Imaginez-vous devant des millions de téléspectateurs, le générique du journal de 20 heures qui retentit, et soudain vous réalisez que c’est à vous de tenir le rôle. Pour Aurélie Casse, cette sensation est devenue réalité depuis le lundi 26 octobre 2026. Remplaçante temporaire de Jean-Baptiste Marteau, elle s’installe chaque soir derrière le bureau emblématique de France 2. Pourtant, derrière le sourire professionnel et la maîtrise apparente, la journaliste nourrit une conviction profonde qui bouscule les habitudes du plateau.
Une arrivée inattendue au journal de 20 heures
Le parcours d’Aurélie Casse n’a rien d’un hasard. Ancienne figure de BFMTV, chroniqueuse appréciée dans l’émission de C à vous, puis présentatrice régulière de C dans l’air sur France 5 les vendredis et samedis, elle a construit une image de journaliste précise et engagée. Quand Léa Salamé s’est retirée du 20 heures suite à la candidature de son compagnon à l’élection présidentielle de 2027, Jean-Baptiste Marteau a pris le relais. Ses congés ont ouvert une fenêtre rare. Aurélie Casse a saisi l’occasion.
Elle le reconnaît volontiers : l’expérience reste complètement nouvelle. « On me dit : “T’inquiète pas, tu sauras faire.” Le moment où je vais entendre le générique et comprendre que c’est moi qui présente me stresse. Je travaille pour arriver à le dédramatiser. » Ces mots, simples et sincères, traduisent une humilité rare dans le monde de la télévision. Avant de se jeter dans le grand bain, elle a passé deux jours en immersion totale au sein de la rédaction.
L’immersion dans la ruche du 20 heures
Ce qu’elle a découvert l’a marquée. « C’est impressionnant à voir cette rédaction se mettre en branle et travailler ensemble. Comme l’impression d’être dans une ruche où tout le monde sait exactement ce qu’il doit faire. Chacun vient défendre le travail de ses troupes. » La comparaison avec une ruche n’est pas anodine. Elle décrit parfaitement l’agitation organisée, les allers-retours constants, les discussions fébriles autour des sujets du jour.
Deux essais de présentation ont précédé son premier direct. Le lundi, elle est arrivée très tôt sur le plateau pour « bien mettre en bouche tout le JT ». Le dialogue permanent avec les équipes terrain et les chefs de service permet d’anticiper l’actualité, de creuser les sujets et de doser correctement une information parfois très complexe. Cette préparation minutieuse montre à quel point le journal de 20 heures reste un exercice exigeant, loin de l’improvisation.
Le prompteur, cet outil qu’elle refuse
Parmi toutes les confidences, l’une frappe particulièrement. Aurélie Casse n’aime pas du tout le prompteur. « J’ai toujours refusé le prompteur parce que tu lis et ça casse le lien avec le téléspectateur. Je préfère, comme dans la vraie vie, qu’on se regarde dans les yeux. C’est plus fort. À BFM, j’avais l’habitude d’écrire et de regarder ma feuille. Pareil à C dans l’air. »
Cette position tranche avec les pratiques habituelles des grands journaux télévisés. Le prompteur permet une fluidité parfaite, un regard fixe vers la caméra, une diction impeccable. Pourtant, pour Aurélie Casse, il crée une barrière invisible. Lire un texte déroulant empêche, selon elle, la connexion authentique. Elle préfère le regard direct, celui qui traverse l’écran et atteint le canapé du téléspectateur.
« J’ai toujours refusé le prompteur parce que tu lis et ça casse le lien avec le téléspectateur. Je préfère, comme dans la vraie vie, qu’on se regarde dans les yeux. C’est plus fort. »
Cette approche n’est pas nouvelle chez elle. À BFMTV, elle écrivait ses notes et les consultait discrètement. Sur C dans l’air, même méthode. Le journal de 20 heures, plus solennel, représente un challenge différent. « C’est un challenge de traverser l’écran, être chez les gens qui nous regardent sur leur canapé, ou ailleurs. » La solennité du rendez-vous n’a pas modifié sa conviction. Au contraire, elle l’a renforcée.
Pourquoi le regard direct change tout
Dans un monde saturé d’images et de discours formatés, l’authenticité devient un luxe rare. Quand une présentatrice regarde vraiment la caméra, sans intermédiaire technologique, quelque chose se passe. Le téléspectateur ressent une présence. Il n’a plus l’impression d’écouter une récitation. Il a l’impression d’être regardé.
Cette méthode comporte des risques. Sans prompteur, la mémoire doit être solide. Les formulations doivent être préparées à l’avance. Les transitions entre les sujets demandent une grande maîtrise. Pourtant, Aurélie Casse assume pleinement ce choix. Elle estime que le bénéfice l’emporte largement sur les contraintes.
Le journal télévisé de 20 heures reste un moment particulier dans la journée des Français. Des millions de personnes s’installent face à leur écran pour comprendre le monde. Dans ce contexte, le ton, le regard et la façon de délivrer l’information comptent autant que le contenu lui-même. Une présentatrice qui refuse l’artifice technologique envoie un message clair : la relation avec le public prime sur la perfection technique.
Le stress avant le grand saut
Malgré sa solide expérience, Aurélie Casse ne cache pas son appréhension. Le générique du 20 heures possède une charge symbolique forte. Entendre ces notes et savoir que c’est soi qui va apparaître crée une pression particulière. Elle travaille activement à dédramatiser ce moment. Cette transparence humaine rapproche encore davantage le public de la journaliste.
Beaucoup de présentateurs chevronnés avouent ressentir encore le trac avant un direct. Chez Aurélie Casse, ce trac se mêle à l’excitation de découvrir un nouveau format. Le 20 heures n’est pas C dans l’air. Le rythme, le ton, la solennité diffèrent. Elle doit s’adapter tout en restant fidèle à sa personnalité.
Une rédaction qui impressionne
Au-delà de sa propre prestation, Aurélie Casse a été saisie par le fonctionnement de la rédaction. Chaque journaliste défend ses sujets, chaque service apporte sa pierre. L’ensemble forme une mécanique huilée qui produit chaque soir un journal dense et équilibré. Cette organisation collective contraste avec l’image parfois solitaire du présentateur face à la caméra.
Le dialogue constant entre le plateau et les équipes de terrain permet d’ajuster le contenu en temps réel. Une actualité qui évolue, un reportage qui arrive en retard, un sujet qui prend de l’ampleur : tout est anticipé autant que possible. Aurélie Casse décrit ce processus avec admiration. Elle se sent intégrée dans une équipe qui sait exactement ce qu’elle fait.
Le défi de la solennité
Le 20 heures de France 2 porte une histoire. Pendant des décennies, des figures emblématiques ont incarné ce rendez-vous. La solennité n’est pas un vain mot. Elle impose un certain sérieux, une distance mesurée, une façon particulière de s’adresser au public. Aurélie Casse doit trouver le juste équilibre entre cette tradition et sa propre manière d’être.
Refuser le prompteur dans ce contexte devient presque un acte de résistance doux. Elle affirme que le lien humain peut survivre même dans le format le plus institutionnel de la télévision française. Cette posture interpelle. Elle pose une question plus large : jusqu’où la technologie doit-elle s’interposer entre le journaliste et le téléspectateur ?
L’héritage de ses expériences passées
Son passage sur BFMTV a forgé une certaine exigence. L’information en continu demande réactivité et précision. Sur C dans l’air, le format plus long et analytique lui a permis d’approfondir les sujets. Ces deux expériences se retrouvent aujourd’hui dans sa façon d’aborder le 20 heures. Elle arrive avec un bagage solide et une identité claire.
Ne pas utiliser de prompteur n’est pas une pose. C’est une méthode de travail construite au fil des années. Elle écrit, elle prépare, elle mémorise. Le jour du direct, elle regarde la caméra comme elle regarderait une personne en face d’elle. Cette simplicité apparente cache un travail considérable en amont.
Ce que le public retient
Les téléspectateurs sont sensibles à l’authenticité. Une présentatrice qui semble lire un texte peut paraître lointaine. Une présentatrice qui regarde vraiment crée une proximité. Aurélie Casse mise sur cette proximité. Elle sait que le 20 heures n’est pas seulement un résumé de l’actualité. C’est aussi un moment de confiance entre une chaîne et son public.
En refusant un outil considéré comme indispensable par beaucoup, elle prend un risque calculé. Si sa prestation convainc, elle prouvera qu’il est possible de faire autrement. Si elle rencontre des difficultés, certains diront qu’elle aurait dû s’adapter. Pour l’instant, elle tient sa ligne avec conviction.
Une parenthèse qui pourrait laisser des traces
Aurélie Casse n’est que joker. Jean-Baptiste Marteau reviendra. Pourtant, cette parenthèse de quelques jours offre une fenêtre intéressante. Elle permet de voir comment une journaliste formée à d’autres formats s’adapte au 20 heures tout en restant elle-même. Le résultat de cette expérience sera observé de près.
Dans un paysage audiovisuel en constante mutation, les questions de forme prennent une importance croissante. Comment délivrer l’information ? Avec quel ton ? Avec quel regard ? Aurélie Casse apporte sa réponse personnelle. Elle préfère le contact direct, même s’il demande plus d’efforts. Cette position mérite d’être soulignée.
Le travail invisible derrière le direct
Peu de gens imaginent le volume de préparation nécessaire. Deux jours d’immersion, deux essais, une arrivée matinale sur le plateau, des échanges constants avec les chefs de service. Tout cela pour quelques dizaines de minutes d’antenne. Le 20 heures est un produit collectif où le présentateur n’est que la partie émergée.
Aurélie Casse insiste sur cet aspect. Elle ne se présente pas comme une vedette isolée. Elle se décrit comme une pièce d’un ensemble plus vaste. Cette modestie contraste avec certaines images d’Épinal du présentateur star. Elle humanise la fonction.
Une actualité compliquée à doser
L’époque actuelle n’est pas simple à traiter. Les sujets s’enchaînent, parfois lourds, parfois anxiogènes. Savoir doser devient un art. Aurélie Casse évoque cette difficulté. Il faut informer sans noyer, alerter sans dramatiser excessivement, donner de la profondeur sans perdre en clarté. Le prompteur, dans ce contexte, pourrait rassurer. Elle choisit pourtant de s’en passer.
Ce choix force une appropriation plus forte des sujets. Quand on ne lit pas, on doit vraiment comprendre. On doit reformuler avec ses mots. On doit anticiper les transitions. Le résultat, lorsqu’il fonctionne, paraît plus naturel, plus incarné.
Le regard comme outil journalistique
Au-delà de la technique, le regard d’Aurélie Casse devient un véritable outil. Regarder dans les yeux, même à travers une caméra, crée une forme d’engagement. Le téléspectateur se sent concerné. Il n’est plus un simple récepteur. Il devient interlocuteur. Cette dimension relationnelle du journal télévisé est souvent sous-estimée.
Dans la « vraie vie », comme elle le dit, on se regarde. On ne lit pas un texte en face de quelqu’un. Transposer cette règle simple à la télévision semble évident, et pourtant peu le font avec autant de constance. Aurélie Casse en fait un principe non négociable.
Une voix qui s’affirme
Depuis son arrivée sur les antennes de France Télévisions, Aurélie Casse construit patiemment une place. C dans l’air lui a permis de montrer sa capacité d’analyse. Le 20 heures lui offre une visibilité différente, plus large, plus institutionnelle. Elle aborde cette étape sans renier ses habitudes de travail.
Refuser le prompteur n’est pas un détail. C’est un marqueur d’identité. Cela dit quelque chose de sa conception du métier. Le journaliste, pour elle, n’est pas un lecteur professionnel. C’est quelqu’un qui s’adresse à d’autres personnes, qui cherche le contact, qui refuse les filtres inutiles.
Ce que révèle cette prise de position
Dans un métier où la technologie occupe une place grandissante, rappeler l’importance du regard humain a quelque chose de rafraîchissant. Les prompteurs, les oreillettes, les décors virtuels facilitent le travail. Ils peuvent aussi éloigner. Aurélie Casse choisit de se rapprocher.
Son expérience temporaire au 20 heures restera peut-être un intermède. Elle laissera néanmoins une trace. Celle d’une journaliste qui a osé dire non à un outil considéré comme incontournable, au nom d’un principe simple : regarder les gens dans les yeux, même à travers un écran.
Le journal de 20 heures continue chaque soir son rendez-vous avec les Français. Derrière le bureau, pendant quelques jours, une présentatrice a décidé de faire autrement. Sans prompteur. Avec un regard direct. Et une conviction intacte. Cette parenthèse mérite d’être regardée de près, non seulement pour ce qu’elle dit de l’actualité, mais pour ce qu’elle révèle de la façon de la raconter.
À l’heure où les formats se multiplient et où l’attention se fragmente, la question du lien avec le public revient avec force. Aurélie Casse y répond à sa manière, concrète et personnelle. Elle préfère le contact. Elle refuse ce qui, selon elle, le casse. Et elle assume pleinement ce choix devant des millions de téléspectateurs. Une leçon de simplicité dans un univers parfois trop sophistiqué.









