Après des élections législatives anticipées qui ont redessiné le visage de l’Assemblée nationale, les 577 députés fraîchement élus s’apprêtent à vivre trois journées marathon. Au programme : la répartition des postes stratégiques au Palais Bourbon. Des scrutins et des tractations qui s’annoncent intenses dans un hémicycle morcelé, où aucun camp ne dispose de majorité absolue.
Dès ce jeudi 18 juillet, tous les regards seront braqués sur l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale. Un poste hautement symbolique et stratégique, très convoité par les différents groupes politiques. Pour être élu, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés aux deux premiers tours, ou la majorité relative au troisième tour.
Si ce scrutin est formellement indépendant des négociations sur la formation du futur gouvernement, il donnera un avant-goût des rapports de force et des possibles alliances entre les formations représentées à l’Assemblée. Dans un hémicycle aussi fragmenté, chaque voix comptera.
Le vote pour la présidence se déroule toujours à bulletin secret, renforçant le suspense autour de l’issue de ce premier round. Seule certitude, les candidats seront nombreux à tenter leur chance pour accéder au perchoir, avec pas moins de 7 prétendants déclarés pour l’instant.
Vendredi, ce sera au tour des puissantes commissions permanentes de l’Assemblée de se répartir les sièges et d’élire leurs présidents respectifs. Un véritable bras de fer en perspective, alors que la majorité relative d’Emmanuel Macron va tenter de conserver son emprise sur un maximum de commissions face à des oppositions revigorées.
La commission des Finances, qui doit revenir réglementairement à un député d’opposition, sera particulièrement disputée. Les autres commissions comme celles des Affaires sociales, des Lois ou du Développement durable seront aussi très convoitées.
Dans la foulée, les députés procéderont à l’élection des autres membres du bureau de l’Assemblée nationale :
Là encore, la composition de ce bureau sera scrutée de près, car elle déterminera en partie la capacité de la majorité présidentielle à dégager des compromis avec les autres forces politiques.
Samedi, la première Conférence des présidents de la législature se réunira. Cette instance, qui rassemble notamment le président de l’Assemblée, les présidents des groupes et des commissions, est chargée de fixer le calendrier et l’ordre du jour des travaux parlementaires.
Elle aura la lourde tâche d’organiser les premiers textes examinés, dans un contexte politique inflammable où chaque camp voudra marquer son territoire. L’examen du projet de loi sur le pouvoir d’achat, promis par Emmanuel Macron, devrait figurer en bonne place des discussions.
Ces trois journées s’annoncent donc intenses et décisives pour le début de cette XVIIe législature inédite. Dans une Assemblée fragmentée comme jamais, où le moindre siège et le moindre poste compteront pour construire des majorités sur les textes, les différents camps vont se livrer une bataille sans merci.
Recomposition politique, rapport de force, coalitions… C’est un véritable « mercato » politique qui s’ouvre, dans une ambiance de rentrée des classes survoltée. Avec un mot d’ordre : être bien placé dans l’hémicycle pour peser au maximum dans les débats cruciaux à venir. Une nouvelle ère incertaine et passionnante s’ouvre au Palais Bourbon.
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