Imaginez-vous bloqué pendant près de trois jours, incapable de sortir vos stablecoins d’une plateforme que vous pensiez ultra-sécurisée. C’est exactement ce que des millions d’utilisateurs de Binance ont vécu après l’attaque qui a fait trembler tout le secteur. Aujourd’hui, dimanche 1er novembre 2026, l’échange vient d’annoncer une bonne nouvelle attendue avec impatience : les retraits de USDT, USDC, ETH et BNB sont à nouveau possibles sur Ethereum et BNB Smart Chain. Un soulagement, oui, mais loin d’être la fin de l’histoire.
La reprise progressive des retraits après le chaos
Le 29 octobre dernier, Binance a subi l’un des plus importants piratages jamais enregistrés dans l’histoire de la cryptomonnaie. Environ 6,3 milliards de dollars ont disparu en quelques heures. Face à l’ampleur du désastre, la plateforme a immédiatement suspendu la quasi-totalité des retraits pour sécuriser les fonds restants et analyser la situation. Trois jours plus tard, la machine se remet en marche, étape par étape.
Bitcoin a été le premier à reprendre du service tôt dimanche matin. Quelques heures plus tard, c’est au tour des actifs les plus demandés par les traders et les utilisateurs quotidiens de revenir. Sur le réseau Ethereum, on peut désormais sortir de l’USDC, de l’USDT et de l’ETH. Sur la BNB Smart Chain, les mêmes stablecoins ainsi que le BNB lui-même sont à nouveau disponibles.
Point important : Seuls ces réseaux et ces actifs sont rouverts pour l’instant. Les autres chaînes restent fermées le temps que les équipes de sécurité terminent leurs vérifications approfondies.
Cette approche progressive n’est pas un caprice. Elle vise à s’assurer qu’aucune faille n’a été oubliée et qu’aucun portefeuille compromis ne permet encore de mouvements suspects. Les dépôts, eux, n’ont jamais été interrompus. Les utilisateurs pouvaient continuer à alimenter leurs comptes pendant toute la période de restriction.
Pourquoi les stablecoins en premier ?
Les stablecoins représentent le sang de l’écosystème crypto. Ils servent de pont entre les monnaies traditionnelles et les marchés volatils. Pouvoir retirer de l’USDT ou de l’USDC signifie pour beaucoup d’utilisateurs la possibilité de sécuriser leurs gains, de transférer des liquidités vers d’autres plateformes ou simplement de retrouver une certaine liberté financière.
Binance a donc logiquement priorisé ces actifs très liquides. L’annonce officielle a été faite via le compte de la plateforme le 1er novembre, confirmant la disponibilité immédiate sur les deux réseaux principaux. Aucun volume exact de retraits n’a encore été communiqué, ce qui est normal dans ce type de phase de reprise. Les analystes blockchain devront scruter les flux sortants pour distinguer les véritables retraits clients des mouvements internes de liquidité.
95 % des actifs déjà remplacés
Avant même de rouvrir les retraits, Binance a multiplié les efforts pour reconstituer les fonds volés. Le chiffre avancé aujourd’hui est impressionnant : 95 % des actifs touchés ont déjà été remplacés. Il y a seulement deux jours, ce taux n’était que de 90 %, et avant cela de 80 %. La progression est claire et rapide.
Les principaux actifs (BTC, ETH, USDT, BNB, SOL, USDC, XRP, USD1, RLUSD et ZEC) sont désormais intégralement couverts. Les 5 % restants concernent surtout des cryptomonnaies moins liquides, plus difficiles à racheter en grande quantité sans perturber les marchés. La plateforme utilise à la fois les marchés publics et des desks de gré à gré pour finaliser ces achats.
Pour financer cette opération massive, Binance a mobilisé plusieurs sources : le Secure Asset Fund for Users (le fameux SAFU), sa trésorerie corporate et une partie du Futures Insurance Fund. Au total, plus de 6,34 milliards de dollars de fonds propres ont été réservés pour garantir que les clients ne subissent aucune perte. Le message est clair et répété : les utilisateurs ne paieront pas pour cette attaque.
Preuve de réserves et transparence
Dans un geste supplémentaire de transparence, Binance a publié un nouveau snapshot de ses preuves de réserves daté du 31 octobre à 00h00 UTC. Une preuve zero-knowledge complète est attendue d’ici le 3 novembre. Cela permettra à chaque client de vérifier de manière indépendante que ses soldes sont bien couverts par des actifs réels.
Cette démarche arrive à un moment où la confiance a été mise à rude épreuve. Après un tel événement, les preuves cryptographiques deviennent un outil essentiel pour rassurer une communauté encore sous le choc.
L’ombre de la Corée du Nord et la réaction de Trump
Pendant que Binance s’affairait à restaurer les services, un autre acteur de premier plan est entré en scène. Le FBI a officiellement attribué l’attaque au groupe nord-coréen TraderTraitor. Selon les autorités américaines, plus de 6 milliards de dollars ont été dérobés, et les pirates ont principalement converti les fonds en Ethereum avant de les faire circuler via des protocoles DeFi et des services d’échange instantané.
Le 31 octobre, depuis sa résidence de Mar-a-Lago, le président Donald Trump a réagi. « Nous examinons la situation. Je ne suis pas inquiet », a-t-il déclaré. Il a précisé qu’il ne savait pas encore si la Corée du Nord était réellement responsable, mais qu’il en discuterait avec le pays si les preuves se confirmaient.
« We’re looking into it. I’m not worried. »
— Donald Trump, 31 octobre 2026
Cette déclaration, même laconique, a immédiatement relancé les discussions sur le rôle des États-nations dans le cybercrime crypto. Les autorités américaines (FBI, Secret Service et IRS Criminal Investigation) ont appelé l’ensemble des acteurs de la blockchain à bloquer les adresses liées aux pirates. Binance collabore activement avec les forces de l’ordre, les émetteurs de tokens et les sociétés d’analyse blockchain pour geler et récupérer le maximum de fonds.
Comment l’attaque s’est déroulée
Les premières analyses montrent que les fonds ont été dispersés sur plusieurs réseaux, notamment Ethereum, Bitcoin et Tron. Les pirates ont agi avec une rapidité et une organisation qui trahissent une expérience de haut niveau. Une fois les actifs sortis, une partie importante a été convertie en ETH, ce qui complique le suivi en raison de la liquidité et de la profondeur du marché de l’ether.
Les équipes de sécurité de Binance ont immédiatement isolé les portefeuilles suspects et lancé une traque en collaboration avec des partenaires spécialisés. Le travail de recovery se poursuit encore aujourd’hui, parallèle à la réouverture progressive des réseaux.
Ce que cela change pour les utilisateurs
Pour la majorité des clients, la réouverture des retraits USDT, USDC, ETH et BNB représente un retour à la normalité partielle. Beaucoup d’entre eux utilisaient ces actifs pour leurs opérations quotidiennes ou pour sécuriser leurs positions. Pouvoir les déplacer à nouveau réduit considérablement le stress accumulé depuis le 29 octobre.
Cependant, la prudence reste de mise. Les autres réseaux n’ont pas encore de date de réouverture annoncée. Les utilisateurs qui détiennent des actifs sur des chaînes encore fermées devront patienter. Binance a indiqué que les restaurations se feront par phases, au fur et à mesure que les contrôles de sécurité seront validés.
Résumé des points clés à retenir :
- Retraits USDT, USDC, ETH et BNB rouverts sur Ethereum et BSC
- 95 % des actifs affectés déjà remplacés par Binance
- Aucun client ne supportera les pertes financières
- Preuve de réserves mise à jour et preuve ZK attendue le 3 novembre
- Attribution de l’attaque au groupe nord-coréen TraderTraitor par le FBI
- Donald Trump a déclaré qu’il examinerait le dossier
Les leçons pour l’ensemble du secteur
Cet incident force toute l’industrie à se poser des questions sérieuses. Même les plus grandes plateformes ne sont pas à l’abri. La taille du vol – 6,3 milliards – place cet événement dans une catégorie à part. Les mécanismes de défense, les processus de gel d’actifs et la coordination avec les autorités vont devoir progresser encore plus vite.
La capacité de Binance à reconstituer 95 % des fonds en quelques jours montre aussi la puissance financière de l’échange et l’importance de ses fonds de réserve. Le SAFU a une nouvelle fois prouvé son utilité. D’autres plateformes pourraient s’inspirer de ce modèle pour renforcer leur propre protection des utilisateurs.
Du côté réglementaire, l’implication présumée d’un État-nation change la nature du débat. Les discussions entre gouvernements et acteurs crypto sur la cybersécurité vont probablement s’intensifier dans les semaines à venir.
Que faire en attendant la suite ?
Si vous êtes utilisateur de Binance, la première chose à faire est de vérifier les réseaux disponibles pour vos actifs. Les retraits de stablecoins et des tokens prioritaires sont de nouveau accessibles, mais restez attentifs aux annonces officielles pour les autres chaînes. Évitez de vous précipiter : les pics de volume peuvent entraîner des délais ou des frais plus élevés temporairement.
Surveillez également la publication de la preuve zero-knowledge complète prévue pour le 3 novembre. C’est un outil précieux pour vérifier par vous-même la solidité des réserves. Enfin, restez informés des avancées dans la traque des fonds volés. Chaque adresse gelée ou chaque récupération partielle renforce la confiance collective.
La reprise est en cours, mais elle reste fragile. Les prochains jours seront déterminants pour juger de la capacité de Binance à retrouver pleinement la confiance de sa communauté tout en continuant le travail de recovery. Le secteur crypto entier regarde attentivement. Ce qui se passe aujourd’hui sur la plus grande plateforme du marché aura des répercussions bien au-delà de ses seuls utilisateurs.
Dans un univers où les montants en jeu atteignent des milliards en quelques heures, la transparence, la rapidité de réaction et la solidité financière deviennent les véritables piliers de la confiance. Binance vient de franchir une étape importante. Reste à voir comment la suite se déroulera, et si les 5 % d’actifs restants seront récupérés aussi efficacement que les 95 % déjà restaurés.
L’histoire de ce piratage n’est pas encore terminée. Elle continue de s’écrire en temps réel, entre réouverture de services, traque internationale et déclarations politiques de haut niveau. Une chose est sûre : le 1er novembre 2026 marque un tournant dans la gestion de crise de Binance, et probablement dans la façon dont l’ensemble de l’industrie abordera les prochaines menaces de cette ampleur.









