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Bitcoin Menace Une Troisième Vague De Liquidations En Octobre

Les ETF Bitcoin voient leurs sorties ralentir fortement, mais les analystes pointent déjà un seuil critique à 79821 dollars. Le levier se reconstruit alors que le prix hésite. Que se passera-t-il si ce niveau cède ?

Et si la relative accalmie des sorties d’ETF n’était qu’un répit trompeur ? Alors que Bitcoin évolue autour de 82 000 dollars, plusieurs signaux techniques et de marché convergent vers un scénario que les traders redoutent : une troisième vague de liquidations en octobre. Les positions à effet de levier se reconstruisent malgré la baisse, et un seuil précis a déjà été identifié comme déclencheur potentiel.

Un marché sous tension malgré le ralentissement des sorties

La semaine du 12 au 16 octobre a marqué un changement d’intensité dans les flux institutionnels. Les ETF Bitcoin américains ont enregistré des retraits nets de 228,4 millions de dollars. C’est encore une sortie, mais elle représente une baisse de 66,4 % par rapport aux 678,9 millions de la semaine précédente. Sur le papier, la pression vendeuse s’allège. Dans les faits, le marché reste fragile.

Mardi a même vu un afflux de 175,7 millions de dollars, suivi d’une petite entrée de 5,1 millions le jeudi. Ces mouvements positifs n’ont toutefois pas compensé les trois autres jours de retraits, dont un mercredi particulièrement douloureux avec 261,4 millions de sorties. La dynamique reste baissière, même si elle s’atténue.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large. Les ETF Ethereum ont de leur côté perdu 320,1 millions de dollars sur la même période. Au total, Bitcoin et Ethereum ont vu 548,5 millions quitter les produits cotés, un chiffre qui illustre une prudence encore très présente chez les investisseurs institutionnels.

Le levier qui se reconstruit en silence

Le véritable point d’attention ne se trouve pas uniquement dans les flux d’ETF. Il réside dans le comportement des traders de futures. Entre le 12 et le 15 octobre, l’open interest sur les contrats à terme a progressé de 4,3 % alors même que le prix de Bitcoin baissait. Cette divergence est rarement anodine.

Après le short squeeze de la semaine précédente, les positions vendeuses ont été en grande partie remplacées par des positions longues à effet de levier. Ces nouvelles positions paient des taux de financement annualisés compris entre 6 et 9 %. Les conditions de marché ressemblent étrangement à celles qui ont précédé les deux précédentes vagues de liquidations d’octobre.

Les positions laissées ouvertes pendant la baisse pourraient fournir le carburant d’une nouvelle vague de liquidations forcées.

Les analystes ont identifié un niveau précis : 79 821 dollars. Un franchissement à la baisse de ce seuil pourrait déclencher des ventes forcées dans une zone d’accumulation située entre 77 600 et 80 400 dollars. À l’inverse, un retour durable au-dessus de 84 400 dollars replacerait l’investisseur moyen en ETF dans une situation de plus-value latente.

Le scénario central retenu place 81 300 dollars près du milieu de la fourchette hebdomadaire. La probabilité d’un scénario baissier est jugée supérieure à celle d’une reprise soutenue. La corrélation de 0,78 entre Bitcoin et le Nasdaq-100 sur vingt jours renforce cette prudence : un nouveau mouvement baissier sur les valeurs technologiques pourrait rapidement se transmettre à BTC.

Des indicateurs de demande encore négatifs

Au-delà des flux quotidiens, les indicateurs de demande sous-jacente restent préoccupants. La demande apparente nette sur trente jours est estimée autour de moins 50 000 BTC. Cela signifie que l’offre disponible dépasse encore la demande estimée sur cette période.

Un autre élément mérite attention : la part des « nouveaux baleines ». Ces grands détenteurs dont les pièces sont détenues depuis moins de 155 jours représentent désormais 33 % de la capitalisation réalisée des baleines, contre 18 % au début de l’année. Leur coût de base moyen se situe près de 77 000 dollars. Cette population plus récente pourrait se montrer plus sensible à une nouvelle baisse.

La présence de ces détenteurs à court terme change la structure du marché. Ils n’ont pas le même horizon que les investisseurs de long terme qui ont accumulé pendant des années. Leur comportement en cas de stress peut amplifier les mouvements, dans un sens comme dans l’autre.

Ce que disent les différentes voix du marché

Les interprétations divergent selon les observateurs. Certains voient dans le ralentissement des sorties d’ETF un signe encourageant. D’autres insistent sur la fragilité de la structure de levier et sur l’absence de demande organique suffisante.

Pour Jeff Ko, de ViaBTC, la diminution des retraits Bitcoin pourrait indiquer un allègement de la pression vendeuse. Il note que BTC a réussi à se reprendre vers 82 000-83 000 dollars après être brièvement passé sous 80 000. Il reste en revanche plus prudent sur Ethereum.

DWF Labs dresse un portrait plus nuancé. Bitcoin a perdu 2,47 % sur la semaine, contre 4,43 % pour le Nasdaq. Cette relative résilience est réelle, mais elle ne s’accompagne pas d’un regain d’appétit pour le risque. L’open interest libellé en Bitcoin a atteint son plus bas niveau mensuel de l’année, tandis que la volatilité implicite reste élevée après les dernières données d’inflation.

Tim Sun, chercheur senior chez HashKey Group, insiste sur le caractère insuffisant de la demande de long terme. Les détenteurs existants ne montrent pas d’empressement à vendre massivement, mais l’achat incrémental financé par le levier et l’endettement s’affaiblit. Les nouvelles allocations de long terme ne sont pas encore assez importantes pour soutenir une cassure haussière durable.

Les détenteurs actuels n’ont pas d’envie forte de ventes concentrées, mais la demande d’achat incrémentale précédemment portée par l’expansion du levier s’affaiblit, tandis que la nouvelle demande d’allocation de long terme n’est pas encore suffisante pour provoquer une percée soutenue.

Selon lui, le marché devrait rester dans une fourchette tant que les conditions financières ne s’améliorent pas. Une reprise des achats via les ETF nécessiterait des taux d’intérêt réels plus bas, des coûts de financement réduits, ainsi que des allocations plus importantes de la part des plateformes de gestion de patrimoine bancaires, des conseillers en investissement et des gestionnaires d’actifs de long terme.

Le calendrier de la Fed et les risques annexes

L’incertitude monétaire ajoute une couche de complexité. Tim Sun estime qu’une pause en octobre suivie d’une hausse en décembre apparaît plus probable que des hausses consécutives. Une partie du rebond de l’inflation est attribuée aux contraintes énergétiques et d’offre. Des resserrements répétés pourraient toutefois accentuer la pression sur un marché du travail déjà en train de refroidir.

Jeff Mei, directeur des opérations chez BTSE, souligne que l’incertitude autour de la prochaine décision de la Fed peut elle-même générer de la volatilité. Il surveille de près les flux d’ETF comme indicateur du positionnement institutionnel en amont de la réunion.

Un autre risque, plus structurel, concerne les sociétés de trésorerie en actifs numériques. MSCI a adopté des règles susceptibles d’exclure Strategy et Metaplanet. L’annonce du 15 octobre prévoit la publication de la liste définitive des sociétés concernées le 11 novembre, avec une prise d’effet après la clôture du 30 novembre. Ces éventuelles exclusions pourraient peser sur la perception des acteurs qui détiennent des quantités importantes de Bitcoin au bilan.

Pourquoi le seuil de 79 821 dollars concentre toutes les attentions

Dans un marché où le levier s’est reconstruit rapidement, les niveaux techniques prennent une importance particulière. Le seuil de 79 821 dollars n’est pas choisi au hasard. Il correspond à une zone où les positions longues ouvertes pendant la baisse récente se trouvent particulièrement exposées.

Si ce niveau cède, les liquidations automatiques peuvent s’enchaîner en cascade. Les plateformes de trading liquidant les positions sous-collatéralisées vendent du Bitcoin sur le marché, ce qui fait baisser le prix, ce qui déclenche de nouvelles liquidations. Ce mécanisme a déjà été observé à deux reprises en octobre.

La zone 77 600-80 400 dollars est présentée comme une bande d’accumulation potentielle. Cela signifie que des acheteurs de plus long terme pourraient intervenir dans cette fourchette. Mais pour que cette accumulation se transforme en reprise durable, il faudrait que la demande spot s’améliore nettement, ce qui n’est pas encore le cas.

Le prix a déjà flirté avec ces niveaux. Le 14 octobre, Bitcoin est passé sous 82 000 dollars après des chiffres d’inflation américains supérieurs aux attentes. Le plus haut de la séance dépassait 84 100 dollars avant de céder le terrain et de revenir près de 81 900 dollars.

La dualité entre résilience et absence de conviction

Bitcoin a mieux résisté que le Nasdaq cette semaine. Cette relative force est souvent interprétée comme un signe de maturité du marché. Pourtant, plusieurs indicateurs montrent que cette résilience ne s’accompagne pas d’une vraie reprise de l’appétit pour le risque.

L’open interest libellé en Bitcoin a touché ses plus bas mensuels de l’année. Cela signifie que moins de capital spéculatif est engagé dans les positions à effet de levier, même si le taux de croissance de l’open interest sur quelques jours reste positif. La distinction entre les deux mesures est importante : l’une regarde le niveau absolu, l’autre la variation récente.

La volatilité implicite reste élevée. Les options intègrent encore une probabilité non négligeable de mouvements importants. Dans un tel environnement, les traders tendent à rester prudents, ce qui limite les entrées massives de nouveaux capitaux.

Cette dualité explique pourquoi le marché peut sembler calme en surface tout en restant potentiellement explosif en profondeur. Les positions ouvertes pendant la baisse constituent une poudre sèche qui n’attend qu’une étincelle.

Quelles conditions pour une reprise durable ?

Plusieurs facteurs devraient se conjuguer pour permettre une sortie par le haut de la fourchette actuelle. Le premier concerne les taux d’intérêt réels. Une baisse des coûts de financement rendrait le portage de positions longues moins onéreux et pourrait encourager de nouveaux achats.

Le deuxième facteur est l’apparition d’allocations plus importantes de la part des canaux de distribution traditionnels : banques privées, conseillers en gestion de patrimoine et grands gestionnaires d’actifs. Ces flux tendent à être plus stables et moins sensibles aux mouvements de court terme que le capital spéculatif.

Le troisième élément réside dans l’amélioration de la demande apparente nette. Tant que celle-ci reste négative, le marché reste structurellement fragile. Un retournement de cet indicateur serait un signal positif important.

Enfin, la corrélation avec les marchés actions reste élevée. Une stabilisation ou une reprise du Nasdaq réduirait la pression baissière transmise à Bitcoin. À l’inverse, une nouvelle vague de baisse des valeurs technologiques augmenterait les risques de contagion.

Le rôle des baleines récentes dans la dynamique actuelle

La montée en puissance des détenteurs de grande taille dont les pièces ont moins de 155 jours d’âge modifie la structure du marché. Ces acteurs ont un coût de base moyen proche de 77 000 dollars. Leur comportement en cas de baisse vers ce niveau pourrait s’avérer déterminant.

S’ils décident de défendre leurs positions, leur présence peut freiner la baisse. S’ils choisissent de réduire l’exposition pour limiter les pertes, ils peuvent au contraire amplifier le mouvement. L’historique des cycles précédents montre que les détenteurs plus récents ont tendance à être plus réactifs.

Cette population représente désormais un tiers de la capitalisation réalisée des baleines. C’est un changement significatif par rapport au début de l’année. Le marché n’a plus exactement la même composition qu’il y a quelques mois.

Les enseignements des deux premières vagues d’octobre

Les deux premières vagues de liquidations d’octobre ont laissé des traces. Elles ont démontré à quel point le marché peut basculer rapidement lorsque le levier s’accumule dans un contexte de prix stagnant ou baissier.

Dans les deux cas, les conditions préalables étaient similaires : reconstruction rapide de positions longues à effet de levier, taux de financement élevés, et absence de demande spot suffisante pour absorber les ventes forcées. La configuration actuelle présente des points communs troublants.

La principale différence réside dans le ralentissement des sorties d’ETF. Cette atténuation de la pression institutionnelle pourrait, en théorie, limiter l’ampleur d’une troisième vague. Mais elle ne supprime pas le risque lié au levier reconstruit.

Les traders qui ont rouvert des positions longues après le short squeeze de la semaine dernière se retrouvent aujourd’hui dans une situation délicate. Ils paient un coût de portage non négligeable et restent exposés à un mouvement baissier rapide.

Une consolidation probable en attendant de nouveaux catalyseurs

L’hypothèse la plus souvent avancée par les observateurs est celle d’une consolidation prolongée. Tant que la demande de long terme ne se renforce pas et que les conditions monétaires restent restrictives, Bitcoin pourrait continuer d’évoluer dans une large fourchette.

Cette consolidation n’exclut pas des mouvements violents à l’intérieur de la fourchette. Les liquidations peuvent encore se produire, même sans cassure majeure. Elles contribuent alors à nettoyer les positions excessives avant une éventuelle reprise.

Le calendrier monétaire des prochaines semaines sera suivi de près. Une pause de la Fed en octobre suivie d’une communication claire sur la trajectoire future pourrait réduire une partie de l’incertitude. À l’inverse, des signaux plus restrictifs renforceraient la prudence.

Les flux d’ETF resteront un indicateur clé. Un retour durable aux entrées nettes serait interprété comme un signe de regain d’intérêt institutionnel. Pour l’instant, le marché se contente d’un ralentissement des sorties, ce qui est mieux qu’une accélération, mais insuffisant pour parler de retournement.

Ce que les investisseurs doivent surveiller dans les jours à venir

Plusieurs points méritent une attention particulière. Le premier reste le niveau de 79 821 dollars. Un test de ce seuil, et surtout une clôture en dessous, augmenterait significativement la probabilité d’une nouvelle vague de liquidations.

Le deuxième point concerne l’évolution de l’open interest et des taux de financement. Une poursuite de la reconstruction du levier dans un contexte de prix stagnant accroîtrait le risque systémique de court terme.

Le troisième élément à suivre est le comportement des flux d’ETF au quotidien. Des entrées répétées, même modestes, pourraient progressivement améliorer le sentiment. Des sorties importantes, même isolées, rappelleraient que la prudence institutionnelle n’a pas disparu.

Enfin, la corrélation avec le Nasdaq restera un facteur externe important. Bitcoin n’évolue plus en vase clos. Les mouvements des marchés actions, et particulièrement des valeurs technologiques, continuent d’influencer son comportement à court terme.

Une période de transition plutôt qu’un retournement

Le marché Bitcoin traverse actuellement une phase de transition. Les sorties d’ETF ralentissent, ce qui réduit une source de pression vendeuse. Dans le même temps, le levier se reconstruit de façon préoccupante et la demande de long terme reste insuffisante pour soutenir une reprise convaincante.

Les analystes s’accordent globalement sur le caractère encore fragile de la structure de marché. La résilience relative face au Nasdaq est un point positif, mais elle ne suffit pas à compenser l’absence de conviction et le risque lié aux positions à effet de levier.

Dans ce contexte, la prudence reste de mise. Les prochains jours et semaines permettront de voir si le seuil critique de 79 821 dollars tient, si les flux d’ETF continuent de s’améliorer, et si les conditions monétaires évoluent dans un sens plus favorable. Pour l’instant, le scénario d’une consolidation, éventuellement interrompue par des épisodes de liquidations, demeure le plus probable.

Bitcoin a déjà démontré sa capacité à rebondir après des phases de stress. Mais chaque cycle a ses propres caractéristiques. Celui d’octobre 2026 se distingue par la coexistence d’un allègement des sorties institutionnelles et d’une reconstruction rapide du levier. Cette combinaison inhabituelle explique pourquoi le marché reste sous surveillance étroite, et pourquoi le moindre franchissement de niveau technique peut rapidement prendre une importance démesurée.

Les prochains développements monétaires, combinés à l’évolution des flux et du positionnement sur les dérivés, détermineront si cette troisième vague de liquidations se matérialise ou si le marché parvient enfin à stabiliser sa structure. Pour les investisseurs, la période qui s’ouvre exige plus que jamais une attention particulière aux signaux de levier et de demande réelle, bien au-delà des simples variations de prix quotidiennes.

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