C’est une annonce qui a surpris tout le monde : Anne Hidalgo, maire de Paris depuis 2014, a déclaré qu’elle ne se représenterait pas pour un troisième mandat en 2026. Cette décision inattendue ouvre la voie à une succession complexe et incertaine à la tête de la capitale. Retour sur les enjeux de ce renoncement et les scénarios envisageables pour l’avenir.
Le bilan des deux mandats d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris est loin de faire l’unanimité. Si ses partisans louent son engagement en faveur de l’écologie et des mobilités douces, ses détracteurs pointent du doigt une gestion jugée autoritaire et des projets urbains clivants. Parmi les dossiers les plus controversés :
Malgré ces critiques, force est de constater qu’Anne Hidalgo a profondément transformé le visage de Paris durant ses huit années à l’Hôtel de Ville. Son successeur devra composer avec cet héritage, qu’il choisisse de l’assumer ou de s’en démarquer.
Au-delà des polémiques sur les choix politiques, c’est surtout sur le plan financier que le bilan d’Anne Hidalgo inquiète. D’après une source proche du dossier, la dette de la Ville de Paris aurait quasiment doublé depuis 2014 pour atteindre près de 7,7 milliards d’euros fin 2022. Un niveau historique qui pèsera lourd dans les débats de la prochaine campagne municipale.
Socialiste ou pas, le prochain maire de Paris héritera surtout d’une situation financière catastrophique. Il sera contraint de faire des choix difficiles.
Un expert des finances locales
Pour redresser les comptes, le successeur d’Anne Hidalgo n’aura d’autre choix que de réviser à la baisse certains investissements, voire d’augmenter la fiscalité locale. Un défi de taille dans un contexte social et économique déjà tendu.
En annonçant son retrait, Anne Hidalgo a dans le même temps adoubé son poulain pour lui succéder : Rémi Féraud, actuel président du groupe Paris en Commun au Conseil de Paris. Cet ex-maire du 10e arrondissement, âgé de 42 ans, incarne la nouvelle garde socialiste parisienne. Sa candidature sera officialisée dans les prochaines semaines.
Mais ce scénario de passation de pouvoir en douceur est loin de faire consensus au sein de la gauche parisienne. Plusieurs autres prétendants sont déjà sur les rangs, à l’image d’Emmanuel Grégoire, premier adjoint depuis 2018, ou de David Belliard, maire-adjoint EELV en charge de la transformation de l’espace public. Sans parler d’Anne Souyris, adjointe à la Santé, ou de Colombe Brossel, ancienne adjointe à la Sécurité aujourd’hui députée et intime d’Anne Hidalgo.
Le renoncement d’Anne Hidalgo rebat aussi les cartes à droite, où les appétits s’aiguisent après trois décennies de domination socialiste. Parmi les personnalités déjà citées :
Les macronistes pourraient aussi entrer dans la danse, même si aucun nom ne s’impose pour l’instant côté majorité présidentielle. Quant au RN, il espère surfer sur ses bons scores aux législatives pour peser dans le débat.
Inédite de par son timing – deux ans seulement après les JO de Paris 2024 – la prochaine élection municipale s’annonce passionnante et indécise. Les enjeux seront multiples pour la capitale :
Autant de défis XXL pour le prochain locataire de l’Hôtel de Ville, qui devra aussi composer avec un contexte national incertain, à un an de la présidentielle. Une chose est sûre : le suspense promet d’être haletant jusqu’au printemps 2026. Paris n’a pas fini de faire parler d’elle !
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