et la part importante d’offre inactive renforcent l’idée que le marché dispose d’un soutien structurel plus solide qu’auparavant.

Rien n’est jamais acquis dans la crypto. Pourtant, lorsque des analystes de cette envergure détaillent des trajectoires aussi précises, elles méritent d’être intégrées dans toute réflexion sérieuse sur l’avenir du Bitcoin. Le prochain cycle s’annonce potentiellement moins violent à la baisse et plus puissant à la hausse. Reste à voir si les flux institutionnels et le contexte macroéconomique confirmeront, ou non, ces anticipations dans les mois et années qui viennent.

En attendant, le marché continue de tester les niveaux autour de 78 000 dollars. Chaque session apporte son lot de liquidations, de flux ETF et de réactions aux données économiques. Mais derrière le bruit quotidien, la note de Bernstein rappelle que le Bitcoin n’est plus seulement un actif de trading. Il est devenu un sujet de réflexion stratégique pour une partie croissante de la finance traditionnelle. Et c’est peut-être là le vrai signal à retenir.

Les prochains trimestres seront déterminants. Si les ETF poursuivent leurs entrées nettes, si la part d’offre inactive reste élevée et si les préoccupations autour de la dette souveraine s’intensifient, le scénario de 150 000 dollars en 2027 pourrait paraître presque conservateur. Dans le cas inverse, le marché retrouverait une volatilité plus classique. Pour l’instant, les arguments de Bernstein pèsent lourd dans la balance. Ils offrent une grille de lecture claire à un moment où de nombreux investisseurs cherchent précisément des repères solides.

Le Bitcoin a déjà prouvé sa capacité à surprendre. Cette fois, les prévisions ne viennent pas d’un influenceur ou d’un compte anonyme, mais d’une équipe d’analystes suivie par les plus grands fonds. Cela ne garantit rien, mais cela change le niveau de la conversation. Et dans un marché encore jeune, ce changement de ton pourrait bien être aussi important que les chiffres eux-mêmes.

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