Ce samedi à Addis Abeba le Convention Center résonne de rires de chants et de battements de tambour. Des centaines de femmes et de jeunes filles vêtues de longues robes blanches se sont rassemblées pour célébrer Ashenda. Pourtant derrière chaque sourire se dessine une ombre tenace. Beaucoup d entre elles viennent du Tigré cette région du nord de l Éthiopie où la population vit aujourd hui dans un profond désespoir face à la menace d un nouveau conflit.
Une Fête Ancienne Devenue Symbole D Émancipation
Ashenda tire son nom d une herbe haute que les participantes nouent traditionnellement autour de leur taille. Originaire du Tigré cette célébration se retrouve aussi dans l État voisin de l Amhara ainsi qu en Érythrée. Elle marque la fin de Filseta un jeûne de quinze jours observé par les chrétiens orthodoxes confession largement majoritaire dans le nord du pays pour commémorer l Assomption.
Autrefois purement religieuse la fête a peu à peu pris une dimension plus large. Elle est aujourd hui perçue comme un moment fort d indépendance et d émancipation pour les femmes et les filles. Dans les salles d Addis Abeba ce message résonne avec une force particulière. Les participantes y voient une parenthèse précieuse un espace où elles peuvent affirmer leur culture tout en espérant la paix.
Les Couleurs Et Les Gestes D Une Tradition Vivante
Les femmes portent le habesha kemis ces longues robes de coton blanc parfois enrichies de broderies délicates ou de tissus aux teintes vives. Les coiffures demandent plusieurs heures de travail. De fines tresses couvrent le crâne formant des motifs complexes et élégants. Certaines ajoutent sur le front des bijoux ou des rangées de perles qui captent la lumière à chaque mouvement.
Les bras de plusieurs d entre elles portent des tatouages temporaires au henné motifs traditionnels qui soulignent encore davantage le caractère festif de la journée. Quand le kebero le tambour traditionnel se met à battre les danseuses agitent la tête et les épaules dans un rythme précis et vivant. Les musiques typiques du Tigré se mêlent parfois à des sonorités d afrobeats ces rythmes contemporains nés en Afrique de l Ouest créant un pont entre héritage et modernité.
« Nous espérons le retour de la paix dans notre pays. » Ces mots simples prononcés par une jeune maquilleuse résument l état d esprit partagé par la plupart des participantes.
Des Voix Qui Racontent L Exil Et L Attente
Parmi la foule se trouve Tiras Gebregziabher. Âgée de vingt-trois ans cette coiffeuse a quitté le Tigré il y a deux ans. Elle célèbre Ashenda loin de chez elle tout en pensant constamment à sa famille restée sur place. « C est entre les mains de Dieu » confie-t-elle. « Notre peuple vit dans le désespoir. » Sa voix reste calme mais le poids de ses paroles se sent clairement.
À ses côtés Tsadeye Werash également vingt-trois ans et maquilleuse partage le même sentiment. Les deux amies ont quitté leur région ensemble. Les bras de Tsadeye portent encore les motifs de henné de la fête. Elle regarde autour d elle les danseuses et ajoute que la situation au Tigré est très mauvaise. Il y a la guerre dit-elle simplement. Puis elle précise qu elle espère ardemment le retour de la paix.
Pour elles cette journée à Addis Abeba n est pas seulement une fête. C est un moment pour se retrouver pour rappeler l existence de leur culture et pour lancer un appel discret mais déterminé en faveur de la paix. Les rires et les chants deviennent alors une forme de résistance douce face à l angoisse qui les habite.
Le Poids D Un Conflit Récent Encore Très Présent
Entre 2020 et 2022 une guerre destructrice a ravagé le Tigré. Elle a opposé les forces des autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré aux troupes fédérales soutenues par des milices locales et par l armée érythréenne. Ce conflit mené en grande partie à huis clos figure parmi les plus meurtriers de ces dernières décennies. Il a fait au moins six cent mille morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes.
Un accord de paix avait finalement permis de faire taire les armes. Moins de quatre ans plus tard les tensions sont revenues. Le Front de libération du peuple du Tigré reste banni au niveau fédéral mais continue de diriger de fait l État régional le plus septentrional du pays. Les relations avec le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed se sont à nouveau dégradées. Le risque d un nouveau conflit plane désormais clairement.
Au Tigré la situation est très mauvaise il y a la guerre. Nous espérons le retour de la paix dans notre pays.
Tsadeye Werash maquilleuse de 23 ans
Des Fuites Et Des Recrutements Qui Alimentent La Peur
Le spectre de nouveaux combats pousse de nombreux habitants à quitter le Tigré. La peur est d autant plus vive que des recrutements forcés dans les rangs du Front de libération du peuple du Tigré ont été documentés. Les autorités régionales accusent quant à elles les forces fédérales d avoir mené plusieurs frappes de drone au mois d août. La dernière en date a eu lieu jeudi à Mekelle la capitale régionale. Selon un médecin présent sur place elle a fait treize blessés. Les autorités fédérales sont restées silencieuses sur ces accusations.
Dans ce climat chaque nouvelle information renforce le sentiment d insécurité. Les familles séparées vivent dans l attente permanente. Celles qui sont restées au Tigré comme celles qui se trouvent à Addis Abeba partagent la même angoisse. La fête d Ashenda devient alors un refuge temporaire un espace où l on peut encore danser ensemble avant de reprendre le fil des inquiétudes quotidiennes.
Muluberhan Et Le Rêve D Une Fête Au Pays
Muluberhan Argawi a également vingt-trois ans. Elle cherche un emploi à Addis Abeba. Sa famille est restée à Mekelle. Une partie de ses racines se trouve au Tigré l autre en Amhara. Cette double origine lui donne une sensibilité particulière aux tensions qui traversent le nord du pays. Son seul véritable désir cette année était de célébrer Ashenda sur sa terre natale.
« Ce n était pas possible à cause de la situation actuelle » regrette-t-elle. Elle ajoute aussitôt « Si Dieu le veut je fêterai Ashenda l année prochaine au Tigré ». Ces mots résument à eux seuls l état d esprit de nombreuses participantes. La foi et l espoir restent les derniers remparts face à l incertitude. La fête d aujourd hui est vécue comme une parenthèse nécessaire mais temporaire.
Ce que les participantes retiennent de cette journée
- La possibilité de se retrouver entre femmes tigréennes loin de la région
- La fierté de porter les tenues et les coiffures traditionnelles
- Le besoin de rappeler l existence de leur culture
- L espoir fragile mais tenace d un retour de la paix
Une Parenthese Culturelle Dans Un Contexte Tendu
Au Convention Center les danses se succèdent. Les épaules bougent en rythme avec le tambour. Les tresses fines brillent sous les lumières de la salle. Les robes blanches tournoient. Pour quelques heures le poids des nouvelles du Tigré semble s alléger. Les jeunes femmes parlent de culture de transmission et de paix. Elles insistent sur le fait que cette célébration leur permet de rester liées à leurs origines même en exil.
La présence d afrobeats au milieu des musiques traditionnelles montre aussi que la culture tigréenne n est pas figée. Elle dialogue avec d autres influences africaines tout en gardant son identité propre. Ce mélange illustre la capacité des participantes à vivre pleinement le présent tout en portant en elles la mémoire d un passé récent encore douloureux.
Ashenda n est plus seulement la fin d un jeûne religieux. Elle est devenue un moment où les femmes affirment leur place leur force et leur désir de voir leur région retrouver le calme. Dans un pays où les cicatrices de la dernière guerre restent visibles cette affirmation prend une dimension particulière.
Le Désespoir Qui Habite La Région Du Nord
Les témoignages recueillis à Addis Abeba convergent tous vers le même constat. Au Tigré la population vit dans le désespoir. Les menaces de reprise des combats pèsent sur chaque décision. Les familles hésitent à rester ou à partir. Les jeunes craignent d être enrôlés de force. Les rumeurs de frappes et les informations sur les déplacements de population entretiennent un climat de tension permanente.
Tiras Gebregziabher prie pour sa famille. Elle sait que la situation échappe largement au contrôle des habitants ordinaires. « C est entre les mains de Dieu » répète-t-elle. Cette phrase revient souvent dans les conversations. Elle traduit à la fois une forme de résignation et une forme de résistance. En confiant le sort de leur peuple à une force supérieure les femmes trouvent une manière de continuer à avancer.
Le fait que plusieurs centaines d entre elles aient choisi de se rassembler malgré tout montre une volonté de ne pas laisser la peur tout envahir. La fête devient un acte de présence. Elle dit que la culture tigréenne continue d exister même loin du Tigré. Elle dit aussi que les femmes refusent de laisser le silence s installer autour de ce qui se passe dans leur région.
Les Gestes Quotidiens Qui Portent La Mémoire
Préparer les coiffures prend des heures. Chaque tresse est un geste de patience et de transmission. Les mères les sœurs et les amies se retrouvent autour de ces moments de préparation. Les conversations glissent naturellement vers la situation au pays. On parle des proches restés à Mekelle ou dans les villages. On évoque les difficultés de communication et les nouvelles qui filtrent difficilement.
Le henné appliqué sur les bras et parfois sur les mains devient lui aussi un symbole. Ces motifs temporaires rappellent que la beauté et la tradition peuvent coexister avec l angoisse. Ils marquent la peau pour quelques jours seulement comme la fête elle-même marque un moment suspendu dans un calendrier autrement dominé par l incertitude.
Quand les danseuses se mettent en mouvement le corps entier participe. Les épaules les têtes les bras dessinent des cercles précis. Le rythme du kebero structure l espace. Pendant ces instants la salle semble oubliée du reste du monde. Puis le silence revient et avec lui les pensées qui n ont jamais vraiment disparu.
Un Appel Discret Mais Clair À La Paix
Les participantes ne font pas de grands discours politiques. Elles parlent simplement. Elles disent qu elles veulent la paix. Elles disent qu elles veulent pouvoir retourner fêter Ashenda au Tigré. Elles disent que la situation actuelle rend cela impossible. Ces mots posés sans emphase portent une force particulière. Ils viennent de jeunes femmes qui ont déjà connu l exil et qui refusent de voir le cycle de la violence se répéter.
Tsadeye Werash résume l état d esprit général en quelques phrases. La situation est mauvaise. Il y a la guerre. L espoir de paix reste cependant présent. Tiras Gebregziabher ajoute la dimension du désespoir collectif tout en maintenant une forme de confiance dans une issue supérieure. Muluberhan Argawi projette déjà l année prochaine et imagine une célébration sur sa terre d origine.
Ces trois voix de jeunes femmes de vingt-trois ans dessinent un portrait générationnel. Elles ont grandi avec le conflit ou dans son ombre. Elles ont choisi de maintenir vivante une tradition qui leur appartient. Elles transforment une fête autrefois religieuse en un moment d affirmation collective et d appel à la tranquillité.
La Dimension Régionale D Une Célébration Partagée
Ashenda n appartient pas uniquement au Tigré. Elle se célèbre aussi en Amhara et en Érythrée. Cette dimension partagée lui confère une portée particulière dans le contexte actuel. Les racines communes peuvent devenir un pont ou au contraire rappeler les fractures. Pour les femmes réunies à Addis Abeba elle reste avant tout un héritage vivant qu elles entendent préserver et transmettre.
Le fait que la fête marque la fin du jeûne de Filseta la relie encore à la vie religieuse orthodoxe. Mais le sens qu elle a pris aujourd hui dépasse largement ce cadre. L indépendance et l émancipation des femmes et des filles sont devenues des thèmes centraux. Dans une salle d Addis Abeba remplie de robes blanches et de tresses minutieuses ce message se lit dans chaque geste.
Les participantes insistent sur le caractère collectif de la journée. Elles ne dansent pas seulement pour elles-mêmes. Elles dansent pour celles qui n ont pas pu venir. Elles dansent pour celles qui sont restées au Tigré. Elles dansent pour rappeler que la culture continue même lorsque les conditions politiques rendent la vie quotidienne difficile.
Entre Mémoire Du Conflit Et Espoir De Lendemain
Le souvenir de la guerre de 2020-2022 reste vif. Six cent mille morts constituent un chiffre difficile à appréhender. Des centaines de milliers de personnes déplacées ont dû reconstruire leur existence ailleurs. L accord de paix avait suscité un espoir réel. Moins de quatre ans plus tard cet espoir est à nouveau mis à l épreuve. Les tensions entre le Front de libération du peuple du Tigré et le gouvernement fédéral font craindre une reprise des hostilités.
Dans ce contexte chaque célébration d Ashenda prend une résonance particulière. Elle rappelle ce qui a été perdu et ce qui peut encore être préservé. Elle offre un espace où la parole des femmes peut s exprimer sans détour. Elle montre que même dans l exil la volonté de maintenir les traditions reste intacte.
Les frappes de drone signalées au mois d août et le silence des autorités fédérales sur le sujet ajoutent une couche supplémentaire d incertitude. Les habitants du Tigré comme ceux qui en sont partis vivent dans l attente d informations claires. En attendant ils s accrochent aux moments de rassemblement comme celui de ce samedi à Addis Abeba.
La Force Tranquille Des Gestes Collectifs
Regarder les danseuses c est observer une forme de résilience. Les mouvements de tête et d épaules suivent un code précis transmis de génération en génération. Le tambour donne le tempo. Les robes blanches créent un ensemble visuel harmonieux. Rien dans ces gestes n est improvisé. Tout parle de continuité et de maîtrise.
Pourtant derrière la précision se cache l émotion. Plusieurs participantes ont les yeux brillants lorsqu elles parlent de leur famille. D autres restent silencieuses un instant avant de reprendre le fil de la conversation. La fête n efface pas l angoisse. Elle lui offre simplement un cadre où elle peut coexister avec la joie.
Cette coexistence est peut-être ce qui rend Ashenda si importante cette année. Elle prouve que les femmes tigréennes refusent de laisser la peur dicter entièrement leur existence. Elles choisissent de se rassembler de se parer de danser et de parler de paix. Ces choix modestes en apparence portent une signification profonde.
« Si Dieu le veut je fêterai Ashenda l année prochaine au Tigré. »
Muluberhan Argawi 23 ans
Une Culture Qui Refuse De S Effacer
En célébrant Ashenda loin de leur région les participantes affirment que leur culture n est pas attachée uniquement à un territoire. Elle voyage avec elles. Elle se réinvente dans les salles d Addis Abeba. Elle intègre de nouvelles sonorités tout en gardant ses gestes fondamentaux. Cette capacité d adaptation est une force.
Le habesha kemis les tresses minutieuses le henné le kebero forment un langage commun. Ce langage permet de se reconnaître et de se soutenir. Dans un moment où le Tigré traverse de nouvelles tensions ce langage devient un outil de cohésion. Il rappelle aux femmes présentes qu elles ne sont pas isolées.
La dimension d émancipation que la fête a prise au fil des années trouve ici une illustration concrète. Les jeunes femmes organisent dansent parlent et espèrent. Elles ne sont pas de simples spectatrices de l histoire de leur région. Elles en sont des actrices qui choisissent de maintenir vivante une tradition porteuse de sens.
Le Quotidien De L Exil Et Le Besoin De Liens
Vivre à Addis Abeba tout en pensant constamment au Tigré crée une existence double. D un côté la vie de la capitale avec ses opportunités et ses contraintes. De l autre le souci permanent pour les proches restés au nord. Les conversations téléphoniques quand elles sont possibles deviennent des moments précieux et angoissants à la fois.
Ashenda offre un espace où cette dualité peut s exprimer sans être jugée. Les participantes se comprennent sans avoir besoin de longs discours. Elles savent ce que signifie partir. Elles savent ce que signifie attendre des nouvelles. Elles savent aussi ce que signifie vouloir protéger une culture menacée par l instabilité.
Dans ces conditions la fête n est plus un simple événement calendaire. Elle devient un rendez-vous nécessaire. Un moment où l on se souvient ensemble de ce qui compte. Un moment où l on se rappelle mutuellement que l espoir même fragile reste possible.
Les Enjeux D Une Paix Durable
Les témoignages recueillis ce samedi montrent à quel point la population civile aspire à la stabilité. Les jeunes femmes ne parlent pas de stratégies militaires ou de négociations complexes. Elles parlent de pouvoir rentrer chez elles. Elles parlent de pouvoir célébrer sans crainte. Elles parlent de voir leur famille en sécurité.
Ces aspirations simples éclairent les enjeux humains qui se cachent derrière les tensions politiques. Le Front de libération du peuple du Tigré et le gouvernement fédéral ont des positions opposées. Entre les deux se trouvent des centaines de milliers de personnes qui souhaitent simplement vivre sans la menace permanente de la guerre.
Ashenda à Addis Abeba cette année a donné une voix à cette aspiration. Les danses les robes les tresses et les paroles des participantes forment ensemble un message clair. La culture continue. L espoir existe. La paix reste le vœu le plus partagé.
Une Journée Qui Restera Dans Les Mémoires
Lorsque la fête s achèvera les robes seront rangées. Les tresses se déferont peu à peu. Le henné s estompera. Mais le souvenir de cette journée restera. Il restera comme un moment où malgré les menaces des centaines de femmes ont choisi de se rassembler. Il restera comme une preuve que la tradition peut encore rassembler et consoler.
Tiras Gebregziabher retournera à ses occupations de coiffeuse. Tsadeye Werash continuera son travail de maquilleuse. Muluberhan Argawi poursuivra sa recherche d emploi. Chacune emportera avec elle les images de la salle les sons du tambour et les conversations partagées. Chacune saura que d autres partagent le même espoir et la même inquiétude.
Dans les semaines et les mois qui viennent l évolution de la situation au Tigré déterminera si le vœu de Muluberhan pourra se réaliser. Pour l instant la seule certitude est que Ashenda a une nouvelle fois permis à des femmes tigréennes de se retrouver de danser et de rappeler au monde qu elles existent et qu elles aspirent à la paix.
La fête d Ashenda à Addis Abeba restera donc bien plus qu une simple célébration culturelle. Elle aura été un miroir de la réalité complexe que traversent actuellement les habitants du Tigré et ceux qui en sont partis. Entre joie des retrouvailles et angoisse du lendemain elle aura donné à voir la force tranquille d une communauté qui refuse de renoncer à ses traditions et à son désir de tranquillité.
Les longues robes blanches les coiffures travaillées pendant des heures les motifs de henné et les mouvements précis des danseuses continueront de symboliser cette résistance douce. Face aux menaces de nouveau conflit ces gestes apparemment modestes portent une signification immense. Ils disent que la vie continue. Ils disent que la culture persiste. Ils disent surtout que l espoir même fragile mérite d être célébré.
Ainsi se termine cette journée particulière au Convention Center d Addis Abeba. Les participants repartent avec des souvenirs de musique de danse et de solidarité. Ils repartent aussi avec le poids des nouvelles qui arrivent du Tigré. Entre ces deux réalités Ashenda aura offert un espace de respiration nécessaire. Un espace où il était encore possible de croire pour quelques heures que la paix pourrait revenir et que l année prochaine les célébrations pourraient peut-être se tenir enfin sur la terre d origine.









